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Les vitraux des 19e, 20e et 21e siècles du département de l'Aube

Dossier IA10001731 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Aube

Annexes

  • Les vitraux des 19e, 20e et 21e siècles dans le département de l'Aube - synthèse

    Introduction

    Le conseil départemental de l’Aube, a engagé une mission d’inventaire des vitraux des XIXe, XXet XXIe siècles dans le département de l’Aube ; mission mise en appel d’offres et attribuée à l’agence Bruno Decrock.

    Le vitrail ancien (d’Ancien Régime) avait déjà été couvert, au même titre que celui des autres départements de la Champagne-Ardenne, pendant la seconde moitié des années 1980 par la section vitrail de la sous-direction de l’Inventaire dans le cadre du Corpus vitrearum (CNRS), travaux publiés en 1992. L’Aube constituant le gros du repérage par rapport aux trois autres départements puisque près des trois quarts des pages consacrées aux notices lui sont réservées.

    Le département de l’Aube fut couvert par une mission d’inventaire de ses objets religieux (plus tous objets protégés au titre des monuments historiques) dans les années 2001-2004, mais le vitrail des XIXe-XXIe siècles en avait été exclu.

    L’exclusion du vitrail récent de cette mission générale indique bien qu’au début des années 2000 encore, le vitrail de cette époque semblait moins digne d’intérêt que d’autres domaines tels que la sculpture, la peinture… même contemporaines. Dès les missions d’inventaire suivantes d’ailleurs (dès 2005), le vitrail récent fut cette fois-ci pris en compte.

    Cependant, des auteurs tels que Xavier Barral i Altet regrettent, encore récemment, la rareté des études sur le sujet et constatent que « si un projet international recense les vitraux anciens depuis plusieurs décennies : le Corpus vitrearum medii aevi, créé en 1952 », « aucun projet équivalent n’existe encore pour la période contemporaine ».

    La mission d’inventaire engagée en 2015 a abouti à l’ouverture de 1115 notices objets, correspondant à 2085 verrières (certaines notices « d’ensemble » regroupant plusieurs baies). Dans un cas sur quatre les verrières ou ensemble incorporent des baies décoratives (de décor, sans sujet spécifique évoqué).

    193 correspondent à des notices « mixtes », associant vitrail ancien et récent, ce qui concerne un peu plus de 9 % des verrières. Chiffre modeste somme toute, mais qui couvre, il convient de le souligner, certaines des plus importantes verrières du département (cathédrale, et grands édifices troyens et aubois).

    Une forte majorité de ces vitraux (4 sur 5) appartiennent aux communes et ont été trouvés dans les églises ou chapelles paroissiales, 9,2 % entre mains privées. Les autres se partageant entre les associations et notamment les associations cultuelles (2 %) et les autres propriétés publiques (7,8 %).

    475 notices correspondent à des vitraux protégés au titre des monuments historiques, au moins partiellement ; soit un taux de protection de 42,5 %, ce qui est assez exceptionnellement élevé, mais correspond au fort taux de protection de l’ensemble des objets du département de l’Aube. Près des quatre cinquièmes sont classés et plus d'un cinquième est inscrit.

    I, 1) Le vitrail contemporain (XIXe, XXe et XXIe siècles) du département de l’Aube

    Le vitrail des XIXe, XXe et XXIe siècles (verrières notables) est présent dans 237 communes, soit dans dans un peu plus d’une commune sur deux du département. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les communes renseignées par une seule notice sont loin d’être majoritaires (moins de 5 % des cas), le vitrail contemporain, lorsqu’il est présent, étant représenté dans ce cas par plusieurs verrières et plusieurs campagnes de réalisation, et parfois par un nombre important (14 communes renseignées par 7 notices, 12 par 6, 25 par 5…). Les sites les plus denses en vitraux de ces siècles, sans grande surprise, sont les grandes communes du département, chefs-lieux ou anciens chefs-lieux de cantons : Bar-sur-Seine (42 verrières), Essoyes (33), Romilly-sur-Seine et Sainte-Savine (28), Les Riceys (25), Bar-sur-Aube (23), Villenauxe-la-Grande (21), Arcis-sur-Aube, Lusigny-sur-Barse et Nogent-sur-Seine (18), Ramerupt (17), Brienne-le-Château (16)… On trouve cependant dans ce panel de tête des communes plus modestes : Proverville et Eaux-Puiseaux possèdent 14 et 15 verrières, Vitry-le-Croisé 14, Rilly-Sainte-Syre 20, Thieffrain 13 ; les plus étonnants étant Dosnon et Jasseines, villages respectivement de 119 et 180 habitants dans lesquels nous avons trouvé 16 et 26 verrières ; la première avec un bel ensemble réalisé dans les années 1860-1868 dû à l'atelier du Carmel du Mans, la seconde pour des réalisations des années 1866-1896.

    Inversement, certaines communes peuplées et à l’histoire et au patrimoine riches par ailleurs possèdent peu de vitraux récents : Aix-en-Othe (1 verrière), Bouilly (aucune), Chavanges (2 verrières), Méry-sur-Seine (3), Chaource (4), Ervy-le-Châtel ; et dans une moindre mesure Estissac (9), Vendeuvre-sur-Barse (11). Exemples pouvant correspondre à des sites bombardés pendant la Seconde Guerre mondiale et dont le décor vitré ne fut pas ou pas entièrement renouvelé (Vendeuvre…), ou à des édifices en travaux ou menacés aux vitraux déposés (Ervy-le-Châtel, Saint-Maclou à Bar-sur-Aube).

    Une place à part, ici comme ailleurs, doit être faite à la ville de Troyes, représentée par 188 notices (pour 410 verrières). Globalement la capitale auboise possède donc 18 % du couvert vitré départemental ; ce qui est représentatif du poids de Troyes dans la population auboise actuelle (19,7 %).

    La répartition géographique de la densité du vitrail des XIXe, XXe et XXIe siècles dans le département laisse apparaître trois zones : une zone nord de densité moyenne (hors canton de Romilly-sur-Seine), une zone centrale, sud-ouest et est de faible densité, et quatre secteurs à forte densité : Troyes et Saint-André-les-Vergers ainsi que les cantons de Bar-sur-Seine et Romilly-sur-Seine.

    Le bilan sanitaire du patrimoine vitré aubois est contrasté. Car si l’on peut considérer qu’entre un tiers et la moitié des verrières ont été trouvées en bon état, 44 % ont été trouvés en état moyen de conservation et entre 1 sur 10 et 1 sur 20 en mauvais état. Si l’on totalise les verrières en mauvais état et celles en état moyen plutôt inquiétant, il ressort que plus d’une verrière sur 5 mériterait une restauration ou tout le moins un examen approfondi de son état de conservation.

    Le vitrail récent n’est pas apparu moins bien traité que le vitrail ancien rencontré, pour lequel globalement la situation est assez comparable.

    Qui plus est, un quart des baies rencontrées n’étaient pas protégées soit par un grillage soit par une verrière de protection extérieure ; situation faisant courir un risque de dégradation physique à une part importante des ces éléments du patrimoine.

    Les désordres les plus fréquemment rencontrés sont l’altération de la grisaille (effacement et « brunisation »), la fissuration des verres ou des impacts (fissures en étoile), la déformation du réseau (affaissement des panneaux bas) avec perte de cohésion des verres et du plomb ; plusieurs cas de moisissures et d’humidité importante des faces internes ont été relevés, et un tiers environ des verrières montrent des salissures pouvant nécessiter nettoyage. Le vitrail a ceci de particulier, en tant que clôture fragile du bâti, d’avoir souvent été restauré/entretenu. Aussi plus d’un quart des baies rencontrées montrent des plombs de casse, parfois nombreux, résultant d’interventions passées.

    Un des avantages du vitrail, et notamment du vitrail récent, lorsqu’on a à l’étudier, est la fréquence des inscriptions : trois notices sur quatre en font mention. Inscriptions qui précisent l’iconographie (dans quatre cas sur cinq), mais surtout inscriptions de datation, ou bien précisant l’auteur, le fabricant, ou l’atelier, tous deux avec la même fréquence (mentions dans quatre notices sur cinq). Les donateurs, commanditaires, destinataires quant à eux sont mentionnés dans un peu moins d’un cas sur trois. Toutes données portées qui permettent, fréquemment, de restituer avec précision le contexte de la création, les raisons et réseaux des commandes.

    I, 2) Datation des verrières

    Globalement, le vitrail aubois date pour 69 % du XIXe siècle, 31 % du XXe siècle et près de 7 % de XXIe siècle. Une enquête similaire menée sur le département des Ardennes avait donné un résultat quasi inversé puisqu’on y trouve que 39 % de vitraux du XIXe siècle, la majorité du corpus datant du XXe siècle.

    Les styles baroque et classique, en privilégiant la lumière crue, mettent un point final à l’aventure du vitrail en architecture, aventure commencée cinq siècles auparavant, « fermant ainsi l’un des chapitres les plus importants des arts appliqués depuis le Moyen Âge » (Xavier Barral i Altet, ouvrage mentionné). Avec le romantisme ressurgit le goût du Moyen Âge, mais la redécouverte est lente. Le premier quart du 19e siècle est une période expérimentale, durant laquelle de nouveaux artisans vont se former à de nouvelles méthodes explorées par les chimistes qui se consacrent à l’étude des propriétés du verre et en particulier du verre ancien. Les premiers ateliers français sont ceux de la Manufacture royale de Sèvres, créés en 1828, celle de Choisy (Choisy-le-Roi) active à partir de 1829, et l’atelier de Thibaud et Thevenot à Clermont-Ferrand (1831) qui étudie les vitraux de la cathédrale de Bourges.

    I,2, a) Les prémices du vitrail dans l'Aube

    Dans le département de l’Aube comme partout ailleurs en France, les débuts sont timides. Le premier exemple daté, bien que précoce (1832), est décoratif : il s’agit de deux bas de verrière dans l’église de Ricey-Haut. Un autre exemple peut être trouvé en 1844 à l’église de Saint-Lupien (baie 3 : parties décoratives dues à Vincent-Larcher et de Vincent-Feste).

    Il faut attendre les années 1840 pour trouver les premiers essais figuratifs. Encore que le tout premier connu, les apôtres en pied de l’actuelle baie 113 du transept de la cathédrale de Troyes (auparavant à l’abside), ait été envisagé dès 1837 bien qu'il ait été posé en 1842. Il est dû à Arnaud et à la manufacture de Choisy (A titre de comparaison, dans les Ardennes, le premier vitrail figuré est très précoce, date de 1831 - église Saint-Charles de Sedan -, mais les verrières des années qui suivent jusque vers 1860 sont beaucoup plus rares). Dans ces années pionnières, la cathédrale de Troyes sert d’ailleurs, année après année, de laboratoire d’expérimentation. Au contact des magnifiques vitraux des XIIIe et XVIe siècles siècle qui s’y trouvent, plusieurs maîtres-verriers ou ateliers vont développer et affiner leur savoir-faire : Maréchal de Metz en 1842 (rose de la baie d’axe de l’abside), Maréchal toujours et Gugnon en 1843 et 1846 aux actuelles baies 110 et 112 (prévues de même pour l’abside), Martin-Hermanowska baie 13 et 19 en 1848-1849, puis Louis-Germain Vincent-Larcher, déjà en restauration baie 2 en 1847, et en restauration/création baie 0 (actuellement baie 23). Cette dernière est révélatrice des hésitations de ces premiers temps de redécouverte des techniques et des manières médiévales : Vincent-Larcher avait en effet créé une première version pour cette baie axiale vers 1847, qu’il dut remplacer deux ans après par celle visible aujourd’hui. Pareillement, les tout premiers essais à la cathédrale, ceux de la manufacture de Choisy, de Maréchal de Metz et de Gugnon, furent mal considérés et finirent, une génération plus tard, par être déplacés au transept, moins à la vue. Ces ateliers ne s’essaient, à la cathédrale de Troyes, que sur des sujets relativement simples, de grands personnages de face. Dont un bel exemple peut être trouvé par ailleurs à Thieffrain. Sauf Martin-Hermanowska et surtout Vincent-Larcher, lesquels dès ces années de formation s’essayèrent aux verrières historiées ou hagiographique, ceci aux baies mentionnées à la cathédrale (1848-1849). Avant cela même, Vincent-Larcher crée une verrière de la Passion à Villemoiron-en-Othe (baie 1, 1846) et Martin-Hermanowska en 1847 à Arrentières une verrière de la Vie de saint Jacques et une série consacrée à la Vie du Christ.

    Quant au vitrail décoratif, l’ensemble le plus ancien pourrait être celui de la chapelle privée de Dienville, construite à la demande de la marquise de Loménie de Brienne et inaugurée le 25 janvier 1847.

    I, 2, b) Le milieu du 19e siècle, une période charnière

    Il apparaît semble-t-il clairement que les années 1846-1849 furent charnières, après plusieurs années de tâtonnements, pour la redécouverte du vitrail partant de l’observation des anciens dans le département de l’Aube.

    La décennie suivante y marque la prééminence de Martin-Hermanowska et Vincent-Larcher. Le premier intervient, parfois aidé par son fils, à Troyes même, à Saint-Martin-ès-Vignes, en 1857 (vitrail daté), ainsi qu’à Bar-sur-Seine et Brienne-le-Château en 1858 et 1859. Le second continue d’intervenir à la cathédrale (baie 21 en 1856, bas de la baie 0 en 1858), et travaille dans les églises de Saint-Germain (1853, surtout en restauration), Chessy-les-Prés (1853), Saint-Remy de Troyes (1854-1861) et Bréviandes (1859), et à la chapelle de l’actuel lycée Marie-de-Champagne (ancien Petit Séminaire). Parmi les exemples datés rares sont à cette époque les chantiers d’importance qui leur échappent. On ne peut guère citer que la baie 3 de Châtres (six scènes dans des médaillons), datée 1856, et que l’on peut semble-t-il attribuer à l'atelier de Gabriel Boniface Bazin (Oise).

    I, 2, c) L'âge d'or du vitrail aubois

    Jusqu’alors à peu près constante (une vingtaine de verrières datées par décennie), la production s’accroît de façon impressionnante dès la décennie suivante puis celle d’après (années 1860 et 1870), qui seront les années de la renaissance du vitrail dans le département de l’Aube. Ces deux périodes en effet totalisent respectivement 92 et 112 notices avec verrières datées, contre 14 et 18 au cours des années 1840 et 1850 ; et bien moins encore par exemple au début du 20e siècle. Et alors que l’on ne dénombre que 26 notices mentionnant du vitrail du 2e quart du 19e siècle, il s’en trouve 250 pour le 3e quart du 19e siècle et 300 pour le 4e quart (correspondant respectivement à 424 et 585 verrières)…contre 90 plus tard pour le 1er quart du 20e siècle, 70 pour le 2e quart…La seconde moitié du 19e siècle constituant à n'en pas douter la plus belle période pour la production du vitrail dans le département de l'Aube.

    Cet « âge d’or » du vitrail aubois s’accompagne d’un accroissement plus important encore des ateliers, qui de 8 attestés pendant le second quart et le milieu du XIXe siècle, passent à 33 pendant la période suivante, et à 57 pendant le 4e quart du XIXe siècle .

    Si le 3e quart du XIXe siècle voit se multiplier les ateliers de verriers, il est aussi celui de la continuité, du passage de relais entre la génération des « défricheurs » et leurs successeurs. En effet six des ateliers qui ont exercés pendant les années 1840 sont toujours présents après le milieu du XIXe siècle (seuls la Manufacture de Choisy et l’atelier Etienne Thévenot ne sont plus représentés), et Vincent-Larcher et son frère Vincent-Feste restent les artistes les plus fréquemment rencontrés avec respectivement pour cette période 37 et 20 mentions. Mais ils doivent alors partager l’important marché aubois avec des nouveaux venus : le Carmel du Mans (13 mentions), l’atelier parisien d’Erdmann et Kremer, le Toulousain Louis-Victor Gesta (10 mentions) et le Troyen Louis Hugot (15 mentions), actif au moins depuis 1863 (premiers exemples datés rencontrés). Parmi les quelques verriers trouvés assez fréquemment à cette époque on peut également citer l’atelier parisien de Claudius Lavergne (7 mentions, à Ramerupt), l’atelier Champigneulle de Bar-le-Duc (5 mentions) et le Troyen Etienne Virot (6 mentions).

    La fin du XIXe siècle, plus importante encore pour son volume de commandes, marque en revanche une rupture avec les époques précédents, non seulement, pour partie avec la génération des pionniers (dont seuls les représentants de la famille Vincent-Larcher sont encore présents, et pour des volumes de réalisation intéressants), mais aussi avec leurs successeurs immédiats. Par l’importance des nouveaux noms au cours de cette période (33 des 57 verriers), les volumes de commandes passés aux nouveaux venus : 16 mentions du verrier parisien Babouot, et neuf mentions des ateliers rémois Vermonet / Vermonet-Pommery ou Haussaire, et la prise de relai par la seconde génération pour un certain nombre d’ateliers déjà présents les années précédentes : Louis-Charles-Marie Champigneulle, Henri-Louis Gesta, Georges et Noël Lavergne.

    Au cours du 4e quart du XIXe siècle, les verriers les plus présents dans le département sont les ateliers Lavergne (25 mentions), Louis Hugot (23 mentions), Didron (17 mentions), Champigneulle (16 mentions), Babouot (16 mentions), Erdmann, et Gesta (11 mentions chacun) ; tout comme Louis-Germain Vincent-Larcher, toujours actif, ou son frère Vincent-Feste (8 mentions).

    I, 2, d) Baisse radicale des commandes au tournant du XXe siècle et disparition des pionniers aubois

    Au début du XXe siècle, les volumes de réalisations chutent radicalement, de près de 300 % (184 verrières contre 533). Ce contexte, lourdement handicapé par la situation politique et militaire, ne permet pas le renouvellement des équipes ou l’arrivée de nouveaux venus : la quasi-totalité des ateliers présents au début et pendant le 1er quart du XXe siècle étaient déjà actifs dans le département au cours de la période précédente. Il est vrai également qu’à cette époque, le vitrail change de milieu : les ateliers, souvent, produisent alors plus pour le marché civil (magasins, demeures bourgeoises, banques, cafés et hôtels…) que pour le marché religieux. Productions malheureusement assez rarement conservées.

