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Usine métallurgique Génot-Clairdent, puis Aciéries Thomé-Cromback, puis Forges et Aciérie Thomé

Dossier IA08000083 réalisé en 2007

Suite à la dissolution, en 1889, de la société Thomé-Génot qu'il avait fondée avec son beau-frère Louis-Gustave Thomé (1816-1892), Auguste Génot (1815-1892) s'associe avec son gendre Victor Clairdent (1848-1939) pour édifier une usine concurrente, entre la voie ferrée et la Meuse, au lieu-dit "Montmeuse". C'est ainsi que naît la société Génot-Clairdent dotée d'un capital social de 880 000 F. En difficulté après la première guerre mondiale, cet établissement de forge et d'estampage qui compte plus de cent salariés, est acheté en 1926, pour la somme de 1 100 000 F par l'industriel Paul Thomé (1885-1975). Petit-fils de L.-G. Thomé, son père Emile Thomé (1845-1922) l'a impliqué dans les affaires familiales dès le début des années 1900, ainsi que son beau-frère Pierre Cromback (1879-1930). P. Thomé modernise l'usine et y introduit une nouvelle activité plus prometteuse que celle des ferrures de chemin de fer. Sous licence américaine, il s'agit de fabriquer des boulets de broyage en aciers spéciaux destinés aux machines à forger et aux autocompresseurs. Ce retour des Thomé dans le quartier industriel de la gare, où ils possèdent une maison bourgeoise, place de Strasbourg, est conforté par la mise en route d'une aciérie en 1930.

Celle-ci a été construite l'année précédente par l'ingénieur Chansoux, dans le prolongement de la forge. Inspiré d'une usine que P. Thomé a vue à Philadelphie (EU), ce long vaisseau (50 m sur 160 m) en béton armé et constitué de 3 halles, parallèle la Meuse, surmonté d'un château d'eau très visible dans le paysage, succède à la vieille fonderie Sainte- Marguerite. Située dans le quartier de la Forge, au lieu-dit "Versailles", elle avait été créée par le grand-père maternel de P. Thomé, Jean-François Fuzellier (1815- 1892). Des années 1920 au lendemain de la seconde guerre mondiale, P. Thomé constitue un groupe industriel qui comprend 7 usines et dépasse les mille salariés en 1939. D'une part, il a renforcé le noyau nouzonnais par l'achat d'usines (Jeunehomme-Lepault- Barbazon en 1941, Vve Soret en 1947), et de l'autre il s'implante en région parisienne (Stains en 1923, Rueil en 1935) et en Bretagne (usine de repli à Ploërmel en 1939). Durant la même période, la production de la SA des Aciéries Thomé-Cromback (nouvelle raison sociale depuis 1926) n'a cessé de se diversifier : moulages en aciers supplantant la fonte malléable (1919), grenailles métalliques (1927), bâtonnets pour le broyage du ciment du ciment (1936), et essieux agricoles (1934).

En 1947 s'ouvre une nouvelle phase. P. Thomé s'entoure d'une nouvelle génération : son fils Jacques Thomé (1914-2002), son gendre Xavier de Charentenay (1911-1980), et deux ingénieurs des Arts et Métiers, Jules Giron (1866-1953) et Max Pirard (1905-1968). Les cinq unités de production (Aciéries Thomé, Forges Thomé et Société Ardennaise d'Essieux à Nouzonville, Aciéries de Ploërmel, Poudres et Grenailles métalliques de Stains) deviennent des unités juridiquement autonomes supervisées par la SA des ATC. Depuis 1918, son siège social est à Paris, 2 rue Alfred Vigny. En 1963, P. Thomé quitte la présidence des ATC; et en 1981, c'est son petit-fils Bernard Thomé, polytechnicien né en 1939, qui prend la direction du groupe Thomé-Industries. Celui-ci se compose de 8 usines, 2 filiales commerciales, 4 sociétés commerciales, et il occupe 1200 personnes. De l'après-guerre aux années 1980, les ATC ont continué à évoluer : acquisitions d'usines (à Casablanca en 1947, à Nancy en 1960, à Molinet en 1967, à Charleville-Mézières en 1987), nouvelles structures commerciales correspondant à l'ouverture sur les marchés étrangers (PME Italie en 1955, Savethom et GIE Thomé-Industries en 1977, PME Gmbh en 1978), investissements dans l'appareil de production (fusion électrique, chantiers de moulage automatiques, coulée continue horizontale pour les boulets de broyage, soudure par bombardement électronique), et dépôts de brevets. Egalement, les ATC se distinguent par leur politique sociale initiée dès la fin des années 1930 par P. Thomé, modèle du patron chrétien et social (R. Colinet) : colonies de vacances, maison de retraite, service social, service de médecine interne, mutuelle maison, treizième mois, voyages annuels, maisons et logements pour le personnel. Travaillant essentiellement pour les secteurs des transports, des travaux publics de la construction mécanique, de l'armement, de la robinetterie et du matériel agricole, les ATC affrontent les conséquences de la fin des Trente Glorieuses au cours de la décennie 1980 : grèves, licenciements, restructurations-transfert de la SAE à Ham-Les-Moines (08), arrêt progressif de la forge, fermetures des usines de Nancy et de Stains. Malgré la recherche de partenariats, la constitution du holding Thomé SA (1987), la violente crise qui touche les biens d'équipement en 1992/1993 emporte le groupe Thomé-Cromback. S'ensuit la liquidation judiciaire en 1994. L'usine d'essieux de Molinet (Allier) est vendue à un concurrent, Sisson-Lehmann passe dans le giron du leader mondial de la grenaille Wheelabrator, Ploërmel est cédé au groupe américain Varlen, la SAE est vendue à l'allemand Trentkamp et la forge et l'aciérie sont reprises par l'italien Valbruna. Trois ans plus tard, c'est la fermeture du site nouzonnais. Symbole de la saga industrielle des Thomé, l'aciérie est rasée durant les années 2012-2013.

