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Perthe-en-Rothière, ancienne grange de Boulancourt

Dossier IA10001319 réalisé en 2015

Fiche

Perthe-en-Rothière, aujourd’hui Perthes-lès-Brienne (10), est l’un des domaines primitifs de Boulancourt, remontant à sa période canoniale (couvent de chanoines réguliers, vers 1095-1150) (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200600NUCA). Citée parmi ses granges dans la lettre que l’évêque de Troyes envoya à saint Bernard pour affilier l'abbaye à Clairvaux en 1152 (AD52, 19J10, f. 26, grangiam … Pertam in rosteria), elle figure à nouveau dans la bulle du pape Adrien IV de 1155 et surtout celle d’Alexandre III en 1173, par laquelle on apprend qu’elle procède de donations d'Érard, comte de Brienne, du vicomte de Rosnay, et des moines du prieuré de Radonvilliers, dépendant de Molesme. Ces derniers cédèrent en 1168 tout ce que leur prieuré possédaient audit lieu moyennant une rente en grain. De même, la vénérable abbaye du Der (52- Montier-en-Der) y échangea ses biens en 1187 contre d’autres à Saint-Léger [-sous-Bienne] et Rosnay [-l’Hôpital] (A. Roserot, Dict. hist. Champ. mérid., p. 1105). Les bénédictins vendirent encore d’autres biens en 1217 (Ch. Lalore, "Cartulaire de l’abbaye de Boulancourt de l’ancien diocèse de Troyes", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. 33, 1869, p. 61) mais ils ne se démunirent pas complètement puisqu’ils continuèrent à posséder la ferme de Putteville au nord de Perthes, entre autres. Des droits d’usage étendus furent en outre accordés aux moines pour toutes leurs granges dans les bois de Juzanvigny (10) et dans toute la terre et tous les bois du comte de Brienne, notamment pour y faire du foin, mener les porcs à la glandée et les autres troupeaux aux pâturages ainsi que couper du bois à toutes fins utiles (AD52, 3H1). L’espace de parcours pour le bétail n’est pas connu mais le règlement de contestations élevées à ce sujet adjugea à Boulancourt les pâturages de Lassicourt et Bétignicourt, dans la basse vallée de la Voire, en 1250. D’après l’abbé Lalore, Perthe-en-Rothière fut avec Froide-Fontaine la plus importante grange de Boulancourt et cela malgré la proximité de la grange prémontrée de Rotrate (10-com. Blignicourt, dépendant de Beaulieu). La seigneurie en fut aussi acquise en totalité, favorisant sans doute (ou en vue de) la mutation de la grange en village. L'église, peut-être l'ancienne chapelle de la grange, fut érigée en paroisse après 1407 (Roserot, op. cit.). La situation n’avait pas changé lors du partage de 1692 qui attribua les terres et la seigneurie à la mense abbatiale. Il est vraisemblable que le territoire acquis vers la fin du XIIIe siècle devint celui de la paroisse, qui atteint une superficie de 380 hectares environ. La grange, si elle est bien à l’origine de l’emplacement du village, devait donc occuper une position centrale. Il n’est d’ailleurs pas impossible que les trois quartiers cadastraux, qui divisent le finage de manière sensiblement égale, procèdent des trois anciennes soles du domaine. Les bâtiments anciens ont été détruits et n’ont pas laissé de trace, même toponymique, mais le village actuel est bien l’héritier direct de la grange cistercienne de l’abbaye de Boulancourt (ill. IVR21_20151001319NUCA). L’étymologie du nom est très mal assurée pour ne pas dire ignorée, mais on notera avec intérêt sa fréquence en Champagne crayeuse et sur ses confins, en particulier dans ce temporel monastique qui en aura compté jusqu'à trois occurrences homonymiques. Ce fait, suffisamment singulier pour être signalé, laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un ancien nom commun dont le sens n’est plus connu de nos jours.

