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Usine de transformation des métaux G. Robert et E. Lang, puis usine de tubes dite S.A. de Fabrique de Tubes de Chevillon, puis Tubecam, actuellement Arcelor Mittal

Dossier IA52070319 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination usine de tubes
Appellations dite usine de transformation des métaux G. Robert et E. Lang, puis S.A. de Fabrique de Tubes de Chevillon, puis Tubecam, actuellement Arcelor Mittal
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bureau, conciergerie, cheminée d'usine
Dénominations usine de transformation des métaux
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Eurville-Bienville
Adresse Commune : Chevillon
Cadastre : 1986 A 1, 2

Usine de transformation des métaux construite vers 1905 sous l'impulsion des Forges de Champagne. Création d'une S.N.C. G. Robert et E. Lang en 1907. Constitution de la S.A. de Fabrique de Tubes de Chevillon en 1914 ; rachat de la fabrique de tubes de Bagnolet la même année ; création d'une annexe à Rachecourt en 1962. Tubecam reprend l'affaire en 1986 ; toujours en place en 1989, lors de l'enquête initiale. En 2013 (complément d'enquête), le site appartient à Arcelor Mittal. Utilisation d'une machine Kieserling à soudage électrique de feuillard en continu en 1939 ; une deuxième machine de ce type est introduite en 1946 ; en 1959, acquisition de la Yoder 1, première machine à souder par induction, 1969 : achat de la Yoder 2 et de la Canti en 1974. 1973 : 260 ouvriers ; plus qu'une centaine en 1987. Existence d'un fonds d'archives privées.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle

Bureau (C) un étage carré, toit en terrasse, étage en parpaing de béton. En 2013, les bâtiments subsistants sont trouvés bardés (tôles bac-acier) aux couleurs de l'entreprise Arcelor Mittal. La conciergerie (D) et la cheminée d'usine (B) n'existent plus à cette date.

Murs pierre
brique creuse
ciment
brique
essentage
moellon sans chaîne en pierre de taille
pan de fer
parpaing de béton
Toit tuile mécanique, ciment amiante en couverture, verre en couverture
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans
Énergies énergie thermique
énergie électrique
Typologies rectangulaire, arc segmentaire
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • HISTORIQUE DES TUBES DE CHEVILLON (Source Archives privées Tubecam)

    Dans les années 1905, deux industriels Haut-Marnais, M. Georges Robert Dehault et M. Edouard Lang, dirigeaient les Forges de Champagne en employant du minerai régional provenant notamment de Pont Varin (un canal fut d'ailleurs construit spécialement dans les années 1810 pour acheminer ce minerai jusqu'au bas fourneaux de Marnaval).

    C'est à cette époque qu'ils décideront d'utiliser les chutes inhérentes aux fabrications des Forges afin de faire des tubes rejoints et soudés selon un nouveau procédé anglais.

    Ils créeront donc la Fabrique de "Tubes de Chevillon".

    Grâce à son dynamisme la production se montait en 1914 à 110 Tonnes/Mois.

    Aussi cette affaire eût elle la possibilité de racheter cette même année un client défaillant : en l'occurrence la Fabrique de Tubes étirés de Bagnolet dont la fabrication était à la fois concurrentielle et complémentaire.

    Malgré la 1ère guerre mondiale de 1914-1918, l'évolution de la "Fabrique de Tubes de Chevillon" continuera favorablement pour arriver à une production de 390 Tonnes, tous tubes confondus, en 1928.

    Après la période difficile des années 1930 qui vit la production et les ventes diminuées de 30 à 50 % selon les fabrications, la Société prit des décisions en 1937 de se doter d'une machine "Kieserling" à soudage électrique de feuillard en continu.

    Ce procédé très nouveau donna lieu à des controverses d'expert très longues qui firent que des acomptes versés en 1938 ne permirent la livraison de la machine à souder que début 1939.

    La période de guerre passée, il fut constaté un besoin accru de tubes soudés qui entraîna les actionnaires des "Tubes de Chevillon" et la "FTEB" à envisager un projet de fusion des deux sociétés afin de mettre en commun les atouts des deux affaires d'autant que la "FTEB" était à l'étroit dans l'enceinte urbaine où se trouvait ces bâtiments.

    La fusion définitive des deux entreprises des "Tubes de Chevillon" et de la ''FTEB" interviendra en 1954.

    En 1946, les productions des Usines étaient les suivantes :

    CHEVILLON : Tubes rejoints, environ 100 Tonnes/Mois ; Tubes soudés, environ 210 Tonnes/Mois.

    BAGNOLET : Etirés, environ 50 Tonnes/Mois.

    C'est également en 1946 qu'est décidé l'acquisition d'une deuxième ligne Kieserling, à souder électriquement par résistance avec électrodes tournantes.

    Cette machine dont les capacités étaient de 76 x 4 devait compléter la gamme de la première machine électrique afin d'offrir à la clientèle un échantillonnage plus complet.

    Lors de la fusion en 1954, les productions des usines étaient les suivantes :

    CHEVILLON : 700 Tonnes/Mois

    BAGNOLET : Etiré : 155 Tonnes/Mois

    CANALISATION : 55 Tonnes/Mois.