Appellations usine métallurgique Génot-Clairdent, puis Aciéries Thomé-Cromback, puis Forges et Aciérie Thomé
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bureau, vestiaire d'usine, château d'eau
Dénominations usine métallurgique, fonderie, aciérie
Aire d'étude et canton Ardennes - Charleville-Mézières 2
Hydrographies Meuse la
Adresse Commune : Nouzonville
Adresse : 18 boulevard Jean-Baptiste-Clément
Cadastre : 2009 AO 67, 68

Suite à son retrait (1880) de la société Thomé-Génot qu’il avait fondée (1863) avec son beau-frère louis-Gustave Thomé (1816-1892), Auguste Génot s’associe à son gendre Victor Clairdent (1848-1939). En bordure de Meuse, ils font édifier (1889) une usine concurrente et spécialisée dans la fabrication des ferrures pour les chemins de fer, la marine et l’artillerie. Cette activité de forge et d’estampage est reprise par Paul Thomé (1885-1975), petit-fils de L.-G. Thomé, en 1926. Il la modernise, y introduit la production de boulets de broyage, et l’intègre à la nouvelle société des Aciéries Thomé-Cromback en plein essor. Avec l’aide de son beau-frère Pierre Cromback (1879-1930), P. Thomé est en train de bâtir par étapes un groupe industriel. A proximité, il fait édifier une aciérie en 1930, réplique de celle qu’il a vue à Philadelphie (EU).Sa réalisation est confiée à l’ingénieur Chansoux. Ce long vaisseau constitue la nouvelle usine-mère du groupe Thomé-Cromback. En 1939, elle se replie à Ploërmel (Morbihan). Après la seconde guerre mondiale, elle devient une unité juridiquement autonome. Durant les Trente Glorieuses, les deux aciéries sont modernisées (fusions électriques et chantiers de moulage automatiques). Jusqu’à la liquidation du groupe Thomé S.A. en 1994, elles n’ont cessé de s’adonner aux moulages d’acier d’une infinité de pièces destinées aux transports et travaux publics, à la construction mécanique, à l’armement, et à la grosse robinetterie. Alors que Ploërmel a poursuivi son activité, l’aciérie de Nouzonville s’est arrêtée en 1997, après avoir été reprise par le groupe italien Valbruna. Malgré la constitution d’une association de défense de ce patrimoine architectural exceptionnel, cette aciérie a été rasée au cours des années 2012-2013.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1880, daté par travaux historiques
1930, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Chansoux, ingénieur,

Le site couvre cinq hectares en bordure de Meuse. Le grand hall de production construit en 1930 est constitué d'un long vaisseau de trois travées soutenu par 19 piliers répartis sur 100 m. La construction sur extrados de voûtes est entièrement en béton armé, brut de décoffrage, sur une hauteur de 20 m sous voûte. La toiture du vaisseau central est à lanterneau, les murs en rez-de-chaussée sont percés de larges baies. Le site comporte deux châteaux d'eau, le plus important est situé en bordure de Meuse.

Murs béton
verre
schiste
brique
béton armé
Toit béton en couverture
Étages en rez-de-chaussée
Couvrements en béton armé
Couvertures extrados de voûte
lanterneau
États conservations établissement industriel désaffecté, détruit après inventaire

Forges Thomé, usines de Nouzonville ; fabrique de corps broyants, forge et estampage de toutes pièces ; fondée le 01.01.1947 ; 178 pers en 12.1948 ; rapport pj mézières ; une prime pour accélérer fabrication des tanks sous l'occupation.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • 20090801398NUCA : Collection particulière

    20090801399NUCA : Collection particulière

    20090801400NUCA : Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières, 8 Fi Nouzonville.

    20090801402NUCA : Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières, 8 Fi Nouzonville.

    20090801401NUCA : Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières, 8 Fi Nouzonville.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN, F12 9429, le fonds de l' OCRPI période 1940-1949.

Bibliographie
  • COLINET, René. Métallurgie ardennaise, Un terriroire des usines et des hommes. ORCCA/ Castor et Pollux, Epernay Chassigny, 2001, 159 pages.

  • CORDIER, Pol. En passant par la Goutelle, vers 1987, pp. 186-200.

  • COLINET, René. Un site industriel : Nouzonville. Une dynastie industrielle de la métallurgie ardennaise : Les Thomé. Université de Nancy II, maîtrise d'Histoire, 1979.

  • Photographie d'entreprise. Ardenne Economique, n°3, 1978, pp. 33-35.

    p. 33-35
Périodiques
  • La Reconstitution des Régions dévastées. Le Monde Illustré, tome huitième, Les Ardennes 1918-1921, Paris, 20 août 1922.

(c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) APIC (c) APIC - Bertrand Patrice
Patrice Bertrand

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René Colinet

Membre de l'APIC, historien de l'industrie.


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