    Localement, la génération des pionniers et de leurs successeurs immédiats a disparu (plus de mentions de membres de la famille Vincent-Larcher ou de Hugot). Pendant le 1er quart du XXe siècle les ateliers les plus représentés sont nancéiens (Joseph Janin de Nancy pour 15 mentions, et Emmanuel Champigneulle), et surtout parisiens (Georges et Claude Lavergne pour 9 mentions, Félix Gaudin pour 6 mentions, Jean-Baptiste Anglade pour 5 mentions, Edouard-Amédée Didron pour 3 mentions, Louis-Charles-Marie Champigneulle ; Henri Carot n’intervient qu’une fois, au château des Roches à Rosnay-l’Hôpital, mais pour une création d’envergure).

    I, 2, e) Renouvellement des ateliers, installation et omniprésence de Gaston Vinum

    Ce contexte va permettre à un verrier chassé de Reims par la guerre de s’implanter dans ce pays de vitrail qu’est l’Aube, Gaston Vinum, dont les premières productions rencontrées portent la date de 1925.

    Le deuxième quart du XXe siècle correspond, Première Guerre mondiale oblige, à une période de renouvellement des ateliers intervenant dans le département. Sur les 11 praticiens mentionnés, seulement trois étaient présents lors de la période précédente : Charles Lorin, le peintre Henri Charlier et Georges Janin (Lesmont). Quelques grands noms apparaissent, mais un peu incidemment (l’atelier Hébert-Stevens avec Jacques Bony à Payns, Jean-Jacques Gruber à Fouchères). Surtout cette période est celle de la quasi omniprésence de l’atelier Vinum, qui est mentionné dans 45 des 58 notices pour lesquelles l’auteur est connu.

    I, 2, f) Nouveau renouvellement des ateliers de verriers et faibles volumes de commandes après le milieu du XXe siècle

    Le renouvellement des ateliers de verriers se poursuit après le milieu du XXe siècle. Seuls les deux ateliers Mauméjean d’Hendaye (64) et Jean-Jacques Gruber (Arcis-sur-Aube) continuent alors d’être présents dans l’Aube… avec la famille Vinum, ses membres étant toujours les peintres-verriers les plus représentés, bien qu’avec une moindre prégnance qu’avant la guerre. Cette période voit l’arrivée dans le département de l’Aube de verriers représentatifs de cette période : les soeurs De Troeyer de Reims à Bayel, l’atelier Max Ingrand de Paris à Creney-près-Troyes, Nogent-sur-Seine et Vendeuvre-sur-Barse, l’atelier Mauret d’Heiltz-le-Maurupt (51). La période se caractérise aussi par l’extrême dispersion des commandes : excepté l’atelier Vinum et Max Ingrand dans une moindre mesure, aucun atelier ne reçoit alors plus d’une seule commande. Mais il est vrai que l’après Seconde Guerre mondiale inaugure aussi le temps des grands ensembles allégoriques, abstraits ou semi-figuratifs. Alors que la moyenne est d’à peine 2 verrières par commande pendant les périodes précédentes, elles est de plus de 3 verrières pendant le quart de siècle suivant (1,75 par exemple pendant le 4e quart du 19e siècle ou le 2e quart du 20e siècle, et 1,64 pendant le 3e quart du XIXe siècle. Contre 3,27 pendant le 3e quart du XXe siècle), les grands ensembles de 6, 7 ou plus de 10 verrières n’étant pas rares. Les volumes cependant restent plutôt modestes - et de plus en plus : il a été produit une moyenne de 7 verrières par an début de siècle, de 5 au milieu du siècle puis de 4 pendant les « Trente Glorieuses »... contre 21 à la fin du 19e siècle.

    Le bilan de la fin du XXe siècle est assez comparable : les volumes de réalisations restent bas, les commandes sont éparpillées entre des équipes largement renouvelées par rapport aux décennies passées, forte présence de l’atelier Vinum (40 réalisations identifiées) et de quelques autres (9 verrières pour l’atelier Gaudin de Paris et 24 pour l’abbé Gatouillat de Versailles).

    I, 2, g) Qu’en est-il de notre passé proche (le début du XXIe siècle) ?

    L’analyse des seuls chiffres pourrait faire illusion en faisant croire assurément à une embellie pour le vitrail dans le département de l’Aube puisqu’en 16 années à peine le nombre des verrières recensées (144) dépasse déjà celui des 25 années précédentes (129). Mais ce résultat profite de programmes ambitieux (les 25 verrières de David Tremlett et l’atelier Simon-Marq à Villenauxe-la-Grande, les 20 baies décoratives de Patrick Serre à Rilly-Sainte-Syre, les 15 d’Hervé Loire à Saint-Julien-les-Villas…). La reprise est-elle réellement amorcée ? Avec de nouveaux supports d’expressions, de nouvelles techniques ? Elle se fera en tout cas partiellement sans les anciens, l’atelier Vinum venant de cesser son activité et Benoît et Stéphanie Marq de passer la main. La relève semblant assurée par Flavie Serrière Vincent-Petit, ancienne collaboratrice d’Alain Vinum déjà auteur de 66 verrières figurant au recensement.

    I, 3) Les sujets.

    Si les verrières aniconiques sont présentes dans un quart des dossiers d’inventaire, il n’en reste pas moins que leur grande majorité, plus de quatre sur cinq, portent une histoire ou témoignent d’un personnage. Les verrières historiées (37,5 % du tout) et les verrières à personnages (29 %) étant les plus fréquentes, devant les verrières hagiographiques (13 %) et les verrières figurées (8 %). La grande majorité d’entre elles sont religieuses.

    L’aspect le plus évident pour le vitrail contemporain, est qu’il est ornemental ; non pas exclusivement, puisque, on l’a précisé, quatre verrières recensées sur cinq portent une iconographie, mais complémentairement et de manière intimement liée. Plus des deux tiers d’entre elles en effet portent un ornement assez développé pour avoir été signalé (décrit). L’ornementation végétale est la plus fréquente, ainsi que les ornements en forme d’architecture (dais, niches, colonnes…). L’ornementation géométrique est particulièrement présente dans un cas sur six. Les verrières avec écus armoriés sont elles-aussi fréquentes, deux fois plus environ qu’aux époques précédentes. Et si les donateurs se sont souvent fait citer sur les verrières, ils s’y sont rarement fait représenter (22 cas), plus rarement encore qu’au Moyen Âge et surtout à la Renaissance. Un autre aspect général particulier au vitrail des derniers siècles, surtout au XIXe siècle, qui semble pouvoir être analysé comme le fait d’une époque plutôt que du support, est la relative féminisation de la sainteté : les saintes représentant un cas sur trois contre un sur quatre pour l’ensemble des objets d’art du département.

    Parmi les sujets trouvés on peut distinguer de nouveaux thèmes par rapports aux siècles précédents : la triade des nouvelles venues Marguerite-Marie Alacoque, Notre-Dame de Lisieux et sainte Bernadette ; et un certains nombre de saints et scènes, déjà présents avant le XIXe siècle mais ici bien plus représentés (trois, quatre,… six fois plus) : sainte Jeanne d’Arc (contexte revanchard oblige), la scène de la Rencontre à la Porte dorée, de la Création, avec Adam et Ève, du Couronnement (de la Vierge) ou des scènes de sacre. Parmi les sujets surreprésentés par rapport aux siècles précédents trouvés en nombre on citera les scènes d’apparition (56 mentions, du Christ notamment), La Nativité (54 mentions), et les personnages de saint Joseph (78 mentions), saint Louis (33 mentions) ou l’Immaculée Conception (42 mentions).

    Inversement, certains thèmes auparavant fréquents, sont plus rares entre le XIXe siècle et aujourd’hui. On rencontre en effet dans le vitrail contemporain bien moins d’évocations de saint Éloi, sainte Catherine, saint Dominique ou Nicolas, Martin, Jean Baptiste, Vincent, Antoine ou Germain. Même les plus fréquemment cités, comme saint Pierre, Paul ou Jean sont cependant moins courants qu’auparavant, ainsi que saintes Marguerite ou Madeleine. La scène de l’Education de la Vierge, si fréquente dans l’Aube, notamment dans la sculpture du XVIe siècle, a elle aussi été trouvée bien moins souvent.

    Entre ces deux extrêmes, des sujets se retrouvent en proportions identiques : l’Annonciation (78 mentions), le Baptême du Christ (43 mentions), l’Adoration des mages et des bergers, la Présentation au temple (55 mentions), la Sainte Famille (42 mentions).

    I, 4) Le vitrail civil

    C’est essentiellement à partir de la IIIe République que le vitrail civil apparaît dans les édifices publics et dans la demeure. Ce vitrail est souvent décoratif. Il prend possession des lieux fréquentés et ouverts au public que sont en ville les mairies, restaurants, banques, cafés, grands magasins, et se décline au XXe siècle au gré de la commande publique (grands parkings, centre des finances publiques, Centre de congrès). Dans la sphère privée, il gagne les habitations, les villas, les maisons de maître, les belles demeures. A Paris, ce sont les verrières du Printemps d’Eugène Grasset (1884, exécuté par Félix Gaudin), qui inaugurent dans le style préraphaélite, au paysage japonisant, ce que seront les décors de ces lieux ouverts aux foules et aux passants. Ces verrières sont l’emblème des grands magasins qui prennent leur essor, un décor séduisant pour embellir les lieux de vente et de promenade. A Troyes, des verrières ornent les Magasins réunis (panneaux déposés à la Cité du vitrail et il en subsiste sur place). Le Café Français, qui faisait face à la fontaine Argence à Troyes au début du 20e siècle, contenait des verrières et vitres peintes dans le style Art nouveau. Une banque a remplacé cet établissement, mais les panneaux existent toujours. Comme ailleurs dans les grandes villes de France, la Caisse d'Epargne et le Crédit Lyonnais de Troyes présentent au public leur image et leur prestige au travers de leur architecture et de leur décor où le vitrail occupe une place de choix (plafond de verre aux armes de l'établissement bancaire et fenêtres monogrammées). En 1893, le musée des Beaux-Art accueille dans un de ses escaliers une grande verrière de style Art nouveau (Paysage exotique au cacatoès).

    L'Art nouveau s'exprime dans le même temps dans l'habitat privé : il orne les fenêtres et portes-fenêtres des salons et salles à manger, les entrées, impostes, vérandas, jardins d’hiver, montées d’escalier et salles de bains. On le trouve à la Villa Rothier et quartiers proches des usines bonnetières en plein essor dans le tournant du XXe siècle, dans les maisons bourgeoises urbaines, mais aussi dans les châteaux comme à Rosnay-l'Hôpital où le peintre-verrier Henri Carot réalise une verrière raffinée (vers 1903), ou à La Cordelière (1898).

    Dans les années 1920 et jusque dans les années 1940, les loisirs et les divertissements sont des thèmes privilégiés : le soleil, la mer, sont illustrés par de grandes compositions (par exemple la Diane chasseresse traitée librement par Gaston Vinum en 1947 au 28 boulevard Gambetta, ou le Voilier rue du Docteur Bouquot, du même auteur sur des dessins de l'architecte Edgar Cyr Lucien Bridou).

    La commande privée reprend au début du XXIe siècle avec des artistes locales telles que Cécile Boël et Carolyn Rogers.

    On notera enfin comme partout ailleurs, effet de l'abstraction grandissante au cours du 20e siècle et de l'allégorisation du discours, l'importance des figurations tendant vers l'abstraction : poissons, raisins, blés, hosties, calices et anges ; mais tardivement dans le département, plutôt à partir de l’après Seconde Guerre mondiale (dans les Ardennes, l’abstraction du discours est sensible bien plus tôt, dès les années 1920).

    II) Le vitrail aubois des derniers siècles au fil du temps

    II, 1) Premières créations, apparition des verrières archéologiques et néo-gothiques dans le 2e quart du XIXe siècle

    Traditionnellement, on considère que les verriers de la première moitié du XIXe siècle se conformaient de manière assez fidèle aux styles anciens (verrières « archéologiques »). Puis vinrent des styles nouveaux comme le néo-gothique, le néo-Renaissance, le néo-roman et l’éclectisme qui les supplantèrent. Dans ses grandes lignes, ce schéma reste valable pour le département de l’Aube. Cependant, il est à nuancer fortement en fonction des personnalités des principaux acteurs.

    Les deux premières créations recensées datent de 1832 (baies 17 et 18 de Ricey-Haut) et ne sont composées que de croix décoratives sans aucun rappel de formes passées. En revanche les premières expériences à visées archéologiques menées pour les restaurations des verrières à la cathédrale en 1837 (baie 113) et à Saint-Urbain par la manufacture de Choisy, et en 1842 (baie 200), 1843 (baie 112), 1846 (baie 110) par Maréchal et Gugnon et, en 1848, (baie 13) par Martin-Hermanowska se sont bien fondues dans les verrières originales environnantes.

    Une première expérience novatrice et, il faut le dire, assez déroutante dans le contexte de la cathédrale, est conduite à la grande rose (baie 220) et aux baies des arcatures dessous (baie 120) en 1844 et en 1846 aux deux baies les encadrant (118 et 122) par Etienne Thevenot. Tant par les couleurs très vives employées que du point de vue des morphologies et des attitudes on peut affirmer que les baies 120 et 220 sont les premiers exemples datés et conservés de style néo-gothique dans le département. Une première verrière néo-Renaissance non signée apparaît à Thieffrain en 1852 (l’église de ce village est un véritable « musée » chronologique des verrières du milieu du 19e siècle puisqu’elle conserve six verrières datées entre 1849 et 1852).

    II, 2) 1850-1860 : période de transition des formes

    Période encore très attachée au respect des formes anciennes, la décennie 1850-1860 semble une étape de transition où les scènes et personnages sont toujours dans la veine de ceux des siècles passés mais souvent disposés dans des décors ou des compositions sans rapport stylistique (baie 3 à Châtres en 1857 par Bazin). Une belle verrière romano-gothique (style éclectique qui connut un grand succès par la suite) voit le jour à Dosnon en 1860, création de la fabrique du Carmel Cenom, et la même église accueille trois ans plus tard une verrière néo-Renaissance, produite par le même atelier. La décennie suivante voit se multiplier les exemples de styles nouveaux comme à Arsonval avec plusieurs verrières dues à Hugot, ou à Proverville par Erdmann et Krémer. Pour désigner les pastiches, les peintres verriers utilisent à partir des années 1860 l’expression « vitraux de style », les opposants aux verrières créées sans contraintes stylistiques qu’ils dénomment « vitraux modernes ». Le néo-gothique et le romano-gothique fixent leurs codes et deviennent prédominants dans les deux dernières décennies du siècle toutefois sans que les verrières quasi archéologiques ne disparaissent totalement (baie 5 à La Madeleine de Troyes par Gaudin ou baie 19 en 1899 à Sainte-Maure par Faucigny de Lucinge).

    I, 3) Evolutions différenciées pour les verriers dans la seconde moitié du 19e siècle

    Cependant, cette évolution et ces expériences nouvelles ne doivent pas faire oublier le fait que la situation est très disparate au niveau des verriers. Attaché aux formes anciennes, Martin-Hermanowska compose un remarquable vitrail tableau pour la baie 0 d’Arrentières en 1847 ; il perpétue la tradition des formes anciennes jusqu’à son décès en 1860. Il n’est pas le seul, car cet attachement à copier les styles anciens a perduré très tardivement, jusqu’en 1904 pour Didron et jusqu’à sa fin d’activité pour l’omniprésent Vincent-Larcher. Lequel imite le style du début du 13e siècle à la cathédrale de Troyes pendant près de vingt ans jusqu’en 1876 et en parallèle compose des baies d’un style plus libre et inimitable (couleurs profondes et style mêlant copies et inventions) comme aux baies 1 et 3 en 1866 à Cunfin ou à la grande verrière tableau à la baie 11 de Saint-Rémy de Troyes. A Thieffrain, il réalise pour l’abbé Vivien un triplet archéologique de style 13e ou 14e siècle (1849), une verrière de style début 13e siècle (1849) et la restauration d’une baie du 16e siècle qu’il refait quasi-intégralement dans ce style (1849) ; et il ne s’est que rarement écarté des poncifs anciens (verrière annonçant le néo-gothique en 1865 à la baie 3 de Thieffrain).

    Pour Edouard Didron, on peut arguer que ce phénomène est dû à la prédominance de son activité de restaurateur, mais on pourrait qualifier de néo-gothique (baie 100 à Saint-Rémy de Troyes en 1891) ou de néo-Renaissance (baie 3 à Saint-Rémy de Troyes en 1892) certaines de ses créations. Il revendiquait dans les nouvelles recherches une démarche archéologique et un savoir-faire technique et artistique. Comme lui, de nombreux tenants de la recherche d'authenticité reprochaient aux manufactures de Sèvres et Choisy d’avoir négligé l’étude des vitraux anciens et d’avoir surtout voulu produire des oeuvres supérieures à celles du passé. Vincent-Feste est à la croisée des chemins. Plus novateur que son frère Vincent-Larcher, il a réalisé de 1856 à 1880 de nombreuses verrières de style néo-Renaissance, néo-gothique et éclectique en parallèle d’autres verrières copiant les styles anciens (exceptionnelles verrières de la Trinité couronnant la Vierge à la baie 5 de Lévigny en 1877 et de l’Assomption en 1878 à la baie 0 de Puits). Guillaume Erdmann, entre 1870 et 1884, seul ou en collaboration avec Théodore Krémer, mélange également des encadrements et des bordures inspirées de l’ancien mais plus libres avec des figures ou des scènes imitant la morphologie de celles de la fin du gothique et de la Renaissance.

    Entre 1864 et 1886, Louis Hugot dépasse davantage encore les modèles anciens car, bien qu’ayant réalisé quelques verrières en imitation du XVIe siècle (baie 21 en 1879 et 8 en 1885 à Sainte-Savine), il a surtout adopté un style éclectique mêlant librement des éléments du vocabulaire gothique et Renaissance.

    D’autres ont pour leur part presque exclusivement opté pour cette nouvelle manière. Les différents intervenants et successeurs de la maison Champigneulle n’ont usé que du néo-gothique et de l’éclectisme à dominante romane dans leurs créations entre 1883 et 1902. Il en est de même pour Babouot entre 1879 et 1911, la fabrique du Carmel du Mans entre 1859 et 1899 et Claudius Lavergne et ses fils qui oeuvrent dans le département entre 1865 et 1902. Ces derniers composent des verrières d’une grande qualité (souvent des vitraux tableau comme à Ramerupt en 1865) dans un style propre employant majoritairement des éléments de la Renaissance (les onze baies de Ramerupt entre 1865 et 1872) ou gothique lors des « restaurations » des baies de Polisot.

