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Levécourt, ancienne grange de Morimond

Dossier IA52001020 réalisé en 2015

Fiche

Levécourt (52) est une grange relativement tardive (ill. IVR21_20155200012NUCA), de la fin du XIIe siècle, au diocèse de Toul (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Dès le milieu du siècle, Morimond reçoit quelques biens au lieu de la villa de Allevercort en 1151 (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°12), puis d’autres d’un chapelain en 1158-62 (Flammarion, n°29) mais le projet ne se concrétise vraiment qu’en 1176 et 1177 grâce à plusieurs donations de seigneurs et chevaliers locaux (Clefmont dès 1158-62 (id., n°32 et 36), Bourmont), dont un alleu (id., n°84 et 85), ainsi que la remise de dîmes (avec l’atrium) accordée par l'évêque de Toul, Pierre de Brixey, l’année précédente (id., n°82). Les mentions d’atrium, de villa, d’hommes, et même de Miles de Allevelcurt (id., n°104) encore cité en 1184 (id., n°135), montrent bien que le lieu est habité. Pour parfaire le projet, l’évêque de Langres intervient en donnant deux églises aux bénédictins de Saint-Bénigne de Dijon, au titre de leur prieuré de Sexfontaines (52), en compensation de la cession de tous leurs biens à Levécourt (id., n°86-87). Bien que le pape Alexandre III émette une bulle spéciale de confirmation en 1178 (id., n°93), montrant que l’affaire est d’importance, le statut de grange n’est pas encore atteint pour autant, car dans sa bulle générale Levécourt est encore qualifié d’alleu (id., n°94). En 1181, Simon, sire de Clefmont, donne encore toute sa terre de Maillencourt, composée de bois et de champs proches de la grange de Grand-Rupt (AD52, 3 P 2/288-11, section B5) (id., n°123-124). Il y ajoute de surcroît quelques terres en 1185 après avoir mis fin à ses contestations sur les dîmes du lieu (id., n°140). Malgré cela, Levécourt n’est toujours pas citée comme grange en 1186 mais à nouveau en tant qu’alleu (bulle Urbain III, id., n°147) trahissant un problème juridique ou relationnel subsistant… L’accord que les moines passent peu après avec ceux de la Crête en 1188 (id., n°152), aboutissant à un échange de terres "pro nova edificatione grangie de Allevercurt”, montre que la constitution a abouti. De fait, la bulle du pape Innocent III la mentionne parmi les autres granges (id., n°180). Il aura donc fallu près de 40 ans pour constituer physiquement et juridiquement la grange de Levécourt ! Comme pour Angoulaincourt 25 ans plus tard, Levécourt fit l'objet en 1285 d'une association avec le comte de Bar cette fois, Thibaud, —du fait de la localisation de la grange non seulement dans le diocèse de Toul mais aussi en Empire— pour fonder une villeneuve. Une partie du territoire de la grange voisine de Grand-Rupt, créée à partir de 1151 et aujourd'hui détruite, servit à son assise foncière. Dès la fin du siècle, en 1298, Henri comte de Bar abandonnait à Morimond ses dernières propriétés, justice comprise, à Grandrupt et Levécourt, moyennant un marc d’argent annuel. L’abbaye en devenait ainsi seul seigneur (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 115). Comme à Lavilleneuve, Morimond ne se réserva que des pièces de terres et surtout de prairies en bord de Meuse (50 ha environ), ainsi que son moulin sur la dérivation du fleuve et un enclos proche du cœur actuel du village, où les moines édifièrent plus tard leur maison seigneuriale. Celle que l’on voit aujourd’hui, en tout point identique à celle de Lavilleneuve avec son plan rectangulaire massif et son haut toit à quatre pans et égout retroussé, remonte à la campagne de rétablissement du temporel au XVIIIe siècle (ill. IVR21_20155200666NUCA). Ces propriétés ont été dûment arpentées et portées au célèbre Atlas Naudin (AD52, 8H73), à la planche n°21 (ill. IVR21_20155200660NUCA). Ce plan regroupe en fait les parcelles susdites et celles de l’ancienne grange voisine, Grand-Rupt (52-com. Levécourt), dont la chapelle isolée en rive droite de l’affluent de la Meuse était déjà le seul vestige au milieu du XVIIIe siècle. Elle marque vraisemblablement, comme les maisons seigneuriales évoquées, l’ancien emplacement des granges primitives.

