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Église paroissiale Saint-Thibaut

Maître-autel

Dossier IM52011119 réalisé en 2006

Fiche

  • Vue générale.
    Vue générale.
  • Impression
Dénominations autel, tabernacle, exposition, gradin de bureau
Numérotation artificielle 3
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Bourbonne-les-Bains
Adresse Commune : Clefmont
Emplacement dans l'édifice choeur

Inconnu d’Alphonse Roserot, l’attribution à Jean-Baptiste Bouchardon de ce retable architecturé ne fait aucun doute ; les éléments caractéristiques de la production de cet artiste s’y retrouvent : les motifs décoratifs à rinceaux du gradin interrompu par le tabernacle, la forme de celui-ci avec sa porte en plein-cintre ornée de l’Agneau et des instruments de la Passion, la présence de colonnes cannelées à chapiteau corinthien, l’entablement amorti par des volutes supporte un baldaquin décoré de lambrequins, dans le fond duquel apparaissent nuées et angelots.

S’il est difficile de retracer l’histoire de ce retable, faute d’archives, on peut cependant remarquer qu’un réaménagement a eu lieu avec la création de cet autel et l’installation d’un grand Christ en croix au-dessus du baldaquin.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Le retable s’inscrit dans un chœur gothique de petites dimensions ; sa forme pyramidale s’adapte parfaitement à l’espace, sans obstruer les baies qui l’éclairent. Cette composition est peu usuelle chez le sculpteur, sans être cependant un cas unique puisqu’elle fut aussi utilisée à l’église de Buxières-les-Froncles. Les statuettes situées aux extrémités du retable ont disparu, tout comme la croix d’origine qui devait vraisemblablement surmonter le tabernacle. L’autel-tombeau de formes galbées qui supporte le retable lui est postérieur d’au moins une génération.

Catégories menuiserie, sculpture
Matériaux bois, peint, doré, décor dans la masse
Mesures h : 302.0
la : 230.0
pr : 132.0
Iconographies Agneau mystique
Précision représentations

Agneau mystique sur la porte du tabernacle.

États conservations surpeint
oeuvre infestée
salissure
manque
Précision état de conservation

Il manque deux putti, des rayons et un lambrequin du dais de l'exposition.

Repéré par H. Ronot. Aucun cliché mentionné dans le pré-inventaire.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1963/11/08
Précisions sur la protection

Exposition du maître-autel, bois doré, 18e siècle, 08-11-1963.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.52-53 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.179
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne - Decrock Bruno - Marasi Julien - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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