Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Pincourt, ancienne grange de la Crête

Dossier IA52001009 réalisé en 2015

Fiche

La grange de Pincourt (ou Pincourt-le-Haut, 52-com. Nogent, anc. com. Donnemarie) procède des libéralités de Thibaut dit Rufin, de Nogent, qui donna cet ancien alleu à la Crête vers le milieu du XIIe siècle avec tous les usages sur ses terres, comme le rappela son fils Guy de Nogent quelques années plus tard en 1166, au moment où il fit à son tour remise de la dîme du lieu en présence de l’évêque Gautier et de Barthélemy seigneur de Nogent (AD52, 19J10, f.106)(cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200606NUCA). Les convers s’y installèrent aussitôt car une pancarte de Godefroy, évêque de Langres, émise entre 1158 et 1163, mentionne un certain Arlebaudus conversus et prior [?] de Pincurt (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°29, p. 156). L’espace concédé, sans doute complété ensuite par d’autres donations, est encore bien identifiable : il correspondait en effet à la totalité de l’excroissance occidentale de l’ancienne commune de Donnemarie (auj. Nogent) comprenant la partie du plateau entre les vallons du Véchet (sur Mandres-la-Côte) et du ru de Plesnoy au fond duquel fut installé le moulin. Le plateau ne fut défriché que sur sa moitié orientale, où fut bâtie la grange. La moitié ouest fut épargnée pour préserver la forêt de Pincourt sur l’ubac (auj. Bois du Chênois et Bois Richier, com. de Lanques-sur-Rognon), qui avait été évaluée à 230 arpents en 1693, soit 125 ha. (AD52, 5H47, Plan de la forest de Pincourt, arpenté par Ruotte en 1693, copie par Perny en 1703). Parfaite illustration de la complémentarité des terroirs, le site de la grange est remarquable par sa localisation entre plateau et versant pour optimiser la gestion de l’espace agraire, laissant la plaine aux cultures et l’adret aux vignes, dont plusieurs quartiers cadastraux portaient encore le souvenir au XIXe siècle. En contrebas, dans le vallon tributaire du Rognon aux gras herbages, la grange mis à profit le cours d’eau pour faire tourner le moulin. Ce territoire, que l’abbaye fit évoluer en seigneurie, fut mis à mal pendant la guerre de Trente Ans, comme le rapporte l’enquête que le maire de Bourdons réalisa en 1637 pour la communauté : « transportés au lieu et seigneurie de Pincourt (…) où nous avons veü et reconneü les bastiments desmolis et inhabitables, les emblaves pasturées et mangées, y ayantes vestiges de grand nombre de chevaux qui y ont pasturé » (I. Lambert, JM. Mouillet et J. Charlier, L’abbaye de la Crête (1121-1789), Langres, 2006, p. 133). Quelques décennies plus tard, la paix revenue, la grange et son moulin furent attribués au tiers-lot à l’occasion du partage des biens de 1703 ; ils rapportaient alors 700 £, ce qui en faisait le revenu le plus élevé de tout le temporel, moulin oblige. À la Révolution, la ferme et le moulin furent adjugés comme bien national pour la somme de 65 100 £, valeur parmi les plus élevées des biens mis en vente.S’il n’est pas possible de tirer quelque information de la représentation sommaire des bâtiments de la grange, portée en marge du Plan de la forest de Pincourt de 1693 (AD51, 5H47, ill. IVR21_20155200627NUCA), le cadastre dit ”napoléonien” de Donnemarie (section D, non daté) donne en revanche un état des lieux de peu postérieur à la Révolution, identique à la carte d’État-Major (mi-XIXe s.). On y voit une grande bâtisse centrale, peut-être l’ancienne grange reconstruite, entourée de bâtiments plus modestes, dont le logis vraisemblablement au sud. Seul ce dernier paraît correspondre au bâtiment actuel, situé en fond de cour, face à l’entrée. Il se présente comme une habitation profonde occupant principalement le rez-de-chaussée ; son long toit à deux pans descendant assez bas couvre un volume de combles important. Cette structure pourrait remonter au XVIIIe siècle. La grande bâtisse centrale en revanche n’existe plus et a été remplacée par la cour, elle-même fermée à l’est comme à l’ouest par deux longs bâtiments agricoles en retour (écuries, granges et remises) dont l’architecture globale et l’aspect des baies évoquent plutôt la fin du XIX siècle ou le début du suivant (ill. IVR21_20155200129NUCA).

