Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil
Église paroissiale Saint-Antoine

Maître-autel : autel, baldaquin, retable, tabernacle, dais d'autel

Dossier IM52007769 réalisé en 2005

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression

Voir

  • Statuette : Vierge à l'Enfant
Dénominations autel, retable, tabernacle, dais d'autel
Numérotation artificielle 10
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Châteauvillain
Adresse Commune : Braux-le-Châtel
Emplacement dans l'édifice choeur

En l’absence d’archives connues à ce jour, il est difficile de retracer l’histoire de ce retable entièrement doré, à l’exception du fond du dais peint en rouge et des carnations des personnes. C’est sa grande parenté avec celui de la chapelle de l’hôpital de Chaumont qui permet de l’attribuer à Bouchardon et qui incite à une datation proche de ce dernier,c’est-à-dire vers 1730-1735.

Dans un édifice du XVIe siècle, l’autel de forme tombeau porte en son centre un médaillon en relief représentant le Pélican. Il ne semble pas contemporain de la partie supérieure. Sa forme galbée, peu fréquente chez Jean-Baptiste Bouchardon, laisse à penser qu’une réfection de l’autel et du premier gradin nous a privés de ceux d’origine.Henri Ronot suggère qu’il s’agit peut-être du retable réalisé pour l’église d’Autreville, dont Alphonse Roserot a signalé l’existence, et qui, lors de la reconstruction de l’église en style néo-classique entre 1834 et 1839, aurait été transféré à Braux-le-Châtel. Cette hypothèse, intéressante, est en contradiction avec les saints représentés sur le retable, qui correspondent à la dédicace de l’église de Braux-le-Chatel. Les délibérations du conseil municipal du 4 novembre 1837 et du 18 mars 1838 évoquent bien l’acquisition par la fabrique d’un dais et d’une petite armoire pour ranger les linges sacrés, mais sans autre précision.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Dates 1837, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.

Les deux gradins ornés de rinceaux sont interrompus pour permettre l’insertion du tabernacle, dont la porte en plein-cintre s’orne du motif de l’Agneau accompagné des instruments de la Passion. Les trois travées sont séparées par des pilastres sans chapiteau et à la base en forme de console renversée. Celle du centre forme une niche surmontée d’un dais ;elle abrite une Vierge à l’Enfant, dont l’attitude très retenue est proche de celle de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont. Elle est surmontée, sous le baldaquin, d’une paire d’angelots dont la position des bras laisse supposer qu’ils devaient porter une couronne. Les travée latérales sont occupées par deux statuettes. La première représente saint Antoine, reconnaissable à sa barbe de vieillard, à sa robe de bure, au chapelet à gros grains, au livre de la règle de l’ordre des Antonins et à son attribut habituel : le cochon (le lard du cochon était considéré comme un remède contre le feu de Saint-Antoine) ; l’autre statuette figure saint Sulpice, évêque de Bourges de 622 à 647. Leur correspondent, sur l’entablement, deux anges agenouillés,qui sont installés sur de petites consoles de fortune fixées à l’arrière ; l’exécution du revers est réalisée sans grand soin.

Le retable architecturé de Braux-le-Châtel reprend la composition et les thèmes décoratifs de celui de l’hôpital de Chaumont. Cependant, Jean-Baptiste Bouchardon introduit une variante dans le baldaquin ; aux draperies, il préfère ici des nuées avec angelots. Labelle dorure à la feuille, qui recouvre l’ensemble, à l’exception du ciel du baldaquin, atteste d’une qualité d’exécution incontestable.

Catégories menuiserie, sculpture
Matériaux bois, taillé, peint, doré
Mesures h : 360.0
la : 242.0
pr : 145.0
Iconographies saint
ange
Vierge à l'Enfant
pot à feu
pélican
Précision représentations

Sur le retable : Saint Antoine et Saint Sulpice.

États conservations surpeint
surpeint
Précision état de conservation

Le surpeint et la dorure moderne de l'autel tombeau ont été exécutés par un habitant de Braux, aidé du curé de la paroisse, à une date récente (20e siècle) mais inconnue.

Repéré par H. Ronot.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1972/06/28
Précisions sur la protection

Maître-autel, retable et son baldaquin, bois sculpté et doré, 18e siècle, 28-06-1972.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.32-34 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.158-161
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général - Decrock Bruno - Bennani Maya - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.