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Usines de bonneterie

Dossier IA51001692 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Ardennes, Aube, Marne, Haute-Marne
Dénominations usine de bonneterie

Une usine de bonneterie est une usine textile où l'on fabrique des tissus à mailles (bas, chaussettes, lingerie, sous-vêtements, etc.) sur des métiers appelés tricoteuses.Le repérage du patrimoine industriel réalisé en Champagne-Ardenne a recensé 217 usines de bonneterie, qui représentent à elles seules 18,5 % de l'ensemble des sites du corpus régional toutes industries confondues ; ce qui en fait, et de loin, l'activité la plus représentée de la région.Ces 217 sites se trouvent pour 94 % d'entre eux dans le département de l'Aube (204 sites). Les 13 autres étant majoritairement implantés dans le département de la Marne (10 sites). La part de la Haute-Marne (2 sites, à Saint-Dizier et Rolampont) et des Ardennes (1 site, à Signy-l'Abbaye : filature devenue bonneterie après la Première Guerre mondiale) pour cette activité est très marginale.La bonneterie est une activité largement urbaine, à 80 %. Dont l'implantation ne dépend pas - ou très peu - de la proximité d'un cours d'eau, puisque 95 % ne se trouvent pas en bordure de rivière.Dans le département de l'Aube, les usines de bonneterie (204 sites) représentent l'essentiel du patrimoine industriel recensé à l'échelle du département (61 %) ; situation tout à fait exceptionnelle qui tranche notamment avec les autres départements de la région Champagne-Ardenne. En effet, même si la métallurgie occupe une place de choix dans les départements des Ardennes et de la Haute-Marne, elle n'y pèse tout au plus que 45-50 % de l'ensemble des activités recensées, et surtout ce résultat est atteint au travers d'une pluralité d'activités (forges, fonderies, haut-fourneaux, usines de transformation ou de traitement des métaux, affineries, platineries, etc) et non avec une mono-activité comme pour la bonneterie auboise. Autre parallèle régional: les établissement vinicoles dans la Marne ne comptent que pour 25 % du total des sites recensés dans ce département.L'activité de bonneterie a de plus généré des industries annexes (filatures, teintureries, usine de fabrication des métiers), qui souvent intégraient les mêmes sites ou s'implantaient dans la proximité immédiate des usines de production (cas fréquent à Sainte-Savine par exemple).Rappel historique aubois :Troyes et l'Aube formaient un pays de drapiers déjà au Moyen Age, mais cette industrie termina de péricliter au 18e siècle.La bonneterie fait son apparition en Champagne-Ardenne entre 1727 et 1730 à Arcis-sur-Aube, à l'instigation de Pierre Grassin, baron de Dienville et seigneur d'Arcis. Elle s'implante à Troyes en 1746, dans un premier temps à hôpital de la Trinité. De 1754 à 1778 on passe de 7 à 2000 métiers de bonneterie dans le département.A cette époque on travaille la laine locale, qui sera remplacée par le coton d'importation dès la fin du 18e siècle. La production est très artisanale et s'opère au domicile de l'ouvrier ; ceci jusqu'aux années 1830.Ce sera le troyen Joseph-Auguste Delarothière, qui en créant la mécanique à diminuer (métier à chaîne) en 1828-1834, ouvrira la voie à la mécanisation de l'activité. Nombre de mécaniciens-inventeurs n’auront alors de cesse de modifier les métiers rectilignes ou circulaires initiaux d'origine anglaise, ou d’en créer de nouveaux.Les inventions auboises vont se multiplier. Joseph-Julien Jacquin (horloger de métier) peut être considéré comme le père de la bonneterie moderne avec la mise au point du métier circulaire en 1841, qui connaîtra un développement sans précédent à Troyes.Ces innovations aboutissent après 1850 au développement des grandes fabriques.Des maisons de fabrication de métiers ouvrent leurs portes : Etablissements Poron, qui ont joué un rôle de tout premier plan dans le perfectionnement de l’outillage ; Etablissements Couturat, qui construisent le métier Linard ; Etablissements Lebocey, le plus grand des constructeurs de métiers circulaires, etc.Mais les progrès de la mécanisation furent lents : en 1872 dans l'Aube, la moitié des bonnetiers