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Les usines d'armes de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

Dossier IA08001419 réalisé en 2009
Aires d'études Ardennes
Dénominations usine d'armes

En 1688, deux usines d'armes érigées en manufactures royales vont s'implanter à Charleville et à Nouzon. Elles fourniront aux armées fusils et munitions jusqu'en 1836, date de leur fermeture définitive. Les nombreuses guerres engagées par Louis XIV (guerre de succession d'Espagne, contre la Hollande, contre les Provinces Unies, ...), exigent une fourniture régulière et importante d'armes et de munitions. En 1667, Louvois, secrétaire d'état à la guerre, demande à la ville nouvelle de Charleville (fondée en 1606) de réserver au roi l'exclusivité de sa production armurière. En 1675, il autorise l'établissement d'un magasin qui devient une annexe du Magasin royal des Armes de la Bastille à Paris. Toussaint Fournier, directeur de la ville et de la police de Charleville, fédère autour de ce projet les façonniers et la main d'oeuvre qualifiée. Il fournit la matière première et achète les armes produites. En 1688, privilège de manufacture royale est accordé au fils de Tousaint Fournier, Victor Fournier, qui devient ainsi fournisseur exclusif des armes à feu du roi, au détriment des manufacturiers indépendants. Au 18e siècle, siècle moins belliqueux, les commandes baissent, et ceci malgré la reprise en 1774 par François de Wendel : la production passe de plus de 40000 canons de fusils en 1690 à 15000 à la veille de la Révolution pour tomber à 6000 en 1792. La reprise est au rendez-vous sous le Consulat ; et sous l'Empire la Manufacture de Charleville fait travailler jusqu'à 1700 ouvriers. 50000 armes à feu sont produites chaque année pour fournir les armées napoléoniennes. Le site accueille actuellement un complexe de salles de cinémas et un parc de stationnement. Parallèlement à l'octroi accordé pour l'exploitation d'une manufacture à Charleville, Victor Fournier achète la forge de Nouzon en 1688 et la transforme en fabrique de fusils. L'ensemble des ateliers, magasins, forerie, platinerie et réseau hydraulique s'entoure vers 1690 d'une enceinte ponctuée de huit tours. A l'intérieur vit un véritable village, avec chapelle, école, infirmerie, boulangerie et logements. Dans ces ateliers, ainsi que dans ceux acquis la même année à Mohon (au Moulin-Leblanc ; détruit), à l'abbaye de Saint-Hubert et à la chute d'eau de Prix-lès-Mézières, sont effectuées toutes les opérations de fabrication des canons de fusils et leur fourniture. Les fusils sont expédiés pour vérification à Charleville. La meilleure main d'oeuvre est employée, les ouvriers viennent des environs de Nouzon et de l'étranger. D'autres travaillent à domicile, dans leur boutique (petite usine) des vallées de la Meuse et de la Semoy. A Nouzon l'énergie motrice est fournie par la Goutelle, petit affluent de la Meuse, équipée d'un bassin de retenue et d'une digue. Un bief d'une longueur d'1 km (la Coursière ; disparu) équipé d'une forte chute d'eau d'une hauteur de 5,94 mètres faisait tourner la grande forerie - bâtiment situé en amont du site, qui accueille actuellement le musée du Vieux Nouzon - atelier où l'on forait ou usinait les canons de fusils et pistolets. Sous le bassin de retenue (encore visible et en eau) était situées deux roues qui actionnaient des marteaux servant à forger les ébauches (les installations ont disparu). A partir de 1774 une annexe entre en activité non loin de la manufacture, sur le site de la Cachette (étudié). Après sa fermeture en 1836 la manufacture royale d'armes de Nouzonville est achetée dès 1837 par Jean-Nicolas Gendarme, maître de forges et grand entrepreneur ardennais. Par la suite le site de l'ancienne manufacture fut morcelé entre diverses entreprises métallurgiques. Il fut l'un des creusets de l'industrie métallurgique de la deuxième moitié du 19e siècle. Actuellement, il ne subsiste que quelques vestiges de l'ancienne manufacture royale. Détruit en 1986, le site présentait encore dans les années 1980 la totalité de ses murs, à l'exception de l'enceinte. Le magasin industriel construit en 1689 (date gravée sur la clef du grand portail) a été conservé ; il a été intégré à une salle de sport. Ses murs sont en moellon de schiste, avec encadrements en pierre de taille calcaire. La toiture est à longs pans et demi-croupe couverte d'ardoise. Plus haut, le bâtiment de la grande forerie, remanié au milieu du 19e siècle par l'installation de l'usine Thomé, accueille actuellement le musée du Vieux Nouzon. En contrebas, s'étend le bassin de retenue. Autres témoins, deux tours de l'ancienne enceinte sont encore en place : l'une est en ruine, l'autre est intégrée à une école communale construite en 1879. Remaniée, elle présente des encadrements en pierre de taille calcaire et une toiture à lucarne recouverte d'ardoise.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle

Les bâtiments de la manufacture d'armes de Charleville étaient implantés entre les actuelles avenue Charles Boutet, rue François Mitterand, de Mantoue, de Longeville, et Bourbon. Laissés à l'abandon, d'importants vestiges étaient encore visibles à la fin des années 1980 ; ils ont été entièrement démolis, à l'exception de deux magasins en vis à vis. Actuellement, il ne subsiste que quelques vestiges de l'ancienne manufacture royale de Nouzonville. Détruit en 1986, le site présentait encore dans les années 1980 la totalité de ses murs, à l'exception de l'enceinte. Le magasin industriel construit en 1689 (date gravée sur la clef du grand portail) a été conservé ; il a été intégré à une salle de sport. Ses murs sont en moellon de schiste, avec encadrements en pierre de taille calcaire. La toiture est à longs pans et demi-croupe couverte d'ardoise. Plus haut, le bâtiment de la grande forerie, remanié au milieu du 19e siècle par l'installation de l'usine Thomé, accueille actuellement le musée du Vieux Nouzon. En contrebas, s'étend le bassin de retenue. Autres témoins, deux tours de l'ancienne enceinte sont encore en place : l'une est en ruine, l'autre est intégrée à une école communale construite en 1879. Remaniée, elle présente des encadrements en pierre de taille calcaire et une toiture à lucarne recouverte d'ardoise.

Décompte des œuvres repérées 2
étudiées 4

Annexes

  • Ressources documentaires des usines d'armes de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

    Charleville-Mézières, rue de Longueville, rue de Flandre, Manufacture d'armes : Bourgin, L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 : Charleville : manufacture d'armes fondée 1735, production armes et clous de toutes les formes : près de 500 ouvriers à MM de Sérilly, Wendel et Cie. Arch. Nat., F12 650, mémoire sur les fabriques de la Champagne et de la Picardie par Bruyard, inspecteur ambulant, 1784 : Charleville : la curiosité m'a conduit dans cette ville pour y voir la fameuse manufacture d'armes qui y est établie, cette fabrique occupe pres de 500 ouvriers ; elle est sous la direction et inspection d'officiers nommés par le roy ; on y fabrique aussi des clous de toutes les formes ; marbres travaillés et bruts et les ardoises font les principaux objets de commerce de Charleville ; entrepôt pour les grains. Emplacement établissement scolaire de Nevers, et multiplexe. Non retenu : vestiges insuffisants.

    Mouzon, Fonderie, usine d'armes : Bourgin, L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 : Mouzon : fonderie de canons à fusil appartenant aux propriétaires de la manufacture d'armes de Charleville. Industrie ancienne, dont les traces ont disparues très tôt. Non retenu : ne reste rien.