    Le marché du tube étant demandeur, les "Tubes de Chevillon" par des améliorations successives de productivité, parvint jusqu'en 1959 à augmenter la production qui se montait à cette époque à :

    CHEVILLON : 1500 Tonnes

    BAGNOLET : Etiré : 160 Tonnes

    CANALISATION : 80 Tonnes.

    C'est en cette année 1959 que furent prises deux options importantes :

    -d'une part, l'acquisition des 54 hectares des terrains industriels de Rachecourt et Sommeville dans l'optique de la décentralisation de l'usine de Bagnolet

    -d'autre part, l'acquisition de la Yoder 1, première machine à souder par induction ; celle-ci devant être suivie par l'acquisition de la M4 en 1964, de la Yoder 2 en 1969 et de la Canti en 1974.

    Les débuts des travaux de la nouvelle usine d'étirage de 10000 m2 se situent fin 1961 et furent d'ailleurs retardés par un hiver 1961-1962 relativement rigoureux.

    Les "Tubes de Chevillon" profitèrent de la décentralisation pour se doter de moyens techniques performants pour l'époque tel que le Four Incandescent, un tritube Montbard de forte puissance.

    Fût également à cette époque remise en état une ancienne centrale hydraulique par la Marne qui devait alimenter partiellement l'Usine d'étirage. A cette époque, les usines produisaient : CHEVILLON : 1700 Tonnes

    BAGNOLET : Etiré : 170 Tonnes

    CANALISATION : 100 Tonnes.

    A partir de 1963, la nouvelle usine d'étirage ne fit que monter en production grâce à un marché demandeur et aux nouveaux équipements qui la rendaient plus compétitive.

    De son côté, l'usine de soudure, grâce à ses nouvelles lignes à souder, montait en production pour atteindre son maximum en 1973.

  • Les tubes de Chevillon : Accroître la valeur ajoutée, constante préoccupation des dirigeants. Objectifs Haute-Marne, janvier 1974, n° 1, p. 9-12

    Classés par la revue Entreprise au 77e rang parmi les 200 premières entreprises sidérurgiques et métalliques françaises, dans le peloton de tête de la métallurgie du département, les Tubes de Chevillon offrent l'exemple d'une entreprise haut-marnaise d'un dynamisme certain.

    Pourtant la fabrication des tubes n'est pas une profession facile car deux ''super-grand'' dominent le marché, Vallourec et Les Tubes de la Providence.

    Pour assurer le développement de l'entreprise, ses dirigeants ont pour politique de développer les fabrications de petite série à valeur ajoutée plus grande. C'est ce qu'explique, à travers l'entretien qu'il a bien voulu accorder à Objectifs Haute-Marne, le Directeur Général, Monsieur Romain-Jean Philouze.

    Objectifs Haute-Marne. Monsieur le Directeur Général, pourriez-vous tout d'abord nous rappeler les origines de votre Société ?

    R.-J. Philouze. Les Tubes de Chevillon ont été fondés en 1914. Dès l'origine, nous produisions des tubes. Il s'agissait alors de tubes simplement rejoints ou soudés à l'autogène.

    Au début de la guerre de 1939. nous avons abordé la fabrication des tubes soudés électriquement. En 1954, nous avons absorbé la Société des Tubes Etirés de Bagnolet dont nous avons transféré l'usine en Haute-Marne en 1963.

    Obj.. A l'origine, votre Société était-elle, comme beaucoup d'entreprises métallurgiques du département, une entreprise familiale ?

    R.-J. PH.. Oui. Elle a perdu aujourd'hui ce caractère strictement familial qu'elle avait à l'origine ; l'apport de capitaux étrangers qui a facilité son développement est resté néanmoins suffisamment limité pour que le Société conserve une politique indépendante.

    Obj.. Deux questions pour mieux situer votre entreprise : quel est votre chiffre d'affaires et quels sont vos effectifs ?

    R.-J. PH.. Pour 1973, nous tournerons autour de 80 millions de francs nouveaux, ceci hors taxes. L'effectif global est de 460 personnes, qui se répartissent en 260 pour l'Usine de Soudure et 175 pour l'étirage, le solde étant constitué par les services généraux du Siège et de la Direction Commerciale de Neuilly.

    La progression a été de 100 personnes depuis 1969 grâce aux importants programmes d'investissements réalisés ces dernières années.

    Obj.. Vous venez de faire allusion à deux usines ? Pouvez-vous nous les présenter ?

    R.-J. PH.. La plus ancienne est l'Usine de Soudure dont les installations se trouvent en totalité sur la commune de Chevillon. Elle produit des tubes épais (jusqu'à 5 mm) et des tubes minces. La matière première est constituée par des rouleaux de feuillards que nous achetons dans le bassin de Longwy et en quantité moins importante, en Allemagne et au Luxembourg. Ces bandes d'acier sont soudées à grande vitesse après profilage sur des lignes spécialisées. La section des tubes épais comporte une ligne de soudure radio-fréquence de grande capacité. Pour les tubes minces, nous avons 5 lignes de soudure dont chacune est spécialisée dans une gamme de diamètre.

