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Pont levant

Dossier IA08000201 réalisé en 2016

Fiche

C'est à partir de 1837 que sont effectués les premiers travaux tendant à faciliter la navigation sur la Meuse. En 1845 sont entrepris des modestes travaux de dragage entre Sedan et Givet pour assurer un tirant d’eau de 80 à 100 cm, mouillage qui, à l’étiage le plus bas, pouvait descendre jusqu’à 60 cm.

Cette première phase de la canalisation de la Meuse n’a été complétée sérieusement qu’après 1869, alors que les travaux prescrits par la loi de 1837 étaient à peine terminés ; cette seconde phase a consisté, surtout, à porter le mouillage à 2,20 m pour permettre un tirant d’eau pour les bateaux à 1,80 m (250 tonnes). Mais l’attention du public a été détournée de ce projet, d’abord par les événements de 1848 et ensuite par l’établissement du chemin de fer dans la vallée. La guerre de 1870, en enlevant à la France la plus grande partie de ses canaux reliant l’Alsace et la Lorraine au nord de la France, rendit donc indispensable la création d’une voie reliant entre elles la Meuse, la Moselle et la Saône. C’est en vertu de la loi du 24 mars 1874 relative au « rétablissement sur le territoire français des voies navigables interceptées par la nouvelle frontière » qu’ont été exécutés les travaux d’amélioration qui ont conduit à la situation de nos voies navigables actuelles, excepté quelques aménagements et réparations, évidents et nécessaires, au fil du temps et des événements.

Localement, à Aubrives, les premiers travaux de dragage des gués entre Vireux et Ham-sur-Meuse ont été mis en adjudication le 6 septembre 1836 et réceptionnés le 8 août 1839. Pour la construction du chemin de halage, un projet d’aménagement du 19 juillet 1837 fut approuvé le 2 février 1841, alors qu’à l’amont d’Aubrives, le chemin de halage avait été établi dès 1837. Ce projet consistait à en créer, rive droite, 1 600 m entre l’extrémité de la plaine de Vireux-Wallerand et la maison en face d'Aubrives (c’était l’auberge-écurie pour les mariniers et leurs chevaux, il y en avait une aussi rive gauche). Pour la rive gauche, il a fallu acquérir les terrains par voie d’expropriation, lesquels terrains dits « la grande terre » partaient du Bois du Chenêt jusqu’au village historique d’Aubrives (ce qui doit correspondre, de nos jours, à la rue des Terres Rouges, partant de l’usine Magotteaux et accédant à la route départementale 8051). Ces expropriations pour cause d’utilité publique par cession à l’État ont été entérinées le 25 juin 1841. Ce chemin de halage, dont le tracé n’a pas été modifié depuis lors, entre le Bac d’Aubrives - pour le changement de rive - et la porte de garde de la dérivation de Ham-sur-Meuse fut donc opérationnelle dès 1843. L’écluse de Ham, aboutissant à la voûte (canal souterrain), a été construite en 1845, le souterrain, le canal de dérivation dans sa finition totale, l’écluse des Trois-Fontaines et la gare d’eau qui la jouxte, ont été terminés en même temps que la construction du barrage dans les années 1875-1880. Des travaux supplémentaires ont été réalisés dès 1876, pour la mise en place d’un système de touage des bateaux sous le souterrain (la voûte). Voilà donc dressé le tableau qui conduit à la construction du pont levant, situé sur la commune d’Aubrives.

Dans un premier temps, un pont fixe a été construit à l’entrée du canal de dérivation. C’était indispensable car il constituait le seul et unique accès aux propriétés agricoles privées constituées par des terrains en aval du barrage, rive gauche, et par les îles Domagelle. Les agriculteurs se servaient du gué en aval du barrage, entre l’île et leur terrain contigu au canal de dérivation, rive gauche, pour transporter leur récolte jusqu’à leur ferme d’Aubrives (avec leurs chevaux puis leur tracteur par la suite).

Déjà, en 1881, la navigation devenait importante sur la Meuse, le pont fixe d’Aubrives posait problème et son état de vétusté impliquait son remplacement, ainsi d’ailleurs que ceux de Montigny et des Dames de Meuse. Le 7 mars 1881, le conseiller d’État, directeur des routes et de la Navigation, A. Rousseau , écrivait au préfet des Ardennes en lui soumettant un projet de remplacement des trois ponts fixes par des ponts levant métalliques. Après consultation de l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et des ingénieurs locaux concernés du canal de l’Est, le préfet des Ardennes a donné l'autorisation de procéder à l’adjudication pour la construction, en une seule offre, des trois ponts levants à construire à Ham-sur-Meuse, Montigny-sur-Meuse et aux Dames de Meuse. C’est Ferdinand MILS, ingénieur-constructeur, domicilié rue du Conquérant à Givet (actuelle rue Gambetta) qui a été retenu pour ce marché, le 17 mai 1881. Il a accepté un rabais de 7 %. L'écluse de garde a dû être supprimée à cette époque.

Afin de ne pas laisser le pont en permanence abaissé et permettre tout de même le passage des piétons, un escalier articulé a été ajouté vers 1990-1995.

Aujourd'hui, les Voies navigables de France envisagent un remplacement du pont plutôt qu'une remise en état jugée trop coûteuse.

(Extraits d'un texte non publié de Michel Jaumotte : Historique du pont à bascule [ou pont-levis] d'Aubrives.)

Précision dénomination pont levant
Dénominations pont mobile
Aire d'étude et canton Ardennes - Givet
Hydrographies Meuse la canal de l'Est (branche nord)
Adresse Commune : Aubrives
Lieu-dit : le Barrage
Adresse : rue de l' Usine
Cadastre : 2014 AE domaine public
Précisions

L'écluse de garde de la dérivation de Ham-sur-Meuse est opérationnelle en 1843. Deux ans plus tard un pont fixe est édifié pour desservir les îles de la Meuse et faciliter leur exploitation agricole. Vétuste et gênant la circulation des bateaux, il a été remplacé par un pont levant réalisé par Ferdinand Mils, ingénieur constructeur à Givet, à la suite d'un marché passé le 17 mai 1881. Un escalier articulé a été ajouté à l'ouvrage vers 1990-1995 afin de permettre le passage des piétons le pont mi-levé. Ayant besoin de réparation, il est aujourd'hui menacé de destruction par son propriétaire, les Voies navigables de France.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source , (détruit)
Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1845, daté par source
1881, daté par source
Auteur(s) Auteur : Mils Ferdinand,
Ferdinand Mils

Ingénieur constructeur à Givet en 1881.


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ingénieur civil, attribution par source

Pont levant à flèche actionné de façon manuelle à l'origine, mécanique aujourd'hui.

Murs métal
États conservations menacé
Statut de la propriété propriété d'un établissement public de l'Etat, propriété des Voies navigables de France
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • Vallée de la Meuse. Aubrives. - Le Chemin de Givet et la Meuse [vue du pont levé]. Sedan : A. Suzaine fils éd., [début 20e siècle]. 1 impr. photoméc. : carte postale (coll. privée).

    Collection privée
Bibliographie
  • JAUMOTTE, Michel. Le port de Givet, son histoire. Charleville-Mézières : éd. Terres ardennaises, 2007. 432 p.

(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - Ducouret Bernard
Bernard Ducouret

chercheur du Service régional de l'inventaire et auteur de certaines publications de l'inventaire


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- Jaumotte Michel