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Les platineries de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

Dossier IA08001453 réalisé en 2009
Aires d'études Ardennes
Dénominations platinerie

La platinerie est une activité très ancienne de la transformation du métal mentionnée essentiellement dans le bassin de Sedan (Bazeilles, Givonne, Illy, Daigny, La Moncele, Pouru-Saint-Remy) et celui de Carignan (Matton-et-Clémency). Ce regroupement en une aire assez restreinte s'explique par le fait que les platineries se trouvaient au plus près de leur principal débouché : les fabriques de poêles de Sedan. Des treize usines repérées (toutes se situant sur des ruisseaux), la plus ancienne, celle de Daigny, remonte à 1580. Les deux seules platineries subsistantes se trouvent à l'est de Sedan à Matton-et-Clémency. Il s'agit des sites des Mattenets (établi au début du 19e siècle) et de la Ferronnerie (construit sous la Révolution).

Période(s) Principale : 19e siècle

Le site des Mattenets est un parfait exemple des petites platineries du Sedanais. Il comporte des bâtiments en moellon et charpente en bois à demi-croupe. Celui de la Ferronnerie (construit sous la Révolution) est composé de deux ailes encadrant le coursier d'eau. Ces deux usines conservent des roues hydrauliques. Elle possédaient également des systèmes de partage des eaux en plusieurs masses (système de l'étang fractionné) permettant de mieux contrôler la réserve énergétique. Ce système apparaît pour la première fois à la platinerie de Daigny sur un plan daté de 1768.

Décompte des œuvres repérées 14
étudiées 3

Annexes

  • Ressources documentaires des platineries de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

    Bazeilles, Montvillers, La Moncelle, Platinerie : Bourgin, L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 : Bazeilles : une platinerie à M Devillé. Se trouvait entre le château de la Moncelle et le château de Montvillers. Non retenu : ne reste rien.

    Daigny, La Fenderie, Usine de transformation des métaux : La platinerie de Daigny remonte à 1580, tandis que la fenderie et le feu d'affinerie qui l'accompagnaient furent autorisés par le prince de Sedan respectivement en 1639 et 1637. On trouve l'établissement mentionné en 1646 après le rattachement de la principauté à la France. En 1663, c'est Henry Sacrelaire, membre d'une célèbre famille de protestants sedanais, qui exploite la platinerie. Au siècle suivant, on ajoute une filière à fil de fer à l'établissement. Durant la Révolution, les usines confisquées à leur propriétaire, Petit de Morenville, travaillent pour la nation sous la direction du citoyen Clouet, de même que celles, voisines, de Givonne. Au début du 19e siècle, seule la platinerie subsiste, qui disparaît rapidement, cédant la place à un établissement textile, dont les bâtiments modernes et la maison de maître (19e siècle) sont encore en place. Subsistent les bâtiments et la maison de maître de l'établissement textile. Bibliographies : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 55 ; BOURGIN, H. et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920. Document d'archives : AD, 7S17, 2 : laminoir de Daigny.

    Givonne, Les Prés Saint-Rémy, Platinerie (?) : Repérage sur vue aérienne IGN. Bordereau années 1980 : 1 illustration. Rien trouvé.

