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Usine métallurgique Simon Lemuth et Cie, puis S.A. des Forges du Clos Mortier, actuellement maison

Dossier IA52070353 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

Appellations dite usine métallurgique Simon Lemuth et Cie, puis S.A. des Forges du Clos Mortier
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées logement patronal, logement de contremaître, logement d'ouvriers, cité ouvrière, parc, écurie
Dénominations usine métallurgique
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Saint-Dizier 1
Hydrographies Marne la
Adresse Commune : Saint-Dizier
Lieu-dit : Clos Mortier
Cadastre : 1861 D 598 à 642, D 527 à 583 ; 1987 CL 150 à 157, DL 60 à 63, DM 51, 135, 136, 155, DN 1, 2

Usine fondée vers 1575. En 1731, elle comporte un haut fourneau, une affinerie et une fenderie ; le logement patronal (A) porte la date 1733 avec décor sculpté vraisemblablement vers 1830. Le Clos-Mortier appartient à la famille Rozet de 1798 à 1915. Présence d'une tréfilerie en 1827, création d'un laminoir vers 1851 à la forge des Lachats (usine située rive droite de la Marne, en face du Clos-Mortier) et achat de la Forge Neuve en 1867. Le Clos-Mortier comprend alors une pointerie à quoi s'ajoutent au 20e siècle une chainerie, une fonderie, une ferronnerie et un atelier de construction de roues. Destruction totale des bâtiments de production en 1976. En 2013 (complément d'enquête), les logements patronal (A) et de contremaître (F) et les logements ouvriers (H et G) sont toujours visibles. 1827 : 35 ouvriers dont 7 pour le haut fourneau, 13 pour l'affinerie dont 8 forgerons, 4 goujats et 1 emplisseur, 10 pour la tréfilerie, 5 à 6 pour la sablerie ; 1839 : 75 hommes et 10 enfants ; 1849 : 188 personnes employées ; 1883 : 667 hommes et 40 garçons employés.

Période(s) Principale : 4e quart 16e siècle , (détruit)
Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1733, daté par travaux historiques, porte la date

Site industriel desservi par voie navigable, embranchement ferroviaire. Description en 1989 (enquête initiale) : Logement patronal (A) un étage carré, un étage de comble ; logement patronal (B) un étage carré, un étage de comble, édifié à l'emplacement d'un moulin, la partie sud-est plus récente que la partie nord : logement de directeur ; le logement d'ouvriers (H) en rez-de-chaussée, un étage de comble, est vraisemblablement un vestige de la forge neuve.

Murs pierre
brique
enduit
pierre de taille
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toit tuile mécanique, ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans
croupe
demi-croupe
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
Typologies arc segmentaire, rectangulaire
États conservations détruit, vestiges, désaffecté
Techniques sculpture
Représentations symbole des arts
Précision représentations

Support : ailes du logement patronal.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables logement patronal

Annexes

  • HISTORIQUE

    Septembre 1575 : Des lettres patentes sont délivrées par Henri III à Jean Buat, marchand à Saint-Dizier, autorisant la construction d'une "forge à fer et acyer''.

    1604 : Décès de Jean Buat.

    Janvier 1605 : Henri IV confirme le privilège de la famille Buat.

    Vers 1615 : Hugues Buat obtient la concession complète de l'usine du Clos-Mortier.

    29 mai 1623 : La veuve de Hugues Buat loue le gagnage du Clos-Mortier à Abraham Lecontal, demeurant à la noue.

    5 août 1702 : Jacques Legrand, dont la famille possède la forge depuis 1639, vend le Clos-Mortier à Laurent Certain, conseiller du roi à Joinville.

    8 août 1702 : Laurent Certain épouse Marguerite Paillette.

    1731 : Le Clos-Mortier comprend un fourneau, une chaufferie, une affinerie et une fenderie. Production : 300 milliers de fer pour une consommation de 8 700 cordes de bois.

    1784 : Usine complétée par une deuxième affinerie et un bocard avec patouillet. La production est de 450 tonnes de fonte.

    1798 : René Certain vend le Clos-Mortier à Jean-Hubert Rozet.

    1799 : Jean-Hubert Rozet se marie à Marie-Francoise Pierrette de Papon de Marange, alliée à la famille du poète Lamartine.

    An 10 : L'usine comprend un haut-fourneau, une fenderie, deux feux d'affinerie, un moulin.

    1809 : Leblanc, Adrien et Rozet vendent la forge la Foudroyante, édifiée en 1794 pour subvenir aux besoins de la Défense Nationale et abandonnée depuis 1798.

