Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Morvaux, ancienne grange de Morimond

Dossier IA52001021 réalisé en 2015

Fiche

Morvaux (52-com. Romain-sur-Meuse) a été l'une des plus importantes et des plus anciennes granges de l'abbaye, créée à partir de 1125 grâce aux donations qui se sont accumulées en réponse à l'appel de l'évêque de Langres et de saint Bernard lui-même, appel suscité par "l'affaire" de Morimond (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Dès 1126, l’abbaye de Molesme par son prieuré de Bourg-Sainte-Marie consent à une remise de dîmes sur les terres de Morvaux, que Morimond cultive déjà (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°2). Malgré ces donations ayant fait l'objet de deux chartes-notices épiscopales (id., n°3 et 4), le lieu de Bicolia, rebaptisé Morvaux (« de terra que quondam Bicolia, nunc vera Morivallis vocatur »), n’est encore officiellement qu'une terre en 1147 (bulle du pape Eugène III, id., n°10), signe d'entraves juridiques non encore aplanies, ce qui sera chose faite dans les années qui suivront. La grange sera en effet citée comme telle vers 1158-62 (id., n°29) avec la terre voisine de Sèchepré qui sera confirmée en 1170 (id., n°59). De nombreuses donations seront encore consignées dans plusieurs pancartes, dont celle de l'évêque de Toul, spécifiquement consacrée à Morvaux (id., n°36), où l’on voit Hugues de Lafauche donner 300 jugères de terre vers 1148. Avec une exemption générale de dîmes par le même évêque sur les territoires concernés, ainsi qu'une confirmation des biens par le pape Alexandre III (1163, id., n°39), Morvaux est définitivement constituée, ce qui ne l'empêchera pas de s'agrandir jusque dans le courant du XIIIe siècle. Morimond bénéficie là de droits d’usages importants, notamment de vaine pâture et de pâturages sur les territoires de Clinchamp (id., n°29), de Lafauche et Saint-Blin (id., n°33), de Prez, de Brainville-sur-Meuse, sur la terre des comtes de Clefmont (id., n°36), de Romain et de Chalvraines (id., n°59). De nouvelles donations survinrent au cours du XIIIe siècle comme celle du sire de Clefmont, Simon IV, en 1273. Compte tenu de l'éloignement, l'évêque de Toul donna son accord en 1284 pour la construction d'une chapelle (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 111), qui fut dédiée à Sainte-Ursule, vénérée à Morimond, permettant aux convers de réduire leur présence à l'abbaye les dimanches et jours de fêtes. Quelques actes donnent à connaître certains maîtres des convers de Morvaux, notamment en 1179 : Girberti magistri Morivallis conversorum (id., n°104) et encore en 1199, Dominicus magister de Moresvaus (id., n°183). Morvaux est une grange créée sur des défrichements antérieurs à l'arrivée des moines mais que ces derniers ont dû prolonger. Elle symbolise de manière archétypale l’installation au désert et la conquête du sol, sur un plateau forestier encore faiblement attaqué (notamment en raison des conditions karstiques locales), en un espace interstitiel aux marges des jeunes finages villageois, globalement contemporains. La grange est bien campée sur le flanc ensoleillé de la tête d’un vallon, à hauteur du niveau de sources (ill. IVR21_20155200661NUCA). Comme le montre la planche n°32 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73), son territoire de 170 ha occupait encore à la fin du XVIIIe siècle l’extrémité occidentale du finage de Romain, au contact de ceux de Clinchamp et d’Ozières. La ferme était implantée au centre d’un espace agraire, à l’articulation de ses trois soles, largement consacrées aux labours, en dehors de l’étroit talweg où un peu d’humidité autorisait l’entretien de prés (ill. IVR21_20155200663NUCA).La grange fut détruite pendant la guerre de Trente Ans, puis reconstruite à partir de 1689 (J. Salmon, op. cit., p. 121). C’est peut-être la raison pour laquelle l’organisation des bâtiments ne correspond pas complètement au modèle rencontré dans les autres granges de Morimond : au lieu d’une longère (logements) parallèle à une aile agricole (granges et étables), la ferme ne comprend vers 1787 qu’un seul long bâtiment et deux petites annexes à proximité (dont une chapelle ?). Cette disposition est confirmée par le petit plan du bois du Chenoy, non daté, même si la représentation de la grange en élévation est stéréotypée (AD52, 8H22, ill. IVR21_20155200662NUCA). Ainsi, rétablie avant le grand projet de reconstruction de l’abbaye et de ses domaines, il n’y eut sans doute pas de nécessité à intervenir. Dans le hameau actuel, il ne reste a priori rien de la grange ancienne, sinon le volume du grand corps de bâtiment, qui a conservé ici un linteau mouluré, là une porte de grange aux piédroits à coussinets supportant une poutre-linteau, sans qu’il soit possible d’aller plus loin.