Genre de cisterciens
Appellations Perthe-en-Rothière, Perthes-lès-Brienne
Destinations grange monastique, village
Parties constituantes non étudiées village
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Brienne-le-Château
Adresse Commune : Perthes-lès-Brienne
Lieu-dit : Le Village, Le Clos
Adresse :
Cadastre : 1990 C toutes parcelles église : parcelles 14-15 Le Clos : parcelle 84

Perthe-en-Rothière, aujourd’hui Perthes-lès-Brienne (10), est l’un des domaines primitifs de Boulancourt, remontant à sa période canoniale (couvent de chanoines réguliers, vers 1095-1150) (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200600NUCA). Citée parmi ses granges dans la lettre que l’évêque de Troyes envoya à saint Bernard pour affilier l'abbaye à Clairvaux en 1152 (AD52, 19J10, f. 26, grangiam … Pertam in rosteria), elle figure à nouveau dans la bulle du pape Adrien IV de 1155 et surtout celle d’Alexandre III en 1173, par laquelle on apprend qu’elle procède de donations d'Érard, comte de Brienne, du vicomte de Rosnay, et des moines du prieuré de Radonvilliers, dépendant de Molesme. Ces derniers cédèrent en 1168 tout ce que leur prieuré possédaient audit lieu moyennant une rente en grain. De même, la vénérable abbaye du Der (52- Montier-en-Der) y échangea ses biens en 1187 contre d’autres à Saint-Léger [-sous-Bienne] et Rosnay [-l’Hôpital] (A. Roserot, Dict. hist. Champ. mérid., p. 1105). Les bénédictins vendirent encore d’autres biens en 1217 (Ch. Lalore, "Cartulaire de l’abbaye de Boulancourt de l’ancien diocèse de Troyes", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. 33, 1869, p. 61) mais ils ne se démunirent pas complètement puisqu’ils continuèrent à posséder la ferme de Putteville au nord de Perthes, entre autres. Des droits d’usage étendus furent en outre accordés aux moines pour toutes leurs granges dans les bois de Juzanvigny (10) et dans toute la terre et tous les bois du comte de Brienne, notamment pour y faire du foin, mener les porcs à la glandée et les autres troupeaux aux pâturages ainsi que couper du bois à toutes fins utiles (AD52, 3H1). L’espace de parcours pour le bétail n’est pas connu mais le règlement de contestations élevées à ce sujet adjugea à Boulancourt les pâturages de Lassicourt et Bétignicourt, dans la basse vallée de la Voire, en 1250. D’après l’abbé Lalore, Perthe-en-Rothière fut avec Froide-Fontaine la plus importante grange de Boulancourt et cela malgré la proximité de la grange prémontrée de Rotrate (10-com. Blignicourt, dépendant de Beaulieu). La seigneurie en fut aussi acquise en totalité, favorisant sans doute (ou en vue de) la mutation de la grange en village. L'église, peut-être l'ancienne chapelle de la grange, fut érigée en paroisse après 1407 (Roserot, op. cit.). La situation n’avait pas changé lors du partage de 1692 qui attribua les terres et la seigneurie à la mense abbatiale. Il est vraisemblable que le territoire acquis vers la fin du XIIIe siècle devint celui de la paroisse, qui atteint une superficie de 380 hectares environ. La grange, si elle est bien à l’origine de l’emplacement du village, devait donc occuper une position centrale. Il n’est d’ailleurs pas impossible que les trois quartiers cadastraux, qui divisent le finage de manière sensiblement égale, procèdent des trois anciennes soles du domaine. Les bâtiments anciens ont été détruits et n’ont pas laissé de trace, même toponymique, mais le village actuel est bien l’héritier direct de la grange cistercienne de l’abbaye de Boulancourt (ill. IVR21_20151001319NUCA). L’étymologie du nom est très mal assurée pour ne pas dire ignorée, mais on notera avec intérêt sa fréquence en Champagne crayeuse et sur ses confins, en particulier dans ce temporel monastique qui en aura compté jusqu'à trois occurrences homonymiques. Ce fait, suffisamment singulier pour être signalé, laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un ancien nom commun dont le sens n’est plus connu de nos jours.

Période(s) Principale : 2e moitié 12e siècle , (détruit)

Perthe-en-Rothière est aujourd’hui le village de Perthes-lès-Brienne (10). L'église, peut-être l'ancienne chapelle de la grange, fut érigée en paroisse après 1407. La grange, si elle est bien à l’origine de l’emplacement du village, devait donc occuper une position centrale. Les bâtiments anciens ont été détruits et n’ont pas laissé de trace, même toponymique, mais le village actuel est bien l’héritier direct de la grange cistercienne de l’abbaye de Boulancourt (ill. IVR21_20151001319NUCA).

(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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