    Si ce n’est pour les rinceaux décoratifs, Louis-Victor Gesta (actif dans l’Aube 1864 à 1890) rompt encore plus radicalement avec l’imitation des formes passées qui ne sont plus que rarement rappelées dans ses compositions (quelques éléments gothiques à la baie 8 de Lantages en 1875 et une verrière entièrement néo-gothique à la baie 0 des Riceys l’année suivante).

    La transition entre le XIXe siècle et le XXe siècle dans l’Aube se déroule en déclinaisons du vitrail tableau, notamment de la part de verriers parisiens. Ce sont de véritables prouesses techniques au dessin à la fois extrêmement contrôlé et conventionnel, et parfois un peu mou. Travaillent à cette époque dans le département les ateliers parisiens de Georges Lavergne (Landreville et Ramerupt en 1900), Babouot (Neuville-sur-Seine en 1911), Emmanuel et Charles Champigneulle (Vaupoisson, Rouvres-les-Vignes, Saint-Léger-près-Troyes), Félix Gaudin (Saint-Nicolas de Troyes), l’atelier rémois Vermonet (Gyé-sur-Seine), Florence et Heinrich de Tours (Lesmont, Saint-Remy de Troyes), Henri Carot de Paris (château des Roches à Rosnay-l’Hôpital) et Joseph Janin de Nancy (Hampigny et Vitry-le-Croisé). Ces ateliers ne se rencontreront plus dans le département passé 1911 (si l’on excepte une verrière à Lesmont due à Georges Janin datée 1931. De style assez comparable du reste à ce qui se pratiquait au début du siècle, bordures Art déco exceptée). Cette période recèle de belles prouesses techniques, telle la grande verrière du Jugement dernier de Louis-Charles-Marie Champigneulle à Saint-Remy de Troyes. Le style et les dispositions néo-gothiques hérités des décennies précédentes sont encore extrêmement prégnants, les verrières figurées avec de larges décors néo-romano-gothiques très courantes.

    II, 3) Développement de styles nouveaux (Art Nouveau, Japonisme...) dans le vitrail civil à la fin du 19e siècle et au début du XXe siècle

    Dans ce tournant du XXe siècle, c’est avec le vitrail privé, dans l’habitat domestique, que se rencontre le style Art nouveau, qui s’étend environ des années 1880 à la Première Guerre mondiale. Ce style rompt avec le recours systématique au passé (néo-classique, néo-gothique, néo-Renaissance). Le japonisme, connu depuis la fin du XIXe siècle (grâce aux estampes, au legs Adolphe Thiers au musée du Louvre en 1884, et aux Expositions universelles à Paris de 1878, 1889 et 1900), rencontre un grand succès et enthousiasme les peintres et les céramistes par sa vision stylisée, épurée et raffinée des lignes. L’arabesque, les formes souples, les sujets tirés de l’observation de la nature (fleurs, feuillages, insectes), un nouveau répertoire décoratif et purement ornemental entre dans les habitations. Le cloisonnisme qui enserre la forme dans le trait est inspiré de l'estampe et du travail sur bois, et le vitrail puise aussi dans le vocabulaire des peintres (les Nabis en particulier). L’art du verre se renouvelle avec les artistes de l’Ecole de Nancy : Lalique, Daum, Gallé et Majorelle explorent librement le répertoire floral et organique.

    Dans ce cadre familier et quotidien, où l’enquête a permis de pénétrer, il subsiste ce que le goût et les changements de propriétaires n’ont pas détruit ou déformé, des exemples encore intacts et de qualité de ce vitrail, qui se présente essentiellement en milieu urbain.

    L’essor bourgeois, l’industrialisation de l’agglomération troyenne et des villes bonnetières rendent alors possible la construction de belles demeures, de maisons individuelles (villas, maisons de maître) où le décor est riche et varié (mosaïques, boiseries, vitraux). Le développement de l'industrie a fait l’Art nouveau : les commanditaires aisés, férus de nouveauté veulent pour leur habitation le dernier goût. Les nouvelles technologies du verre et la chimie (verres opalescents, verres imprimés, montages Tiffany) offrent de plus grandes possibilités aux créateurs. Les maisons de la Villa Rothier à Troyes (lotie en 1890) et rues adjacentes, de la villa Herbin rue Bégand (1877), de la villa Viardot (1908) ou de l’immeuble de la rue du Général de Gaulle en sont un bon exemple : l’ornementation est décorative, sans recours à la figuration, avec un répertoire issu du monde végétal, avec des lignes courbes, des arabesques florales, des formes souples et raffinées.

    Pour illustrer ce style, les verriers (ici anonymes) emploient une diversité de couleurs et d’effets de matières rendus possible par l’utilisation du verre imprimé. Ce verre industriel, posé chaud sur une matrice métallique en ressort ondulé, givré et grainé, il est coloré de teintes vives et nuancées, et parfois relevé de grisaille peinte. Le verre opalescent aux teintes laiteuses et marbrées, soufflé ou imprimé lui aussi fait son apparition. L’école de Nancy influence nettement cette production.

    Les verriers questionnent les rapports entre art et industrie, entre artisanat et art (Arts and Craft en Angleterre). Le verre cathédrale est largement utilisé en parallèle au vert plat, qui reçoit plus facilement la grisaille. Ce verre translucide laisse filtrer la lumière mais floute les formes. Incolore ou teinté, il est le parfait matériau des habitations domestiques. Il préserve la vie privée tout en montrant la prospérité de ses propriétaires.

    En revanche, les effets de l’Art Nouveau sur le vitrail religieux aubois sont à peu près nuls. En 1900 à Hampigny, l’atelier Janin de Nancy en 1900 à Hampigny incorpore bien à son vitrail tableau de facture très classique un encadrement laissant plus de place aux motifs végétaux, mais c’est là à peu près tout. Il n’est guère que dans le vitrail civil que l’on peut trouver quelques exemples de cette nouvelle manière, dans des maisons et hôtels particuliers.

    II, 4) L'Entre-Deux-Guerres : développement de l'Art déco

    L’entre-deux guerres dans le département de l’Aube n’est pas marqué, comme les départements des Ardennes ou de la Marne, par l’impératif de la Reconstruction. La Première Guerre mondiale n’y impacte pas durement les édifices religieux, et la création en vitrail ne figure qu’assez peu le sujet de la commémoration. On ne compte en effet que quatre verrières en mémoire des morts de la Première Guerre mondiale (à Saint-Martin-de-Bossenay en 1926, à Ville-sous-la-Ferté en 1929, à Sacey en 1930 et à Bossancourt en 1939).

    Les effets de l’Art Nouveau sur le vitrail religieux aubois sont à peu près nuls. L’atelier Janin de Nancy en 1900 à Hampigny incorpore bien à son vitrail tableau de facture très classique un encadrement laissant plus de place aux motifs végétaux, mais c’est là à peu près tout. Il n’est guère que dans le vitrail civil que l’on peut trouver quelques exemples de cette nouvelle manière, dans des maisons et hôtels particuliers.

    Le style « historique » majoritaire pendant la période précédente se rencontre jusqu’à la fin des années 1930, sous les pinceaux d’Edmond Socard (Paris) à la Madeleine de Troyes en 1921, de Charles Lorin à Cunfin en 1924 et 1936, mais aussi de Gaston Vinum (Loches-sur-Ource en 1926, Epothémont en 1928 et 1929, Fontaines-les-Grès en 1933, Juvancourt en 1934, Turgy en 1938), et perdure plus longtemps encore parfois pour le vitrail funéraire (exemples en 1946 au cimetière de Troyes). L’évolution de ce dernier artiste, si important pour cette époque dans l’Aube puisque près des trois-quarts des commandes lui échoient alors, est intéressante. Evolution au fil du temps influencée par l’Art déco, déjà pour les ensembles décoratifs (chapelle du lycée Aviat de Troyes, 1925) ou pour les fonds et bordures en complément de tableaux figurés encore très classiques (Estissac en 1927), mais aussi par une évolution du graphisme vers une plus grande simplicité (vitrail de sainte Angèle à Loches-sur-Ource en 1927, ou de saint Louis à Saint-Martin-de-Bossenay en 1929, à Payns en 1933, à Juvancourt ou Belleville en 1936) ; et parfois vers une plus grande délicatesse de trait (ange sur une verrière commémorative à Ville-sous-la-Ferté, 1929). La coexistence de ces deux mondes parfois étonne. Un des emblèmes de leur rencontre peut être trouvé à Saint-Loup-de-Buffigny où le vitrail avec la Sainte-Famille (1937), au tracé encore classique bien que déjà simplifié, côtoie le style nouveau du fond, résolument Art déco.

    Le véritable introducteur de la manière nouvelle, de l’Art déco, dans le vitrail du département de l’Aube, n’est autre qu’Henri Charlier, Aubois de Mesnil-Saint-Loup, qui intervient surtout comme cartonnier pour Gaston Vinum. Dès 1919 (mais il a déjà 36 ans), à Pont-sur-Seine, il donne les dessins pour deux verrières réalisées par le verrier aubois S. Vital qui tranchent résolument avec les productions contemporaines. Exemple très précoce, contemporain des premières tentatives d’inclure des oeuvres récentes et modernes dans des constructions religieuses du passé (on mentionnera les exemples de Maurice Denis à Notre-Dame du Raincy en 1922-1923, ou de Lalique à Saint-Nicaise de Reims en 1924). Une décennie plus tard il intervient avec Gaston Vinum à Villemaur-sur-Vanne (baie d’axe, 1928) et à Saint-Nizier de Troyes (1929-1934), dans un style qui s’éloigne plus encore des poncifs classiques en déconstruisant la forme figurée et la pliant à la logique verrière et décorative. Influence directe ou concession à l’air du temps, Gaston Vinum cèdera aussi par moments à cette tentation, comme on peut le constater à Saint-Martin-de-Bossenay en 1930 et 1937, à Ville-sous-la-Ferté en 1935, à Belleville en 1937. Mais ses compositions restent toujours plus sages et figuratives, sous la pression on l’imagine de sa clientèle, et ceci notamment lorsqu’il illustre une scène traditionnelle de l’iconographie chrétienne. Sa liberté est moins contrainte pour des sujets moins conventionnels comme cette verrière commémorative de Bossancourt (1939) montrant l’ascension d’un soldat de la Première Guerre mondiale enveloppé dans le drapeau français. Son fils André s’exprimera au sein de l’atelier familial jusqu’en 1951 parfois avec un style plus personnel, visible déjà dans une oeuvre de sa prime jeunesse (il a alors 15 ans), un panneau conservé à la Cité du Vitrail dénommé Le Jazz (1939), et dans son oeuvre la plus connue peut-être : Diane chasseresse, à la Villa Viardot (Troyes, 1947).

    On se rend compte ici à quel point la personnalité d’un maître-verrier ou d’une dynastie de maîtres-verriers peut influencer la création de tout un département. A l’heure où les Vinum maintiennent, ou peu s’en faut, une certaine tradition classicisante dans le département, l’atelier Simon, dans les Ardennes (étude déjà citée) où il est presque aussi majoritaire que Vinum l’est dans l’Aube, fait opérer une mutation résolument Art déco à toute la production dès après la Première Guerre mondiale. Il est vrai que le département de l’Aube n’a pas vécu le contexte de la Reconstruction que connaît alors la métropole rémoise, siège de l’atelier Simon. Autre atelier innovant en Champagne du nord dans les années 1930 puis 1950 et 1960, celui des membres de la famille de Troeyer, n’est quasiment pas intervenu dans le département de l’Aube.

    La fin des années 1930 et les années 1940 laissent moins de place à d’autres verriers qu’à la famille Vinum. On notera cependant une intéressante verrière de Jean-Jacques Gruber (atelier à Paris) de 1940 à Fouchères.

    II, 5) La Seconde Guerre mondiale et l'après conflit

    II, 5, a) Sauvegarde des vitraux pendant la Seconde Guerre mondiale et commandes de verrières au titre des dommages de guerre dès la fin du conflit

    Mais l'essentiel de l'activité des verriers pendant cette période est tournée, comme dans le reste de la France occupée, par la sauvegarde et dépose des vitraux anciens.

    Rapidement après guerre, dès 1945, on commande aux verriers aubois des créations, généralement au titre des dommages de guerre. C'est le cas cette année là d'une Charité de saint Martin par Vinum Père et fils pour l'église de Buxières-sur-Arce, puis en 1946 à Méry-sur-Seine, Vallentigny et pour une chapelle funéraire au cimetière de Troyes. Cette reprise timide (8 verrières) est suivie d'une accentuation continue de 1947 à 1950, avec de nouveaux noms tels que Jacques Bony et l'atelier parisien Hébert-Stevens-Bony à Payns (en 1947).

    II, 5, b) Utilisation du béton dans les verrières

    D'un point de vue technique, à partir de 1945, l'art du vitrail se renouvelle par l'utilisation du béton et de la dalle de verre. La restriction des moyens dans un contexte d’après guerre et la volonté de proposer une alternative au vitrail classique (verre et plombs) engagent à dialogue nouveau entre l'architecture et le verre. C'est le cas dans l'Aube à Courteranges, dont l'église est reconstruite entre 1953 et 1960, où le vitrail en dalle de verre s'insère dans des claustras en béton armé assemblés en croix. Mise au point par le verrier Jules Albertini en 1929 et utilisée par le peintre-verrier Jean Gaudin dans les années 1930, la dalle de verre est généralement épaisse de 3 cm, teintée dans la masse et sa couleur est uniforme. Chaque pièce est coupée grossièrement au marteau et au burin, puis sertie dans le béton armé. Le contenu à Courteranges n'est ni figuratif ni abstrait, il est symbolique par sa forme (la croix) et épuré. Les couleurs des pièces sont vives et primaires, avec quelques nuances plus douces.

    II, 6) Apparition et développement de l'abstraction

    La fin des années 1940 inaugure une nouvelle ère, sensible aussi à l’atelier Vinum (par exemple dans les fonds de la verrière de saint Antoine de Padoue à Bossancourt, 1948), et dont le premier exemple dans le département se trouve au Carmel de Saint-Germain, qui date de 1950. Cet ensemble est dû à l’artiste peintre expressionniste Maurice Rocher, qui manifeste une nette orientation vers l'abstraction dans sa série de quatre vitraux malgré tout encore figuratifs dessinés à grands traits et où domine le dynamisme des noirs, réalisée dans l’esprit du style de Manessier. L’esprit nouveau est manifeste à Fontaine-les-Grès, pour la toute nouvelle église Sainte-Agnès construite entre 1955 et 1956 par l'architecte Michel Marot et l’artiste rémois Jean-Claude Vignes pour les verrières.

    Cette tendance à l’abstraction dans la peinture sur verre est celle de la peinture des années 1950 et du début des années 1960, qui, à l'instar du modernisme américain et de l'expressionnisme abstrait, refuse la seule figuration pour exprimer les émotions humaines et la représentation des êtres. Ces années sont celles d'une intense réflexion sur l’Humanité de l’Homme, sa chute, sa rédemption, et nombre de peintres-verriers, tout comme les artistes de leur temps, oeuvrent pour un renouveau des formes. La peinture après guerre, plus qu’abstraite est surtout non figurative. Elle n’exclut pas la figure humaine, mais lui transmet une souffrance nouvelle. Georges Rouault, Raoul Ubac, Jean Fautrier, Manessier, Mathieu, Atlan ou Jean Bazaine, tous ces peintres sont en révolte et ont le trait noir, les sujets sombres. La couleur dans le vitrail, comme en peinture, est traitée dans les compositions de cette époque avec un dessin fort et expressif, proche de l’abstraction lyrique : c’est le cas dans les vitraux de Max Ingrand à Creney en 1958, au stylisme cassant.

    L'art chrétien est impulsé après la Seconde Guerre mondiale par l’élan commun des grands noms de l’art moderne que sont Chagall, Matisse, Braque ou d'autres vers une création en collaboration avec les projets ambitieux d'une partie du clergé, comme celle, charismatique, du Père Couturier pour la chapelle Notre-Dame-de-Toute-Grâce au plateau d'Assy en Haute-Savoie (le mouvement est entamé avant la Seconde Guerre mondiale sous l’impulsion de Couturier et Régamey à travers la revue L’Art Sacré). Le peintre Fernand Léger créée des cartons pour l’église du Sacré-Coeur d’Audincourt (1950), dont le dessin au trait noir, rehaussé de larges aplats de couleurs vives est traduit dans le travail du verrier Barillet. L'art contemporain entre définitivement dans le domaine religieux.

    Dans le département de l'Aube la tendance est comparable. Elle s'illustre à Allibaudières en 1958 avec un ensemble de baies abstraites et allégoriques sur le thème des Sept Plaies du Christ, créé par André Ripeau et François Chapuis, de Versailles. Il n'y a pas ici d'abstraction pour l'abstraction, mais une recherche formelle symbolique où la couleur et le dynamisme, une sorte de musique personnelle et spirituelle, prédominent sur la reconnaissance de formes familières.

    Dans les années 1950 et 1960 le vitrail radicalise son trait, se tourne vers le symbolisme et privilégie certains thèmes, en accord avec le message de l’Eglise après la guerre et à l’aube de Vatican II : l’Eucharistie, la paix, la fraternité entre les hommes, la lumière sont servis par une abstraction symbolique qui véhicule un message. C’est le cas dans la création de l’atelier Simon en 1962 pour la chapelle du lycée Saint-Joseph de Troyes : le dessin du peintre André Eulry, nerveux et graphique, est rendu fidèlement par un réseau de plombs dense, avec des pièces de couleurs froides. Cette grande verrière abstraite sur le thème de la Création exprime tous les tourments de l’après-guerre en même temps que le thème du renouveau et l'espoir d’une génération. La créativité est manifeste pendant cette décennie féconde à tous points de vue, économiquement et artistiquement.

    C'est aussi le moment des oeuvres de jeunesse d'Alain Vinum qui réalise, encore sous la houlette de son père André, des verrières décoratives néo-romanes à entrelacs complexes, comme pour le choeur de l'église d'Isle-Aumont, les nefs de Saint-Nicolas-la-Chapelle et de l'église Saint-Pierre-ès-Liens de Beauvoir (commune de Bragelogne-Beauvoir).

