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Fiche

  • Vue générale.
    Vue générale.
  • Impression
Dénominations autel
Numérotation artificielle 7
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Châteauvillain
Adresse Commune : Cirfontaines-en-Azois
Emplacement dans l'édifice choeur

Alphonse Roserot a pu consulter un marché du 15 septembre 1734 entre Adrien Dureau, curé de Cirfontaines, et Jean-Baptiste Bouchardon pour la réalisation d’un retable et d’un tabernacle pour la somme de 700 livres. Le projet est connu par un dessin daté de 1729 (collection du musée des beaux-arts de Dijon). Il s’agit d’un retable adossé occupant le mur du chevet plat du chœur d’une église halle du XVIIIe siècle. Des pilastres avec chapiteau corinthien supportent un entablement de forme cintrée dans la partie centrale. De part et d’autre, le retable est prolongé par des lambris dans lesquels sont percés, selon un dispositif très fréquent dans les aménagements liturgiques contemporains, deux portes qui donnent accès à la sacristie ; elles sont toutes deux surmontées d’un buste représentant très vraisemblablement le Christ et la Vierge. L’autel droit est surmonté de deux gradins interrompus au milieu par le tabernacle ; au-dessus de celui-ci,l’exposition (le Saint-Sacrement est figuré sur le dessin) présente une ampleur inhabituelle, prenant appui directement sur les gradins.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Dates 1729, daté par source
1734, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Sur place, actuellement, autel et tabernacle en bois doré ont disparu, au profit d’un ensemble en marbre plus récent. Un retable existe cependant ; si la structure reprend les grandes lignes définies par Jean-Baptiste Bouchardon, des modifications importantes apparaissent : composition plus restreinte, colonnes cannelées, pots à feu, forme des portes, localisation des bustes en ronde-bosse et non plus en relief représentant la Vierge et un évêque, sans doute saint Hilaire, patron de la paroisse avant que celle-ci ne soit dédiée à Notre-Dame. Le traitement en particulier de cette dernière figure n’est pas sans rappeler celui des bustes-reliquaires de Bouchardon à Saint-Urbain. Les archives sont inexistantes pour nous renseigner sur l’évolution de la situation : Jean-Baptiste Bouchardon a-t-il fait un second projet ou abandonné le marché pour une raison inconnue, au profit d’un autre sculpteur qui aurait alors apporté des modifications ? Ce qui subsiste est néanmoins fort proche de la partie centrale du retable de Fontette dont le dessin est attribuable, sans doute possible, à Bouchardon.

Marbre veiné rouge, noir. Marbre uni blanc. Retable-lambris, percés de portes dont une donne accès à la sacristie. Bustes (2) d'applique. Consoles d'appliques.

Catégories marbrerie, menuiserie, sculpture
Matériaux marbre veiné
bois, peint, polychrome, doré
Mesures h : 600.0
la : 380.0
pr : 215.0
Iconographies Vierge
saint
évêque
ordre corinthien
ange
États conservations oeuvre infestée
altération de l'épaisseur de la matière
Précision état de conservation

Retable vermoulu. Présence de rouille sur la table d'autel.

Repéré par H. Ronot.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Précisions sur la protection

Il est étonnant que cet objet ne bénéficie pas d'une protection MH.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.49-52 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.153-155
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne ; (c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - Decrock Bruno - Bennani Maya - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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