Genre de cisterciens
Appellations Levécourt
Destinations grange monastique, villa, village
Parties constituantes non étudiées village
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Bourmont
Adresse Commune : Levécourt
Lieu-dit : Le Village
Adresse : 4 rue de l'Epeche
Cadastre : 1983 C toutes parcelles maison seigneuriale de Morimond : section ZB, parcelle 19

Levécourt (52) est une grange relativement tardive (ill. IVR21_20155200012NUCA), de la fin du XIIe siècle, au diocèse de Toul (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Dès le milieu du siècle, Morimond reçoit quelques biens au lieu de la villa de Allevercort en 1151 (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°12), puis d’autres d’un chapelain en 1158-62 (Flammarion, n°29) mais le projet ne se concrétise vraiment qu’en 1176 et 1177 grâce à plusieurs donations de seigneurs et chevaliers locaux (Clefmont dès 1158-62 (id., n°32 et 36), Bourmont), dont un alleu (id., n°84 et 85), ainsi que la remise de dîmes (avec l’atrium) accordée par l'évêque de Toul, Pierre de Brixey, l’année précédente (id., n°82). Les mentions d’atrium, de villa, d’hommes, et même de Miles de Allevelcurt (id., n°104) encore cité en 1184 (id., n°135), montrent bien que le lieu est habité. Pour parfaire le projet, l’évêque de Langres intervient en donnant deux églises aux bénédictins de Saint-Bénigne de Dijon, au titre de leur prieuré de Sexfontaines (52), en compensation de la cession de tous leurs biens à Levécourt (id., n°86-87). Bien que le pape Alexandre III émette une bulle spéciale de confirmation en 1178 (id., n°93), montrant que l’affaire est d’importance, le statut de grange n’est pas encore atteint pour autant, car dans sa bulle générale Levécourt est encore qualifié d’alleu (id., n°94). En 1181, Simon, sire de Clefmont, donne encore toute sa terre de Maillencourt, composée de bois et de champs proches de la grange de Grand-Rupt (AD52, 3 P 2/288-11, section B5) (id., n°123-124). Il y ajoute de surcroît quelques terres en 1185 après avoir mis fin à ses contestations sur les dîmes du lieu (id., n°140). Malgré cela, Levécourt n’est toujours pas citée comme grange en 1186 mais à nouveau en tant qu’alleu (bulle Urbain III, id., n°147) trahissant un problème juridique ou relationnel subsistant… L’accord que les moines passent peu après avec ceux de la Crête en 1188 (id., n°152), aboutissant à un échange de terres "pro nova edificatione grangie de Allevercurt”, montre que la constitution a abouti. De fait, la bulle du pape Innocent III la mentionne parmi les autres granges (id., n°180). Il aura donc fallu près de 40 ans pour constituer physiquement et juridiquement la grange de Levécourt ! Comme pour Angoulaincourt 25 ans plus tard, Levécourt fit l'objet en 1285 d'une association avec le comte de Bar cette fois, Thibaud, —du fait de la localisation de la grange non seulement dans le diocèse de Toul mais aussi en Empire— pour fonder une villeneuve. Une partie du territoire de la grange voisine de Grand-Rupt, créée à partir de 1151 et aujourd'hui détruite, servit à son assise foncière. Dès la fin du siècle, en 1298, Henri comte de Bar abandonnait à Morimond ses dernières propriétés, justice comprise, à Grandrupt et Levécourt, moyennant un marc d’argent annuel. L’abbaye en devenait ainsi seul seigneur (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 115). Comme à Lavilleneuve, Morimond ne se réserva que des pièces de terres et surtout de prairies en bord de Meuse (50 ha environ), ainsi que son moulin sur la dérivation du fleuve et un enclos proche du cœur actuel du village, où les moines édifièrent plus tard leur maison seigneuriale. Ces propriétés ont été dûment arpentées et portées au célèbre Atlas Naudin (AD52, 8H73), à la planche n°21 (ill. IVR21_20155200660NUCA). Ce plan regroupe en fait les parcelles susdites et celles de l’ancienne grange voisine, Grand-Rupt (52-com. Levécourt), dont la chapelle isolée en rive droite de l’affluent de la Meuse était déjà le seul vestige au milieu du XVIIIe siècle. Elle marque vraisemblablement, comme les maisons seigneuriales évoquées, l’ancien emplacement des granges primitives.

Période(s) Principale : 18e siècle , (?)

Après avoir transformé la grange de Levécourt en villeneuve, comme à Angoulaincourt, Morimond ne se réserva que des pièces de terres, son moulin sur la dérivation du fleuve et un enclos proche du cœur actuel du village, où les moines édifièrent plus tard leur maison seigneuriale. Celle que l’on voit aujourd’hui, en tout point identique à celle de Lavilleneuve avec son plan rectangulaire massif et son haut toit à quatre pans et égout retroussé, remonte à la campagne de rétablissement du temporel au XVIIIe siècle (ill. IVR21_20155200666NUCA).

Murs calcaire moellon crépi
Toit tuile mécanique, tuile en écaille
Plans plan rectangulaire régulier
Couvertures toit à deux pans croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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