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Église paroissiale Saint-Calixte

Maître-autel

Dossier IM52009182 réalisé en 2005

Fiche

  • Vue générale.
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  • Statuettes (3) : saint Calixte, Vierge à l'Enfant et Christ en Croix
Dénominations autel, retable, tabernacle
Numérotation artificielle 11
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Bologne
Adresse Commune : Froncles
Lieu-dit : Buxières-lès-Froncles
Emplacement dans l'édifice choeur
Précisions anciennement commune de Buxières-lès-Froncles

Inconnu d’Alphonse Roserot, l’attribution à Jean-Baptiste Bouchardon de ce beau retable architecturé ne fait cependant aucun doute : le vocabulaire décoratif cher à cet artiste y est présent,ainsi que les formes adoptées, notamment celles du tabernacle. Comme pour le retable de Braux-le-Châtel, Henri Ronot propose l’idée d’un déplacement. Réalisé pour l’église Saint-Martin de Doulaincourt, mentionné par Alphonse Roserot et connu par le marché signé le 12 février 1740, le retable aurait été transféré dans la commune voisine lors de travaux. Cette hypothèse n’est pas sans poser de problème, car la statuette située sur la droite du retable représente un pape, reconnaissable à sa tiare, et qui, compte tenu de la dédicace de l’église de Buxières-lès-Froncles, pourrait être identifié à saint Calixte (pape de 217 à 222). S’agissant de l’église de Doulaincourt, une représentation de saint Martin, patron de l’église du lieu, aurait été plus justifiée.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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La composition d’ensemble est pyramidale, comme à l’église de Clefmont. Un gradin, orné de rinceaux bien dans la manière élégante du sculpteur, supporte le tabernacle, lequel interrompt le second gradin qui porte un stylobate, puis des colonnes cannelées avec chapiteau corinthien, une architrave et enfin un dais dans la partie centrale. Celui-ci abrite un Christ en croix, de belle qualité, dû aux ciseaux de l’artiste chaumontais. De chaque côté des colonnes, une volute permet d’adoucir l’angle, et aux extrémités, des statuettes : Vierge à l’Enfant et vraisemblablement saint Calixte, avec sa tiare et sa croix pontificale. Ces derniers éléments ne se retrouvent pas à Clefmont. Quant à l’autel de formes trapézoïdales, il s’agit très vraisemblablement d’une modification intervenue au XIXe siècle.

Catégories menuiserie, marbrerie
Matériaux bois, taillé, peint, doré
marbre, taillé
Mesures h : 240.0
la : 230.0
pr : 62.0
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé au titre objet, 1983/07/22
Précisions sur la protection

Maître-autel et ses statuettes, bois sculpté, peint et doré, 1ère moitié du 18e siècle, 22-07-1983. L'arrêté mentionne le maître-autel et ses statues ; le tabernacle est ici ajouté.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.14-15 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général - Marasi Julien - Decrock Bruno - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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