Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Les usines métallurgiques de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

Dossier IA08001414 réalisé en 2009

Fiche

Voir

Aires d'études Ardennes
Dénominations usine métallurgique

Les usines métallurgiques sont des usines où, sur un même site, on produit et transforme le métal en produits semi-finis. Une trentaine ont été repérées, essentiellement dans le bassin sedanais (Vrigne-aux-Bois, Illy, Givonne), de Carignan-Mouzon (Pure, Osnes, Douzy, Blagny, Brévilly), autour de Flize-Boutancourt, de Monthermé, et de Renwez (Montcornet, Les Mazures). Le processus de fabrication dans ces usines débute souvent au stade de l'affinerie. Avant le premier tiers du 19e siècle, cette phase est assurée par une affinerie composée d'un feu et de marteaux. A partir de la décennie 1820, cette tâche est de plus en plus dévolue à un dispositif venu d'Angleterre, le four à puddler. Une fois la fonte affinée en fer, le plus souvent sous la forme de barres, l'étape suivante consiste à transformer ce fer en produit semi-fini : plaques, fers plats ou fils. Lesquels étaient ensuite utilisés par les charrons, les forgerons et les maréchaux ferrants, les taillanderies (fabriques d´outils tranchants), ou les tréfileries qui fournissent en fil et minces tiges les cloutiers de Charleville et des vallées. Le fer large était fourni aux usines de ferronnerie et de boulonnerie, les petits fers servaient à la bouclerie et aux ateliers de platinerie. L'étape suivant l'affinerie pouvait être assurée par un martinet (mentionné par exemple à Givonne à la fin du 18e siècle, ou à Illy en 1812), par une fenderie (mention à La Commune en 1801), une platinerie (à Matton-et-Clémency, fabrique du fer platiné pour la poêlerie, spécialité locale), ou laminoir (à Flize en 1832, ou à l'usine de la Jacquemotte à Illy en 1835). Certaines usines intègrent plusieurs processus de transformation dès leur conception comme à la Fenderie de Vrigne-aux-Bois où J.-N. Gendarme installe une affinerie, une fenderie, deux laminoirs et un marteau cingleur ; ou bien après-coup comme à Pure où Devillez-Bodson ajoute vers 1830 une fenderie à son affinerie et à son laminoir. Celles plus complètes encore et incorporant un haut fourneau sont assez rares dans la première moitié du 19e siècle. En 1806, les Neuves-Forges des Mazures qui appartiennent à J.-N. Gendarme possèdent deux bocards, deux hauts fourneaux, une forge d'affinerie, une rebatterie de boulets et une platinerie ; et les forges de Brévilly sont composées en 1819 d'un haut fourneau, de deux feux d'affinerie à deux marteaux, de deux fours à puddler, et d'un laminoir. En 1822, les frères Lagard innovent à Linchamps en regroupant dans une longue halle (subsistante) le haut fourneau, la forge et la fenderie. La seule usine semblant avoir appliqué totalement les méthodes anglaises (utilisation du coke) était l'usine de Guignicourt-sur-Vence, construite en 1824 par Bertrand-Geoffroy : elle comportait un haut-fourneau (éteint en 1838), deux feux de forges et deux fours à puddler, un laminoir, une fenderie. A partir de la seconde moitié du 19e siècle, les usines métallurgiques vont aller plus loin en aval dans le processus de fabrication (vers le produit fini) et beaucoup moins en amont (abandon progressif des hauts fourneaux intégrés, comme à Guignicourt-s.-Vence dès 1838). Ainsi, l'usine de Pure qui disposait dans la 1ère moitié du 19e siècle d'un système assez complet allant jusqu'au laminoir se voit ajouter des presses et des pilons à partir des années 1850. L'aboutissement ultime de ce type d'usine se trouve à Vireux-Molhain où l'usine qui voit le jour en 1862 est équipée de six fours à puddler, deux fours à réchauffer, deux cubilots et des laminoirs ; en 1866 un haut fourneau de 16 mètres (le plus haut réalisé dans le département, éteint en 1893) est construit pour alimenter l'usine en fonte ; elle s'équipe ensuite de convertisseurs Thomas, de fours Martin, et de laminoirs afin de produire de l'acier, de l'acier laminé et des essieux de train. Cette diversité de production et les volumes produits font de cet établissement le plus important du secteur métallurgique du département dans la 2e moitié du 19e siècle.

