Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Lombroie, ancienne grange de Trois-Fontaines

Dossier IA51001078 réalisé en 2014

Fiche

Lombroie (51-com. Trois-Fontaines-l’Abbaye) est la terre d’origine de l’abbaye de Trois-Fontaines (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100249NUCA). Ancienne paroisse, elle fut donnée entre 1027 et 1043 aux bénédictins de Saint-Pierre-aux-Monts de Châlons, l’un des propriétaires de la vaste forêt de Luiz (M. Maillot, "À la recherche des lieux habités disparus : Chanteloup, Courcelles, Huppémont, Lombroie, Vaux", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, t. XCVIII, 1983, p. 185). En tant qu’ancienne paroisse, son territoire était au XIe siècle beaucoup plus étendu que celui d’une simple ferme. Trois toponymes le rappellent aujourd’hui : le ”Plateau de Lombroie”, qui domine la haute vallée de Bruxenelle et Trois-Fontaines-la-Grange, ”Lombroie” au nord du territoire de Chancenay (52) et bien entendu la ferme elle-même. Mais l’autel semble déjà ne plus exister en 1114, ce qui favorisa sans doute la cession de l’alleu à saint Bernard en 1117 pour y fonder la première fille de Clairvaux l’année suivante. En 1147, la bulle du pape Eugène III cite encore à Lombroie ledit alleu. Il n’est toujours pas question de grange en 1178 lorsque Alexandre III émet une confirmation du temporel : Lombroie n’y est mentionné que comme limite des différentes terres relevant de l’abbaye, en l’occurrence du côté de Baudonvilliers (55), où un accord est obtenu avec le prieuré clunisien (AD51, 22H2). De fait, ce domaine ancien n’apparaît véritablement qu’à l’époque moderne : en 1608-1609, la cense de Lombroy relève de la mense conventuelle, tiers dévolu aux religieux, avec les domaines voisins de Baudonvilliers (ferme et seigneurie) et de Beaulieu (AD51, 22H10), ce qui est toujours le cas en 1696-97 (AD10, 3H239). Si on perçoit mal son rôle et sa chronologie, son territoire en revanche est mieux connu. Le Plan figuratif de la ferme de Lombroy, dressé par Dubois en 1780 (AD51, 22H95/7, ill. IVR21_20155100541NUCA) renseigne sur son organisation : de ses 333 journaux (soit 114 ha), 288 sont alors consacrés aux terres labourables (sur le plateau), les 44 restants regroupant les haies, buissons, étang, cour, bâtiments, jardins fosses et surtout prés et pâquis, confinés dans le vallon donnant naissance à la Bruxenelle, en lisière de la forêt. Comme dans tout grand domaine contemporain, les terres sont divisées en trois soles sensiblement équivalentes de 92 j. (marsages ou blés de printemps), 99 j. (versets ou jachère) et 108 journaux (froment ou blés d’hiver), soit une trentaine d’hectares chacune. La ferme occupe une position excentrée dans son espace agraire, au pied du talus hérité de la double grande faille (ou graben) de la vallée de la Marne, mais au centre de ce qui fut sans doute sa clairière primitive, entre les bois des Fourniers et des Étocs. L’étang actuel a gardé les mêmes proportions qu’en 1780, de même que la ferme (ill. IVR21_20155100088NUCA), dont les bâtiments s’organisent autour d’une cour oblongue, autrefois ouverte vers l’est et l’étang (AD51, 22H95/17, s.d. [XVIIIe s.], ill. IVR21_20155100542NUCA). Le logis, qui en occupe le centre (en fond de cour face à l’entrée), est un bâtiment rectangulaire de 25 m de longueur sur 11 au plus large, au rez-de-chaussée surélevé comportant 6 ouvertures (porte et fenêtres, auxquelles répondent de petites baies éclairant les combles sous la corniche du toit faiblement pentu. De puissants contreforts, dont la maçonnerie est masquée par un crépi de ciment, soutiennent la bâtisse aux angles. De part et d’autre, perpendiculairement, deux bâtiments contemporains du logis se font face et délimitent la cour. Par les granges, remises et autres écuries qu’ils abritent, ils sont depuis l’origine dévolus aux usages agricoles. Celui du nord a conservé deux hauts contreforts similaires encadrant l’accès principal (ill. IVR21_20155100090NUCA). Ces trois bâtiments, en tous points semblables aux représentations qu’en donnent les plans du XVIIIe siècle, remontent à l’époque moderne. Postérieurement, d’autres bâtiments de moindre importance ont été construits autour pour combler les espaces vides, en particulier le long de la route, et former un espace clos auquel on accède par un portail d’entrée. À 200 m au sud de la ferme, existait encore en 1833 (AD51, 3P1312/4, cad. section B2) un hameau comportant une dizaine de maisons, dont une demeure bourgeoise que la carte d’État-Major désigne comme château. Ce hameau a été détruit vers la fin du XIXe siècle. La ferme de Lombroie est aujourd’hui un centre équestre.

