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Présentation de la mission mobilière de l'Aube : objets des églises

Dossier IA10000645 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

Voir

  • Objets dispersés : commune de Romilly-sur-Seine
  • Objets dispersés : commune de Polisy
  • Églises ne proposant pas de bonnes conditions de conservation aux objets contenus
    Aube
  • Objets dispersés : commune de Vaudes
  • Objets dispersés : commune de Neuville-sur-Seine
  • Sommaire objets mobiliers : lieux divers à Troyes
  • Objets dispersés : commune de Celles-sur-Ource
  • Objets dispersés : commune de Mussy-sur-Seine
  • Objets dispersés : commune de Charmoy
  • Objets dispersés : commune de Fouchères
  • Objets dispersés : commune de Bourguignons

L’enquête menée de 2002 à 2005 sur le patrimoine mobilier du département de l’Aube se voulait exemplaire et innovante à plus d’un titre :

- par son objectif ambitieux, consistant à recenser en trois ans l’ensemble du mobilier des églises du département présentant un intérêt artistique, qu’il soit ou non protégé au titre des Monuments historiques

- par son mode de financement associant à parité l'état, la Région Champagne-Ardenne et le département de l’Aube

- par sa mise en œuvre confiée à un chargé d’études indépendant : Bruno Decrock, sélectionné après appel d'offres, et entouré d’une équipe de chercheurs constituée pour l’occasion.

La genèse du projet

La constitution de fichiers informatisés et illustrés du mobilier protégé au titre des Monuments historiques est un objectif pour tous les conservateurs d’antiquités et objets d’art ainsi que pour les conservations régionales des monuments historiques. Selon les départements, des solutions diverses ont été recherchées pour compléter et actualiser l’information donnée par les arrêtés de classement. L'originalité de la mission auboise fut d'intégrer l'ensemble des données au sein du dossier électronique de l’Inventaire, ceci à l'échelle du département, dans le cadre d’une vaste opération de récolement et d’inventaire complémentaire, et dans un délai relativement court de trois années. Apparemment, aucune opération de ce type n’a jusqu’à présent (2005) été conduite dans un autre département.

La mise en place du volet culturel du contrat de plan État-Région 2000-2006 allait permettre opportunément de trouver de nouvelles sources de financement pour réaliser cet objectif. Alors que la région Champagne-Ardenne ne participait jusqu’alors que ponctuellement à la restauration et à la valorisation du patrimoine culturel, le contrat de plan l’amena à intervenir, à parité avec l’État, sur des thématiques définies en commun ; ces deux partenaires de base s'associant à une ou plusieurs autres collectivités en fonction des projets.

Trois thématiques ont été retenues : le vitrail, l’architecture fortifiée et la statuaire. C’est sous cette dernière thématique que Xavier de La Selle, conservateur des antiquités et objets d’art, et par ailleurs directeur des archives départementales de l’Aube présenta, dès la fin de l’année 1999, au groupe de travail chargé de faire des propositions, le projet de base de données informatisées de l’ensemble du mobilier protégé. Il fixa d’emblée trois objectifs à cette opération :

- fournir un outil de connaissance aux chercheurs en histoire de l’art

- apporter une aide à la gestion et à la restauration des œuvres protégées

- constituer un support au développement culturel et touristique, dans le cadre des politiques d’aménagement du territoire.

Lorsqu’il fut présenté le 6 novembre 2000 au comité d’experts chargé de le valider, le projet restait limité aux 4 500 œuvres protégées (dont 1 500 inscrites). Mais le cahier des charges établi au début de l’année suivante y ajoutait

3 000 objets déjà mis en fiches par un précédent conservateur des antiquités et objets d’art en vue de protections éventuelles ainsi que 2 000 œuvres supplémentaires, soit un total de 10 000 objets, ce qui représentait plus qu’un doublement par rapport au nombre d’œuvres protégées.