Période(s) Principale : 19e siècle

Jusqu'à cette époque, et comme à Guignicourt-sur-Vence, les bâtiments de ces types d'usines sont constitués de traditionnelles halles en moellons (calcaire pour la partie centrale et est du département) avec toitures à longs pans (souvent à croupe ou demi-croupe) à charpente en bois. A partir du second tiers du 19e siècle, on voit apparaître des halles oblongues, tout en longueur et dotées de fenêtres en plein-cintre, dont le prototype semble apparaître au laminoir de Phades construit en 1834 ou à celui de l'usine de Flize (1832-1834) ; le bâtiment de même type de la Nouvelle Fenderie à Vrigne-au-Bois date de 1843 ; ces deux dernières usines appartenaient à J.-N. Gendarme. Les quelques bâtiments subsistants de l'établissement métallurgique de Vireux-Molhainsont d'une grande diversité et montrent que tous les modes constructifs des différentes époques ont été utilisés (brique, charpente métallique, pan de fer et brique de laitier). Comme de nombreuses usines de ce secteur, le site est équipé d'une centrale hydroélectrique pour assurer partie de son approvisionnement énergétique. Elle était reliée au chemin de fer et possédait un port sur la Meuse permettant son alimentation en combustible et en matière première.

Décompte des œuvres repérées 33
étudiées 24

Annexes

  • Ressources documentaires des usines métallurgiques de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

    Bosseval-et-Briancourt, L'Enclos de la Claire, Usine de fabrication des métaux et fenderie dite les Forges de la Claire : Le 25 mai 1560, le comte de Rethel baille à Ponsart Philipoteaux et Berthe un terrage de bois contenant 40 arpents ou environ, situé près de Bosséval : à charge d'élever et bâtir un an après un fourneau à fondre le fer sur le ruisseau de la Clère. Celui-ci est bientôt complété par une forge pour affiner les fontes, puis une fenderie. Un plan de 1626 montre la disposition de la forge et du fourneau. Au cours du 17e siècle l'usine passe à la famille Connart, mais elle est démolie en 1689, suite à une contestation entre le roi et le duc de Mazarin. Elle se composait alors de : forge, fenderie et de deux affineries, bâtiment, enclos jardins et bois. On distingue encore aujourd'hui, au lieu-dit Enclos de la Clère, des traces de la digue qui formait le bassion de retenue, ainsi que de très nombreuses scories. Bâtiments avec toits en sheds sur le site. Site abandonné (?). Bibliographie : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p.55. Documents d'archives : AD, 7S26 : 1, usine de la Claire (émonderie) sur la Claire ; Camion-Nilis, 1846-49 ; Archives de Monaco. Série T : 615.

    Daigny, La Fenderie, Usine de transformation des métaux : La platinerie de Daigny remonte à 1580, tandis que la fenderie et le feu d'affinerie qui l'accompagnaient furent autorisés par le prince de Sedan respectivement en 1639 et 1637. On trouve l'établissement mentionné en 1646 après le rattachement de la principauté à la France. En 1663, c'est Henry Sacrelaire, membre d'une célèbre famille de protestants sedanais, qui exploite la platinerie. Au siècle suivant, on ajoute une filière à fil de fer à l'établissement. Durant la Révolution, les usines confisquées à leur propriétaire, Petit de Morenville, travaillent pour la nation sous la direction du citoyen Clouet, de même que celles, voisines, de Givonne. Au début du 19e siècle, seule la platinerie subsiste, qui disparaît rapidement, cédant la place à un établissement textile, dont les bâtiments modernes et la maison de maître (19e siècle) sont encore en place. Subsistent les bâtiments et la maison de maître de l'établissement textile. Bibliographie : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p.55 ; BOURGIN, H. et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920. Document d'archives : AD, 7S17, 2 : laminoir de Daigny.

    Douzy, La Jonquette, Usine de transformation des métaux : Usine créée en 1822 par Prosper Lamotte-Pirotte, pour compléter son usine supérieure située sur la commune de Francheval. Elle comprenait au départ deux roues hydrauliques, un marteau et une chaufferie, et devait produire 35 000 kg de platine pour poêles. En 1824, on y ajoute un troisième tournant pour actionner deux martinets, mais surtout le propriétaire installe en 1824 un four à puddler, l'un des premiers du département. Plus tard, l'usine fut agrandie avec la création d'une maison de maître et d'un grand atelier qui existaient encore en 1985. Les bâtiments subsistants, abandonnés, menaçait ruine en 1985. En 2008, il ne reste plus qu'une cheminée envahie par la végétation. Bibliographies : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 55 ; BOURGIN, H. et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920. Document d'archives : AN. Série F14 : 4287, dossier 18 (platinerie La Jonquette 1822 - 1835).

    Matton-et-Clémency, Les Petits Prés, Platinerie, actuellement maison : Platinerie à l'origine (au début du 19e siècle), qui appartient en 1837 à Caillet frères, fabricants d'enclumes à Donchery. Elle se compose alors d'une affinerie, d'un four à puddler et d'un marteau cingleur. Cet ensemble offre un parfait exemple des multiples petites platineries de l'époque dans le Sedanais. L'ensemble des bâtiments subsiste, présentant deux halles d'usine et des logements reliés entre eux par le bâtiment d'eau, où se trouve toujours la roue hydraulique de dessus. Document d'archives : AN. Série F14 : 4290 les Mattenets à Matton.

