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Orsoy, ancienne grange de la Crête

Dossier IA52001010 réalisé en 2015

Fiche

L’abbaye de la Crête reçoit diverses aumônes au territoire de Mennouveaux dès 1163 (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200606NUCA). Aussi Orsoy est-elle citée comme grange dès 1178 dans le chartrier de Morimond, en marge des règlements de parcours des troupeaux deux deux monastères sur le plateau à l’ouest de Clefmont (« grangia de Orses », H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°99, p. 230). Les termes de l’accord statué au Chapitre Général prévoient alors que le troupeau d’Orsoy ne pourra pas excéder 750 ovins, comme celui des granges de Morimond d’ailleurs. Une incertitude subsiste néanmoins quant à la localisation de la grange, car la ferme d’Orsoy (52-com. Mennouveaux) se situe à proximité de celle du Val d’Orsoy (52-com. Lanques-sur-Rognon), campée, elle, au fond de la vallée homonyme et que seul un petit kilomètre sépare. A. Roserot a opté pour la seconde sans apporter d’arguments. La première mention qu’il en relève ne remonte qu’à 1335, ce qui ne permet aucun comparatif. Pour Orsoy en revanche, la mention qu’il en donne est tirée de l’hommage que Simon, sire de Clefmont, a rendu en mai 1245 au comte de Champagne pour sa terre (A. Teulet, Layettes du Trésor des Chartes, t. II, Paris, 1866, n°3354, p. 570) ; or ce dernier nomme Orsoy parmi les granges qui sont en sa garde comme Morlais et Dardu, alors qu’elles appartiennent bien au temporel de la Crête. C’eût pu être justement un argument d’abandon de l’hypothèse Val-d’Orsoy. Ce toponyme n’ayant pas été repris dans le jugement cistercien, on tranchera donc pour la ferme d’Orsoy, de l’actuelle commune de Mennouveaux. De plus, à bien observer sa configuration, la ferme du Val d’Orsoy ne fut peut-être qu’un moulin comme la position du bâtiment perpendiculaire au ruisseau le laisserait penser. Dans cette optique, Orsoy se présente comme une sœur jumelle de la grange de Pincourt ; on y rencontre les mêmes caractéristiques de territoire, bois et clairière de plateau, grange en corniche, dominant l'une des étroites vallées affluentes du Rognon. Par malchance, ni Orsoy ni Val d’Orsoy n’ont été l’objet de l’enquête que le maire de Bourdons réalisa en 1637 pour la communauté afin d’évaluer l’étendue des dégâts commis par la soldatesque. De même le partage des menses effectué en 1703 n’en tient pas compte, la liste n’étant il est vrai pas exhaustive pour des raisons d’indivision entre autres. En revanche, Orsoy a bien fait l’objet d’une vente au titre des biens nationaux, puisqu’elle fut adjugée pour 37 300 £. Des quatre bâtiments disposés en ”étoile” au XIXe siècle, trois sont encore identifiables aujourd’hui, notamment l’aile occidentale, en forme de longère, qui a été toutefois transformée et ravalée, sauf à son pignon sud où l’on voit encore un style architectural proche de ce qui fut adopté à Pincourt (baies). Même remarque pour le bâtiment voisin où ces mêmes baies ont été obstruées. Le dernier a été intégré à une structure agricole contemporaine. Du reste, l’ensemble du site a subi une métamorphose complète en lien avec l’industrialisation de l’agriculture (ill. IVR21_20155200146NUCA). Un peu à l’écart, a été édifiée dans le courant du XIXe siècle une petite chapelle néogothique, peut-être en mémoire d’un ermitage qui aurait existé à Orsoy, du titre de saint Laurent (E. Jolibois, La Haute-Marne ancienne et moderne, 1858, p. 400).