Un budget de 411 612 € fut arrêté pour cette opération, alimenté à parité par l’état, la Région et le Département, sur trois exercices (2002, 2003 et 2004). Le maître d’ouvrage en était le Département. A l’issue de l’appel d’offres lancé en mai 2001 et qui donna lieu à trois réponses, le chargé d’études retenu en novembre 2001 par le Département fut M. Bruno Decrock, pour un devis de 361 011 €.

Le passage de 10 000 à 12 000 du nombre de notices, prévisible dès l’issue de la phase de test, auquel s’est ajoutée la nécessité de réaliser des notices de présentation des édifices et de leur contenu, enfin la numérisation complémentaire d'environ 8 000 photos anciennes et leur rattachement à la base source ont donné lieu à plusieurs avenants pour un total de 80 000 € pris en charge par la direction régionale des affaires culturelles de Champagne-Ardenne. Après débat, l'opération prit le titre officiel de « Recensement du patrimoine mobilier des églises de l’Aube ».

L'organisation scientifique et technique

Les aspects méthodologiques et techniques étaient précisés dans le cahier des charges :

- fiches documentaires utilisant le Système descriptif de l’Inventaire général

- photographies numériques de chaque objet, le tout associé à un système d’information géographique.

L'étendue de l'opération

Il n’était pas possible de circonscrire d’emblée le champ à explorer. Quelques objets protégés ou déjà repérés, à vrai dire en très petit nombre, n’étaient pas liés aux églises et à l’exercice du culte, et si l’on procéda évidemment à leur récolement, seules les églises et chapelles publiques furent soumises à un inventaire systématique, y compris celles où aucune œuvre n’était jusqu’alors repérée. La limite chronologique retenue est celle du concile Vatican II (1962-1965) ; limite qui fut repoussée à la Révolution pour certaines catégories d’œuvres comme, par exemple, les cloches ou les livres.

Par rapport à une opération d’inventaire topographique « classique », ne furent pas prises en compte les œuvres ne relevant pas du mobilier au regard de la réglementation des Monuments historiques : les verrières, dont par ailleurs le recensement avait été effectué dans les années 1980 dans le cadre du Corpus Vitrearum, et la plupart des décors portés (chapiteaux, clés de voûte, et encadrements de portes…), sauf s'ils étaient déposés ou s'ils

constituaient un élément de décor majeur, notamment figuré comme, par exemple, le tympan sculpté de l'église de Verrières. Les peintures murales firent exception : initialement exclues de l'enquête, elles furent réintégrées sur proposition du prestataire. Cette décision partait d'un double constat : la relative rareté des peintures murales dans le département (leur traitement pouvait donc être intégré sans surcoût), et leur grande fragilité. L'enquête constituait donc l'occasion opportune d’en dresser la liste.

Un certain nombre de critères, définis dès la phase de test par le comité de suivi, ont guidé les enquêteurs dans leur sélection d'œuvres à retenir.

Devaient être privilégiés :

- les objets documentés, réalisés pour l’édifice où ils se trouvent

- les ensembles bien conservés (autels-retables, même du XIXe siècle, sièges avec leur garniture d’origine, calices avec leur étui d’origine…)

- les objets précieux par leur matériau (ce qui a conduit à recenser massivement les pièces d’orfèvrerie en argent)

- les objets résultant de la mise en pratique d'une technique affirmée (tissus brodés par exemple), dénotant une « valeur ajoutée » artisanale ou artistique manifeste

- les objets fragiles tels que ceux en tissu ou les livres

- les objets de petites dimensions, particulièrement exposés au vol

Les objets singuliers (unica) et/ou témoignant d'habitudes et de pratiques locales, dont l’intérêt est parfois plus sociologique et ethnologique que réellement artistique.

La statuaire de série a, en revanche, été systématiquement écartée ; sauf cas particuliers comme les premières œuvres de Léon Moynet, fondateur de la « sainterie » de Vendeuvre (Thil, Ville-sur-Terre).