    A la fin des années 1960 dans le département de l’Aube, on signalera, dans deux styles différents, les vitraux de l’atelier Benoît de Nancy dans une chapelle funéraire du cimetière de Piney, la grande verrière décorative de l'atelier Gaudin à Brienne-la-Vieille, d'inspiration champenoise à jaune d'argent, avec bordures abstraites dans le style du 16e siècle.

    La modernité formelle à cette époque est visible dans les quatre grandes verrières de la chapelle de l'école Saint-Bernard de Troyes. Elles sont réalisées en 1967 par le peintre Monique Brix qui exprime ici par le dessin et le travail sur la lumière une grande force symbolique et spirituelle. Son travail est associé pour ces larges oeuvres à l'Atelier de Vitrail de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Deux ans auparavant, Alain Vinum exécute en 1965 pour la nouvelle église Saint-Joseph-Ouvrier de Troyes, une série de verrières utilisant la technique du verre collé. Abstraites et allégoriques elles sont inspirées de la Création du Monde et du texte de saint Matthieu, 7.13-14 «Entrez par la porte étroite ».

    Le regain du vitrail dans les années 1960 est lié en partie à l’expérimentation et à la recherche de nouveaux procédés qui permettent d’accroître l’expressivité des oeuvres.

    Les années 1970 ne sont pas une décennie marquante pour le vitrail dans le département et seule la présence de Jean-Jacques Gruber pour les verrières de l'église d'Arcis-sur-Aube (1972) se détache dans un paysage assez terne. André Vinum, quant à lui, créé à l'occasion des travaux menés au couvent des soeurs Clarisses de Troyes en 1979, une rose pour la façade occidentale de leur chapelle ; elle a pour thème Le Cantique du Soleil.

    II, 7) Regain de création dans les années 1980

    Une plus grande fertilité créatrice est retrouvée à partir de 1980, avec une nouvelle génération de peintres-verriers, qui ne sont pas tous issus de l’apprentissage et de la maîtrise traditionnelle. On découvre alors le nom de l'abbé Michel Gatouillat qui exerce outre son ministère dans le nord du département, une activité de verrier, et qui réalise une vingtaine de vitraux pour les églises d'Aubeterre, Le Chêne et Plancy-l'Abbaye. Les sujets qu'il aborde sont ceux de la liturgie pastorale, évoqués avec simplicité.

    Louis-René Petit, d’Orléans, a créé en 1985 toutes les verrières de l’église de Saint-Aubin. L’effet va crescendo de la nef, aux vitraux presque neutres, vers le choeur où les baies mêlent un réseau de plomb au dessin graphique et géométrique, des verres aux teintes claires délicates, et une évocation tout en légèreté notamment en bordure des décors en grisaille et jaune d’argent de la Renaissance.

    Pour la Synagogue de Troyes, Alain Vicréé en 1986 un ensemble de 8 panneaux en dalle de verre représentant l'Étoile de David, en même temps que le peintre Pierre Gozlan réalise en 1987 le tympan de l’Arche sacrée et l’imposte de la salle de prière. Artiste peintre avant tout, Pierre Gozlan, pour cette occasion, rend hommage par le Verbe à la figure emblématique de Rachi.

    La fin des années 1980 et le début des années 1990 est également marquée dans l’Aube par la présence du peintre-verrier Sylvie Gaudin, dernière représentante de l’atelier fondé à Paris en 1874 par son aïeul Félix Gaudin. Décédée en 1994, Sylvie Gaudin laisse une oeuvre abstraite et décorative qui se démarque par sa densité graphique. En 1985 elle réalise pour le choeur de l’église de Sainte-Maure deux grandes verrières, et complète par un panneau créé en 1989 la baie d’axe de l’église de Torvilliers, réalisée au 19e siècle par Vincent-Feste. Fidèle au travail laissé par les maîtres du passé, Sylvie Gaudin cherche avant tout à s’insérer dans les édifices qu’il investit, avec à la fois discrétion et force : elle utilise, plutôt que de grands aplats, un assemblage de pièces dans un montage illusionnisme, à la façon des macédoines de pièces anciennes et privilégie les tonalités grises rehaussées de pointes de couleurs vives et de semis de motifs géométriques. On retrouve son style mêlant l’abstraction à la figuration dans les verrières réalisées avec son époux Michel Blanc-Garin à Polisy pour un ensemble de verrières du 16e siècle, qu’ils complètent ensemble.

    La fin du XXe siècle voit la prégnance de l'atelier Le Vitrail d’Alain Vinum et l'émergence de nombreux ateliers et artistes qui s’expriment avec des styles et des techniques radicalement opposés. Ils n'ont rien en commun... sauf d'être tous différents. Les artistes verriers, à l'égal des peintres, sculpteurs ou plasticiens, ne sont plus fidèles à une tendance artistique générale ou à un mouvement.

    II, 8) L’époque actuelle

    Les années 2000-2010 sont riches de créations, innovations techniques ainsi que de collaborations. Notamment entre artistes et verriers, comme avec l’importante commande réalisée en 2005 pour l’église de Villenauxe-la-Grande, dont la totalité des verrières est investie par le peintre britannique David Tremlett. Cette commande d’envergure (200 m² de vitrail), permise par le don opportun d’un habitant à la commune, a donné l’occasion de laisser libre court à une créativité libre et originale. L’artiste a collaboré avec Benoît et Stéphanie Marq, maîtres-verriers de l’atelier Simon-Marq de Reims, impliqués depuis des décennies dans le rapport avec les artistes contemporains.

    Le chantier de l’église de Saint-Martin de Romilly-sur-Seine est aussi important en terme de surface créée et ambitieux. Il est le fruit de la collaboration entre le peintre-verrier Joël Mône et l'atelier lyonnais Vitrail Saint-Georges. Les 14 verrières ont été commandées à la suite d'un appel à concours lancé en 2011 sur le thème de l'Eau et de la Lumière issus de l'Ancien et du Nouveau Testament et furent financées par souscription. Elles ont été pensées en accord avec les membres de l'association et par la commission diocésaine d'Art Sacré. En 2017 le chantier est toujours en cours.

    La Commission d'Art Sacré est également partie prenante dans le projet de 15 nouvelles verrières de l’église d’Eaux-Puiseaux réalisé en 2016 par le maître-verrier Flavie Serrière Vincent-Petit, de Troyes. Les anciennes verrières soufflées par la tempête de 1999, ont été remplacées entre 2014 et 2015. Le projet fut établi en concertation avec les habitants. Il a pour thème la Création du Monde.

    De nos jours, la création contemporaine se nourrit du dialogue qui s’instaure entre les habitants (des inscriptions de donation sont encore présentes), le clergé affectataire et les pouvoirs publics. Les thèmes ne varient d'ailleurs que peu, seules les interprétations et les techniques évoluent.

    Une des créations marquantes du 1er quart du XXIe siècle est sans doute celle que Flavie Serrière Vincent-Petit a créée entre 2010 et 2013 pour le Centre de congrès de Troyes. Ce maître-verrier qui a créé en 2012 sa propre manufacture à Troyes est associé pour cet important projet à l'architecte espagnol José Linazasoro & Sanchez et à l'agence Thiénot-Ballan-Zullaica de Reims. Elle a sollicité le concours du souffleur de verre nantais Simon Muller pour les cives géantes de l'Espace détente qui représentent un défi technique. Elles s'intègrent à un ensemble qui, par le choix du jaune d'argent et par leurs formes, entend faire un hommage aux maîtres-verriers aubois du 16e siècle (thème de la Création du Monde que l'on retrouve à l'église de la Madeleine à Troyes et reprise dans de nombreuses églises du département, bordures en grisaille et jaune d'argent, rappel des couleurs en usage à la Renaissance).La façade en panneaux dépolis de la porte d'honneur rappelle les murs en tavillons des granges champenoises, et les panneaux fabriqués au pochoir dans l'Espace champagne se réfèrent à l'importance du bois dans l'Aube (cellule du bois vue au microscope).

    Technicité et tradition se croisent dans ces oeuvres du XXIe siècle, tout comme dans l'église de Villeret, cette fois en zone rurale. Ici les vitraux du 16e siècle ont été remontés en 2011 associés à un ensemble de panneaux de complément créés par l'atelier Le Vitrail (Alain Vinum et Flavie Serrière Vincent-Petit). Le chantier de Villeret est un un bon exemple de cohabitation entre les techniques de protection du patrimoine les plus exigeantes et la création la plus contemporaine.

    Enfin, autre grand projet aubois, le parking Cathédrale à Troyes, installé depuis 2007 sous la place de la Libération, est centré autour d’un puits de lumière entouré de 87 plaques de verre en arc ogival conçues et décorées par l’artiste allemand Udo Zembok, et réalisées par l’atelier Parot (Côte-d’Or). Les verres déclinent les quatre couleurs dominantes des vitraux anciens de Troyes.

    La diversité créative est le point commun de la production du XXIe siècle. On peut même parler d’éclectisme tant les approches sont différentes. Les individualités et recherches personnelles, les styles et techniques dépassent le clivage entre abstraction et figuration et le verrier est aujourd’hui un scientifique ; parfois doublé d’un artiste, qui ne se limite pas à la restauration mais développe aussi son style propre et collabore avec des peintres et des sculpteurs. Ces vitraux, comme le souligne Paul-Louis Rinuy, « sont à la fois et tout ensemble peinture, architecture et sculpture » (Lumières contemporaines. Vitraux du XXIe siècle et architecture sacrée..., 2005). Le travail de Flavie Serrière Vincent-Petit ou celui de l’atelier Simon de Reims (programme de 12 verrières nouvelles créé en 2009 à Luyères), côtoie d’une église l’autre celui d’artistes verriers et vitraillistes, dont le métier croise celui de plasticiens. Carolyn Rogers (Romilly-sur-Seine, en 2012), L. François (Meurville, 2007), Aurore Duport (Montaulin et vitrail privé à Blignicourt), le Père David (monastère de Mesnil-saint-Loup, en 2005), l’Atelier Miller (Soligny-les-Etangs, Saint-Martin-de-Bossenay en 2009), Hervé Loire (Saint-Julien-les-Villas, en 2003) ou encore Patrick Serre (ensemble des verrières de l’église de Rilly-sainte-Syre en 2005) sont autant de créateurs, ayant le verre et le travail de la lumière comme dénominateur commun.

    Parmi eux, Carolyn Rogers explore une voie originale parfois à mi-chemin entre le travail du verrier et du vitrailliste. Ses compositions sont fortes et colorées, et illuminent (église de Gumery, 2012).

    En 2006 le frère David, moine de l’abbaye d'En-Calcat, conçoit pour la toute nouvelle chapelle Sainte-Scholastique de Mesnil-Saint-Loup des flots de couleurs en dalles de verre aux verres cassés, plus froids au nord et chauds au sud, qui ménagent une progression vers le choeur.

  • Les peintres-verriers

    132 verriers ou ateliers (en 1840 on ne comptait qu’une quarantaine d’ateliers et ils étaient plus de 200 en France à la fin du Second Empire) sont intervenus dans le département dont environ 70% pour moins de 10 baies et même 37% pour une seule baie. A l’opposé, certains se distinguent par un nombre très important de réalisations (il va de soit que les nombres de verrières évoqués ne se basent que sur des inscriptions portées sur les oeuvres ou bien des sources. Il existe un grand nombre d’oeuvres non signées et que seul leur style pourrait les rapprocher d’un maître-verrier en particulier et ainsi modifier les présentes conclusions).

    Pour le 19e siècle il faut évoquer :

    - Louis-Germain Vincent-Larcher doit être cité en haut de cette liste. Artiste de premier plan tant par la qualité de ses réalisations que par la durée de son activité, il réalisa ou restaura 82 verrières entre 1844 et 1882 (ce qui en fait donc le second peintre-verrier ayant signé le plus de verrières dans le département derrière Gaston Vinum) dont à 2 à Coursan-en-Othe, Essoyes, 3 à Bercenay-le-Hayer, 4 à Marolles-les-Bailly, 7 à Thieffrain, et surtout 23 à Troyes où il restaura notamment les verrières de la cathédrale entre 1842 et 1876. Son style se définit par un attachement aux formes anciennes et la volonté de copier la manière du Moyen Age et du 16e siècle. Le cas de Thieffrain, où il réalisa 5 baies en 1849, 1 en 1865 et en restaura une autre du 16e siècle, est d’ailleurs révélateur de son style, de cette époque et également de la volonté du commanditaire, l’abbé Vivien ; ainsi, les verrières des baies 0, 1 et 2 sont de type archéologique imitant le 13e siècle, celle de la baie 4 est de type roman et pour la 8, presque entièrement reprise en 1849, il s’est conformé au style du 1er quart du 16e siècle de la baie d’origine. A la cathédrale de Troyes, il créa la baie 103 en 1866 en se référant au style du début du 13e siècle de verrières en place dans l’édifice ; et, en 1874, à Saint-Rémy de Troyes il élabora la baie 11 dans un style libre et si particulier imitant le 16e siècle (visible également sur deux baies à Cunfin en 1866 par exemple).

    Né en 1816 et décédé en 1894, il fut l’un des premiers peintre-verriers du département. Actif de 1842 à 1886, il participa aux Expositions Universelles de 1855 et 1878, et collabora avec son fils Saint-Ange ainsi que Gaussen. Son atelier se situait 12 place Saint-Pierre à Troyes où il est toujours visible aujourd’hui. Bien qu’habité par des particuliers, on peut encore y voir de nombreux vestiges de son activité de peintre-verrier : l’habitation recèle des outils, pots et pigments, pinces, soufflet de four, creusets, et deux cartons pour des grands soufflets d'un Arbre de Jessé ayant appartenu au maître-verrier. Dans le grenier qui était aussi son atelier, une échelle porte son monogramme : LV. Mais surtout, les fenêtres de la maison présentent des vitraux d’antiquaires, c’est-à-dire un assemblage de fragments éparses récoltés par Vincent-Larcher au cours de ses restaurations dans le département, des fragments du 16e siècle mêlés à ses propres créations au 19e siècle, et à celles de son fils Ange.Par ailleurs, le fonds de l’atelier de Louis-Germain Vincent-Larcher a été légué par ses héritiers aux Archives départementales de l’Aube. Fonds documentaire unique, il compte 200 dessins de verrières et de multiples dossiers.

    - Presque aussi prolixe que son frère Vincent-Larcher en nombre de verrières mais beaucoup plus si l’on tient compte de sa période d’activité plus courte dans le département, Honoré-Louis Vincent-Feste a laissé 68 verrières dans le département en 1844 puis entre 1856 et 1879 dont plusieurs à Bréviandes, Lusigny-sur-Barse et surtout Torvilliers (9). Deux verrières réalisées à Saint-Lupien en 1844 avec son frère ne permettent pas de distinguer la main de chacun. En revanche les productions d’après son retour à Troyes en 1856 montrent clairement une personnalité différente de Vincent-Larcher avec des productions beaucoup plus hétérogènes marquées par les styles en vogue à l’époque (éclectisme, néo-Renaissance et néo-gothique) mais avec encore quelques verrières à dominante archéologique (au moins la morphologie de personnages) comme pour une belle verrière à Lévigny en 1877 ou à Puits l’année suivante.

    Il est né à Villeneuve-l'Archevêque (Yonne) en 1819. En juin 1844, avec son frère aîné Louis-Germain Vincent-Larcher, il crée à Troyes une société de peinture sur verre et en bâtiments mais rapidement les deux frères se séparent (ils réalisent tout de même ensemble 2 baies en 1844 à Saint-Lupien). Le cadet qui, suite à son mariage en juillet 1844, se fait appeler « Vincent-Thiéblin », quitte Troyes pour s'installer à Tours en 1845. Il y crée un atelier en 1847, dont Lobin prendra la direction en 1848, puis se reconvertit dans le portrait Daguerréotype en 1849 mais il revient à Troyes en 1856. Il se remarie avec une demoiselle Feste, se faisant alors appeler « Vincent-Feste », et reprend son métier de peintre-verrier avec un atelier situé 32 rue Saint-Loup à Troyes. Il décède en 1880.

    - Autre grand nom aubois dans le domaine, Louis Hugot a réalisé 54 verrières datées entre 1864 et 1886 dans le département. Il est resté fidèle à un style éclectique incorporant notamment certains éléments du vocabulaire gothique (baie 4 à Arsonval en 1864) ou Renaissance (baie 11 en 1877 ou baie 6 en 1886 à Sainte-Savine). Il sut également réaliser quelques verrières dans un style plus proche des grisailles de la première moitié du 16e siècle (baie 1885 à Sainte-Savine) voire les imitant complètement (baie 21 à Sainte-Savine en 1879).

    Hugot est né le 3 juin 1833, à Troyes, ville où il décéda le 10 avril 1887. Il apprit le métier de peintre probablement chez Auguste Barbier. Sa plus ancienne œuvre connue semble être une sur toile datée de 1859 représentant Saint Loup arrêtant Attila aux portes de Troyes réalisée pour l’église de Thuisy.Il apparaît pour la première fois en tant que peintre-verrier en 1863 comme peintre-verrier associé à Auguste Barbier mais leur première collaboration remonte à 1860 où ils ont restauré et remis en plombs une verrière à l’église de Saint-Léger-près-Troyes puis à des peintures et vitraux à l’église d’Estissac.

    En 1867, Hugot prend son indépendance et s’installe dans une grande maison à deux étages avec local commercial au 39, rue des Grandes-Tanneries (aujourd’hui rue Raymond-Poincaré) à Troyes. Son premier grand chantier fut alors celui de l’église de Saint-Julien-les-Villas où il réalisa toutes les peintures décoratives des murs et voûtes ainsi que 14 des 16 verrières (détruites en juin 1940) pour le compte du curé Aviat. En 1876, Hugot oeuvra ensuite aux deux villages voisins de Magnant (trois verrières et restauration de plusieurs anciennes) et Thieffrain (une verrière) pour le compte de son second grand mécène, l’abbé Vivien, qui, devenu l’année suivante curé de Sainte-Savine, lui commandera une dizaine de verrières exécutées entre 1877 et 1886.La renommée de Hugot a dépassé les limites du département puisqu’il a réalisé les quatre vitraux de la chapelle des Récollets à Sézanne mais étrangement seules deux verrières sont conservées à Troyes (hospice Saint-Nicolas). Louis Hugot décéda à Troyes le 10 avril 1887.