Genre de cisterciens
Appellations Orsoy
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Clefmont
Adresse Commune : Mennouveaux
Lieu-dit : A la ferme d'Orsoy
Cadastre : 1988 C2 171 à 179

L’abbaye de la Crête reçoit diverses aumônes au territoire de Mennouveaux dès 1163 (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200606NUCA). Aussi Orsoy est-elle citée comme grange dès 1178 dans le chartrier de Morimond, en marge des règlements de parcours des troupeaux deux deux monastères sur le plateau à l’ouest de Clefmont (« grangia de Orses », H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°99, p. 230). Les termes de l’accord statué au Chapitre Général prévoient alors que le troupeau d’Orsoy ne pourra pas excéder 750 ovins, comme celui des granges de Morimond d’ailleurs. Une incertitude subsiste néanmoins quant à la localisation de la grange, car la ferme d’Orsoy (52-com. Mennouveaux) se situe à proximité de celle du Val d’Orsoy (52-com. Lanques-sur-Rognon), campée, elle, au fond de la vallée homonyme et que seul un petit kilomètre sépare. A. Roserot a opté pour la seconde sans apporter d’arguments. La première mention qu’il en relève ne remonte qu’à 1335, ce qui ne permet aucun comparatif. Pour Orsoy en revanche, la mention qu’il en donne est tirée de l’hommage que Simon, sire de Clefmont, a rendu en mai 1245 au comte de Champagne pour sa terre (A. Teulet, Layettes du Trésor des Chartes, t. II, Paris, 1866, n°3354, p. 570) ; or ce dernier nomme Orsoy parmi les granges qui sont en sa garde comme Morlais et Dardu, alors qu’elles appartiennent bien au temporel de la Crête. C’eût pu être justement un argument d’abandon de l’hypothèse Val-d’Orsoy. Ce toponyme n’ayant pas été repris dans le jugement cistercien, on tranchera donc pour la ferme d’Orsoy, de l’actuelle commune de Mennouveaux. De plus, à bien observer sa configuration, la ferme du Val d’Orsoy ne fut peut-être qu’un moulin comme la position du bâtiment perpendiculaire au ruisseau le laisserait penser. Dans cette optique, Orsoy se présente comme une sœur jumelle de la grange de Pincourt ; on y rencontre les mêmes caractéristiques de territoire, bois et clairière de plateau, grange en corniche, dominant l'une des étroites vallées affluentes du Rognon. Par malchance, ni Orsoy ni Val d’Orsoy n’ont été l’objet de l’enquête que le maire de Bourdons réalisa en 1637 pour la communauté afin d’évaluer l’étendue des dégâts commis par la soldatesque. De même le partage des menses effectué en 1703 n’en tient pas compte, la liste n’étant il est vrai pas exhaustive pour des raisons d’indivision entre autres. En revanche, Orsoy a bien fait l’objet d’une vente au titre des biens nationaux, puisqu’elle fut adjugée pour 37 300 £.

Période(s) Principale : 20e siècle , (?)

Des quatre bâtiments disposés en ”étoile” au XIXe siècle, trois sont encore identifiables aujourd’hui, notamment l’aile occidentale, en forme de longère, qui a été toutefois transformée et ravalée, sauf à son pignon sud où l’on voit encore un style architectural proche de ce qui fut adopté à Pincourt (baies). Même remarque pour le bâtiment voisin où ces mêmes baies ont été obstruées. Le dernier a été intégré à une structure agricole contemporaine. Du reste, l’ensemble du site a subi une métamorphose complète en lien avec l’industrialisation de l’agriculture (ill. IVR21_20155200146NUCA). Un peu à l’écart, a été édifiée dans le courant du XIXe siècle une petite chapelle néogothique, peut-être en mémoire d’un ermitage qui aurait existé à Orsoy, du titre de saint Laurent (E. Jolibois, La Haute-Marne ancienne et moderne, 1858, p. 400).

Murs calcaire moellon enduit partiel
Toit tuile mécanique, tôle ondulée
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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