tricotaient encore à domicile ; et en 1875, pour la seule ville de Troyes, 6% seulement des établissements emploient plus de 50 personnes. La concentration de la production ne sera effective qu'au début du 20e siècle. En 1830 le département compte 8000 métiers. Vers 1850 Troyes fabrique un tiers de la production française, puis la moitié en 1914.La production se décentralise ensuite. Déjà dans d'autres départements (l'Aube ne produit plus que 30 % de la bonneterie française en 1940), puis à l'étranger.Dans le département de l'Aube, les bonneteries sont implantées majoritairement à Troyes (93 sites) et dans sa périphérie (Sainte-Savine : 25 sites, Saint-André-les-Vergers : 9 sites, Noës-près-Troyes : 2 sites, Saint-Parres-aux-Tertres : 1 site) ; cette agglomération concentrant au total près de 2 usines de bonneterie sur 3 du département (64 %). L'autre grand foyer est centré sur la commune de Romilly-sur-Seine et empiète sur la pointe sud du département de la Marne. 61 sites y ont été recensés, soit 28 % des sites du département de l'Aube : à Romilly même (38 sites), Marigny-le-Châtel (10 sites), Gélannes (3 sites), Ossey-les-Trois-Maisons, Orvilliers-Saint-Julien et Bagneux dans la Marne (2 sites chacun), Fontaine-lès-Grès et Traînel (1 site chacun) et Clesles et Saint-Just-Sauvage dans la Marne (1 site chacun).Les secteurs aubois représentés qui échappent à ces deux zones majoritaires sont le nord du Pays d'Othe, et notamment Aix-en-Othe (9 sites dans cette commune), le site historique d'Arcis-sur-Aube (3 usines) ; et quelques communes isolées (Vendeuvre-sur-Barse, Bar-sur-Aube, Virey-sous-Bar), souvent pour des installations éphémères ou de moindre importance.Autre fait remarquable, les usines de bonneterie dans 82 % des cas (que ce soit dans l'Aube ou à l'échelle de la région) n'ont pas eu d'autre activité ; situation exceptionnelle dans le domaine industriel où les reconversions et changements d'activités sur un même site représentent le cas général. De plus, les sites devenus bonneterie la plupart du temps étaient déjà du domaine textile : 7 étaient initialement des filatures (à Troyes et Signy-l'Abbaye), 3 des usines d'apprêt, 2 des usines de blanchiment d'étoffes (Troyes), et 1 usine textile généraliste (Pontfaverger dans la Marne) ; et 3 usines ont fabriqué des métiers pour la bonneterie avant de devenir des bonneteries (Troyes).Ce dernier cas permet d'évoquer le cas des usines à activités multiples. 4 usines de métiers par exemple, intégraient dès leur création une bonneterie (2 à Troyes et 2 à Romilly-sur-Seine), et l'usine Quincarlet-Dupont à Troyes intégrait sous un même toit filature et bonneterie.Les autres cas de conversions de sites concernent d'anciens moulins, devenus bonneteries (Romilly-sur-Seine, Marigny-le-Châtel, Vendeuvre-sur-Barse, Virey-sous-Bar) ; plus le cas particulier de la reconversion d'une ancienne fonderie à Troyes (Poron).Les cas de reconversion des bonneteries sont tout aussi rares : 3 sont devenues des imprimeries (Sainte-Savine et Bar-sur-Aube), 2 des magasins de commerce (Sainte-Savine); etc. Certaines ont retrouvé une activité dans le secteur textile (apprêt des étoffes, broderie) notamment à Sainte-Savine, ou ont fini par devenir une fabrique de métiers (Saint-Parres-aux-Tertres).Les installation les plus anciennes mentionnées dans notre corpus sont celles des établissements Gabut à Troyes, pendant le 2e quart du 19e siècle, Savouré à Arcis-sur-Aube en 1844 (mais le site recensé date du 3e quart du 19e siècle), et Raguet à Troyes (début du Second Empire, mais bâtiments vers 1900). L'usine Marot à Troyes et l'usine Evrard à Sainte-Savine sont mentionnées dès 1865 environ.Les grandes dates d'implantation suivent le rythme de l'industrialisation et de la concentration de l'activité. Les créations de bonneteries industrielles sont peu nombreuses dans les années 1860 (7) et 1870 (5), le sont davantage dans les années 1880 (16) et 1890 (13), commencent à se multiplier dans les années 1900 (22) et 1910 (21), mais connaissent un réel essor dans les années 1920 (51 créations) et 1930 (57), avant de décroître rapidement dans les années 1940 (8 créations) et 1950 (9) ; les trois seules