    1827 : Le Clos-Mortier est composé d'un haut-fourneau, de deux affineries, d'une tréfilerie et une fenderie. La production est de 630 tonnes de fonte en gueuses, 450 tonnes de fer "fendu" et 60 tonnes de fil de fer. 35 ouvriers internes sont occupés dont : 7 pour le haut-fourneau, 13 pour l'affinerie (dont 8 forgerons, 4 goujats et un emplisseur), 10 pour la tréfilerie, 5 à 6 pour la sablerie.

    4 juillet 1828 : Décès de Jean-Hubert Rozet. Son neveu Jules Rozet lui succède.

    1834 : Le Clos-Mortier est composée de 2 patouillets avec bocards, un haut-fourneau au charbon de bois, 1 bocard à loitier et scories, 2 foyers d'affinerie au charbon de bois, un marteau de 325 kg, 2 spotards, 4 chaufferies au bois, 19 cylindres étireurs et une banc à tirer, 1 roue à godets et 11 roues à aubes force 103. 71 ouvriers sont occupés.

    18 juillet 1838 : Autorisation d'ajouter un haut-fourneau au Clos-Mortier.

    1839 : Rozet et de Menisson emploient 75 hommes et 10 enfants.

    1842 : Lesperut, de Bienville et Rozet sont propriétaires du moulin de Guè.

    1849 : Rozet emploie 188 personnes dont : 38 hommes célibataires, 24 femmes célibataires, 42 hommes mariés, 42 femmes mariées, 2 veufs, 4 veuves, 19 garçons et 17 filles de moins de 12 ans.

    5 septembre 1851 : Autorisation d'établir une seconde usine, dite des Lachats, au lieu-dit la Fosse cadet : elle comprend 1 haut-fourneau, 5 fours à puddler, 2 fours à réchauffer à la houille, 3 trains de laminoirs et une presse.

    14 février : Rozet et de Ménisson sont autorisés à construire un haut-fourneau temporaire dans l'usine du Clos-Mortier pour faire des essais comparatifs entre le coke et le charbon. Il ne s'agit que "d'une simple tour de moellons cerclée de fer" établie dans le but :

    - de donner de l'ouvrage aux ouvriers forgerons au marteau qui en manquent pendant l'hiver,

    - de faire des essais comparatifs entre le coke et le charbon qui, faits sur une trop grande échelle, deviendraient trop dispendieux,

    - d'utiliser l'excédent de charbon provenant d'acquisition de bois qui n'ont pu être mis à couvert et sont exposés aux intempéries,

    - de compléter quelques fournitures spéciales demandées par la compagnie de Blesmes à Gray.

    En fait, seul le charbon sera utilisé.

    14 novembre 1857 : Autorisation d'ajouter un troisième haut-fourneau à l'usine du Clos-Mortier qui doit produire 740 000 kg de fonte.

    1861 : Jules Rozet fait construire 24 maisons d'ouvrier.

    1862 : Jules Rozet fait construire 4 maisons.

    Juillet 1862 : Un haut-fourneau est approprié pour marcher au coke seul.

    1867 : Jules Rozet fait l'acquisition de la forge neuve pour environ 200 000 francs.

    Janvier 1868 : Le Clos-Mortier n'a que 5 fours à puddler d'actifs sur 10, et 2 fours à réchauffer sur 4, et encore, cela tient-il à la fabrique de tréfilerie et de pointerie qui est montée dans l'usine.

    1869 : - Simon, Lemuth et Cie, société exploite les forges et haut-fourneau du Clos-Mortier depuis 1859, produit de la fonte à refondre, des fers laminés, des cercles et rubans, du fer de Suède pour clous à cheval et taillanderie, des fils de fer, des pointes.

    - Jules Rozet est autorisé à établir un lavoir pour permettre aux 155 familles attachées aux usines du Clos-Mortier, des Lachats et des Eturbées, et qui n'ont à leur disposition que "deux petits bassins placés dans de mauvaises conditions matérielles et morales", de pouvoir laver leur linge.

    3 mars 1871 : Décès de Jules Rozet.

    1872 : Albin Rozet fait démolir 12 logements.

    Octobre 1872 : Construction d'un haut-fourneau au Clos-Mortier.

    1874 : Simon et Lemuth emploient environ 650 ouvriers au Clos-Mortier et 250 à la forge neuve.

    1876 : Simon, Lemuth et Cie exploitent la pointerie de Guë-Ancerville.

