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Collégiale Saint-Maclou

Maître-autel

Dossier IM10010659 réalisé en 2002

Fiche

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Dénominations retable, tabernacle, ciborium, autel
Numérotation artificielle 16
Aire d'étude et canton Aube - Bar-sur-Aube
Adresse Commune : Bar-sur-Aube

Ce retable en bois entièrement doré a connu, depuis le marché passé le 3 juillet 1733, une histoire bien mouvementée. Alphonse Roserot mentionne l’existence d’un dessin dont la localisation actuelle est inconnue. Conçue pour l’église Saint-Pierre, l’œuvre échappa aux destructions révolutionnaires. Il fut alors placé dans l’église Saint-Maclou, où il se trouve toujours. Malheureusement, ce bâtiment souffre de gros problèmes de stabilité et est fermé au public. Le retable - dont la restauration est prévue - devrait prochainement être transféré dans l’église Saint-Pierre, retrouvant ainsi sa destination d’origine.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Dates 1745
Lieu de provenance Édifice ou site : Champagne-Ardenne, 10, Bar-sur-Aube, église Saint-Pierre
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Posé sur un autel refait au XIXe siècle, le retable est composé d’un gradin décoré de rinceaux, interrompu dans sa partie centrale pour laisser place au tabernacle. Celui-ci reprend la forme habituellement adoptée par Jean-Baptiste Bouchardon, passées ses premières œuvres, avec une élévation droite, un couronnement cintré et des pilastres posés sur l’angle ; la porte s’orne de l’Agneau avec les instruments de la Passion. Sur un haut stylobate au décor de treillage, reposent des colonnes cannelées aux chapiteaux corinthiens ; au centre, la colonnade est incurvée,ménageant ainsi l’espace du tabernacle surmonté d’un Christ en croix. L’entablement supporte un ange agenouillé à chaque extrémité et un baldaquin au milieu. Deux sculptures – saint Pierre et saint Paul – prennent place dans l’entrecolonnement. D’une excellente qualité, elles sont très proches par leurs attitudes et le traitement stylistique de ceux de l’église de Montier-en-Der. Le retable architecturé de Bar-sur-Aube s’inscrit dans la suite de celui de la basilique Saint-Jean-Baptiste, réalisé quinze ans plus tôt. Mais il démontre aussi une évolution ; la suppression d’un gradin, le nombre moindre de colonnes donnent une impression de légèreté et une meilleure lisibilité de la composition avec une mise en valeur du tabernacle.C’est la production d’un artiste en pleine maturité, possédant une parfaite maîtrise de son art.

Catégories menuiserie
Matériaux bois, taillé, doré, peint
Précision dimensions

h = 444 ; la = 323 ; pr = 90. h = 444 ; la = 323 ; pr = 90

États conservations écaillage

Récolement : 1974/05/15.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1913/12/27

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.30-31 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.168-169
(c) Ministère de la culture (c) Ministère de la culture ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de l'Aube (c) Conseil départemental de l'Aube - Marasi Julien - Griot François - Decrock Bruno - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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