créations des années 1960 étant contemporaines du déclin de l'activité.Si la place troyenne, prédominante on l'a dit, a toujours eu une place privilégiée, la part des créations d'usines de bonneterie dans son agglomération décroit entre le début de la période (71 % - 100 % - 62 % des créations régionales dans les années 1860, 1870 et 1880), la fin du 19e siècle (54 % dans les années 1890) et surtout le début du 20e siècle (41 % et 38 % dans les années 1900 et 1910) ; pour retrouver un niveau moyen dans les années 1920 et 1930 (69-65 %). Cette perte relative d'importance de l'agglomération de Troyes entre 1890 et la Première Guerre mondiale se produit au bénéfice notamment des sites de l'agglomération de Romilly-sur-Seine, dont le poids réel dans la région est d'environ 25 %, mais qui dans les années 1900 et 1910 totalisent en moyenne 50 % des créations d'entreprises (respectivement 53 et 48 %). Cette période autour de 1900-1915 semble donc être la grande période de la bonneterie romilloise.Des familles ou sociétés se trouvent associées à l'histoire de plusieurs sites : Valton (9 sites : 7 à Troyes ou périphérie, 1 à Virey-sous-Bar, Romilly ou Fère-Champenoise), Quincarlet/Quinquarlet (8 sites : 4 à Troyes, 2 à Aix-en-Othe et 1 à Romilly et Fère-Champenoise), Gillier (5 sites : 4 à Troyes et périphérie et 1 à Saint-Dizier), etc. Certains noms sont associés à une commune particulière : les mentions des Boudios (4 sites), Bellemère (2 sites) et Jacquemard (4 sites) ne concernent que Romilly-sur-Seine ; Sinelle est uniquement à Aix-en-Othe et Marin exclusivement à Marigny-le-Châtel. Plus récemment, 12 sites furent repris par la société Devanlay, la plupart à Troyes (9 sites), les autres à Romilly-sur-Seine (2 sites) et à Saint-Dizier.Les fermetures d'usines de bonneteries sont exceptionnelles avant le milieu du 20e siècle (reconversion de l'usine Quincarlet-Dupont de Troyes en 1912, non reconstruction du site de Vienne-le-Château détruit pendant la Première Guerre mondiale) mais commencent à partir de cette date ; puis leur rythme s'accélère. De 12 dans les années 1950, elle passent à une cinquantaine pendant chacune des deux décennies suivantes, puis à une trentaine pendant les années 1980 ainsi que pendant les années 1990. Total auquel il faut ajouter la quarantaine de fermetures parvenues depuis les années 1986-1990 et la fin de la première enquête d'inventaire menée sur le sujet (étude Gilles Alvès).Le secteur de la bonneterie, qui employait encore 15000 salariés vers 2000, n'en emploie plus guère que 3000 aujourd'hui. Très peu de bonneteries restent en activité. On peut citer à Troyes l'ancienne usine Valton Quincarlet, qui produit encore pour la marque Petit Bateau, l'ancienne usine Gillier qui travaille actuellement pour la marque Lacoste (groupe Devanlay), l'ancien site Doué et Lamotte, partiellement occupé par le même groupe, et la bonneterie du Pont de Châlons, toujours en activité ; et à Romilly-sur-Seine : l'ancienne usine Claverie-Boos qui produit pour la marque Le Coq Sportif.Une ancienne bonneterie s'est reconvertie dans la broderie mécanique : Abitex à Sainte-Savine.Les anciens sites de bonneterie, le plus souvent sont devenus ou accueillent des habitations, dans 2 cas sur 3 (146 sites), parfois (10-12 % des sites) des magasins et notamment des magasins d'usine, ou bien des bureaux. Certains sont devenus des établissements scolaires (4 sites), à Troyes (E.S.C), Aix-en-Othe, Signy-l'Abbaye (provisoirement pour ces deux derniers).42 usines de bonneteries sont aujourd'hui détruites, ce qui représente 19 % du tout ; total somme toute relativement peu élevé comparé à d'autres secteurs industriels. De fortes disparités existent selon les communes. Si les villes de Troyes et Romilly-sur-Seine sont dans la moyenne (respectivement 20 % et 18 %), les communes de l'agglomération de Troyes, Sainte-Savine et Saint-André-les-Vergers, ont su mieux conserver et réhabiliter leurs anciennes bonneteries puisqu'on y constate respectivement que 8 % et 11 % de destructions. Il ne subsiste par contre plus aucune traces des bonneteries recensées à Arcis-sur-Aube.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