    - Louis-Victor Gesta réalisa 48 verrières dans le département entre 1864 (Bossancourt) et 1890 (La Villeneuve-au-Châtelot) dont 12 baies à Lantages en 1875. Son fils Henri-Louis-Victor (1864-1938) réalisa une verrière à Channes en 1893. A l’exception des rinceaux décoratifs, il s’affranchit fortement des formes anciennes et n’utilisa que peu leur vocabulaire ; il réalisa tout de même une spectaculaire verrière néo-gothique en 1876 (baie 0 aux Riceys).

    Né en 1828 à Toulouse, il étudia la peinture à Paris puis s’établit dans la région du Languedoc tout en allant régulièrement peindre en Bretagne. Il réalisa des scènes de genre, en particulier des sujets folkloriques, dans une palette sobre, laissant apparaître des tendances impressionnistes mais il est surtout connu comme maître verrier. Il oeuvra de 1850 à 1882 et fonda son atelier en 1852 qui se situait 28 rue du Faubourg Arnaud-Bernard à Toulouse puis 28 Faubourg Arnaud-Bernard, avenue des Minimes à Paris (75), succursale au 18 rue de Rennes (1864). Il participa à l’Exposition Universelle de 1867. Elève de Lami de Nozan et Artigues, il eut pour collaborateur Benezet, cartonnier, Loblin et Besnard.

    - Guillaume Erdmann réalisa 31 verrières dans le département entre 1870 et 1884, et 14 autres en collaboration avec Théodore Krémer entre 1868 et 1874. D’autres réalisées à Saint-Julien-les-Villas ont été détruites en 1940. Krémer de son côté a signé une verrière à Châtres. Erdmann a eut une activité de restaurateur non négligeable et s’est alors conformé au style des verrières concernées (baies 10 et 12 à Villiers-Herbisse en 1879). Son style est complexe car il a utilisé le répertoire néo-gothique ou néo-Renaissance pour les cadres architecturés mais ses personnages ou scènes figurées ont gardé un caractère gothique (baie 6 à Proverville en 1864, baie 4 à Dolancourt en 1874, 3 baies à Rances en 1878) et ce jusqu’à des périodes assez avancées (baie 7 en 1881 et 10 en 1883 à Maizières-la-Grande-Paroisse) ; une baie de l’Hôtel-Dieu de Troyes réalisée en 1874 est quasiment à visée archéologique.

    Il fut actif de actif de 1867 à 1925 dans son atelier Parisien situé, 37 Cité des fleurs, Batignolles. Il participa aux Expositions Universelles de 1867 et 1878. Guillaume Erdmann avait des attaches auboises puisque son épouse, Eruphine Gérard, était originaire de Baroville où elle offrit une verrières en mémoire de ses parents.

    - Le nom de Didron est resté attaché à la restauration des verrières de Saint-Urbain de Troyes. Une grande partie des 47 verrières comptabilisées entre 1874 et 1904 dans le département sont des restaurations notamment, et pour une grande majorité, à Troyes où il réalisa la restauration des verrières des 14e et 16e siècles de Saint-Urbain pendant plus de vingt ans (1879-1902) ; il en restaura également à Chappes (16e siècle) et Mussy-sur-Seine (13e siècle). A l’instar de Vincent-Larcher, Didron tenta d’imiter les styles anciens mais contrairement au premier, il le fit plus par nécessité. En effet, en tant que restaurateur il dû se conformer au style des verrières en place (celles du 13e siècle à Saint-Urbain comme par exemple les baies 2 ou 5 du 13e siècle en 1877 et 1879) mais aussi au style général régnant dans l’édifice lors de créations de verrières complètes (imitation du 13e siècle aux baies 109 et 111 de la cathédrale en 1874 et 1876, aux baies occidentale et 114 de Saint-Urbain à la fin du 19e siècle et en 1891, ou néo-gothique du début du 16e siècle à Saint-Rémy à la baie 100 en 1891 et néo-Renaissance à la baie 3 en 1892).

    Né le 13 octobre 1836 à Paris, Edouard-Amédée Didron est mort le 15 avril 1902 dans le même lieu. Il était le neveu et fils adoptif d’Adolphe Napoléon Didron avec lequel il collabora dès 1853, avant de lui succéder à la tête de l’atelier en 1867. Peintre-verrier, dessinateur, architecte, il a publié de nombreux ouvrages sur le vitrail et a exposé aux Salons de 1857 et 1859 ainsi qu’aux aux Expositions universelles de 1867 et 1878. Il oeuvra de 1855 à 1905 dans son atelier à Parisien situé successivement 23 rue du Bac (en 1870), puis 23 rue Saint-Dominique (en 1875) et enfin 5 boulevard d’Enfer-prolongé (en 1887). Son atelier fut ensuite repris par J.-B. Anglade.

    - Le nom Champigneulle est représenté par 4 générations de peintre-verriers et cette maison laisse 56 verrières dans le département réalisées entre 1883 et 1902. Sous la signature « Maison C. Champigneulle », des verrières ont été réalisées à Bar-sur-Seine (2), Lusigny-sur-Barse (7) et Ville-sur-Arce (2) entre 1883 et 1886, puis sous celle de « Veuve Charles et Emmanuel Champigneulle » à Ricey-Haut (1), Rouilly-Sacey (1) et Fresnoy-le-Château (11) entre 1886 et 1890. « Emmanuel Champigneulle » à Bar-le-Duc est l'auteur ou le restaurateur de 2 verrières à Rumilly-les-Vaudes vers 1893, 4 à Rouvres-les-Vignes entre 1898 et 1902, 1 à Saint-Léger-près-Troyes en 1900, 1 à Vaupoisson en 1901 et 1 au cimetière de Romilly-sur-Seine en 1902. Enfin, « Charles Champigneulle fils » à Paris a exécuté ou restauré 8 verrières à Bar-sur-Seine vers 1893, 1 au cimetière de Dienville, 1 à La Motte-Tilly, 1 à Saint-Rémy de Troyes et 6 à Loches-sur-Ource en 1894.

    Ces différents intervenants ont essentiellement employé le style néo-gothique (baie 5 à Rouilly en 1888, baie 3 à Rouvres-les-Vignes) mais également l’éclectisme à forte dominante romane (baies 3 et 4 à Loches-sur-Ource à la fin du 19e siècle, baie 11 en 1900 à Saint-Léger-près-Troyes).

    La dynastie débute avec François-Charles Champigneulle (1820-1882) qui fonde à Metz en 1861 une fabrique d’art religieux. En 1867, il se diversifie en reprenant la fabrique de vitraux de Laurent Charles Maréchal incendiée (la société prend alors le nom de « Maréchal et Champigneulle » mais Maréchal en reste directeur) puis s’exile à Salvanges près de Bar-le-Duc en 1872 à la suite de l’annexion de la Lorraine. Il participe à l’exposition universelle de 1878. Cette même année, l’atelier fait travailler 120 personnes.

    François-Charles décède en 1882 et son troisième fils Emmanuel (1860-1942), actif de 1882 à 1927, ainsi que son épouse reprennent la société qui prend le nom « Veuve Charles et Emmanuel Champigneulle » en 1886 ; celle-ci est dissoute en 1890 mais se forme aussitôt la société « Madame Emmanuel Champigneulle et Cie » qui est également dissoute quatre années plus tard. En 1910, Emmanuel quitte Salvange pour s’installer à Nancy, 55 allée Eugène Hugo.

    Le deuxième fils de François-Charles, Louis-Charles-Marie (1853-1905), après avoir travaillé 10 ans avec son père, installe une succursale à Paris en 1881, la maison « Charles Champigneulle de Paris et Cie » (devient en 1886 « Ancienne maison Coffetier, Charles Champigneulle fils de Paris et Cie », puis en 1891 « Ch. Champigneulle fils et Cie, Société artistique de peinture sur verre », puis à partir de mars 1899 « Société artistique de peinture sur verre » et en parallèle à partir de la fin de l'année 1900 « Ch. Champigneulle 40 rue Denfert Rochereau ». Il a notamment exécuté la verrière de l’hôtel du Figaro, et des vitraux pour la cathédrale de Metz, l’église Saint-Philippe-du-Roule à Paris et une église de Saint-Pétersbourg.

    Le fils de ce dernier, Charles-Marie Champigneulle (1880-1908), reprend l’atelier de son père en 1899. Il décède en 1908 mais la production se poursuit pendant une vingtaine d’années avec la signature « Ch. Champigneulle ».

    Son fils Jacques-Charles-Marie (1907-1955) fut actif à Paris de 1925 à 1955 et directeur de la maison Champigneulle de 1930 à 1938.

    - Le maître-verrier Gaston Vinum est celui pour lequel il est fait état du plus grand nombre de verrières signées puisque qu’entre 1925 (Troyes) et 1958 (Bligny), on peut lui attribuer 107 verrières (et 1 signée « Vinum père et fils » en 1945). Il a oeuvré dans tout le département notamment 3 verrières à Loches-sur-Ource et à Payns, 7 verrières et ensembles à Saint-Martin-de-Bossenay et 8 pour Troyes. Le dernier travail de Gaston Vinum est une vitrerie pour le château de Droupt-saint-Basle.

    Il naît à Reims en 1897 et décède à Saint-Julien-les-Villas (Aube) en 1959. Il fut d’abord décorateur d’intérieur à Troyes dans les années 1920, avant de débuter en tant que peintre-verrier. Il installa son atelier à Troyes en 1926, rue Kléber, suite à la destruction de l’atelier familial rémois en 1917. A son tour détruit lors de la Seconde Guerre mondiale, l’atelier de Gaston Vinum s’implante au 10 de la Place Saint-Pierre à Troyes à partir de 1933, avec l’enseigne « Vitraux d’art Gaston Vinum ». Cet atelier jouxtait celui du maître-verrier du 19e siècle, Louis-Germain Vincent-Larcher et leurs greniers communiquaient entre eux par le biais d’une petite porte. Son activité est alors en plein essor et on retrouve sa signature et son style influencé par l’Art déco, dans l’Aube dans de très nombreuses verrières d’édifices religieux mais également dans des oeuvres personnelles.

    - Petit-fils de Gaston Vinum et fils d’André Vinum, Alain Vinum laisse 55 verrières signées dans le département, datées entre 1968 et 2006.

    Né en 1947, il travailla dès ses plus jeunes années auprès de son père et ceci jusqu’en 1978, date à laquelle il créa à Reims un atelier d’architecture, mais il revint à Troyes pour collaborer de nouveau à l’atelier paternel entre 1982 et 1985. Il perpétua alors le travail de création et de restauration de vitraux en créant en 1985 son propre atelier, l’« atelier Le Vitrail », à Troyes. Ses compétences et son expérience lui valurent de recevoir le label d’Etat Entreprise du Patrimoine Vivant. Alain Vinum exerça en son nom (bien qu’il ne le reprenne pas pour son entreprise) son activité de restaurateur dans tout le département de l’Aube. Il mena, en parallèle à ses interventions sur les édifices de l’Aube et créations personnelles, des chantiers sur les cathédrales de Troyes (1982-2013), Chartres (2004-2008) ou Strasbourg (2006-2012). Alain Vinum cessa en 2015 son activité de maître-verrier pratiquée durant plus de quarante ans, et poursuivit depuis sa passion pour le vitrail en tant que consultant libéral. Il lègua aux Archives Départementales de l’Aube la totalité de son fonds d’atelier : archives familiales sur plus d’un siècle, cartons, dessins, et documentation professionnelle concernant son activité personnelle de maître-verrier.

    - Pour l’Aube on trouve 66 verrières ou panneaux (dont plusieurs en collaboration avec Alain Vinum) signés de Flavie Serrière Vincent-Petit notamment 24 panneaux pour le Palais des Congrès de Troyes à Troyes et 13 à Eaux-Puiseaux, mais elle est également intervenue sur des verrières non signées comme une de ses premières créations, une Vierge à l’Enfant, pour l’église de Barberey-saint-Sulpice. Elle est à la fois restauratrice du Patrimoine vitrail et artiste. Sa double activité l’amène à travailler sur les monuments historiques dans le cadre de leur restauration ainsi que dans le cadre d’intégrations d’oeuvres contemporaines, par ses créations personnelles. Parfois les deux se mêlent comme c’est le cas par exemple dans les verrières de l’église de Villeret.

    Flavie Vincent-Petit est originaire d’une famille d’agriculteurs de l’Aube. Parallèlement à son entrée en 1995 dans l’atelier du maître-verrier troyen Alain Vinum, elle soutient une maîtrise d’Histoire médiévale en 1997, et rédige entre 2000 et 2005, une maîtrise de Sciences et Techniques de Conservateur-Restaurateur des Biens culturels sur le thème du vitrail photographique au 19e siècle. Elle obtient en 2010 un Master Verre, Design et Architecture de l'école d'architecture de Nancy et de l'Ecole d'ingénieur en Génie des Matériaux.

    Dans le département de l’Aube, elle intervient dans les restaurations des vitraux des églises Saint-Urbain et Saint-Nicolas de Troyes, d’Eaux-Puiseaux, à la rose occidentale de la cathédrale de Troyes, en collaboration avec l’atelier Le Vitrail et l’atelier Parot, ainsi que pour des commandes privées, chez des particulier pour des pièces libres et décoratives. Son inspiration est à la fois issue de l’observation de la nature (végétal, minéral, jusqu’à la cellule même des organismes) et de l’empreinte des choses sur la matière (traces, ombres, contours, vestiges). Ses recherches s’orientent, dit elle-même l’artiste, vers un travail sériel, une répétition d’éléments semblables donnant l’expérience du mouvement, du systématisme et de l’aléatoire. Elle utilise la lumière comme matériau, en tant que réfraction, vibration, émetteur de clarté, sans utilisation systématique de la grisaille (peindre au moyen de l’ombre et de la lumière). Flavie Serrière Vincent-Petit a créé en 2012 sa propre entreprise à Troyes, la « Manufacture Vincent-Petit ».

    Véritables « locomotives », ces grands noms ont été suivis d’autres personnalités qui se sont exprimées d’une manière significative qui mérite d’être relevée :

    - Jean-François Martin-Hermanowska laisse 20 verrières datées entre 1847 et 1860 le département dont 3 à la cathédrale de Troyes, 4 à Brienne-le-Château et 11 à Arrentières.

    Né à Troyes en 1803 et décédé à Paris en 1860, il est l’un des premiers peintre-verriers à installer son atelier dans le département de l’Aube où il oeuvra au moins depuis 1835 et jusqu’à son décès. Son premier travail semble être une grisaille à Saint-Urbain en 1835 qui ne fut pas conservée lors de la restauration de l’édifice. Il oeuvra ensuite à la création et restaurations de verrières à la cathédrale de Troyes en 1848-49, à Saint-Martin de Troyes, Saint-Parres-les-Vaudes et à Saint-Julien-les-Villas (verrières détruites en 1940). Il exposa en 1851 à Londres et en 1855 à Paris. Durant toute sa période d’activité Martin-Hermanowska est resté attaché à un style qui tentait de copier les morphologies ou postures de la première moitié du 16e siècle (baie 0 d’Arrentières en 1847) voire même la totalité des compositions (baie 0 en 1860 à Brienne). Il semble avoir été apprécié pour les verrières d’ampleur comme à la baie 0 d’Arrentières en 1847 ou la baie 100 de Bar-sur-Seine en 1858.

    - Claude Lavergne, dit Claudius, réalisa 27 verrières dans le département entre 1865 et 1887 dont 11 rien qu’à Ramerupt. 7 autres sont également signées «Claudius Lavergne et ses fils » entre 1883 et 1886 (son fils utilisa plusieurs de ses cartons à Soulaines-Dhuys et Landreville). Composant souvent de grandes verrières tableau il utilisa (comme ses fils d’ailleurs) les vocabulaires de la Renaissance et du gothique dans un style propre rompant avec les traditions passées.

    Né le 11 décembre 1815 à Lyon, formé par Ingres à partir de 1834, il fut d’abord peintre de compositions religieuses, de portraits, cartons de vitraux et exposa régulièrement au Salon entre 1838 et 1878. Viollet-le-Duc l'appela près de lui comme Inspecteur archéologue ce qui lui permit d'approfondir ses connaissances du vitrail, et il travailla avec les ateliers Lorrain de Chartres entre autres, sa seconde vie artistique pouvait alors commencer. A partir de 1853, il se consacra donc à la peinture sur verre et à la création de vitraux, notamment pour les églises Saint-Augustin et Saint-Merri à Paris, l'église saint Patrick à Sydney, la chapelle des sœurs de saint Vincent de Paul à Buenos Aires, les cathédrales de Genève, Lausanne, Montévideo et Senlis et en restaura de nombreux autres (chapelle du château de Versailles, de l'oratoire de Marie de Médicis au château de Blois ou encore les cathédrales de Senlis, de Noyon, de Rennes, de Verdun, de saint Léonard d'Alençon) ; il fut pour cela associé à Didron, ses fils Noël et Georges qui prirent sa succession, Aubriot, Thomas et Dumas. Il fonda son atelier en 1857 à Paris, 74 rue d'Assas, puis 46 rue Madame, où il oeuvra jusqu’en 1886 et décéda le 31 décembre 1887 à Paris.

    - Noël Lavergne oeuvra tout d’abord dans un atelier à Paris, 31 rue de Vaugirard (1860) puis il reprit celui de son père 74 rue d’Assas, à la mort de ce dernier en 1887, jusqu’en 1900 où il participa à l’Exposition Universelle. Il eut pour collaborateurs Leprévost, Ottin, Carot et F. Ehrmann comme cartonnier. Ancien élève de Dumas, son frère Georges, dit Georges-Claudius travailla dans un atelier situé à Paris, 15 rue Boissonade, puis 84 rue Dutot (1886) et il reprit enfin l’atelier familial jusqu’en 1902 ; son fils André lui succéda ensuite jusqu’en 1936.

    12 verrières sont conservés pour Noël seul (1886 à 1892 dont 4 à Landreville d’après des cartons de son père et 3 à Polisot) et 10 autres en collaboration avec son père ; 13 pour son frère Georges (1892 à 1902 dont 4 à Saint-Nabord et 5 à Ramerupt) et 7 autres en collaboration avec son père.