    L'usine d'Etirage a été construite sur la commune de Sommeville. Elle est alimentée pour partie par une petite centrale hydro-électrique qui est notre propriété et qui se trouve située sur la commune voisine de Rachecourt-sur-Marne. Nous y produisons des tubes de grande précision par passage dans les filières après traitement de surface et recuit. La matière première utilisée est soit du tube sans soudure que la Société achète à l'extérieur, soit du tube soudé produit par l'usine voisine.

    Obj.. Quelle surface couvrent vos Usines ?

    R.-J. PH.. Nous avons environ 40.000 m2 couverts mais les terrains industriels dont nous disposons à la limite des communes de Chevillon - Sommeville et Rachecourt sont beaucoup plus vastes.

    Obj.. Quelle est l'importance de votre production ?

    R.-J. PH.. Nous produisons près de 45.000 tonnes. Ce chiffre peut vous paraitre modeste puisque la production de la profession s'élève en France à plus de 1.800.000 tonnes.

    Notre vocation résulte directement de la juxtaposition de ces deux chiffres. Sans rejeter quelques fabrications de grande série, notre Société s'oriente le plus possible vers des productions spéciales qui représentent une valeur ajoutée plus grande. C'est le cas notamment des tubes étirés pour lesquels nous couvrons plus de 10 % du marché.

    Par ailleurs, nous cherchons à développer le service rendu aux clients et nous nous félicitons d'entretenir des relations amicales avec nombre d'entre eux.

    Obj.. Quels sont vos principaux clients ?

    R.-J. PH.. Nous avons une clientèle très diversifiée : automobile, cycles, machinisme agricole, bâtiment, mobilier métallique, etc. Nous travaillons aussi avec les services publics : P.T.T., E.D.F., S.N.C.F.

    Obj.. Etes-vous donneur d'ordre ?

    R.-J. PH.. Nous fournissons du travail à diverses sociétés de sous-traitance du nord du département. D'autre part, nos expéditions sont faites presque exclusivement par une Société de Transports de Rachecourt-sur-Marne dont les camions sillonnent les routes de France en portant la marque de notre Société.

    Obj.. Abordons l'aspect commercial. Etes-vous exportateur ?

    R.-J. PH.. Nos exportations représentent à peine 5 % de notre chiffre d'affaire. Ce pourcentage est faible pour une profession réputée fortement exportatrice. Il s'explique par le caractère ''non standard'' de la majeure partie de nos fabrications.

    Obj.. N'avez-vous jamais tentés de déplacer votre Siège à Paris ?

    R.-J. PH.. J'apprécie votre question. Nombre d'entreprises ont effectivement dans le passé transféré leur Siège dans la Capitale pour des raisons parfois personnelles, mais aussi parfois simplement fiscale, les contrôles parisiens étant réputés - à tort ou à raison - moins fréquents et moins tatillons. En ce qui nous concerne, nous pensons indispensable que le Siège soit le plus près possible des unités de production. Cela permet de résoudre plus facilement les problèmes qui se posent, notamment sur le plan social.

    Obj.. Revenons justement au personnel ? d'où vient votre personnel ?

    R.-J. PH.. A plus de 90 %, il habite à proximité du lieu de leur travail. Depuis de nombreuses années nous avons pensé qu'il était préférable de lui éviter de trop longs déplacements. Ceci nous a conduit à effectuer de gros efforts de constructions de pavillons et de rénovation de logements anciens à Rachecourt, Chevillon et Sommeville. De plus, nous épaulons les candidats-constructeurs par prêts à long terme et faible taux d'intérêt. Parallèlement, la D.A.T.A.R. nous a aidé à résoudre ce problème du logement en nous octroyant 40 H.L.M. qui viennent d'être achevés.

    L'expansion de notre Société a donc puissamment contribué au développement des communes sur lesquelles nous sommes implantés et, en retour, les familles de notre personnel voient s'améliorer progressivement leurs conditions de vie. C'est ainsi qu'un C.E.S. ouvrira ses portes à Chevillon à la rentrée 1974, ce qui permettra à de nombreux adolescents de prolonger sur place leurs études.

    Obj.. Merci, Monsieur le Directeur Général.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Marne : Série Q. Hypothèques. Vol. 1256, art. 7.

    Vol. 1256, art. 7 Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : Série Q
  • Archives du Service des hypothèques de Saint-Dizier. Vol. 1788, art. 31 ; vol. 1853, art. 24.

    Vol. 1788, art. 31 ; vol. 1853, art. 24 Centre des finances publiques de Saint-Dizier
  • Archives privées Tubecam. Historique de l'usine (cf Annexe 1).

    Annexe 1
Périodiques
  • La métallurgie à Saint-Dizier d'après la série du journal ''L'Ancre'' conservée aux Archives départementales de la Haute-Marne (1886-1905). Les Cahiers Haut-Marnais, 1er et 2e trim. 2000, n° 220-221, p. 40-56.

    p. 46