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Usine métallurgique dite la Forge Haute ou Forge Gendarme, puis usine de petite métallurgie Dardenne-Bourguignon, puis Creton

Dossier IA08000646 réalisé en 1985
Appellations usine métallurgique dite la Forge Haute ou Forge Gendarme, puis usine de petite métallurgie Dardenne-Bourguignon, puis Creton
Destinations usine de petite métallurgie
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, haut fourneau, pièce de stockage du combustible, logement d'ouvriers, logement patronal
Dénominations usine métallurgique
Aire d'étude et canton Ardennes - Sedan 1
Hydrographies Vrigne la
Adresse Commune : Vrigne-aux-Bois
Lieu-dit : La Forge
Adresse : place Baudin
Cadastre : 2008 AD 104, 105, 112, 113, 140, 470

En 1817, Jean-Nicolas Gendarme demande à installer une "forge à deux feux" pour la fabrication de boulet de canon dans l'ancien moulin de Saint-Basle (bâtiment détruit en 1991). En 1820, Gendarme formule une nouvelle demande pour établir un haut-fourneau sous l'étang de Saint-Basle, au lieu-dit le "crahaï", sur le ruisseau de la Claire, à l'emplacement des vestiges d'un haut-fourneau plus ancien et en remplacement des deux feux de forge. Une ordonnance royale de 1824 l'autorisa à établir ce haut-fourneau mais le pétitionnaire ne respecta pas sa demande et construisit son usine en 1824 sur le ruisseau de la Vrigne, à l'emplacement du Moulin du quartier acquis en 1813, ainsi que les étangs destinés à l'alimenter. En 1848, les quatre halles parallèles renfermaient la forge avec un foyer d'affinerie au charbon de bois, deux fours à puddler, un ordon de gros marteaux et un autre de deux martinets puis le haut fourneau à sa droite et les deux réserves à charbon de bois ; probablement dans les bâtiments à l'arrière se trouvaient une scierie et deux bocards à crasse à huit pilons chacun. Il semble que le haut-fourneau construit ici soit celui qui avait été projeté sous l'étang de Saint-Bale dès 1817. Cet ensemble est complété par un bâtiment de logements ouvriers que les plans signalent comme "caserne", dénomination souvent reprise pour ce type de logements. Les grands tirants de fer du pignon nord, portant MG 1825, précisent la date d'achèvement de l'ensemble. Les logements installés dans la moitié méridionale des halles à charbon et du haut fourneau, dès l'époque de Gendarme, sont toujours occupés en 1985. Il faut encore citer le logement particulier de Gendarme, construit en 1820, aujourd'hui école communale, situé dans le village légèrement en hauteur à l'est et les écuries situés juste en face de ce dernier. La Forge Gendarme produira jusque vers 1876 date à laquelle la fille de Gendarme, Marguerite Gendarme-Evain, la met en location ; la famille Dardenne y produira de la quincaillerie jusqu'en 1935. Cette dernière occupe la forge, le haut fourneau et l'avant des halles à charbons, et la famille Creton l'arrière des halles puis la totalité des bâtiments à partir de 1935 et ce jusqu'en 1969 date de la fermeture définitive. Pendant l'occupation par Creton, les bâtiments de la forge et le haut-fourneau avaient été modernisés par l'ajout de turbines (toujours en place) et une machine à vapeur pour alimenter leur manufacture. La moitié arrière de la toiture de la halle de la forge s'est effondrée vers 1985 et elle n'est plus du tout couverte depuis ; la boquerie qui était située à l'arrière de la première halle à charbon a été détruite. En 1851, le haut fourneau consomme annuellement 1400 m3 de minerai de fer provenant des minières ardennaises proches et 5200 kilolitres de charbon de bois pris sur les propriétés boisées de la famille Evain-Gendarme. Il produit ainsi 800 000 kg de fonte moulée et de plaques : la fonte moulée sert à la fabrication des fers à repasser et des projectiles pour l'artillerie. Les plaques alimentent la forge. La forge consomme 1080 kglitres de charbon de bois et 850 000 kg de houille venant de Liège et de Charleroi. Elle transforme ainsi une partie de la production du haut fourneau en 1 300 000 kg de fer en barre de divers échantillons qui sont à leur tour laminés et fendus dans l'établissement inférieur de Vrigne au Bois.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Dates 1824, porte la date
1825, daté par source

