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Usine d'armes dite Manufacture Royale d'armes de Nouzonville, actuellement salle de sport et musée

Dossier IA08000084 réalisé en 2007
Appellations dite Manufacture Royale d'armes de Nouzonville
Destinations salle de sport, musée
Parties constituantes non étudiées magasin industriel, atelier de fabrication, bassin de retenue
Dénominations usine d'armes
Aire d'étude et canton Ardennes - Charleville-Mézières 2
Hydrographies Goutelle la
Adresse Commune : Nouzonville
Adresse : rue de la Grande Allée
Cadastre : 2009 AK 21 ; AL 209

L'ancienne propriété d'un maître de forges nommé Robillard est achetée en 1688 par Maximilien Titon et Victor Fournier, alors directeur de la police et receveur des deniers de Charleville. Commence alors la construction d'un ensemble d'usines entouré rapidement d'une enceinte au lieu-dit La Forge de Nouzon (en 1690-91). La manufacture, installée au fond de la vallée de la Goutelle, utilise la force hydraulique du cours d'eau ; une prise d'eau et un canal sont construits. Le site est pourvu d'une enceinte et fait office de garnison de 80 hommes à plein temps. L'usine est spécialisée dans la fabrication des canons de fusil. Les métallurgistes utilisaient le fer de l'abbaye d'Orval, l'acier d'Allemagne et le fer refondu issu de la récupération de petites ferrailles ; le montage et l'épreuve des fusils ayant lieu à Charleville par des spécialistes et les équipes monteurs. La platinerie et la garniture du canon étaient assurées en sous-traitance par des artisans dispersés dans les bourgs. L'activité de cette manufacture se calque sur le rythme des commandes militaires ; elle fut prospère jusqu'en 1769, sous la Révolution et l'Empire. Elle s'agrandit en 1772 d'une fabrique d'arme blanches où l'on aiguisait les baïonnettes et les baguettes. En 1784, une annexe fut fondée à La Cachette, en amont de La Forge. Pendant la période 1789-1815, la production double. En 1798, la Manu emploie 1074 personnes très qualifiées (dont 273 de Nouzon). Puis un déclin progressif s'en est suivi, jusqu'à la fermeture définitive en 1836. Le choix est alors fait de privilégier la manufacture d'armes de la ville de Saint-Etienne. Après l'achat des bâtiments par le maître de forges Jean-Nicolas Gendarme (1769-1845) en 1837, le site sera diversement occupé durant la deuxième moitié du 19e siècle : Nicolas Maudière (1797-1878) installe sa ferronnerie en 1859, François Fuzelier (1815-1892) implante une fonderie en 1860, Louis Gustave Thomé (1816-1892) un atelier de forge en 1869. Le site de la Manufacture Royale de Nouzonville est presque entièrement démoli en 1986. Une salle de sport a intégré l'ancien magasin construit en 1689 (porte la date) ; l'atelier de la grande forerie accueille actuellement le musée du Vieux Nouzon.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Dates 1689, porte la date, daté par travaux historiques

Quelques bâtiments subsistent de l'ancienne Manufacture : le magasin construit en 1689 (date portée), le bassin de retenue situé à proximité, deux des huit tours de l'ancienne enceinte, dont l'une est intégrée à une école située en amont du site, le bâtiment de la grande forerie qui s'élève sur un étage carré, avec moellon calcaire et enduit de ciment. Le magasin (1689) est en moellon calcaire et encadrements en pierre de taille. La toiture est à longs pans et demi-croupe couverte d'ardoise.

Murs calcaire
schiste
pierre de taille
moellon
Toit ardoise, tuile mécanique
Étages 1 étage carré
Couvertures toit brisé en pavillon
toit à longs pans
demi-croupe
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
États conservations établissement industriel désaffecté, restauré

Les quelques bâtiments subsistants du site de la Manufacture d'armes de Nouzonville sont les uniques témoins de l'importante activité métallurgique créée à Nouzonville au 17e siècle. Elle est le foyer de la spécialisation du travail du fer qui se développera dans le reste de la vallée de la Meuse et de la Semoy après sa fermeture en 1836.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • 20090801850NUCA : Collection particulière

    20090801969NUCA : Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières, 5 Fi 114.

Références documentaires

Bibliographie
  • COLINET, René. Métallurgie ardennaise, Un terriroire des usines et des hommes. ORCCA/ Castor et Pollux, Epernay Chassigny, 2001, 159 pages.

  • CORDIER, Pol. En passant par la Goutelle, vers 1987, pp. 162-172.

  • ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987.

    p. 89-102