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Église paroissiale Saint-Etienne

Maître-autel

Dossier IM52006033 réalisé en 2006

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression

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  • Statuettes (10) : saint Pierre, saint Urbain, Bon Pasteur, saint Evêque, saint Paul, Vierge à l'Enfant, anges
Dénominations tabernacle, gradin d'autel, exposition
Numérotation artificielle 15
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Joinville
Adresse Commune : Saint-Urbain-Maconcourt
Lieu-dit : Saint-Urbain
Emplacement dans l'édifice choeur

Selon les archives de la commune, Jean-Baptiste Bouchardon perçut un règlement de 400 livres le 17 janvier 1698. Il s’agit là de la première réalisation connue de l’artiste, arrivé à Chaumont depuis peu. Le tabernacle à ailes en bois doré s’inscrit dans un chœur occupé sur toute sa hauteur par un retable en pierre au décor particulièrement présent, pour ne pas dire massif ; celui-ci a été réalisé par un contemporain de Jean-Baptiste Bouchardon : Etienne Bancelin, installé à Joinville. La composition du tabernacle marque une première étape dans la production de l’artiste, au début de sa carrière ; celle-ci sera reprise plus tard à Mussey-sur-Marne puis à Colombey-les-Choiseul, avec des proportions plus imposantes.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Dates 1698
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Posés sur un autel au centre duquel figure une Cène en bas-relief du XIXe siècle, deux gradins décorés de rinceaux sont interrompus au centre par un socle orné de l’Agneau couché sur le Livre aux sept sceaux, représentation traditionnelle à cet emplacement, mais sculpture sans doute, elle aussi, refaite. Ils supportent un tabernacle polygonal flanquée deux ailes. Ailes et côtés du tabernacle constituent autant de travées séparées par des colonnettes à fût cannelé et chapiteau composite. Entre elles, sont disposées sur un socle des statuettes représentant saint Pierre, le pape saint Urbain, l’évêque saint Etienne et saint Paul, tandis que la porte du tabernacle est occupée par la figure du Bon Pasteur. Au-dessus du tabernacle, une niche d’exposition accompagnée d’anges adorateurs se compose de trois baies séparées par des colonnes torses surmontées d’un dôme.

Elle abrite une statuette de la Vierge à l’Enfant : la mère maintient l’Enfant debout sur un tronc d’arbre avec la jambe gauche prenant appui sur un pli du manteau de sa mère. Cette jeune femme au regard mélancolique, qui connaît le destin tragique de son fils, est habillée d’un ample manteau au drapé savant et en plein mouvement.

De chaque côté de l’autel et en retrait, deux bustes reliquaires complètent la composition. D’un côté saint Urbain, patron de l’abbaye locale, est représenté coiffé de sa tiare. De l’autre, saint Etienne Harding, deuxième abbé de Cîteaux (mort en 1134) à qui l’église est dédiée, porte la mitre. On ne connaît pas d’autre exemple de statues reliquaires dans l’œuvre de Bouchardon, mais la qualité d’exécution de ces dernières permet de les attribuer à l’artiste chaumontais.

Les lignes courbes sont abondamment présentes dans cette œuvre de jeunesse. L’artiste démontre dès cette première réalisation une parfaite connaissance des modèles décoratifs en vigueur dans la seconde moitié du XVIIe siècle, une grande maîtrise technique dans la réalisation et un réel souci de la composition architecturale.

Catégories menuiserie, sculpture
Matériaux bois, doré, décor dans la masse
Mesures h : 288.0
la : 270.0
pr : 63.0
Iconographies Agneau mystique
Précision représentations

Le tiroir accueille l'Agneau couché sur le Livre aux sept sceaux.

États conservations surpeint
oeuvre infestée
salissure
Précision état de conservation

La tête de l'ange sous la porte du tabernacle est vermoulue ; projections de cire.

Repéré par H. Ronot.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1908/09/18
Précisions sur la protection

Tabernacle, par J.-B. Bouchardon, mort en 1762, bois doré, 18e siècle, 18-09-1908.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.75-77 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.128-131
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne - Decrock Bruno - Marasi Julien - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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