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Usines d'impression sur papier ; imprimeries

Dossier IA51001696 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Champagne-Ardenne
Dénominations imprimerie

12 sites d'usines d'impression sur papier ont été recensés en Champagne-Ardenne : 8 sites, soit 61,5 %, sont situés dans le département de la Marne (dont 4 à Reims), 2 dans celui de l'Aube, 1 en Haute-Marne et 1 dans les Ardennes.

La plus ancienne imprimerie de ce corpus est ardennaise : Jean-Baptiste Louis Trécourt, issu d'une famille d'imprimeurs depuis le 18e siècle, crée en 1812 une imprimerie à Charleville-Mézières. L'usine de typographie et lithographie de Wassy, en Haute-Marne, est fondée également dans la 1ère moitié du 19e siècle.

Mais le déploiement des imprimeries en Champagne-Ardenne se situe dans la seconde moitié du siècle (5 cas sur 12). Leur développement est sans aucun doute lié à celui de la presse écrite, développement favorisé à l'échelle nationale et européenne par des facteurs politiques, économiques et intellectuels (mesures en faveur de l'instruction, besoin croissant d'information, loi sur la liberté de la presse en 1881, etc.), et bénéficie alors des évolutions techniques de la Révolution industrielle. La rotative, presse conçue et construite par l'américain Hoe en 1844, permet d'imprimer en masse et donc à meilleur marché. L'imprimerie construite à Reims vers la fin des années 1860 par la société de L'Indépendant rémois est destinée à éditer le quotidien du même nom ; à Châlons-en-Champagne, l'imprimerie Le Roy édite Le Progrès de la Marne puis L'Union Républicaine. On peut encore citer l'imprimerie sparnacienne portant le nom du journal qu'elle imprime Le Courrier du Nord-Est.

C'est aussi précisément durant la 2e moitié du 19e siècle que se développe l’industrie du champagne et son commerce. Cette activité a engendré l'essor d'industries annexes, notamment celui des imprimeries. Cet impact de l'industrie vinicole est particulièrement perceptible dans la Marne : les 5 imprimeries recensées pour cette période sont marnaises (Reims, Châlons-en-Champagne, Ay et Epernay).

Pour la période suivante, la 1ère moitié du 20e siècle, les 2 cas d'implantation d'imprimerie connus sont à nouveau marnais ; citons notamment l'imprimerie Lévy d'Epernay, dont l'activité d'impression d'étiquettes de bouteilles de champagne atteste encore l'incidence de l'industrie vinicole.Les implantations apparaissent moins nombreuses durant cette période mais le secteur reste vigoureux. A Reims, la maison Matot-Braine ouvre une nouvelle usine d'imprimerie au lendemain de la Grande Guerre. A Reims toujours, des agrandissements d'usine témoignent du dynamisme du secteur (les deux imprimeries rémoises, L'Indépendant rémois et Beglot, ayant subi des dégâts lors de la Première Guerre mondiale, sont reconstruites vers 1920, et toutes deux en profitent pour se développer). C'est aussi à la fin de cette période que l'imprimerie de Charleville-Mézières prospère ; elle comporte alors près de 50 employés dans les années 1950.

Les imprimeries recensées en Champagne-Ardennes datant de la 2e moitié du 20e siècle ne sont pas des créations ex nihilo mais réoccupent des sites industriels désaffectés. C'est le cas des 2 imprimeries auboises du corpus : l'usine d'impression Lebois-offset à Bar-sur-Aube s'ouvre sur le site de l'usine de bonneterie Doré et fils en 1955, et plus tard l'imprimerie de Sainte-Savine prend également place sur le site d'une ancienne bonneterie. Une situation comparable est constatée à Reims, où la maison Matot-Braine, installée rue de l'Ecu, occupe les bâtiments de la bonneterie Troyes-Reims-bonneterie, située dans la même rue, après sa cessation survenue vers 1960.

Le déclin des usines d'imprimerie champardennaises est perceptible dès le 3e quart du 20e siècle : à Reims, l'imprimerie de L'Indépendant rémois et Matot-Braine cessent de fonctionner durant cette période ; à Bar-sur-Aube, la cessation a lieu vers 1980.

A l'heure actuelle, seuls 3 sites sur les 12 sites champardennais recensés poursuivent leur activité d'imprimerie : l'ancienne imprimerie Trécourt, devenue Anciaux, à Charleville-Mézières, l'imprimerie Plantet d'Ay et la S.A. Jean Guillemin à Wassy. Les autres sites sont soit abandonnés (2 cas) ou affectés à d'autres usages (commerces, structures médicales, logements, etc. ; 4 cas), soit détruits (3 cas) pour faire place principalement à des habitations.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Il n'est pas possible de dégager les caractéristiques architecturales des imprimeries champardennaises. Signalons en premier lieu que sur les 12 sites recensés, 4 usines se sont installées dans des structures préexistantes : pour la plus ancienne, l'imprimerie Plantet d'Ay occupe les locaux d'une ancienne gendarmerie ; pour les 3 autres cas (Bar-sur-Aube, Sainte-Savine et Matot-Braine à Reims), les usines d'impression intègrent des bâtiments propres à une autre catégorie d'architecture industrielle, la bonneterie.

Par ailleurs, très peu d'usines nous sont parvenues dans leur état d'origine : beaucoup ont en effet été détruites pour faire place à d'autres bâtiments ; d'autres ont été reconstruites : l'imprimerie de Charleville-Mézières a été entièrement restaurée après un incendie survenu en 1920 n'ayant épargné que la façade sur rue et les murs extérieurs de l'usine primitive, les deux imprimeries rémoises (L'Indépendant rémois et Beglot) ont, on l'a vu, été complètement reconstruites.

Décompte des œuvres bâti INSEE 1500
repérées 250
étudiées 12