Les étapes de l'opération

Grosso modo, l’opération s’est déroulée en trois phases :

- durant le premier semestre, ouverture des notices par la saisie ou la conversion des données déjà connues, mise au point avec le comité de suivi de la méthodologie et de l’organisation technique, enfin test sur cinq édifices tant de l’équipement (en particulier photographique) que des critères de sélection

- durant les deux années suivantes, alternance des campagnes de terrain durant la belle saison, et de temps de saisie et de mise en forme de la documentation pendant l’hiver

- durant les six derniers mois (plus trois mois complémentaires accordés après extension de mission pour le traitement des clichés anciens) furent menés : le dépouillement de la bibliographie, qui servit notamment à alimenter le chapitre « historique » des notices déjà existantes, les ultimes vérifications sur le terrain, les dernières identification de poinçons et d’armoiries. Des relevés d'églises avec localisation des œuvres recensées furent dressés avec le logiciel PhotoShop.

Ce texte de présentation est extrait de : MASSARY, Xavier de, DECROCK, Bruno. Le recensement du patrimoine mobilier des églises de l'Aube. In Situ. Revue des patrimoines, 2005, n° 6 (http://insitu.revues.org/9168).

La mise à jour

Ce travail, conçu avec le logiciel Renabl, a été basculé en 2014 sur le nouvel outil Gertrude. Ce transfert a donné lieu à un toilettage général de la base.

Des mises à jours issues des recherches récentes sont progressivement faites. Des photographies de sculptures, réalisées par un photographe du service à l'occasion de l'exposition Le beau XVIe siècle, chefs-d'oeuvre de la sculpture en Champagne (2009), ont été intégrées et substituées aux images des chercheurs.

Le recensement sert de ressource première pour de nombreuses recherches. Le service de l'Inventaire l'a valorisé par deux publications :

- L'église Saint-Jean-au-Marché de Troyes, 2009 (Parcours du patrimoine, 340)

- Les églises de Troyes. Cathédrale, collégiales et églises paroissiales, 2013 (Images du patrimoines, 279)

Les photographies et recherches effectuées à l'occasion de ces publications sont progressivement intégrées dans la base.