Genre de cisterciens
Appellations Lombroie
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Thiéblemont-Farémont
Adresse Commune : Trois-Fontaines-l'Abbaye
Lieu-dit : Lombroie
Cadastre : 2016 OB 190

Lombroie (51-com. Trois-Fontaines-l’Abbaye) est la terre d’origine de l’abbaye de Trois-Fontaines (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100249NUCA). Ancienne paroisse, elle fut donnée entre 1027 et 1043 aux bénédictins de Saint-Pierre-aux-Monts de Châlons, l’un des propriétaires de la vaste forêt de Luiz (M. Maillot, "À la recherche des lieux habités disparus : Chanteloup, Courcelles, Huppémont, Lombroie, Vaux", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, t. XCVIII, 1983, p. 185). En tant qu’ancienne paroisse, son territoire était au XIe siècle beaucoup plus étendu que celui d’une simple ferme. Trois toponymes le rappellent aujourd’hui : le ”Plateau de Lombroie”, qui domine la haute vallée de Bruxenelle et Trois-Fontaines-la-Grange, ”Lombroie” au nord du territoire de Chancenay (52) et bien entendu la ferme elle-même. Mais l’autel semble déjà ne plus exister en 1114, ce qui favorisa sans doute la cession de l’alleu à saint Bernard en 1117 pour y fonder la première fille de Clairvaux l’année suivante. En 1147, la bulle du pape Eugène III cite encore à Lombroie ledit alleu. Il n’est toujours pas question de grange en 1178 lorsque Alexandre III émet une confirmation du temporel : Lombroie n’y est mentionné que comme limite des différentes terres relevant de l’abbaye, en l’occurrence du côté de Baudonvilliers (55), où un accord est obtenu avec le prieuré clunisien (AD51, 22H2). De fait, ce domaine ancien n’apparaît véritablement qu’à l’époque moderne : en 1608-1609, la cense de Lombroy relève de la mense conventuelle, tiers dévolu aux religieux, avec les domaines voisins de Baudonvilliers (ferme et seigneurie) et de Beaulieu (AD51, 22H10), ce qui est toujours le cas en 1696-97 (AD10, 3H239). Si on perçoit mal son rôle et sa chronologie, son territoire en revanche est mieux connu. Le Plan figuratif de la ferme de Lombroy, dressé par Dubois en 1780 (AD51, 22H95/7, ill. IVR21_20155100541NUCA) renseigne sur son organisation : de ses 333 journaux (soit 114 ha), 288 sont alors consacrés aux terres labourables (sur le plateau), les 44 restants regroupant les haies, buissons, étang, cour, bâtiments, jardins fosses et surtout prés et pâquis, confinés dans le vallon donnant naissance à la Bruxenelle, en lisière de la forêt. Comme dans tout grand domaine contemporain, les terres sont divisées en trois soles sensiblement équivalentes de 92 j. (marsages ou blés de printemps), 99 j. (versets ou jachère) et 108 journaux (froment ou blés d’hiver), soit une trentaine d’hectares chacune. La ferme occupe une position excentrée dans son espace agraire, au pied du talus hérité de la double grande faille (ou graben) de la vallée de la Marne, mais au centre de ce qui fut sans doute sa clairière primitive, entre les bois des Fourniers et des Étocs. L’étang actuel a gardé les mêmes proportions qu’en 1780, de même que la ferme (ill. IVR21_20155100088NUCA). À 200 m au sud de la ferme, existait encore en 1833 (AD51, 3P1312/4, cad. section B2) un hameau comportant une dizaine de maisons, dont une demeure bourgeoise que la carte d’État-Major désigne comme château. Ce hameau a été détruit vers la fin du XIXe siècle. La ferme de Lombroie est aujourd’hui un centre équestre.

Période(s) Principale : 18e siècle , (?)

Les bâtiments de la ferme (ill. IVR21_20155100088NUCA) s’organisent autour d’une cour oblongue, autrefois ouverte vers l’est et l’étang (AD51, 22H95/17, s.d. [XVIIIe s.], ill. IVR21_20155100542NUCA). Le logis, qui en occupe le centre (en fond de cour face à l’entrée), est un bâtiment rectangulaire de 25 m de longueur sur 11 au plus large, au rez-de-chaussée surélevé comportant 6 ouvertures (porte et fenêtres, auxquelles répondent de petites baies éclairant les combles sous la corniche du toit faiblement pentu. De puissants contreforts, dont la maçonnerie est masquée par un crépi de ciment, soutiennent la bâtisse aux angles. De part et d’autre, perpendiculairement, deux bâtiments contemporains du logis se font face et délimitent la cour. Par les granges, remises et autres écuries qu’ils abritent, ils sont depuis l’origine dévolus aux usages agricoles. Celui du nord a conservé deux hauts contreforts similaires encadrant l’accès principal (ill. IVR21_20155100090NUCA). Ces trois bâtiments, en tous points semblables aux représentations qu’en donnent les plans du XVIIIe siècle, remontent à l’époque moderne. Postérieurement, d’autres bâtiments de moindre importance ont été construits autour pour combler les espaces vides, en particulier le long de la route, et former un espace clos auquel on accède par un portail d’entrée. À 200 m au sud de la ferme, existait encore en 1833 (AD51, 3P1312/4, cad. section B2) un hameau comportant une dizaine de maisons, dont une demeure bourgeoise que la carte d’État-Major désigne comme château. Ce hameau a été détruit vers la fin du XIXe siècle. La ferme de Lombroie est aujourd’hui un centre équestre.

Murs grès moellon enduit partiel
Toit tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.