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Usine de transformation des métaux dite Manufacture de cuivre Contamine, puis Estivant frères, puis Compagnie Française des métaux, actuellement maison

Dossier IA08000403 réalisé en 2007

Fiche

Appellations Manufacture de cuivre Contamine, puis Estivant frères, puis Compagnie Française des métaux
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bassin de retenue, salle des machines, logement de contremaître
Dénominations usine de transformation des métaux
Aire d'étude et canton Ardennes - Givet
Hydrographies Houille la
Adresse Commune : Fromelennes
Lieu-dit : La Manufacture
Adresse : rue de la Manufacture
Cadastre : 1997 A3 918 à 941, 947

Gédéon de Contamine fonde en 1806 une manufacture de cuivre à Fromelennes au lieu-dit la Houillette. Elle se compose alors de trois laminoirs (l´un d´eux provenait de Liège) et de cinq fours dans le bâtiment central encadré par deux roues de 8,50 m de diamètre, d´une tréfilerie dans le bâtiment ouest et de batteries de cuivre et martinets dans celui de l´est. Pour mener le travail correctement il s´adjoint les services d´un spécialiste du cuivre, M. Maus épaulé par ses cinq fils, qui avait auparavant travaillé en Angleterre puis à la Manufacture de Landrichamps dès son retour. L´usine de Fromelennes était spécialisée dans le laminage du cuivre jaune notamment pour produire des tôles de doublage de coques de bateaux. En 1811, Contamine est obligé de vendre la Manufacture à Raymond de Montagnac de Chauvence qui la loue en 1814 à Pierre Saillard. Vendue en 1830 à Jean- Baptiste Aufrère de la Treuille, Saillard et Mesmin continuent de gérer la production. En 1835, l´ensemble est acquis par les frères Estivant issus d´une dynastie givetoise de la tannerie et de la colle. En 1868, la firme se dénomme Estivant frères. En 1878, au décès de son frère Félix, Edouard vend son groupe composé de toutes les usines à cuivre de la vallée de la Houille à Pierre Eugène Secretan qui les intègre à son groupe, la Société Métallurgique du cuivre. Ce dernier fusionne en 1881 avec le groupe Laveissière pour donner la Société Industrielle et Commerciale des Métaux reprise en 1892 par la CFM, Compagnie Française des métaux, qui stoppe progressivement l´activité de la Houillette jusqu´à l'arrêt définitif en 1940. La Manufacture est depuis fractionnée en plusieurs habitations mais est encore parfaitement lisible. Il subsiste la totalité des constructions de 1806 excepté le petit bâtiment qui accueillait une roue, à l´est du laminoir. Le bâtiment qui s´apparente à une salle des machines a été construit en avant du laminoir probablement à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle. En 1878, 47 ouvriers sont employés au laminage.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Dates 1806, daté par travaux historiques

Le plan d´ensemble est symétrique avec au centre les trois bâtiments de production et à chaque extrémité les pavillons pour loger les contremaîtres. L´ensemble est élevé en pierre bleue de Givet avec des charpentes en bois apparentes couvertes d´ardoise ; les pavillons ont deux étages carrés et sont surmontés de toits brisés en pavillon alors que les ateliers de production ont des toits à longs pans et demi-croupe. A l´arrière, un bassin de quarante mètres de forme elliptique servait de retenue aux eaux de la Houille ; une fois libérées celles-ci alimentaient les deux roues de part et d´autre du bâtiment qui accueillait les laminoirs ou se déversait dans le canal de décharge passant sur le côté est du site.

Murs calcaire
moellon
Toit ardoise, tuile mécanique
Étages 2 étages carrés
Couvrements charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit brisé en pavillon
toit à longs pans
demi-croupe
Escaliers escalier intérieur
Énergies énergie hydraulique
énergie électrique
produite sur place
produite sur place
achetée
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables atelier de fabrication

Annexes

  • L'usine est assez exceptionnelle car l'ensemble des bâtiments construits en 1806 est resté quasi-intact ce qui permet d'avoir une bonne vue sur un établissement industriel de cette époque, d'autant plus qu'il s'agit de l'un des premiers sites français à avoir travaillé le cuivre et le laiton. Le plan est également remarquable par sa symétrie avec les pavillons aux extrémités et deux bâtiments de production encadrant un troisième au centre qui est plus long.

    - plusieurs pièces concernant : juillet 1085 ou 1806 : demande, par pétition du 19 brumaire de l'an 14, de construction d´une usine de cuivre à Fromelenne sur la rivière de Houille, dans ses propriétés au bas de la prairie dite de Houillette/en lieu dit Houillette, par De Contamine / Gédéon de Contamine et Théodore de Contamine.

    Arrêt préfectoral du 4 septembre 1806 pour affiches.