Genre de cisterciens
Appellations Ferme de Morvaux
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Bourmont
Adresse Commune : Romain-sur-Meuse
Lieu-dit : Ferme de Morvaux
Cadastre : 1989 ZA 5, 24-25, 31

Morvaux (52-com. Romain-sur-Meuse) a été l'une des plus importantes et des plus anciennes granges de l'abbaye, créée à partir de 1125 grâce aux donations qui se sont accumulées en réponse à l'appel de l'évêque de Langres et de saint Bernard lui-même, appel suscité par "l'affaire" de Morimond (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Dès 1126, l’abbaye de Molesme par son prieuré de Bourg-Sainte-Marie consent à une remise de dîmes sur les terres de Morvaux, que Morimond cultive déjà (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°2). Malgré ces donations ayant fait l'objet de deux chartes-notices épiscopales (id., n°3 et 4), le lieu de Bicolia, rebaptisé Morvaux (« de terra que quondam Bicolia, nunc vera Morivallis vocatur »), n’est encore officiellement qu'une terre en 1147 (bulle du pape Eugène III, id., n°10), signe d'entraves juridiques non encore aplanies, ce qui sera chose faite dans les années qui suivront. La grange sera en effet citée comme telle vers 1158-62 (id., n°29) avec la terre voisine de Sèchepré qui sera confirmée en 1170 (id., n°59). De nombreuses donations seront encore consignées dans plusieurs pancartes, dont celle de l'évêque de Toul, spécifiquement consacrée à Morvaux (id., n°36), où l’on voit Hugues de Lafauche donner 300 jugères de terre vers 1148. Avec une exemption générale de dîmes par le même évêque sur les territoires concernés, ainsi qu'une confirmation des biens par le pape Alexandre III (1163, id., n°39), Morvaux est définitivement constituée, ce qui ne l'empêchera pas de s'agrandir jusque dans le courant du XIIIe siècle. Morimond bénéficie là de droits d’usages importants, notamment de vaine pâture et de pâturages sur les territoires de Clinchamp (id., n°29), de Lafauche et Saint-Blin (id., n°33), de Prez, de Brainville-sur-Meuse, sur la terre des comtes de Clefmont (id., n°36), de Romain et de Chalvraines (id., n°59). De nouvelles donations survinrent au cours du XIIIe siècle comme celle du sire de Clefmont, Simon IV, en 1273. Compte tenu de l'éloignement, l'évêque de Toul donna son accord en 1284 pour la construction d'une chapelle (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 111), qui fut dédiée à Sainte-Ursule, vénérée à Morimond, permettant aux convers de réduire leur présence à l'abbaye les dimanches et jours de fêtes. Quelques actes donnent à connaître certains maîtres des convers de Morvaux, notamment en 1179 : Girberti magistri Morivallis conversorum (id., n°104) et encore en 1199, Dominicus magister de Moresvaus (id., n°183). Morvaux est une grange créée sur des défrichements antérieurs à l'arrivée des moines mais que ces derniers ont dû prolonger. Elle symbolise de manière archétypale l’installation au désert et la conquête du sol, sur un plateau forestier encore faiblement attaqué (notamment en raison des conditions karstiques locales), en un espace interstitiel aux marges des jeunes finages villageois, globalement contemporains. La grange est bien campée sur le flanc ensoleillé de la tête d’un vallon, à hauteur du niveau de sources (ill. IVR21_20155200661NUCA). Comme le montre la planche n°32 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73), son territoire de 170 ha occupait encore à la fin du XVIIIe siècle l’extrémité occidentale du finage de Romain, au contact de ceux de Clinchamp et d’Ozières. La ferme était implantée au centre d’un espace agraire, à l’articulation de ses trois soles, largement consacrées aux labours, en dehors de l’étroit talweg où un peu d’humidité autorisait l’entretien de prés (ill. IVR21_20155200663NUCA). La grange fut détruite pendant la guerre de Trente Ans, puis reconstruite à partir de 1689 (J. Salmon, op. cit., p. 121).

Période(s) Principale : 19e siècle

La grange fut détruite pendant la guerre de Trente Ans, puis reconstruite à partir de 1689 (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 121). C’est peut-être la raison pour laquelle l’organisation des bâtiments ne correspond pas complètement au modèle rencontré dans les autres granges de Morimond : au lieu d’une longère (logements) parallèle à une aile agricole (granges et étables), la ferme ne comprend vers 1787 qu’un seul long bâtiment et deux petites annexes à proximité (dont une chapelle ?). Cette disposition est confirmée par le petit plan du bois du Chenoy, non daté, même si la représentation de la grange en élévation est stéréotypée (AD52, 8H22, ill. IVR21_20155200662NUCA). Ainsi, rétablie avant le grand projet de reconstruction de l’abbaye et de ses domaines, il n’y eut sans doute pas de nécessité à intervenir. Dans le hameau actuel, il ne reste a priori rien de la grange ancienne, sinon le volume du grand corps de bâtiment, qui a conservé ici un linteau mouluré, là une porte de grange aux piédroits à coussinets supportant une poutre-linteau, sans qu’il soit possible d’aller plus loin.

Murs calcaire moellon crépi
calcaire moellon
Toit tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.