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Maître-autel

Dossier IM52006031 réalisé en 2006

Fiche

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  • Tableau : Résurrection
  • Statues (2) : Vierge à l'Enfant, saint Joseph
  • Statuettes (10) : saint Paul, sainte Marie-Madeleine, Ecce homo, saint Pierre, saint, Vierge à l'Enfant, anges adorateurs
Dénominations retable, tabernacle, exposition, autel, sculpture
Numérotation artificielle 13
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Joinville
Adresse Commune : Mussey-sur-Marne

Un marché passé le 22 décembre 1702 porte sur la commande d’un retable avec tableau et d’un tabernacle, à l’identique de celui réalisé quelques années plus tôt à Saint-Urbain. Le prix en est fixé à 1000 livres, le sculpteur étant nourri durant son séjour à Mussey-sur-Marne. Si la livraison était prévue un an plus tard, le paiement se fit de façon échelonnée ; ainsi, la quittance générale ne fut signée que le 7 novembre 1708 par Jean-Baptiste Bouchardon.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Dates 1703
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Le chœur de l’église présente deux compositions en bois de cet artiste :d’une part, un retable adossé au mur, qui a obligé à obstruer la baie axiale, et d’autre part, un autel surmonté d’un tabernacle à ailes. Cette ingénieuse disposition de retables « emboités » attire infailliblement le regard vers le tabernacle, siège du Saint Sacrement. Elle est identique à celle de la chapelle des Ursulines à Chaumont et de l’église de Fresnes-sur-Apance, mais seul le retable double de Mussey-sur-Marne nous est parvenu dans son intégralité.

Le retable adossé épouse la forme de l’abside ; il se compose de troistravées séparées par des colonnes à fût cannelé peintes en faux marbre et surmontées d’un chapiteau corinthien. Elles supportent un large entablement cintré dans la partie médiane. Cette dernière est surmontée d’une colombe au milieu de nuées et de chérubins. De chaque côté, des anges adorateurs entourent cette représentation de l’Esprit Saint. Les deux travées latérales sont percées de niches abritant les statues de la Vierge à l’Enfant et, sans doute, de saint Joseph, tandis que le panneau central est occupé par une toile, cachée en partie par la superstructure de l’autel, figurant la Résurrection du Christ.

Le tabernacle à ailes, recouvert d’une belle dorure à la feuille, est proche de celui de Saint-Urbain, dont il ne diffère pour l’essentiel que par la forme de la superstructure du tabernacle, dont la coupole est interrompue ici pour laisser voir les anges supportant la couronne de la Vierge. Il s’inscrit dans la même conception que celui de Colombey-les-Choiseul. Les travées sont séparées par des colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens. Des statuettes de saints garnissent tant les ailes que les côtés du tabernacle : saint Pierre, saint Paul, saint Jean l’Evangéliste et sainte Marie-Madeleine ; la porte du tabernacle montre quant à elle la figure du Christ aux liens. Reposant sur une console, elles s’inscrivent dans des niches flanquées de chutes de fleurs et surmontées d’une coquille. Interrompant les deux gradins, le tabernacle s’avance très nettement ; en dessous, le tiroir pour ranger les linges sacrés est orné de l’Agneau aux sept sceaux. Cette partie est surmontée d’un trône d’exposition : des colonnes torses soutiennent un dôme abritant une statuette de la Vierge à l’Enfant, qui se détache sur un fond bleu étoilé. Elle est accompagnée d’anges : anges adorateurs sur les côtés, anges tenant la couronne au-dessus. L’autel conserve sans doute des éléments d’origine, mais le panneau central en a été refait.

Œuvre de jeunesse de Jean-Baptiste Bouchardon, ce retable est encore tributaire des grandes compositions architecturées occupant tout le mur de chevet du siècle précédent, dont les modèles parisiens ont été abondamment diffusés, en particulier par l’intermédiaire des recueils de Le Pautre.

Catégories menuiserie
Matériaux bois, peint, polychrome, doré, décor dans la masse, décor rapporté, décor en demi-relief, décor en ronde bosse, faux marbre
Mesures h : 625.0
la : 553.0
Précision représentations

Anges en prière sur l'entablement ; nuées avec putti au fronton.

États conservations altération de l'épaisseur de la matière
oeuvre infestée
surpeint
manque
Précision état de conservation

Ecaillage général de la dorure ; les guirlandes de l'autel sont vermoulues ; trous de vers ; surpeint faux marbre ; il manque les doigts de la main senestre et le bout du pied senestre de l'ange senestre.

Repéré par H. Ronot.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1908/09/18
Précisions sur la protection

Retable et tabernacle, par J.-B. Bouchardon, mort en 1762, bois peint et doré, 18-09-1908.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.69-72 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
Périodiques
  • HUMBLOT Emile. Le retable de Mussey. Annales de la Société d'histoire, d'archéologie et des beaux-arts de Chaumont, 1912.

    p.179-182
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne - Decrock Bruno - Marasi Julien - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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