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Église paroissiale Saint-Julien

Maître-autel

Dossier IM52008289 réalisé en 2006

Fiche

  • Vue générale.
    Vue générale.
  • Impression
Dénominations autel, tabernacle, exposition, gradin d'autel
Numérotation artificielle 29
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Bourbonne-les-Bains
Adresse Commune : Fresnes-sur-Apance
Emplacement dans l'édifice sanctuaire
détaché du mur du chevet

L’important projet conçu pour cette église est connu par un dessin conservé au musée d’art et d’histoire de Chaumont. Il porte le nom de Bouchardon et la date 1716. Au verso, figurent plusieurs signatures : celles de Charles-François Larroux, curé de la paroisse, de Thévenot, procureur, et d’autres signatures non identifiées. Le dessin est particulièrement intéressant puisqu’il présente deux compositions différentes, pour permettre probablement au commanditaire de choisir.

Période(s) Principale : 18e siècle
Dates 1716, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Comme au couvent des Ursulines de Chaumont et à Mussey-sur-Marne, Jean-Baptiste Bouchardon conçut un retable en bois doré posé sur l’autel et comme enchâssé dans un retable adossé destiné à occuper tout le mur de chevet.

Le dessin du retable adossé montre un haut stylobate supportant deux colonnes groupées d’un côté afin de ménager dans la partie extérieure un espace pour disposer une statue ; dans la variante en vis-à-vis les deux colonnes plus écartées permettent de loger entre elles une statue de saint Paul. Les colonnes au chapiteau corinthien supportent un entablement qui s’incurve dans la partie centrale, pour recevoir une scène en peinture ou en bas-relief ; dans une des versions proposées, ce panneau est surmonté d’un médaillon encadré d’angelots. Ce retable adossé n’existe plus aujourd’hui ; peut-être n’a-t-il jamais été réalisé ou a-t-il été supprimé lors de la reconstruction de l’église en 1773.

Le retable posé sur l’autel reprend une composition habituelle à Jean-Baptiste Bouchardon, que l’on retrouve par exemple à Arrentières et à Saint-Agnan de Chaumont, la seule différence notable par rapport à ces retables étant ici dans la présence de deux gradins interrompus au centre par le tabernacle. Ils supportent trois travées séparées par des colonnes à chapiteaux corinthiens ; de chaque côté, des statuettes : probablement saint Julien avec sa palme du martyre et un livre, et une sainte difficile à identifier. Lors de l’exécution, ces personnages semblent avoir été remplacés au profit des figures de saint Pierre et de saint Paul, le premier reconnaissable aux clefs qui pendent à son côté. La travée centrale est surmontée d’un dais qui abrite la Colombe du Saint-Esprit ; des anges adorateurs se situent de part et d’autre. Cette partie du projet est toujours présente dans l’édifice. Quelques modifications ont cependant été apportées, en particulier sur le devant de l’autel-tombeau, un des seuls conservés de Bouchardon : il apparaît nu sur le projet, alors qu’il est décoré en réalité d’une élégante composition de rinceaux entourant le Pélican, d’une grande liberté de dessin et sans axe de symétrie.

Catégories menuiserie
Matériaux bois, taillé, doré
Mesures h : 425.0
la : 218.0
pr : 149.0
Iconographies saint Pierre
saint Paul
pélican
nuée
rinceau
États conservations bon état
oeuvre infestée
repeint
partie en remploi
Précision état de conservation

Bon état de l'autel mais socles des statuettes infestés. Déplacages ponctuels. Statuettes redorées. La table d'autel semble antérieure.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé au titre objet, 1963/11/08
Précisions sur la protection

Maître-autel, bois sculpté et doré, 18e siècle, 08-11-1963.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.58-61 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon, Editions Faton, 2002.

    p.148-150
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne - Decrock Bruno - Bennani Maya - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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