La première période significative de construction des usines de bonneterie est le 4e quart du 19e siècle, plutôt après 1880 : 15 % du bâti conserve des témoins de cette époque. Mais la principale époque de construction des bonneteries est la première moitié du 20e siècle (pour 4 sites sur 5) et notamment le 2e quart du 20e siècle (2 sites sur 3) ; et ceci surtout à Sainte-Savine où 68 % du bâti date de cette dernière époque.

Les centres de production de la bonneterie peuvent se diviser en deux types de bâtiments : les ateliers de façonniers, qui sont des petites unités de fabrication qui présentent l’image de grosses maisons d’habitation pouvant s’élever sur deux ou trois étages, mais qui, essentiellement artisanales, ne sont concernées par l'étude du patrimoine industriel qu'incidemment. Parmi d'autres, on pourra citer les établissements Jourdain/Delaunay à Villemaur-sur-Vanne, petite structure entre-deux-guerres en brique et enduit à toit en shed couvert de tuiles mécaniques.

Le second grand type de bâtiment correspond aux plus grandes usines. Les constructions s'organisent autour d’une cour et du bâtiment accueillant la force motrice. Les ateliers sont souvent flanqués de hangars pour le stockage de la production. 3 sur 4 présentent des toits en shed, qui proposent leur forme caractéristique bien discernable (on peut citer, parmi d'autres : à Troyes les usines Doué-Lamotte, Bronner et fils ou Prévost et Cie ; à Reims la Société rémoise de bonneterie/Timwear).

Les bonneteries, comparées à d'autres industries, généralement ne comportent que peu d'étages d'élévation : dans 88 % des sites les bâtiments ne présentent qu'un rez-de-chaussée ou un seul étage, seulement 10 % montrent 2 étages ; et 2 % (4 sites) 3 étages : à Troyes l'usine Vanarrien-Derrey, à Sainte-Savine les usines Boisseau (1923/1950) et de la Bonneterie de l'Aube (1934), et à Romilly-sur-Seine la société Bellemère (vers 1930). Ces cas avec ateliers de fabrication à plus de deux étages correspondent toujours à des constructions en béton, et donc plus récentes.

Ne pas comporter beaucoup d'étages n'induit pas forcément une moindre élévation. Les constructions les plus anciennes au contraire (fin 19e siècle - 1er quart du 20e siècle), bien qu'aux ateliers à 1 ou 2 étages tout au plus, présentent l'aspect très spécifique des grandes bonneteries avec grands et hauts volumes, ouverts de larges fenêtres ; formes que l'on trouve par exemple aux usines Mauchauffée, Vitoux/Quinquarlet ou Bazin/Bellot à Troyes. Parfois les ateliers sont très vastes, comme par exemple à la bonneterie Delostal/Gillier à Troyes. Dès avant le milieu du 20e siècle les bâtiments souvent perdent de la hauteur et les sites s'étendent en surface. Il s'en trouve de beaux exemples aux nombreux toits en shed (à Troyes par exemple, la Bonneterie fine troyenne).

A mi-chemin entre les structures modestes, quasi artisanales, et les grands sites existent de nombreux sites intermédiaires, en taille et en qualité de construction. La bonneterie Bruley à Estissac associe l'architecture d'une grande bâtisse locale à celle plus spécifique d'ateliers élevés et aux grandes baies. A Romilly les usines Boudios, Leblanc, La Française par exemple présentent elles-aussi, dans des styles différents, des volumes industriels de taille moyenne.