On remarque particulièrement les quatre halles parallèles, adossées à l'étang (bâtiments de la forge et du haut fourneau, deux halles à charbon séparées en deux par des murs de refend coupe-feu), que l'on retrouve avec le même module à la Fenderie. Les quatre constructions comportent le même plan et les façades en pierres taillées sont soignées (grande lucarne du haut fourneau et niche de la forge). Le percement régulier, les pilastres plats se retrouvent, de même que la grande porte centrale en berceau, à la Fenderie et au Fourneau de Vendresse. Tous les bâtiments sont élevés en moellons calcaire et en pierre de taille pour les chaînages et les encadrements ; les toits sont à longs pans et demi-croupe à charpente en bois apparente couverte d'ardoise et de ciment amiante. Le bâtiment de logements ouvriers, la Caserne, porte des tirants de fer datés sur le pignon nord. Les logements, identiques et percés régulièrement, s'ouvrent sur les deux façades de la construction en moellon. Les oculi du fronton se retrouvent dans les bâtiments annexes des usines. Sur le fronton sculpté du logement patronal on retrouve les boulets de canon symbolisant des fournitures d'artillerie, source de la fortune de Gendarme.

Murs calcaire
moellon
pierre de taille
Toit ardoise, ciment amiante en couverture
Étages 1 étage carré
Couvrements charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
demi-croupe
Escaliers escalier intérieur
Énergies énergie hydraulique
énergie électrique
produite sur place
turbine hydraulique
États conservations mauvais état, établissement industriel désaffecté
Techniques maçonnerie

Ensemble exceptionnel par son histoire lointaine, le plan des bâtiments et leurs détails architecturaux que l'on retrouve à la Fenderie, à Vendress et l'état de conservation.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables atelier de fabrication, lucarne
Protections inscrit MH partiellement, 1991/10/18
Précisions sur la protection

Façades et toitures des bâtiments de la forge Jean-Nicolas Gendarme, y compris les deux halles à charbon, la halle au haut-fourneau, la forge et l'émonderie ; site de la forge de Jean-Nicolas Gendarme, y compris l'étang et le système hydraulique ; façades et toitures des anciens logements d'ouvriers de l'usine ; façades et toitures de l'ancien château du maître de forge (cad. AD 104, 139, 140, 284 ; ZC 44) : inscription par arrêté du 18 octobre 1991.

Annexes

  • 20090802494NUCA : Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières, 8 Fi Vrigne-aux-Bois 43.

    20090802495NUCA : Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières, 8 Fi Vrigne-aux-Bois 45.

    20090802496NUCA : Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières, 8 Fi Vrigne-aux-Bois 11.

    20090802497NUCA : Maison de la Fonderie, Vrigne-aux-Bois

    20090802498NUCA : Maison de la Fonderie, Vrigne-aux-Bois

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN. Série F14 : 4294.

    usine dite la Forge haute
  • AD, sous-série 17 J : fonds Evain-Gendarme.

Bibliographie
  • GARAND, Jean. Un notable ardennais. Jean-Nicolas Gendarme (1769-1845). SOPAIC, 1988.

    p. 140-150
  • ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987.

    p. 64
  • BAILLY, Ludovic. Vrigne-aux-Bois. Des tourbières au cubilot (1797-1957). SOPAIC, 2000.

    p. 33-41
  • ROBINET, R. n° 70 : Jean-Nicolas Gendarme. Aux origines de la fortune du maître de forges ardennais. Etudes ardennaises, avril-juillet 1963, n° 33.