    1er juillet 1881 : La société Reverchon et Cie succède à Simon, Lemut et Cie.

    1883 : Reverchon et Cie emploie 667 hommes et 40 garçons.

    16 mai 1892 : La société "Husson Thévignot et Cie" succède à Reverchon et Cie.

    25 février 1912 : "Lambour et Cie" succède à Husson Thévignot et Cie.

    27 juillet 1936 : Création de la "S.A. des forges du Clos-Mortier pour l'exploitation de tréfilerie, pointerie, chainerie. fonderie, atelier de construction de roues, ateliers de ferronnerie, scierie.

    1955 : Marcellot apporte à la ''S.A des forges du Clos-Mortier", les forges d'Eurville (laminage de tôle, tréfilerie, fonderie, pointerie), de Bienville (fabrique d'essieux) et de tambourine à Saint-Dizier (fabrique de chaînes). Création des "Tréfileries du Clos-Mortier et d'Eurville".

    1er septembre 1976 : Fermeture du Clos-Mortier. Démolition de l'usine.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Marne : Série E, dépôt 476. Saint-Dizier : statistiques de l'industrie et du commerce. An 10-1869.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : Série E, dépôt 476
  • AD Haute-Marne : 209 M9. Industrie. Statistique industrielle. 1825, 1828, 1834.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 209 M9
  • AD Haute-Marne : 209M 10. Statistique industrielle. Renseignements. Correspondance. 1839-1848.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 209M 10
  • AD Haute-Marne : 210M 2. Rapports sur la situation industrielle et commerciale du département. 1850-1870 [1880].

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 210M 2
  • AD Haute-Marne : 210M 3. Rapports sur la situation industrielle et commerciale du département. 1871-1880.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 210M 3
  • AD Haute-Marne : 226M 6. Etat des usines, manufactures, fabriques, etc., ainsi que du personnel employé. 1893.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 226M 6
  • AD Haute-Marne : 269M 1. Statistique industrielle. Renseignements. Correspondance. 1824-1862.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 269M 1
  • AD Haute-Marne : 269M 2. Rapports sur la situation industrielle et commerciale de l'arrondissement de Wassy. 1831-1886.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 269M 2
  • AD Haute-Marne : 3P 2455. Saint-Dizier. Matrices cadastrales.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 3P 2455
  • AD Haute-Marne : 3P 2467. Saint-Dizier. Matrices cadastrales.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 3P 2467
  • AD Haute-Marne : Série Q. Saint-Dizier. Hypothèques. Vol. 1046, art. 18 ; vol. 1074, art. 74.

    Vol. 1046, art. 18 ; vol. 1074, art. 74 Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : Série Q
  • AD Haute-Marne : 130S 192 à 200. Saint-Dizier. Moulins et usines.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 130S 192 à 200
  • Archives du Service des hypothèques de Saint-Dizier. Vol. 1625, art. 54-55 ; vol. 1630, art. 60.

    Vol. 1625, art. 54-55 ; vol. 1630, art. 60 Centre des finances publiques de Saint-Dizier
Bibliographie
  • BEGUINOT, Pierre. Une grande industrie haut-marnaise disparue : la production de la fonte et du fer. Chaumont, 1979. 293 [263] pages.

    p. 128-131
  • DELORME, Philippe. Jules Rozet (1800-1871) : maître de forges, Président de la Chambre de commerce de la Haute-Marne en Champagne métallurgique sous la Révolution industrielle. Lucidité et détermination. [Reims] : APIC, 2007. (Cahier hors-série de l'APIC). 229 p. Texte remanié de : Thèse doct : Histoire : Paris 1 : 2002.

  • DIDIER, C. (abbé). Etude historique et statistique sur Saint-Dizier. Saint-Dizier : Impr. G. Saint-Aubin et Thévenot, J. Thévenot successeur, 1897. 361 pages.

    p. 233-241
  • REYBAUD, Louis. Jules Rozet. Paris : Impr. de Chamerot, 1877. 33 pages.

Périodiques
  • G[ARILLOT], J[acques]. La création du haut fourneau et de la forge de Clos-Mortier [Les archives de Clos-Mortier]. Revue d'histoire de la sidérurgie, 1964 (1er trim.), tome V, p. 95-97.

    p. 95-97
  • La métallurgie à Saint-Dizier d'après la série du journal ''L'Ancre'' conservée aux Archives départementales de la Haute-Marne (1886-1905). Les Cahiers Haut-Marnais, 1er et 2e trim. 2000, n° 220-221, p. 40-56.

    p. 53