Les matériaux de construction doivent répondre aux problèmes de résistance aux poids et aux vibrations des métiers. La brique est le matériau le plus présent (sur 72 % de sites), devant la pierre (41 % des sites) et le béton (27 %) ; ce dernier utilisé tout d'abord en structure (planchers, vers 1890) avant d'apparaître sur les façades (après 1910). Le torchis et le bois sont encore présents dans les bâtiments les plus anciens. Le site Mauchauffée/SNC par exemple, mêle les matériaux traditionnels locaux et les matériaux plus industriels dans des constructions échelonnées entre 1876 et 1914.

Ces matériaux simples peuvent produire de beaux effets décoratifs basés sur les contrastes entre brique et moellon, dont la ville de Troyes notamment conserve de nombreux exemples. On citera les usines Vinot, Bonbon, Guivet/Couturat, Pillot/Brelet. A Marigny-le-Châtel la bonneterie Lille Fimbert associe avec le même effet pierre de taille et brique, son toit terrasse est bordé d'une balustrade. A Romilly-sur-Seine l'accord brique/moellon de l'ancienne bonneterie Prégermain/Bernard (reconvertie en logements) s'agrémente d'un décor de céramique peinte. Plus proche de nous, la bonneterie Valton/Daout à Troyes s'ouvre par une intéressante façade en béton.

35 sites conservent toujours leurs cheminées d'usine ; proportion relativement faible (16 %). On citera par exemple celles se trouvant sur les sites Evrard-Dard à Sainte-Savine, et Bonbon à Troyes.

80 bonneteries ou anciennes bonneteries sont associées à du logement industriel ; essentiellement à des maisons patronales (présentes sur 71 sites). Elles peuvent prendre plus ou moins de développement en fonction de l'importance de l'usine. On citera quelques exemples remarquables : à Troyes aux usines Vinot (actuelle Chambre des Métiers de l'Aube), Bonbon, Delostal/Gillier ; à Romilly-sur-Seine à l'usine Prégermain/Bernard ; à Marigny-le-Châtel à l'usine Delacroix/Valton ; dans la Marne à Bagneux à l'usine Pluot.

Assez peu de sites conservent des logements ouvriers intégrés (4 cas) : à Arcis-sur-Aube (usine Bourgeois), Bar-sur-Aube, Marigny-le-Châtel, Vienne-le-Château. Les cités ouvrières conservées sont à peine plus nombreuses : 7 cas trouvés à Troyes (cité de la bonneterie Cornuel par exemple), Virey-sous-Bar, Marigny-le-Châtel, Fontaine-les-Grès et Pontfaverger (51).

Au niveau de l'implantation, la proximité de la desserte ferroviaire est un avantage. La première voie ferrée (1848) à Troyes a suscité l’installation d’établissements. Le prolongement de la ligne en 1857-1858, avec une nouvelle gare aux limites des communes de Troyes et de Sainte-Savine, dotée d’une gare aux marchandises en 1876, attire de nombreuses usines à proximité à partir de la 2e moitié du 19e siècle, au faubourg Croncels à Sainte-Savine et au quartier des Marots.

Sainte-Savine montre toujours aujourd'hui des bâtiments industriels dont l’importance est telle qu’ils forment de véritables îlots qui regroupent des entreprises bonnetières et des entreprises complémentaires : filatures, teintureries, constructions mécaniques.

Le bâti industriel de la bonneterie est toujours très présent dans le paysage urbain aubois, notamment à Troyes.

Aucune bonneterie n'est protégée au titre des monuments historiques en Champagne-Ardenne.

Décompte des œuvres bâti INSEE 1500
repérées 250
étudiées 217

Références documentaires

Bibliographie
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Périodiques
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  • HUMBERT, Jean-Louis. Les établissements de la bonneterie à Troyes (1870-1914). Un patrimoine industriel à sauvegarder. La Vie en Champagne, avril-juin 1996, n° 6 [nouvelle série], p. 15-21.

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