    - La Fabrique de vitraux du Carmel du Mans fut active de 1853 à 1903, rue de la Mariette au Mans. Elle est représentée par 25 verrières dans le département réalisées entre 1859 et 1899. Quinze baies sont l’oeuvre du « Carmel Cenom » entre 1859 et 1868 à Dosnon (9), Charmont-sous-Barbuise (2), Vinets (2), Piney (1) et Buxeuil (1). Trois verrières sont signées « Carmel du Mans » en 1873 à Bar-sur-Seine et Trannes, une verrière est signée Edouard Rathouis seul à Eclance et une en collaboration avec Hucher à Buxeuil (1879). Eugène et Ferdinand Hucher ont exécuté 1 verrières à Méry-sur-Seine et 2 à Pars-lès-Romilly et Ferdinand seul 1 aux Grandes-Chapelles et 1 restauration à Châtres. La fabrique du Carmel du Mans usa essentiellement des styles néo-gothique et néo-Renaissance et resta attaché à une manière assez historique de les mettre en oeuvre comme à la baie 9 de Dosnon en 1863, à la baie 0 d’Eclance vers 1875 ou encore une étonnante verrière des Litanies de la Vierge vers 1880 à Méry-sur-Seine.

    En 1853, avec l'aide de l'abbé Lottin, les religieuses du Carmel du Mans réalisèrent les huit vitraux de la chapelle qu'elles venaient de faire construire. L’année suivante, elles transformèrent leur premier essai en activité économique qui devint florissante et renommée. A chaque étape de l'histoire de la Fabrique, la signature apposée sur les oeuvres évoluait : chaque propriétaire voulait lier son nom à celui d'une des plus prestigieuses fabriques françaises de peinture sur verre. De 1853 à 1872, période pendant laquelle les carmélites étaient propriétaires et directrices de l'atelier et Eugène Hucher (1814-1889), directeur technique et archéologique, l'Office des vitraux peints du Carmel du Mans signait « Carmel Cenom ». A partir de 1855 et jusqu’en 1880, la famille Küchelbecker (Frédéric, Karl puis Maurice) oeuvra dans l’atelier, comme cartonnier. Ils y importèrent d’Allemagne le style néo-nazaréen.

    En 1872, les carmélites vendirent leur affaire à Edouard Rathouis, neveu de la mère supérieure Éléonore, qui était comptable sur un navire marchand et venait de rentrer d'un voyage en Orient. La signature « Fabrique du Carmel du Mans, Rathouis directeur » apparaît alors. A partir de 1875, il oeuvra en collaboration avec Eugène Hucher sous le nom « Fabrique du Carmel du Mans, Rathouis et Hucher ».

    En 1880, Eugène Hucher lui rachète la Fabrique du Carmel du Mans. Il fut secondé à la direction de la Fabrique par son fils Ferdinand (1850-1903) de 1880 à 1889 (signature : « Fabrique du Carmel du Mans Hucher et fils successeurs »). Ce dernier en devint le directeur et propriétaire de la mort de son père en 1889 à 1903 (signature : « Fabrique du Carmel du Mans Ferdinand Hucher »). A la mort de Ferdinand, l’atelier fut dissous.

    - Jean-Baptiste Anglade laisse 23 verrières dans le département dont 9 à Saint-Urbain de Troyes.

    Né à Eauze (Gers) en 1841, il fut formé par Goussard à Condom et J-P Laurens. A 23 ans il dirigea la maison Chalons à Toulouse puis travailla dans les ateliers parisiens à partir de 1870. En 1874 il reprit l’atelier Goussard qu’il déménage à Paris 55 Bvd du Montparnasse puis 38 Bvd Raspail (1903). Ami de Didron, il reprit son atelier en 1905 ; cessation d’activité en 1904. Il participa aux Expositions universelles de 1878, 1889, 1900 et au Salon de 1895. Il eut pour collaborateurs Lemotte (1889) et Vion et fut le professeur de Mmes Bernard Berry, Kreusch, Laureau (exposent des vitraux civils au Salon de 1888).

    - Né vers 1839 à Paris, Léon-Auguste Ottin dit Louis est peintre-verrier à Paris, 9 rue Vincent-Compoint (atelier) et 9 rue Laffitte (magasin), puis 15 boulevard Berthier (1887), puis 90 boulevard Péreire. Fils du sculpteur Auguste-Louis Ottin, il fut élève de Paul Delaroche et de Maréchal et exposa au Salon de Paris, puis au Salon des Artistes Français de 1861 à 1882 et à l'Exposition universelle de 1889. Il fut actif de 1861 à 1890 et collabora avec C. Leprévost et H. Lavergne.

    Il laisse 14 verrières dans le département : un ensemble de 12 baies réalisées en 1878 à l'église de Jasseines et deux baies exécutées pour la chapelle de l'hôpital de Nogent-sur-Seine.

    - François-Antoine Höner (1807-1886), peintre-verrier actif de 1860 à 1878, est le fondateur de la maison Höner dont les ateliers étaient situés à Nancy, 73 avenue de Strasbourg et à Pont-à-Mousson, 8 rue de la Poterne.Son fils François-Raphaël Höner dit Victor Höner (1840-1896) est collaborateur de son père, puis prend sa succession au tournant des années 1880. Il signe Höner Père et Fils à partir de 1881 et probablement jusqu'au décès de François-Antoine en 1886, puis Victor Höner. Il participa aux Expositions universelles de 1867 et 1878. A sa mort, en 1896, son atelier fut racheté par Joseph Janin. De 1896 jusqu'en 1899 apparaît la signature « Maison Veuve Höner et J. Janin successeur ».

    La Maison Höner laisse 13 verrières dans le département : 7 signées « Höner Père et Fils » à Champfleury (2) et à Thil (5) ; et 6 de Victor Höner à Origny-le-Sec (3) et au Mesnil-Saint-Loup (3).

    - Joseph Janin (1851-1910) est un peintre-verrier nancéien actif de 1893 à 1910, élève de Laurent-Charles Maréchal. Il rachèta en 1896 l'atelier de Victor Höner dont il exploita durablement les modèles. Jusqu'en 1899, il signa ses verrières « Maison Veuve Höner, J. Janin successeur » puis à partir de 1900 « J. Janin ». Son atelier était situé 73 avenue de Strasbourg à Nancy puis il le déménagea en 1900 au 12 rue Lionnois.

    Pendant cinq-six ans, au tournant du 20e siècle, Joseph Janin fut très fécond dans l’Aube : 36 verrières lui sont dues. 10 verrières décoratives de l'église de Vitry-le-Croisé sont signées « Maison Veuve Höner, J. Janin successeur » à la fin du 19e siècle. 26 verrières ont été réalisées entre 1900 et 1904-1905 dont 3 à Hampigny, 1 à Salon, 7 à Romilly-sur-Seine, 2 à Bergères, 4 à Ville-sous-la-Ferté, 7 à Vitry-le-Croisé et enfin 1 à Champfleury et 1 au Mesnil-Saint-Loup où avait oeuvré quelques années auparavant la Maison Höner.

    Son fils Georges Janin (1884-1955), actif de 1909 à 1955, collabora avec lui à partir de 1905 et succéda en 1909. De 1912 à 1921, il s'associa à Joseph Benoît, ancien collaborateur de son père. Il est l'auteur d'une verrière de sainte Thérèse exécutée en 1931 pour l'église de Lesmont.

    - L'atelier Vermonet-Pommery fut actif à Reims, 46 bis rue de Chativesle de 1882 à 1893. Il était dirigé par Albert-Louis Vermonet né en 1853, peintre-verrier actif de 1881 à 1910 et sa première épouse Aline Pommery. Au décès de son épouse, en 1893, Albert-Louis Vermonet continua seul jusqu'en 1910 sous le nom « Vermonet ».

    Leur travail est représenté par 15 verrières dans le département. 8 verrières, datées entre 1886 et 1891 à Feuges (2), Droupt-Sainte-Marie (2) et Pont-Sainte-Marie (4), sont signées de l'atelier « Vermonet-Pommery ». Albert-Louis Vermonet réalisa seul 3 verrières à Rouilly-Sacey entre 1896 et 1898, 3 autres verrières à Gyé-sur-Seine entre 1902 et 1905 et 1 à Saulcy en 1903.

    - E. Babouot est un peintre-verrier, de l'école de Claudius Lavergne, ayant exercé à Paris 18 rue Montbrun, XIVe arrondissement. Ses oeuvres sont connues dans l'Aube, la Haute-Marne, la Côte d'Or et l'Yonne.

    Il a travaillé dans l'Aube de 1879 à 1911 et a laissé 33 verrières. Sa première oeuvre datée (1879) dans le département est une grande verrière historiée de style néo-gothique, de l'église Saint-Jean-au-Marché de Troyes, illustrant Notre-Dame des Suffrages (style qu’il perpétuera parallèlement à l’éclectisme jusqu’à la fin de sa carrière). A Bercenay-le-Hayer, il a réalisé 7 verrières historiées entre 1891 et 1894. A la même époque il exécuta 2 verrières à Bourdenay (1889), 5 à Clérey (1892-1893) et 1 à Saint-Mards-en-Othe en 1893. Au début du 20e siècle, il signa quelques verrières à Villadin (1) en 1900, à Prunay (4) entre 1900 et 1903 et à Trancault (2) en 1904. Il est également représenté dans des chapelles funéraires des cimetières de Troyes et Saint-Julien-les- Villas entre 1897 et 1908. Enfin, sa dernière verrière connue, datée de 1911, est conservée à l'église de Neuville-sur-Seine.

    - Les ateliers Gaudin sont une entreprise familiale qui oeuvra sur 4 générations entre 1879 et 1994. Les activités de la société portaient essentiellement sur la réalisation et la restauration de vitraux et mosaïques. Si les églises, cathédrales et autres bâtiments religieux occupaient la majorité de leurs travaux, les ateliers Gaudin réalisaient aussi des œuvres pour les particuliers.

    Félix Gaudin (1851-1930), peintre-verrier et mosaïste actif de 1879 à 1929, est le fondateur de la dynastie. En 1879, il acheta l'atelier Thibaud à Clermont-Ferrand, 55 cours des Sablons puis en 1890, l'atelier Oudinot à Paris, 6 rue de la Grande-Chaumière. Il vendit en 1892 l'ancienne maison Thibaud pour se consacrer à son atelier parisien qu'il développa notamment grâce à une collaboration accrue avec les peintres Eugène Grasset (1841-1917) et Luc-Olivier Merson. Il participa aux Expositions universelles de 1893, 1900, 1904, 1905, 1906, 1908 et 1910.

    Il eut pour successeur son fils Jean (1879-1954) de 1910 environ à 1954 puis son petit-fils Pierre et enfin à partir de 1973 son arrière petite-fille Sylvie Gaudin (1950-1994). A la mort de Sylvie, en 1994, s'éteignit la dernière génération Gaudin. Son mari, Michel Blanc-Garin, poursuit l'exploitation. A l'occasion d'un déménagement de l'atelier à Sablé-sur-Sarthe en 2006, l'entreprise devient les ateliers Clair-Vitrail.

    Félix Gaudin a réalisé ou restauré 14 verrières entre 1896 et 1905 à Troyes (églises Saint-Pantaléon, Saint-Nicolas et Sainte-Madeleine), à Auxon, à Pont-Sainte-Marie et à Ervy-le-Châtel. Une verrière de l’église Sainte-Madeleine de Troyes est également signée en collaboration avec le peintre Eugène Grasset en 1896. 1 verrière aurait été réalisée en 1968 par Pierre Gaudin, 3 sont signées Sylvie Gaudin (Sainte-Maure 1985, Torvilliers 1989) et 6 ont été réalisées par les Ateliers Gaudin et Michel Blanc-Garin à Polisy en 1995.

    - Franz Xaver Zettler est né le 21 août 1841 à Munich (Allemagne) et décèda dans la même ville le 27 mars 1916. Dessinateur et peintre de vitraux, il fonda en 1871 à Munich l'«Institut de peinture de vitraux d'églises ».

    Il réalisa 20 verrières pour l'ancien couvent des soeurs du Bon-Secours de la congrégation de New-York (fermé en 1946) qui furent rapatriées à la chapelle des soeurs du Bon-Secours de Troyes en 1951 par Gaston Vinum.

    - L’Atelier Lobin était établi à Tours, 35 rue des Ursulines, de 1848 à 1905.Il fut dirigé par Julien-Léopold Lobin (1814-1865) de 1848 à 1864. Ce dernier fut élève de Stachen, Steuben et H. Flandrin. Il exposa au Salon de 1851 à 1864. Il fut initié à la peinture sur verre par l'abbé Plailly en 1846.

    Son fils Lucien-Léopold Lobin (1837-1892), fut le collaborateur de son père de 1853 à 1864 et prit sa succession à la tête de l'atelier Lobin de 1864 à 1892. Portraitiste et peintre d'histoire, il fut élève de H. Flandrin et participa aux Salons de 1859, 1870, 1876 à 1878, 1884, 1888.

    Le beau-frère de ce dernier, Jean-Prosper Florence (1849-1917) collabore avec lui à partir de 1874 et prend sa succession de 1892 à 1904. Pendant quelques mois à partir de septembre 1892, ce dernier fut associé avec ses neveux Lucien et Etienne (1868-1932) Lobin sous le nom « Lobin et Florence », avant de rompre leur association en 1893. Pour relancer la société, Jean-Prosper Florence s'associe en 1897 avec deux contremaîtres de l'atelier Louis Bigot et Louis Heinrich mais sans succès. Il se retire en octobre 1904 et ses associés achèvent seuls les dernières verrières de l'atelier Lobin posées en 1905.

    17 verrières dans le département sont signées de l'Atelier Lobin : une de Lucien-Léopold Lobin en 1884 à Epothémont et seize de Jean-Prosper Florence à l'église Saint-Rémy de Troyes entre 1892 et 1895 puis en collaboration avec Louis Heinrich en 1904.

    - Mauméjean est la signature en nom collectif de maîtres-verriers et mosaïstes, dont les activités se déroulent, dans leurs ateliers, sur trois générations. La dynastie débute en avec 1860 Jules Pierre Mauméjean qui établit un premier atelier à Pau, puis à Anglet en 1890 (déménagé à Biarritz en 1893). Ses 4 fils suivront les traces de leur père et certains établirent des ateliers en Espagne. En 1921, les frères Mauméjean créérent un nouvel atelier à Paris avec pour raison sociale « Mosaïque–Émaux de Venise », qui devint deux ans plus tard la « Société Anonyme Mauméjean ». Peu après ils ouvrirent un atelier à Hendaye et la dernière génération s’éteint en 1970 avec Georges Mauméjean.

    La S.A Mauméjean frères est représentée dans le département de l’Aube par 6 verrières à Landreville dans le 2e quart du 20e siècle.

    - Le maître-verrier André Vinum (1924-2017) travailla avec son père Gaston Vinum puis quitta l’atelier paternel en 1951 pour fonder le sien rue des Noës à Troyes, puis à Sainte-Savine. Il transforma l’atelier de verrier en entreprise de décoration générale, dont le siège et le bureau se trouvaient rue Emile Zola à Troyes. A la mort de son père en 1959, il reprit l’atelier de la place Saint-Pierre et intégra sur ce lieu, quelques années plus tard, l’ensemble de ses activités (vitraux et architecture intérieure) jusqu’à sa retraite en 2000.

    On trouve 28 verrières entre 1939 et 1996 dont 6 pour Troyes, notamment la réalisation de 16 verrières à la chapelle Notre-Dame-des-Lumières du monastère des soeurs Oblates.

    - Le prestigieux atelier rémois Simon-Marq est fondé en 1640, par Pierre Simon. Dès 1949, le couple Charles Marq et Brigitte Simon rejoignit l’atelier Jacques Simon pour former l’« atelier Simon-Marq » ; ils travaillèrent ensemble en collaboration avec les grands artistes contemporains sur les nouveaux chantiers et les grandes restaurations : Chagall, Bissière, Braque, Foujita, Raoul Ubac, Poliakoff, Vieira da Silva, entre autres, dans le renouveau spirituel et artistique de l’après-guerre. La cathédrale de Reims, sans cesse en mouvement dans ses chantiers de création et de restaurations, fut l’un des grand oeuvres de l’atelier, depuis 1917 jusqu’à nos jours.

    Dans l’Aube, l’atelier Simon Marq réalisa en 1962 la grande verrière abstraite de la chapelle du lycée Saint-Joseph, à Troyes, sur les dessins du peintre André Eulry. La dynamique de cette oeuvre fait parfaitement écho avec les oeuvres de l’expressionnisme abstrait des années 1960, basé sur le geste et le signe. Ce compagnonnage avec les artistes de leur temps, la dernière génération en activité de cette grande famille de peintres-verriers, le prolonge avec Benoît et Stéphanie Marcq, héritiers de l’atelier Simon Marq. Ils répondent en 2009 à la commande du petit village de Luyères avec 12 verrières nouvelles et intégration de leur création dans des verrières anciennes du 16e siècle. La même année, l’atelier Simon Marq s’associe avec l’artiste anglais David Tremlett pour une commande d’envergure : 200 m² de vitrail pour l’ensemble des 24 baies de l’église de Villenauxe-la-Grande, construite au 16e siècle. Les créations de David Tremlett sont basées sur un dialogue entre l’architecture et la couleur, dans de grands traversées vives et dynamiques, que l’atelier Simon Marq a retranscrit dans le verre. L’atelier a laissé 37 verrières dans le département dont 24 à Villenauxe-la-Grande en 2005 ont été réalisées en collaboration avec l’artiste britannique David Tremlett et 1 en 1962 à la du lycée Saint-Joseph de Troyes avec le cartonnier André Eulry.

    - Le Père Michel Gatouillat vit à Voué, dans l’Aube. Il a exercé son ministère dans le nord du département autour d’Arcis-sur-Aube. Il a pratiqué l’art du vitrail dans les années 1980, et on peut voir ses compositions dans les églises de Plancy-l’Abbaye, Le Chêne et Aubeterre.

    Il est intervenu sur 6 grands ensembles (24 verrières au total) dont 1 à Plancy-l’Abbaye, 2 à Aubeterre et 3 au Chêne.

    - Egalement champenoise, Josiane Couture est née à Reims, mais c'est à Troyes où sa famille s'installa pendant la dernière guerre qu'elle termina son adolescence. A partir de 1986, elle se consacra entièrement à la peinture et ajouta une discipline nouvelle, la création de vitraux utilisant les résines en support et en matière. Elle n’utilisa donc pas le verre.