Aires d'études Aube

Le recensement du patrimoine mobilier des églises du département de l'Aube (10) a été mené pour l'essentiel entre le début du mois de décembre 2001 et la fin du mois de février 2005, soit pendant plus de trois années (38 mois). Ce projet s'insère dans le cadre du Contrat de Plan (2000 - 2006) associant l'État, la Région Champagne-Ardenne et le Département de l'Aube. Cette opération a été attribuée par appel d'offres le 16 novembre 2001 à Bruno Decrock et fut réalisée avec une équipe d'historiens et d'historiens d'art constituée pour la circonstance. Tous les types d'objets sont compris dans cet inventaire : sculptures, peintures, retables, pièces d'orfèvrerie, mobilier religieux, objets du culte, dalles tumulaires, textiles (vêtements liturgiques, bannières ...) Bien qu'il s'agisse pour l'essentiel d´objets appartenant au domaine public, les biens en mains privées ont été pris en compte de manière exceptionnelle, notamment les biens d´associations diocésaines. Ne sont par contre pas concernés : les vitraux, déjà recensés dans le cadre du Corpus vitraerum ; et les objets postérieurs au concile de Vatican II (années 1960). Par ailleurs, les fiches concernant la partie instrumentale des orgues sont essentiellement la transcription de l'inventaire spécifique préexistant : Les orgues en Champagne-Ardenne, tome 2 (1988) : Aube. Autre exclu de cette enquête : une partie du mobilier de la cathédrale de Troyes, notamment l'ensemble des pièces conservées au trésor et dans les dépôts, et appartenant à l'État ; déjà inventoriés récemment (inventaire Riand/CRMH et N. Hany). La base des connaissances initiale était constituée de plusieurs sources : la liste officielle des objets classés au titre des Monuments historiques, soit 3 018 fiches déjà informatisées et correspondant à 3 307 objets, celle des objets inscrits, soit 1 438 fiches d'objets, enfin une liste complémentaire dressée par Mgr Marsat, ancien CAOA, soit 2 599 fiches. Elle s'est ensuite augmentée de tous les objets qui ont paru intéressants au regard de l´art ou de l´histoire pour atteindre un total de 12 057 objets recensés. Ont été laissés de côté, sauf cas de rareté reconnu par les enquêteurs : la statuaire de série, ainsi que le linge liturgique et les ornements datables du 20e siècle, et dans une certaine mesure les objets du culte en métal non précieux, le luminaire, les sièges et les bancs non ouvragés, ainsi que les dalles funéraires sans iconographie ni inscription. 422 communes ont été prospectées ; 550 édifices ont été visités. Cette enquête sur le mobilier a également été l'occasion de décrire les édifices contenants et d'apprécier les conditions de conservation qu'ils proposent. L´ensemble des notices - objets et édifices - a été illustré par 32 145 images photographies, prises directement au format numérique. Nombre auquel il convient d'ajouter 452 plans de situation des objets dans les édifices, qui sont intégrés à la documentation graphique. La mission fut prolongée pendant le courant de l'année 2006 par le traitement des photographies anciennes : fonds de la conservation des antiquités et objets objets d'art (4 372 tirages intégrés à la base), fonds de l'évêché de Troyes (3 821 tirages), fonds numérisé du ministère de la culture (base Mémoire, 653 clichés, non intégrés à la base mais accessibles sur le site du ministère). Dans le même temps, tous les tirages disponibles à la médiathèque du patrimoine (Charenton-le-Pont) ont été mis à contribution pour tenter de documenter les objets non retrouvés sur site : 166 vues complémentaires provenant de ce fonds figurent dans la base. Au total 9 012 photographies anciennes ont donc été traitées, dont 8 359 intégrées à la base. Après récolement des informations préexistantes, l'enquête de terrain, le travail de saisie et la collecte documentaire se sont organisés par canton et ont été répartis de la manière suivante (par ordre alphabétique de nom des cantons) : - canton d'Aix-en-Othe : S. Pagenot ; - canton d'Arcis-sur-Aube : B. Decrock (terrain), F. Griot (traitement) ; - canton de Bar-sur-Aube : F. Griot ; - canton de Bar-sur-Seine : F. Griot ; - canton de Bouilly : R. Caumont de Mesquita & S. Pagenot ; - canton de Brienne-le-Château : J. Marasi ; - canton de Chaource : B. Decrock (terrain), M. Bennani & A. Mondolot ; - canton de La Chapelle-Saint-Luc : J. Marasi ; - canton de Chavanges : J. Marasi ; - canton d'Ervy-le-Châtel : B. Decrock & S. Pagenot & I. Havard ; - canton d'Essoyes : F. Griot ; - canton d'Estissac : S. Pagenot ; - canton de Lusigny-sur-Barse : F. Griot ; - canton de Marcilly-le-Hayer : E. Ernest, D. Mercier, I. Havard, G. Cabille ; - canton de Méry-sur-Seine : B. Decrock & E. Ernest & D. Mercier (terrain), M. Masson, J. Marasi, F. Griot ; - canton de Mussy-sur-Seine : R. Caumont de Mesquita ; - canton de Nogent-sur-Seine : S. Pagenot & R. Caumont de Mesquita ; - canton de Piney : J. Marasi ; - canton de Ramerupt : B. Decrock (terrain), G. Cabille ; - canton des Riceys : B. Decrock (terrain), J. Marasi ; - canton de Romilly-sur-Seine : E. Ernest & D. Mercier & B. Decrock, M. Masson ; - canton de Sainte-Savine : J. Marasi ; - canton de Soulaines-Dhuys : F. Griot ; - canton de Troyes-centre : M. Bennani ; - cantons de la périphérie de Troyes (n° 1, 2, 4, 6 et 7) : J. Marasi ; - canton de Vendeuvre-sur-Barse : F. Griot ; - canton de Villenauxe-la-Grande : S. Pagenot & R. Caumont de Mesquita.

Références documentaires

Bibliographie
  • MASSARY, Xavier de, DECROCK, Bruno. Le recensement du patrimoine mobilier des églises de l’Aube. In situ. Revue des patrimoines, 2005, 6. http://insitu.revues.org/9168