    Givonne, Le Laminoir, Usine de transformation des métaux puis laminoir à tôle, actuellement maison : Usine existant sans doute dès le 16e siècle, siècle durant lequel elle est exploitée par les Goffin et transformée par la suite en platinerie (17e-18e siècles). En 1787, son propriétaire Jamin la transforme en laminoir à tôle, qui en fait l'un des plus anciens établissements de ce type en France. Celui-ci est alors mû par deux roues hydrauliques et chauffé à la houille. Le dossier F14 4298 des Archives nationales fournit, en 1834, le plan et l'élévation des installations du laminoir et la disposition des chutes d'eau. L'ensemble (matériel remplacé en 1914-18) fonctionna jusqu'en 1941, avec les bâtiments d'origine. Malheureusement, le laminoir a été détruit en 1968 et seule la chute d'eau subsiste, ainsi que le bâtiment de la halle à charbon et les logements d'époque. Le matériel qui subsiste a été déposé dans la cour du Dijonval à Sedan. Actuelle maison d'habitation ; aménagements hydrauliques transformés en bassins d'agréments. Bibliographies : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 56 ; BOURGIN, H. et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 ; VERRY (?), M. n°85 ; PHILIPOTEAUX (?), A. n° 65 ; CONGAR, Pierre n° 20. Documents d'archives : AD, 7S 21 : 5, laminoir de Givonne sur ruisseau de Givonne (1843-54) ; AN. Série F14 : 4298, dossier 76, usine Camion-Richard à Givonne ; AN. Série F12 : 680 ; AN. Série F12 : 1603. Article paru dans le journal local en 1967 : Le laminoir de Givonne des Établissements Jeanlin, sur la route de Givonne à Illy, a été construit en 1777. Ce laminoir a été démantelé en juillet 1967. L´une de ses girouettes porte la date de 1771. Le nouveau propriétaire en fera une propriété d´agrément, et cela est facile grâce au passage, dans le bois, d´un bras de la Givonne et l´existence d´un étang, vaste retenue d´eau qui permettait d´actionner les roues aubes en période sèche, avec tout ce que cela comporte de paysages agréables. Quelques pièces toutefois seront sauvées, dont un axe de chêne de 7 mètres de long qui soutenait la roue à aubes et un peson à lingots, de deux mètres de hauteur, datant du 18e siècle, qui ont été amenés au Château-Fort de Sedan où ils seront abrités par la Société d´Histoire et d´Archéologie du Sedanais (la S.H.A.S.). De 1875 à 1880, les fours ne fonctionnaient plus car le fer était acheté en Lorraine. L´usine, qui avait alors vingt-deux ouvriers, fabriquait aussi des pioches. De 1880 à 1914, on utilisait l´acier doux et la houille remplaçait le charbon de bois. Avec une quarantaine d´ouvriers, on y fabriquait de la tôle mince : tuyaux de poêle, pelles, côtés de cuisinières, etc. De 1914 à 1918. les Allemands enlevèrent toutes les machines et firent sauter les digues de l´étang. De 1920 à 1940, ce fut la restitution du matériel et la remise en marche du laminoir avec une vingtaine d´ouvriers. De 1941 à 1942, le laminoir a fonctionné pour utiliser le stock de largets restant, et en 1942, eut lieu l´arrêt définitif, faute de main-d´œuvre spécialisée. L´usine a toutefois continué à tourner avec quelques ouvriers occupés à la fabrique des pelles, pièces embouties et clochettes pour les mines et les troupeaux montagnards. Après la guerre de 1914-18, le laminoir de Givonne - le seul qui n´ait pas été modernisé - était dirigé par MM. Jeanlin et fils. Ils furent contraints de l´arrêter par manque de main-d´œuvre qualifiée, mais aussi les deux cages mues par la force hydraulique ne pouvant soutenir la concurrence des grosses usines concentrées dans l´Est et possédant un matériel puissant et moderne. A cette époque récente, l´usine de Givonne avait toujours gardé sa roue à aubes des origines. On voyait, récemment encore, derrière le train, une sorte de potence en chêne fixée au sol et à une poutre transversale. A son extrémité, était accroché un palan. Elle servait au démontage des cylindres pesant chacun environ une tonne et dont un a été remis au Château-Fort pour y être exposé . Les visiteurs du Château-Fort pourront également y voir l´axe et les quatre roues qu´il supportait et d´où partaient les rayons de l´immense roue à aubes, longue de 7 mètres et d´environ 4 mètres à 4,25 mètres de diamètre. Disons aussi que le laminoir de Givonne était encore éclairé l´acétylène en 1913 et que c´est à cette date que l´on y plaça une ligne électrique. Perdu dans les bois, loin de toute voie ferrée, le laminoir de Givonne n´avait pas la possibilité de moderniser et son four était toujours chauffé au charbon.