    On retrouve sa création originale de 17 verrières dans les églises de Viâpres-le-Grand en 1994, La Ville-aux-Bois et Chesley en 1999, et Montaulin en 2005.

    - Le peintre-verrier Cécile Boël implante son atelier dans le pays d'Othe dans l'Aube, en écart du village de Bérulle, en 2000. Née en 1973 à Rosny-sous-Bois, elle obtient le diplôme des métiers d'arts de l'ENSAAMA Olivier de Serre en 1992. Elle travailla six ans le verre soufflé, et se perfectionna dans les différentes techniques du vitrail. En 1999, Cécile Boël créa son entreprise pour exprimer son savoir-faire. Grâce aux techniques ancestrales, elle restaura des vitraux pour les monuments historiques et réalisa des pièces personnalisées sur commande, copies ou créations, pour la décoration intérieure ; pendant sept ans elle travailla également avec l'UNESCO, dans le cadre d'ateliers pour le jeune public. Avec les techniques contemporaines du thermoformage, de la gravure au jet de sable ou à l'acide, elle réalisa des créations personnelles, objets et bijoux.

    Cécile Boël est intervenue soit en tant que restauratrice soit en tant que créatrice à 14 reprises dans cette enquête dans les églises auboises entre autres de Dierrey-saint-Julien, Bayel, Bouranton, Trannes, Villemoiron, Bréviandes, ou La Rothière et pour 3 restaurations.

    - Joël Mône, peintre-verrier lyonnais, a conçu 14 verrières en 2012 et 2015 (réalisées par l'atelier lyonnais Vitrail Saint-Georges) à Romilly-sur-Seine sur le thème de l’Eau et de la Lumière.

    D’autres se sont encore illustrés à un moindre niveau, parfois très modeste et ne comptant que moins de 10 réalisations, voire une seule.

    - La Manufacture de Choisy fut créée en 1829 à Choisy-le-Roi par Gustave Bontemps dont il confia la direction à Edward Jones. Elle fut le centre de formation de nombreux peintres-verriers jusqu’en 1851 . Collaborateurs : E. Jones, H. Gérente, C. Jacquart-Trochet, Achille Oudinot. Elle fut au coeur des premières recherches entreprises pour la restauration des vitraux anciens. Elle réussit à mettre au point le verre rouge en premier lieu et les autres couleurs et fut récompensée pour cela. Elle bénéficia de nombreuses commandes pour des verrières neuves ou des compléments des vitraux anciens. Elle réalisa des verrières pour Saint-Urbain de Troyes en 1837 et fut recommandé en 1841 pour fournir les verres nécessaires à la restauration de cet édifice. Cette manufacture joua un rôle considérable dans la renaissance du vitrail.

    En 1837, elle réalisa 3 verrières pour la cathédrale de Troyes en collaboration avec Arnaud et Fichot.

    - Charles-Laurent ou Laurent-Charles Maréchal, dit Maréchal de Metz est né en février 1801 à Metz et décéda le 17 janvier 1887 à Bar-le-Duc. Elève de J.-B. Régnault, il fut tout à la fois peintre de portraits, de paysages, aquarelliste, pastelliste mais est surtout connu comme peintre-verrier. Il fonda son atelier en 1838 à Metz, 21 rue des Murs (1838-1853) puis le transféra 4 rue de Paris (1853-1872) où il sera repris, en 1868, par François-Charles Champigneulle qui le conserva comme directeur. Il eut pour collaborateur Gugnon, son beau-frère, avec qui il acquit en 1838 l’atelier fondé par Lapied ainsi que Bettanier, Coffetier, Desjardin, Devilly, Flick, Frutiaux, Maillardot, Rémy, Thiriot et Weber. Il participa aux Expositions universelles de 1851, 1855, 1862, 1867, 1878 et au Salon de 1853.Il réalisa des vitraux pour les églises Notre-Dame, Saint-Augustin, Sainte-Clotilde, Saint-Vincent-de-Paul de Paris, les cathédrales de Metz et de Lyon.

    Son travail est représenté dans le département par 4 verrières à la cathédrale de Troyes, en collaboration avec Gugnon, datées entre 1842 et 1846 mais on sait par les sources qu’il travailla également au monastère de la Visitation Sainte-Marie de la même ville.

    - Etienne-Hormides Thévenot, élève d’Emmanuel Thibaud, fut actif de 1835 à 1862 à Clermont-Ferrand (63), place d'Espagne. Il participa à l’Exposition Universelle de 1851 et au Salon de 1852. Il eut pour collaborateurs L. Steinheil, A. Hesse, cartonniers, Vigné, Maréchal, Billard et Champrobert qui lui succéda.

    2 verrières de ce peintre datées de 1844 et 1846 sont conservées à la cathédrale de Troyes .

    - Fils de Honoré-Louis Vincent-Larcher, Saint-Ange Vincent-Larcher réalisa 3 verrières à Troyes (1870 et 1874) et Bercenay-le-Hayer (1879).

    - Louis-Napoléon Gugnon est né en 1808. Activité connue de 1838 à 1855 à Metz, rue des Murs, puis à Paris, 50 rue d’Enghien en 1857. Il collabora avec Maréchal, son beau-frère, de 1838 à 1855 et participa à l’Exposition Universelle de 1851.

    Son travail est représenté par 3 verrières à la cathédrale de Troyes réalisées en collaboration avec Maréchal de Metz entre 1843 et 1846.

    - Etienne Virot oeuvra dans un atelier situé 1 place du Marché-aux-Trapans à Troyes. 8 verrières réalisées entre 1861 et 1878 lui sont dues.

    - Emile Henry est né en 1814. Son atelier était situé à Nancy et il oeuvra de 1853 à 1861. Une seule baie est conservée de lui à Arsonval (1861).

    - Charles Lévêque est mort le 3 mars 1889 à Paris. Il fut actif à Beauvais, rue du Christ-d’Or entre 1863 et 1881. Il participa aux Expositions universelles de 1867 et 1878, et son successeur fut L. Koch. Les églises de Saint-Samson à Clermont et de Saint-Jacques à Compiègne, possèdent des vitraux de sa main, ainsi que les église de Neuilly et de Montreuil-sous-Bois.

    Les églises de Jaucourt et Saint-Jean-au-Marché à Troyes conservent chacune une verrière de ce peintre-verrier.

    - Auguste Barbier, peintre-décorateur et peintre-verrier ainsi que marchand de papier peint, était installé 47 rue Notre-Dame (aujourd’hui rue Emile-Zola) à Troyes. Il forma probablement le peintre-verrier Louis Hugot avec qui il s’associa entre 1860 et 1865 (son nom est alors orthographié « Barbié »).

    Son travail est représenté par 5 verrières datées de 1863 et 1865.

    - Né en 1830 et décédé après 1875, Ernest Stelzl oeuvra dans un atelier à Nancy, 31 rue de la Pépinière puis à Paris, 45 rue de la Fontaine-au-Roi (1860) et à Saint-Etienne. Son activité s’étend de 1860 à 1875 et il eut pour collaborateurs Coste et Thiollier.

    4 verrières de ce peintre datées de 1868 et 1870 sont conservées à Longchamp-sur-Aujon.

    - Louis-Napoléon Cornuel est un peintre-verrier actif de 1853 à 1867 à Paris, 12 rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel (1855) puis à Orly (91) (1867). Participation aux Expositions Universelles de 1855 et 1867.

    Il réalisa 2 verrières à Saint-André-les-Vergers en 1866 et 1868.

    - Gendre d'Adrien-Napoléon Cornuel, Michel Biberon fut actif entre 1862 et 1874. Son atelier se situait au Mont-Saint-Michel et à Paris. Il fut associé à l’Atelier du Mont-Saint-Michel ainsi qu’à son beau-père et eut pour collaborateur Chauffour. Il oeuvra à la restauration des vitraux de la cathédrale de Coutances et au Mont-Saint-Michel.

    Son travail est représenté à Saint-André-les-Vergers par 2 verrières commencées par d’autres (dont Cornuel) et qu’il termina en 1874.

    - Amateur éclairé, le prince Henri de Faucigny-Lucinge réalisa des verrières entre 1874 et 1899 dont l’une est conservé à la Cité du vitrail de Troyes 6 autres dans le département dont 4 à Sainte-Maure (celle de Droupt-Saint-Basle comportant les armoiries du prince en proviendrait également).

    - Darquet fut actif de 1867 à 1895 à Amiens, 70 bd de l’Est . Il était le père de Daniel Darquet. Dans le département il réalisa 4 verrières décoratives à la ferme-château du Ruez à Droupt-saint-Basle en 1867.

    - Fils d’Antoine Christophe, Antoine François Lusson fut actif de 1850 à 1872. Il reprit l’atelier de son père, avec son beau-frère Edouard Bourdon, au Mans puis le déménagea à Paris, 21 bis rue de Laval, à partir du début de la décennie 1860. Il y eut également une filiale une à Rouen. Il collabora avec de nombreux autres verrier, Baptiste, Gérente, Fontenay, les frères Frédéric et Karl Küchelbecker et Léon Lefèvre qui lui succéda à son décès en 1876.

    Il réalisa une baie à Essoyes en 1871.

    - Léon Lefèvre fut actif de 1855 à 1879. Il reprit en 1876 l’atelier d’Antoine François Lusson à Paris, 21 rue de Laval. Il eut pour collaborateurs Maréchal, Lusson, Lechevalier-Chevignard (1879), Michau, Pierre-Georges Bardon qui reprit l’atelier à partir de 1880 jusqu’à sa mort en 1905.

    A Essoyes, une baie est signée « Lusson et Lefèvre » en 1876 et une autre « Léon Lefèvre » l’année suivante.

    - Alfred Lobre eut un atelier de verrier à Bayel mais il n’a laissé qu’une seule verrière à Proverville en 1860.

    - Deux verrières de Angelo de Taisne datées de 1870 et 1873 sont conservées aux Riceys.

    - G. Lancelot peintre-verrier à Soudé-Sainte-Croix (51) a restauré 2 verrières à Trouans, l’une en 1856.

    - L’atelier Worms Justin et Cie implanté à Metz a réalisé un ensemble de 5 verrières en 1864 dans le monastère de la Visitation à Troyes.

    - Joseph-Aventin Veissière est né en 1805 et décédé après 1866. Elève de Prosper Lafaye, iI oeuvra de 1845 à 1866 dans un atelier situé à Seignelay (Yonne) et participa à l’Exposition Universelle de 1855.

    Il restaura presque complètement 2 verrières du 16e siècle entre 1863 et 1868 à Rigny-le-Ferron.

    - Nicolas-Adolphe Bruin, dit « Bruin l’Aîné » travailla dans un atelier situé à Paris, 12 rue Chevert (Ancienne maison fondée en 1794) entre 1854 et 1888. Il participa aux Expositions Universelles de 1855 et 1867 et réalisa un triplet à Morvilliers.

    - Né en 1836 et décédé en 1909, Charles-Joseph Vantillard fut un peintre-verrier parisien dont les ateliers se tenaient successivement 12 rue de Tlemcen (1878), puis 2 et 4 rue Daubigny (1895) et enfin puis rue Notre-Dame-des-Champs. Il était apparenté au peintre Henri Harpignies.

    Il est représenté par 1 verrière à Jasseines et 1 autre aux Grandes-Chapelles.

    - Une fabrique de mobilier d’église, dont des vitraux, est fondée en 1874 à Reims, 22 rue Lesage, vraisemblablement par François Haussaire et un de ses frères, Hubert (vitraux signés « Haussaire frères » ou « Fr. Haussaire »). Une autre entité est créée à Lille 18 rue des Stations en 1892 à nouveau par François Haussaire et un de ses parents, Ernest. Atelier également à Paris, 79 rue du Cherche-Midi et 59 ter rue Bonaparte en 1899. La société est dissoute en 1901 mais l’atelier a pourtant continué de produire des vitraux signés par Ernest jusqu’à son décès en 1905. En 1902, François prit des parts dans l’atelier parisien Payan jusqu’en 1906 (signature « F. Haussaire et L. Payan »). Il participe à l’Exposition universelle de 1896.

    Il est représenté dans le département par 5 verrières entre 1885 et 1891.

    - Né en 1833, Henri Chabin est un peintre-verrier parisien actif de 1868 au début du 20e siècle. Il participa aux Expositions universelles de 1873, 1876, 1878 et 1889. Son atelier était situé 30-32 boulevard d'Enfer (1876) puis 230 boulevard Raspail (1889).

    Vers 1888, il exécuta 2 verrières dans le département pour l'église de Sainte-Maure.

    - Casassus & Godon est un atelier verrier parisien installé 155 rue de Sèvres et actif en 1885 lorsqu'il réalisa une verrière de saint Nicolas pour l'église de Vaudes.

    - Maurice Küchelbecker, fils de Frédéric Küchelbecker et neveu de Carl Küchelbecker, et A. Jacquier fondèrent la Fabrique Saint-Joseph, 66 avenue de Paris au Mans en 1881 à la suite de désaccords de Maurice Küchelbecker avec la nouvelle direction de la Fabrique du Carmel du Mans. Ils furent associés jusqu'en 1891. Maurice Küchelbecker s'occupa de la direction et de l'exécution des travaux tandis que A. Jacquier était cartonnier.

    Ils exécutèrent 7 verrières dans le département entre 1884 et 1889 à Jasseine, à Barberey-Saint-Sulpice et à la chapelle de Clairvaux.

    - En 1860, Martin Pierson ouvrit à Vaucouleurs un atelier de statues et monuments funéraires en pierre : la « Manufacture d’art religieux Pierson ». Puis en 1865, il fonda l’« Institut catholique de Vaucouleurs » (1865-1881) qui réalisait des statues religieuses en pierre, en plâtre, en terre cuite et en fonte de fer. Après la guerre de 1870, il s'allia avec le sculpteur Demoisson et le peintre Alphonse Bentz. En 1881, l'Institut catholique de Vaucouleurs devient l’« Union internationale artistique » (1887-1967). Vers 1884, Pierson ouvrit une succursale à Paris et créa un atelier de mobilier religieux en bois, puis en 1887, un atelier de peinture sur verre fut mis en place et la fabrication de vitraux commença à la fin 1887. T. Bouchy en fut un des cartonniers. Martin Pierson meurt en 1900. Son fils Charles lui succéda mais éprouvé par la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, il s'orienta vers les fontes d'art, puis la fabrication des monuments aux morts et la reconstruction d’un grand nombre d’églises après la Première guerre mondiale. Charles Pierson mourut en 1923, son fils Albert lui succéda. Cependant à partir du milieu du 20e siècle, la maison périclita, les statues de Vaucouleurs n'étant plus au goût du jour. Albert mourut en 1876. Les arrière-petits-fils du fondateur, Michel et Bernard Pierson, ferment l'entreprise en 1967.

    L'Institut catholique de Vaucouleurs est représenté par 4 verrières dans le département réalisées entre 1888 et 1890 à Cussangy, Précy-Saint-Martin et Ville-sur-Arce.

    - La Fabrique de vitraux Latteux-Bazin du Mesnil-Saint-Firmin (Oise) a été créée par Gabriel Boniface Bazin en 1845. Elle fut d'abord dirigée par Jules Leclercq qui en était également le cartonnier de 1846 à 1855, date de son décès. Gabriel Boniface Bazin le remplaça à la direction de la verrerie et confie la réalisation des cartons à des artistes-verriers renommés à l'époque.A sa mort en 1862, son neveu Ludovic Latteux développa la fabrique avec son cousin, Stéphane Bazin, fils de Gabriel Boniface Bazin. Spécialisé dans les vitraux d'église, l'atelier « Latteux-Bazin Maîtres-Verriers » comptait 60 salariés en 1878. Il participa à l'Exposition universelle en 1867, 1878 et 1889. A la mort de Stéphane Bazin en 1882, Ludovic Latteux continua seul mais la fabrique ferma en 1906 faute de commandes.

    Une verrière datée de 1857 est signée Gabriel Bazin à Châtres. L'atelier Latteux-Bazin laisse une dizaine d'oeuvres dans le département réalisées entre 1882 et 1902 à Avirey-le-Bois, à la Cité du Vitrail 1897, à la Chapelle de l'Alerte à Troyes et à Trouan-le-Grand.

    - Henri Mathieu (1842-1919) fut actif à Paris entre 1876 et 1902 dans son atelier Cité Joly (1875) puis 104 rue du Chemin-Vert. Il participa à l'Exposition universelle de 1878 et aux Salons de 1882, 1884, 1888 et 1895.

    Une verrière lui est due à Neuville-sur-Seine.

    - Peintre-verrier toulousain, Amédée Berges fut actif de 1857 à 1900, au 15 rue du Rempart-Saint-Etienne (1860), puis 24 rue du Rempart (1864), puis 138 place Saint-Michel (1868), puis 7 chemin des Récollets (1900).

    Six verrières de l'église d'Essoyes lui sont dues entre 1886 et 1888.

    - Paul Giovanola, dit Giot, fut un peintre-verrier parisien cité entre 1887 et 1895 dont l'atelier était situé 97 rue du Théâtre (1888), puis 52 boulevard de la Chapelle (1895). Il a également travaillé au 54 quai de Jemmapes.

    Il a réalisé une verrière civile dans une maison privée à Essoyes.

    - Marius Tamoni était un peintre-verrier actif de 1887 à 1900, ayant son atelier 86 rue du Cherche-Midi à Paris. Il participa à l'Exposition universelle de 1889 et 1900.

    Une verrière de l'église de Fouchères et l'ensemble des verrières civiles du château de la Cordelière à Chaource sont de sa main.

    - Etienne et Mouilleron sont actifs à Bar-le-Duc (55), 21 rue Bras-de-Fer, entre 1884 et 1904. Ils ont été élèves de Maréchal et ont collaboré avec l'atelier Champigneulle. Mouilleron a participé à l'Exposition universelle de 1900.

    Ils ont oeuvré à l'église de Rhèges en 1886 et 1895 (6 verrières).

    - Peintre-verrier, Paul-Charles Nicod fut actif à Paris de 1855 à 1895, 17 rue des Beaux-Arts (1855), puis 6 rue du Regard (1860), puis 90 rue de Rennes (1889). Elève de Paul Delaroche, il débuta au salon en 1845 et participe aux Expositions universelles de 1855, 1867 et 1878. Il collabora avec les cartonniers J.P. Balze (1861) et J.L. Vigier-Duvigneau (1859).