Genre de cisterciens
Appellations Pincourt, Pincourt-le-Haut
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Nogent
Adresse Commune : Nogent
Lieu-dit : Pincourt-le-Haut
Cadastre : 1985 176ZH 2, 5, 12 + sur section 176ZI, parcelles 18 à 20

La grange de Pincourt (ou Pincourt-le-Haut, 52-com. Nogent, anc. com. Donnemarie) procède des libéralités de Thibaut dit Rufin, de Nogent, qui donna cet ancien alleu à la Crête vers le milieu du XIIe siècle avec tous les usages sur ses terres, comme le rappela son fils Guy de Nogent quelques années plus tard en 1166, au moment où il fit à son tour remise de la dîme du lieu en présence de l’évêque Gautier et de Barthélemy seigneur de Nogent (AD52, 19J10, f.106)(cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200606NUCA). Les convers s’y installèrent aussitôt car une pancarte de Godefroy, évêque de Langres, émise entre 1158 et 1163, mentionne un certain Arlebaudus conversus et prior [?] de Pincurt (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°29, p. 156). L’espace concédé, sans doute complété ensuite par d’autres donations, est encore bien identifiable : il correspondait en effet à la totalité de l’excroissance occidentale de l’ancienne commune de Donnemarie (auj. Nogent) comprenant la partie du plateau entre les vallons du Véchet (sur Mandres-la-Côte) et du ru de Plesnoy au fond duquel fut installé le moulin. Le plateau ne fut défriché que sur sa moitié orientale, où fut bâtie la grange. La moitié ouest fut épargnée pour préserver la forêt de Pincourt sur l’ubac (auj. Bois du Chênois et Bois Richier, com. de Lanques-sur-Rognon), qui avait été évaluée à 230 arpents en 1693, soit 125 ha. (AD52, 5H47, Plan de la forest de Pincourt, arpenté par Ruotte en 1693, copie par Perny en 1703). Parfaite illustration de la complémentarité des terroirs, le site de la grange est remarquable par sa localisation entre plateau et versant pour optimiser la gestion de l’espace agraire, laissant la plaine aux cultures et l’adret aux vignes, dont plusieurs quartiers cadastraux portaient encore le souvenir au XIXe siècle. En contrebas, dans le vallon tributaire du Rognon aux gras herbages, la grange mis à profit le cours d’eau pour faire tourner le moulin. Ce territoire, que l’abbaye fit évoluer en seigneurie, fut mis à mal pendant la guerre de Trente Ans, comme le rapporte l’enquête que le maire de Bourdons réalisa en 1637 pour la communauté : « transportés au lieu et seigneurie de Pincourt (…) où nous avons veü et reconneü les bastiments desmolis et inhabitables, les emblaves pasturées et mangées, y ayantes vestiges de grand nombre de chevaux qui y ont pasturé » (I. Lambert, JM. Mouillet et J. Charlier, L’abbaye de la Crête (1121-1789), Langres, 2006, p. 133). Quelques décennies plus tard, la paix revenue, la grange et son moulin furent attribués au tiers-lot à l’occasion du partage des biens de 1703 ; ils rapportaient alors 700 £, ce qui en faisait le revenu le plus élevé de tout le temporel, moulin oblige. À la Révolution, la ferme et le moulin furent adjugés comme bien national pour la somme de 65 100 £, valeur parmi les plus élevées des biens mis en vente.

Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle , (?)

S’il n’est pas possible de tirer quelque information de la représentation sommaire des bâtiments de la grange, portée en marge du Plan de la forest de Pincourt de 1693 (AD51, 5H47, ill. IVR21_20155200627NUCA), le cadastre dit ”napoléonien” de Donnemarie (section D, non daté) donne en revanche un état des lieux de peu postérieur à la Révolution, identique à la carte d’État-Major (mi-XIXe s.). On y voit une grande bâtisse centrale, peut-être l’ancienne grange reconstruite, entourée de bâtiments plus modestes, dont le logis vraisemblablement au sud. Seul ce dernier paraît correspondre au bâtiment actuel, situé en fond de cour, face à l’entrée. Il se présente comme une habitation profonde occupant principalement le rez-de-chaussée ; son long toit à deux pans descendant assez bas couvre un volume de combles important. Cette structure pourrait remonter au XVIIIe siècle. La grande bâtisse centrale en revanche n’existe plus et a été remplacée par la cour, elle-même fermée à l’est comme à l’ouest par deux longs bâtiments agricoles en retour (écuries, granges et remises) dont l’architecture globale et l’aspect des baies évoquent plutôt la fin du XIX siècle ou le début du suivant (ill. IVR21_20155200129NUCA).

Murs calcaire moellon enduit partiel
Toit tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.