    Illy, Les Glaynées, Moulin à blé, foulerie, puis platinerie : Bourgin, L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 : Illy : la Claynée : manufacture d'acier et de fer poli. AD Ardennes, 7S 23 : 5, platinerie de la Claynée, sur ruisseau de la Claynée, Rambourg, 1841-43 ; augmentation usine 1846-54 ; 7, platinerie de la Claynée (la même ?) sur ruisseau de la Claynée : Poncin-Léonard. La chute a actionné successivement un moulin à blé et une foulerie, 1850-52 ; réparation du déversoir de l´usine de Lucien Poncin, 1912. AD Ardennes, 7S 23 : 2, moulin de la Claynée, sur ruisseau de la Claynée, Gaucher et Leroy, 1835. Zone reboisée : ruines intéressantes se succédant le long de la vallée. Aménagements hydrauliques visibles : bassin de retenue, canalisations, biefs, vannage.

    Illy, Bernusson, Platinerie : AD Ardennes, 7S 23 : 6, platinerie de Bernusson sur ruisseau de la Hatrelle, Fiéron, 1847-51. Non retenu : ne reste rien. Zone actuellement boisée. Rien en élévation.

    Matton-et-Clémency, La Ferronnerie, Platinerie : Cette platinerie a été créée durant la Révolution par Nicolas Gilson et comporte en 1812 deux roues hydrauliques activant l'une les soufflets d'un feu de forge, l'autre un martinet. L'usine fabrique alors des fers platinés pour la poêlerie et la serrurerie. Elle passe à Renaud Jacob en 1820, après le décès de son fondateur. Plus tard Desrousseaux-Noizet, maître de forge à Sedan et propriétaire de La Forge de Matton, locataire de cette platinerie, la transforme en forge avec deux feux d'affinerie. Les bâtiments, composés de deux ailes situées de chaque côté du coursier d'eau, sont en mauvais état. On notera surtout la présence de la roue hydraulique, dite de dessus, en bois et tôle, avec son distributeur d'eau et le cabinet de retenue en tôle. Document d'archives : la platinerie à Matton AN. Série F14 : 4293.

    Matton-et-Clémency, Les Petits Prés, Platinerie, actuellement maison : Platinerie à l'origine (au début du 19e siècle), qui appartient en 1837 à Caillet frères, fabricants d'enclumes à Donchery. Elle se compose alors d'une affinerie, d'un four à puddler et d'un marteau cingleur. Cet ensemble offre un parfait exemple des multiples petites platineries de l'époque dans le Sedanais. L'ensemble des bâtiments subsiste, présentant deux halles d'usine et des logements reliés entre eux par le bâtiment d'eau, où se trouve toujours la roue hydraulique de dessus. Document d'archives : les Mattenets à Matton AN. Série F14 : 4290.

    La Moncelle, La Ramaurie, Moulin à farine et scierie, puis platinerie, puis filature : AD 7S 21 : 3, moulin à farine et scierie transformée en platinerie au lieu dit la Ramaurie sur ruisseau Pelletier, Lamotte et Ronnet, 1839-45 ; règlementation platinerie de Rémy Lamotte établie à l´emplacement des précédentes, 1842-46. AD Ardennes, 7S 20 : 1, filature de la Ramaurie sur la Givonne, Moysen, 1855-57 ; ouvrages régulateurs de l´usine de Rosenfeld, 1928 ; plainte contre l´usine, 1910. Proche D.129, entre La Moncelle et Daigny. Bâti subsistant.

    Pouru-Saint-Remy, Le Vieux Moulin, Forge, puis moulin à blé, puis platinerie (inv. 1980) : Bordereaux 1985. La métallurgie du fer dans les Ardennes, Cahiers 11, p.61. Forges citées dès 1530 ; dès 1546 elles ont disparu. En 1818 le moulin à grains qui les a remplacées est converti en platinerie. Ce bâtiment subsistait dans les années 1980 (Arch. Nat. F14 4289, dossier 29). Non identifié.

    Signy-le-Petit, Forge Philippe : Bourgin, L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 : Signy le Petit : Forge Philippe : 2 feux de forge à Despret, existent en 1817. Classeurs 1985 : 3 photos (plans anciens). Rien trouvé.