    On lui doit 2 verrières à l'église de Chappes vers 1875.

    - Né le 6 avril 1827 à Alençon et décédé le 22 novembre 1889, Eugène-Stanislas Oudinot est un peintre-verrier actif à Paris de 1853 à 1889. Elève d’Eugène Delacroix et de la Manufacture de Choisy jusqu’en 1848, il participa aux Expositions universelles de 1878 et 1889. Ses ateliers se sont tenus successivement 12 rue du Regard (1853), puis 6 rue de la Grande-Chaumière (1869). Peintre-verrier officiel de la ville de Paris dès 1862, il réalisa les verrières de nombreuses églises (Sainte-Clotilde, Saint-Leu, Saint-Jacques-du-Haut-Pas, Saint-Augustin, La Trinité) et de monuments civils (Hôtel de Ville). En raison de la baisse de commandes de la ville de Paris en 1870, il a exécuté très peu de vitraux religieux et doit se diversifier. Il s'oriente alors vers la recherche et l'innovation et les vitraux d'appartements et d'apparat. A sa mort, sa manufacture est rachetée par Félix Gaudin en 1890. Il fut assisté de quelques collaborateurs, dont Henri-Alexandre Carot et de nombreux cartonniers dont Louis Steinheil, Eugène Viollet-le-Duc ou Luc-Olivier Merson (1846-1920).

    Deux exemples de ses verrières civiles, consacrées à Michel-Ange et à Léonard de Vinci, sont conservées au Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Troyes. Elles ont été réalisées sur les dessins du peintre et cartonnier Luc-Olivier Merson qui est également l'auteur d'une verrière religieuse dans l'église de Mussy-sur-Seine.

    - Peintre-verrier et peintre-décorateur, F. Simon eut un atelier de verrier à Vendeuvre-sur-Barse actif de 1880 à 1887.

    Il n’a laissé que 4 verrières signées dans le département à Eclance, Ailleville, Soulaines-Dhuys en 1885 et Bar-Sur-Aube en 1887.

    - Joseph Beyer (1837-1876) fut un peintre-verrier actif à Strasbourg, 16 rue des Soeurs de 1860 à 1874 puis à Besançon, 9 rue Sainte-Anne de 1874 à 1876. Il fut élève de Baptiste Petit-Gérard.

    Une de ses verrières est conservée à l'église de Saint-Christophe-Dodinicourt.

    - Georges Néret, fonda une maison fondée en 1850 à Compiègne, puis transportée à Paris, 7 rue Joquelet puis à Roye-sur-Matz dans l'Oise (60), et de nouveau à Paris rue Saint-Martin (1884), puis 52 rue des Martyrs (1907) jusqu’en 1919. Le fonds de la maison est acheté par l'atelier Gaudin.

    Il réalisa 2 ensembles de verrières à la chapelle de l’ancienne abbaye Saint-Martin-ès-Aires à Troyes en 1890 (actuel Institut Universitaire des Métiers du Patrimoine).

    - Le peintre-verrier Henri Carot (1850-1819) fut élève de J.-F.Millet et de l’Ecole des Arts décoratifs de Paris ; il a en outre collaboré avec le peintre Maurice Denis. Après avoir débuté son apprentissage auprès des maîtres-verriers Gsell et Oudinot pour lesquels il exécute des cartons, il ouvrit en 1878 son propre atelier situé à Paris, 16 rue Boissonade. 1878 est l’année où il quitta son maître Oudinot, avec lequel il avait obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle . Il fut actif de 1845 (en tant que restaurateur) à 1913, et présent aux Expositions universelles suivantes de 1889 et 1900.

    Dans l’Aube, à Rosnay-l’Hôpital, il réalisa pour le propriétaire du château des Roches, Edmond Mérendet (1850-1926), qui souhaitait pour sa nouvelle maison les meilleurs artistes et maîtres d’oeuvre, c’est-à-dire parisiens selon lui, une grande verrière représentant une Vierge à l’Enfant dans un décor luxuriant et éclectique, où se mêlent des anges et des perroquets. Cette verrière, réalisée vers 1903, est le seul témoignage du travail d’Henri Carot dans le département de l’Aube.

    - Henri Charlier (1883-1975), est né et décédé à Mesnil-saint-Loup, petit village de l’Aube imprégné de dévotion religieuse. Peintre et sculpteur, il se définissait lui-même comme un artiste chrétien. Il a conçu son oeuvre en poursuivant la réforme plastique engagée en France par Puvis de Chavanne, Cézanne, Gauguin et Rodin (pour lequel il travailla).

    Outre les oeuvres peintes et sculptées qu’il a produites pour les églises de l’Aube (Chaource, Troyes, Mesgrigny, etc.) et congrégations religieuses (décor intérieur du monastères des soeurs oblates de Troyes entre 1961 et 1964), Henri Charlier a donné des cartons au maître-verrier Gaston Vinum pour Villemaur-sur-Vanne (1928), pour l’église Saint-Nizier de Troyes (1929), et au verrier S. Vital en 1919 pour Pont-sur-Seine. Il réalisa une verrière vers 1936 à Mesnil-Saint-Loup.

    - Monique Brix est une peintre-verrier active dans les années 1950 et 1960. A Troyes, elle collabora avec l’Atelier de Vitrail, de Fontenay-sous-Bois, pour une série de 4 grandes verrières abstraites réalisées en 1967. Ce travail pour une oeuvre de vitrail religieux entre dans le cadre de son art essentiellement tourné vers la spiritualité.

    - Maurice-Ernest Ingrand, dit Max Ingrand, est né à Bressuire en 1908 et décède en 1969. A Paris, il suivit les cours de Le Maresquier à l’Ecole des Beaux-Arts, puis ceux de l’Ecole des Arts décoratifs. Déjà reconnu dans l’art du verre gravé et formé par Jean-Jacques Grüber, il aborda le vitrail en 1933. Après la guerre, au sein de ses ateliers, il accorda une place majoritaire au vitrail et prit part aux commissions pour la restauration et la création de vitraux de cathédrales (Rouen, Beauvais, Tours…). Il travailla alors beaucoup pour les Monuments Historiques. Il était membre des Ateliers d’Art Sacré et faisait partie du comité de rédaction de la revue. Tour à tour peintre, peintre-verrier, restaurateur, décorateur et architecte d'intérieur à partir de 1960, il participa à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1937 et à d’autres expositions en 1941 et 1964 ainsi qu’aux Salons de 1958 et 1959.

    Il réalisa 11 verrières pour l’église de Vendeuvre-sur-Barse vers 1955 suite à la destruction des verrières en 1940, 2 à Nogent-sur-Seine en 1956 et 3 à Creney-près-Troyes en 1958.

    - Les 4 créations de Carolyn Rogers sont visibles dans l’Aube dans l’église de Gumery (verrière abstraite de 2012), ou encore à Romilly-sur-Seine (verrière décorative de 2014) et dans l’Auberge de Nicey à Romilly-sur-Seine (2012) qui présente des appliques et tableaux de verre réalisés utilisant la technique du verre fusionné à haute température (fusing). Elle créa également des pièces pour des particuliers (Villenauxe). Son travail utilise le verre dans les techniques classiques du vitrail mais aussi en tant que sculpteur : Carolyn Rogers est artiste-verrier. Son atelier est basé en Bretagne, à Arzon.

    - L’atelier de Jeffrey et Françoise Miller est situé depuis 25 ans à Chartrettes, en Seine-et-Marne. Leur activité principale est basée sur la restauration du patrimoine vitrail, mais ils créent également dans le cadre de commandes privées.

    Leur intervention est visible notamment dans l’église de Soligny-les-Étangs (création en 2011), dans l’importante restauration des vitraux de l’église d’Ervy-le-Châtel (vitraux des baies hautes du choeur, entre 2012 et 2013), en ou encore à Saint-Martin-de-Bossenay (en 2012).

    - L’Atelier Parot (basé en Côte-d’Or) et Udo Zembok (verrier installé à Menton) ont collaboré à 105 plaques de verre collaboré pour le parking souterrain de la cathédrale à Troyes inauguré en 2007. L’atelier Parot a également restauré deux baies en 2015 à Magnant.

    - Raphaël Lardeur, (1888-1967), peintre-verrier parisien. Il réalisa une verrière à Troyes en 1937 et une seconde à Nogent-sur-Seine.

    - L’atelier chartrain d'Hervé Loire a réalisé 2 verrières à Saint-Julien-les-Villas en 2003.

    - Fils aîné de Jacques Grüber qui le forma, Jean-Jacques Grüber naît en 1904 à Nancy et décède à Paris en 1988. Il fut actif de 1936 à 1970 dans son atelier situé à Paris, 10 villa d'Alésia, en compagnie de ses collaborateurs Jacques Weiss-Gruber et J. Mahuzier (cartonnier).

    Il réalisa 2 verrières à Fouchères en 1940, 10 à Arcis-sur-Aube en 1972 et en restaura 4 du 14e siècle à Mussy-sur-Seine et 1 aux Riceys.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Aube. Série V : V 492. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 493
  • AD Aube. Série V : V 493. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 493
  • AD Aube. Série V : V 494. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 494
  • AD Aube. Série V : V 495. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 495
  • AD Aube. Série V : V 496. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 496
  • AD Aube. Série V : V 497. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 497
  • AD Aube. Série V : V 498. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 498
  • AD Aube. Série V : V 499. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 499
  • AD Aube. Série V : V 500. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 500
  • AD Aube. Série V : V 501. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 501
  • AD Aube. Série V : V 502. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 502
  • AD Aube. Série V : V 503. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 503
  • AD Aube. Série V : V 504. Séparation des Eglises et de l'Etat - Inventaires des biens ecclésiastiques dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 504
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 9/23 (1884-1898), session d'août 1898 : Vitraux de l'église et travaux divers.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 9/23 (1884-1898)
  • AD Aube. Série V : V 329 - chapitre III, Grosses réparations ou reconstructions (1881).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 329
  • AD Aube. Série V : V 205. Constructions ; grosses réparations; entretien ; secours aux communes (1851-1899).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 205
  • AD Aube. Série V : V 199. Statistiques : renseignement sur l'état des édifices, sur leurs besoins, sur les richesses d'art qu'ils contiennent : vitraux, statues, etc. (1832-1846).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 199
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2O 419. Confection de verrières en remplacement de celles brûlées à Troyes en 1852 (1854).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 419
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 30/176. Eglise, réparation : devis, correspondance (1817-1949).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 30/176
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 30/177. Eglise, restauration des vitraux et de l'édifice (1929).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 30/177
  • AD Aube. Sous-Série 12 J : 12 J 30. Fonds Piétresson de Saint-Aubin. Bar-sur-Seine : vitraux et bas-reliefs (1ère moitié 20e siècle).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 12 J 30
  • AD Aube. Sous-série 2 O. Dossier par commune relatif au personnel, bâtiments communaux, revenus communaux ...

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : Sous-série 2 O
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 38/8. Délibérations du conseil municipal (1855-1892).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 38/8
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 563. Réparation aux vitraux (1836).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 563
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 588. Restauration des vitraux (milieu du 19e siècle).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 588
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 597. Restauration des vitraux (1886-1887).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 597
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 47/49. Fabrique : budget (1827-1861).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 47/49
  • AD Aube. Série V : V 330. Chapitre II, Dépenses extraordinaires. Article 3 réparations autres que locatives : Réparations de l'église (1841).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 330
  • AD Aube. Série V : V 330. Titre III. Dépenses de la fabrique. Article 2 Mobilier. Dépenses relatives à la décoration de l'église (1879).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 330
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 774. Différend avec Martin-Hermanowska, peintre-verrier, au sujet de l'établissement de 3 verrières neuves à l'église avec plan du 18 janvier 1856 (1856-1864).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 774
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 829. Restauration d'un vitrail à l'église (1909)

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 829
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 901. Reconstruction de la verrière nord à l'église (1892)

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 901
  • AD Aube. Série V : V 206. Restauration des vitraux entre 1890 et 1891.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 206
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 940. Réparations aux vitraux (1856, 1870, 1896).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 940
  • AD Aube. Série V : V 216 : Sommes dépensées par les communes pour les réparations aux édifices du culte (1894-1903).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 216
  • AD Aube. Série V : V 206. Décompte des travaux de restauration supplémentaires exécutés dans l'église (le 15 février 1885)

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 206
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 959. Réparations aux vitraux (1818).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 959
  • AD Aube. Série E-Dépôt. ED 94/68. Eglise, réparations : devis, arrêté, correspondance (1814-1870).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 94/68
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 110/307. Eglise, réparation, projet de reconstruction (1853-1960).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 110/307
  • AD Aube. Série V : V 207. Budget de la fabrique pour l'exercice 1875.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 207
  • AD Aube. Série V : V 215. Pièces collectives : secours pour construction ou réparation aux églises et presbytères (1844-1881) [chemise communes D – E].

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 215
  • AD Aube. Série V : V 207. Ministère de la justice et des cultes, exercice 1877.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 107
  • AD Aube. Série V : V 220. Secours accordés aux Fabriques ... (1800-1905).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 220
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 125/154. Mobilier de l'église : attribution de secours pour l'autel de la Ste Vierge et les vitraux.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 125/154
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1333. Acquisition de verrières (1866).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1333
  • AD Aube. Série V : V 208. Constructions ; grosses réparations; entretien ; secours aux communes (1851-1899).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 208
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1350. Pose de vitraux à l'église (1865).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1350
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1417. Réparations aux verrières (1873-1875).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1417
  • AD Aube. Série V : V 215. Pièces collectives : secours pour construction ou réparation aux églises et presbytères (1844-1881).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 215
  • AD Aube. Série V : V 221. Secours accordés aux Fabriques ... 1800-1905 : ... Estissac (1880).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 221
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1449.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1449.
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1694. Réclamation du maire au sujet de la démolition des fonts baptismaux et de l'enlèvement de vitraux par le desservant (1901).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1694
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1783. Pose de grillages aux croisées de l'église (1834-1835).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1783
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1805. Confection de verrières pour l'église (1875).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1805
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 1946. Restauration des vitraux de l'église (1945).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 1946
  • AD Aube. Sous-série 1 J : 1 J 1219. Marolles-lès-Bailly, Eglise Saint-Rémy Chronique : 1773-2002.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 1 J 1219
  • AD Aube. Série V : V 209. Extrait du registre des délibérations du conseil de fabrique de l'église de Méry-sur-Seine (19 octobre 1887).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 209
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 233/234. Eglise, chapelle et presbytère, réparation : devis, adjudication, soumission, renseignement.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 233/234
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 233/235 : Eglise, remise en état des fenêtres (1938).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 233/235
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 2393. Restaurations aux vitraux de l'église (1894).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 2393
  • AD Aube. Série V : V 209. Constructions ; grosses réparations ; devis, plans (1851-1899).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 209
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 2520. Restauration des vitraux de l'église (1888).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 2520
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 2534. Vente de vieux vitraux (1881).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 2534
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 2641. Travaux de réparation à une fenêtre (1941).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 2641
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 2702. Restauration ou exécution de trois vitraux (1897-1899).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 2702
  • AD Aube. Série V : V 210. Constructions ; grosses réparations ; devis, plans (1851-1899).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 210
  • AD Aube. Série E-Dépôt : ED 314/376. Réfection des vitraux suite aux bombardements : correspondance, marché, devis (1952-1953).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : ED 314/376
  • AD Aube. Sous-Série 1 J : 1 J 123. Travaux dans l'église des Riceys (1860).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 1 J 123
  • AD Aube. Série J : J 127. Registre paroissial de l'église de saint Pierre-ès-Liens de Ricey-Bas … (1844).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : J 127
  • AD Aube. Sous-série 1 J : 1 J 128. Fabrique de l'église de Ricey-Bas, Notes historiques, description, exposé et devis estimatifs relatifs aux divers travaux de restauration à exécuter à l'église de Ricey-Bas.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 1 J 128
  • AD Aube. Sous-série 112 J : 112 J 567. Saint-Léger-près-Troyes : Registre des recettes et dépenses de la fabrique (1833-1871).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 112 J 567
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3099. Restauration des verrières du sanctuaire (1857).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3099
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3197. Réparations aux vitraux et aux tableaux de l'église (1897).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3197
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3215. Entretien des vitraux (An XIV).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3215
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3223. Restauration de l'église et des verrières avec un plan (s.d, 1853-1856).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3223
  • AD Aube. Série V : V 211. Devis estimatif des travaux à faire à l'église de la commune de Torcy-le-Grand (1863).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 211
  • AD Aube. Série V : V 211. Etat détaillé des recettes et dépenses, relativement au legs Baudoire … (1878).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 211
  • AD Aube. Série V : V 213. Canton d'Arcis-sur-Aube : secours à des communes pour construction ou réparation des édifices de culte (1890-1905).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 213
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3569. Remplacement des vitraux (1887).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3569
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3653. Réparations aux verrières (1834-1872).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3653
  • AD Aube. Série V : V 212. Constructions ; grosses réparations ; devis, plans (1851-1899).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 212
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3725. Restauration des vitraux (1942).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3725
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3767. Réparations aux vitraux (1927-1930).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3767
  • AD Aube. Sous-série 1 J : 1 J 549. Les vitraux de Villemoiron, par Roger Favin.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 1 J 549
  • AD Aube. Sous-série 2 O : 2 O 3789. Restauration des vitraux de l'église (1816, 1845-1847).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 2 O 3789
  • AD Aube. Série V : V 229. Mobiliers des églises, secours pour acquisition d'objets à l'usage du culte (1880).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 229
  • AD Aube. Série V : V 213. Canton d'Arcis-sur-Aube : secours à des communes pour construction ou réparation des édifices de culte (1890-1905).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 213
  • AD Aube. Série V : V 130. Cathédrale. Gros travaux. Réparations... (1840-1841).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 130
  • AD Aube. Série V : V 132. Cathédrale. Gros travaux. Réparations... (1843-1847).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 132
  • AD Aube. Série V : V 140. Cathédrale. Gros travaux. Réparations... (1857-1866).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 140
  • AD Aube. Série V : V 144. Cathédrale. Gros travaux. Réparations... (1874-1878).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 144
  • AD Aube. Série V : V 145. Cathédrale. Gros travaux. Réparations... (1879-1900).

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : V 145
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