    Usine à cuivre à l'instar des Anglais (avec laminoir, tréfilerie, batterie, etc.)

    - pièces octobre 1806 concernant un changement de destination / projet [pluviôse an 12] de Jacquier de Rosée de construire une forge et un laminoir pour le fer / forge à deux affineries projetée dans la prairie dite des vieilles forges (où il y avait autrefois une ancienne forge avec canal de dérivation dont on voit encore les traces en 1807) au départ usine de cuivre projetée au lieu du Près du Bys.

    - pièce 149 : lettre du préfet des Ardennes (septembre 1807) : résumé des pièces fournies et conclusions.

    Arrête : autorisation accordée à Contamine de faire construire à la Houillette, commune de Fromelennes, une manufacture à traiter le cuivre jaune et rouge laminé, avec batterie, tréfilerie. La demande de Jacquier de Rosée est inadmissible puisqu´il est reconnu que son premier projet n´est point exécutable et que le 2e rendrait impossible celui de M. de Contamine infiniment préférable sous les rapports d´intérêt public.

    - pièce 150 : lettre de Théodore de Contamine du 16 sept. 1807 : l'usine est achevée, les roues n´attendent que l´eau pour tourner, et nous nous n´attendons que l´octroi pour mettre cette manufacture en activité, et livrer d´abord au commerce les produits d´un art que l'industrie française va enlever à l´Angleterre.

    - Pièce 152 du 16 octobre 1806 (avant autorisation définitive) : demande d'autorisation provisoire pour faire achever avant les pluies les travaux avant les crues de la rivière, accordée en décembre 1807.

    - pièce 160 : avis du Conseil des mines au ministre de l´intérieur, 11 mars 1808 : J. de Rosée, maître de forges demeurant à Anthée, a présenté le 27 pluviôse an 12 une pétition tendant à la confirmation du privilège qui lui avait été accordé par un arrêt du Conseil d´état du 16 janvier 1787 de faire construire des fonderies, batteries, tréfileries pour le cuivre, etc. sur la rivière de Houille. Il a observé que n´ayant encore pu établir qu´un moulin à laminer du cuivre jaune demande l´autorisation de faire construire sur cette rivière deux moulins l´un pour laminer des planches de cuivre rouge pour la marine, l´autre des feuilles de tôles. Il a demandé en outre la concession du cours d´eau depuis Landrichamps jusqu´à Fromelene.

    Le 4 germinal le sieur Damoiseau négociant à Bouvignes (ou Bouvigues) demanda l´autorisation d´établir de semblables usines sur la même rivière entre Landrichamps et Givet. Expose ensuite le changement de décision de Rosée en oct. 1806 : plus des moulins pour y laminer du cuivre mais une forge et un laminoir pour le fer.

    - en 1809 demande de secours par Contamine pour son établissement.

    -pièce 177, septembre 1811 : lettre du Conseiller d´état, directeur gal des mines au ministre de l'intérieur au sujet de la demande de secours de l´établissement de Contamine (fonderie de Givet et laminoir de Fromelenne) : établissement composé de deux parties : une fonderie et une fabrique ; la fonderie construite au pied de la citadelle de Givet contient 6 fourneaux chauffés par la houille pour la préparation du laiton ; la fabrique située à Fromelenne consiste en trois grands corps de bâtiments et deux pavillons élevés sur leurs flancs, dans le bâtiment du centre qui est le plus étendu sont la laminerie et la forge, dans celui de la droite la tréfilerie, dans celui de la gauche les batteries de cuivre et les martinets.

    2 grandes roues de 8 mètres et demi de diamètre placées aux 2 parties latérales de la laminerie donnent par une infinité des roues secondaires...

    Une prise d´eau établie sur la rivière de Houille est conduite par un canal de 400 m de longueur dans un bassin de forme elliptique creusé perpendiculairement à l´alignement des édifices ... 45 sur 65 m.

  • 20090805162NUCA : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • F14 4284-4299, Dossier 1.

Bibliographie
  • SAISELET, Bernard. La Houille et l'aventure du cuivre. n.p. 2006.

Périodiques
  • PARIS. A. Deux wallons dans la pointe de Givet ou les débuts de la métallurgie non-ferreuse. Revue historique ardennaise. T. XXIII, 1988.

    p. 87-103
  • PARIS, Agnès. Naissance d'une industrie. Le cuivre dans la vallée de la Houille (1787-1817). Terres Ardennaises, n° 18, mars 1987.

    p. 1-5
  • PARIS, Agnès. Flohimont. Le cuivre dans la vallée de la Houille (1841-1914). Terres Ardennaises, n° 22, mars 1988.

    p. 29-33
  • COLINET, René. Compte-rendu du mémoire d'A. Paris. Revue historique ardennaise. T. XXIII, 1988.

    p. 106-113