    Matton-et-Clémency, La Ferronnerie, Platinerie : Cette platinerie a été créée durant la Révolution par Nicolas Gilson et comporte en 1812 deux roues hydrauliques activant l'une les soufflets d'un feu de forge, l'autre un martinet. L'usine fabrique alors des fers platinés pour la poêlerie et la serrurerie. Elle passe à Renaud Jacob en 1820, après le décès de son fondateur. Plus tard Desrousseaux-Noizet, maître de forge à Sedan et propriétaire de La Forge de Matton, locataire de cette platinerie, la transforme en forge avec deux feux d'affinerie. Les bâtiments, composés de deux ailes situées de chaque côté du coursier d'eau, sont en mauvais état. On notera surtout la présence de la roue hydraulique, dite de dessus, en bois et tôle, avec son distributeur d'eau et le cabinet de retenue en tôle. Document d'archives : AN. Série F14 : 4293 la platinerie à Matton.

    Montcornet, Haut fourneau et grosse forge : Bourgin, L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 : les Mazures, Montcornet : forge : deux hauts fourneaux, forge, platinerie ; fabrication de boulets pour la marine ; fondation 18e siècle ; propriétaire Poulain de Boutancourt. Non retenu : ne reste rien.

    Osnes, La Vieille Forge, Grosse forge et laminoir, actuellement ferme : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : forges et laminoirs : Osnes, 1 établ., 234 ouv., en souffrance. Bordereaux 1985. La métall. du fer dans les Ardennes, Cahiers 11, p.61 (2e notice). La forge remonte au début du 18e siècle ; au moment de la Révolution elle produit du fer pour la poêlerie de Sedan. Son activité s'arrêtera au tournant des 19e et 20e siècles (Arch. Nat. F14 4296, dossier 68). Actuellement bâtiments agricoles. Reconverti. Non retenu : vestiges insuffisants. L'usine elle-même a laissé peu de traces, mais on remarque un beau bâtiment de logements ouvriers à l'ouest (années 1980), en moellon et pierre de taille (partiellement enduit), couvert de tuiles mécaniques.

    Revin, La Commune, Grosse forge et haut fourneau, puis usine métallurgique : Forge peut-être créée à la fin du 16e siècle : elle apparaît en tout cas dans les comptes de la principauté de Château-Regnault en 1615. On la retrouve en 1660 exploitée par Guiard Coulon et un certain Buffet (?), qui l'abandonnent assez rapidement. L'inventaire de la série B des ADA mentionne un inventaire après décès de maître Hennecquin, maître de forge à la Commune, terre de Château-Regnault (ceci entre 1666 et 1673). Abandonnée à la fin du 17e siècle (détruite par les Espagnols ?), elle est seulement reconstruite et remise en activité au moment de la Révolution. En 1801, elle est revendue à Jacques-Henry Morin, entrepreneur d'armes de la Manufacture de Charleville. Elle se compose alors d'une forge, d'un feux et marteau et d'une fenderie. L'ensemble est racheté en 1818 par Jean-Nicolas Gendarme. Il demande alors le maintien de l'établissement en activité, l'autorisation de reconstruire le haut-fourneau qui existait, et de continuer le transport des fers de la Commune au laminoir et fenderie de Saint-Nicolas. Gendarme exploite alors le site conjointement avec ses deux autres usines de Saint-Nicolas et des Mazures, associé avec Potaine et son gendre Evain. En 1827, il vend tout l'ensemble à Jean-Nicolas-Alexis Morel. On compte alors 3 sites successifs : - la forge qui contient deux affineries au charbon de bois, 2 fours à puddler, 2 gros marteaux ; - la forge du bas qui contient deux affineries et deux gros marteaux ; - le haut fourneau en aval du tout. En 1838, Morel précise que l'usine produit 1.600.000 kg de fonte en gueuse et fer. La société fondée par Morel et ses fils sera reconduite en 1833 et 1852. En 1882, les usines de la Commune sont rachetées par Faure Père et Fils, qui possédaient aussi l'usine de la Petite-Commune. Sur le site ne subsistent aujourd'hui que quelques scories des installations anciennes. Documents d'archives : AD, Ardennes A9 et A11 ; AD, inventaire de la série B ; AD, 17 J (fonds Gendarme-Evain) ; AN. Série F14 : 4291 Morel (?) à la Commune (1838 - 1845) ; AD, inventaire du fonds Coulon.

    Thilay, Nohan, 16-18 rue Grande, rue de la Semoy, Usine métallurgique et grosse forge Stévenin-Parizel : Basias n°0800440. Bâtiments divers, dont certains à voûte de type Caquot. Toits en sheds, ateliers. Ensemble assez vaste. Propriétaires injoignables.