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Usines de céramique

Dossier IA51001681 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Champagne-Ardenne
Dénominations usine de céramique, briqueterie, faïencerie, tuilerie, usine de grès, usine de porcelaine, usine de poterie

52 usines de céramique (18 Aube + 15 Marne + 10 Hte-Marne + 9 Ard.) dont 7 usines de céramique (3 Aube + 2 Marne + 2 Ard.), 13 briqueteries (1 Aube + 6 Marne + 6 Ard.), 4 faïenceries (1 Aube + 2 Marne + 2 Hte-Marne), 19 tuileries (7 Aube + 2 Marne + 9 Hte-Marne + 1 Ard.), 7 briqueteries/tuileries (5 Aube + 2 Marne), 1 usine de grès (Aube), 1 usine de porcelaine (Marne) et 1 usine de poterie (Aube).

La catégorie des usines de céramique regroupe les usines de céramique au sens strict, les briqueteries et les tuileries, pour un total de 52 sites dont 18 dans l’Aube, 15 dans la Marne, 10 en Haute-Marne et 9 dans les Ardennes. Il n’y a pas d’usine de céramique et de briqueterie en Haute-Marne. Les briqueteries se répartissent surtout dans la Marne (6 sites) et les Ardennes (6 sites) sur un total de 13. Les tuileries sont présentes de façon équilibrée surtout entre l’Aube (12 sites si l’on compte aussi des tuileries/briqueteries) et la Haute-Marne (9 sites).

Quelle que soit la nature de leur production, tous ces établissements industriels sont tributaires de la matière première, l'argile essentiellement (donc de la nature du sous-sol) et du combustible pour l'alimentation des fours (houille). Ces facteurs ont déterminé l’implantation des usines dans les zones d’affleurement de l’argile et près des grandes voies de communication du 19e siècle (canaux, voies ferrées). Ainsi, de l’Aube aux Ardennes, les sites s’échelonnent le long de la dépression argileuse située au pied du plateau crayeux de la Champagne sèche, du Pays d'Othe (site de Fontvannes dans l’Aube) au Vouzinois (sites de Senuc et Châtel-Chéhéry dans les Ardennes), en passant par la région des lacs aubois (sites de La Villeneuve-au-Chêne, Brévonnes, Radonvilliers par exemple), la vallée de la Saulx (site de Pargny-sur-Saulx dans la Marne) et l'Argonne (site de Sainte-Menehould dans la Marne). De plus, dans les Ardennes, des sites se sont aussi installés près des principales voies de communication : ceux de Vouziers, Attigny, Château-Porcien sur les bords de l'Aisne canalisée, ceux de Blanchefosse-et-Bay, Hierges, Sachy sur le passage du chemin de fer. La proximité obligée avec les sites d’extraction explique l’éloignement des grosses agglomérations (à l’exception du site haut-marnais de Langres qui a eu pour conséquence la difficulté de reconversion de ces usines et a conduit le plus souvent à l'abandon des installations.

Usines de céramique, faïenceries, usines de grès et de porcelaine

La dénomination d’usine de céramique désigne 7 établissements dont les types de production sont divers : de la poterie (La Villeneuve-au-Chêne), des statues religieuses en terre cuite (Vendeuvre-sur-Barse dans l’Aube), des produits réfractaires (Sézanne dans la Marne et Hierges), des pipes hollandaises (Givet dans les Ardennes), des porcelaines, terres cuites et faïences d’art (Villenauxe-la-Grande dans l’Aube), de la céramique (Pargny-sur-Saulx).

La plus ancienne est la fabrique de pipes en terre cuite de Givet, fondée en 1780 par Jean Gambier, qui aurait fabriqué deux milliards de pipes et qui a employé jusqu'à 600 personnes en 1868, avant de fermer définitivement en 1928, et dont les bâtiments (les plus anciens datant peut-être de la fin du 18e siècle et le plus important du milieu du 19e siècle) ont été en partie réutilisés dans lors de l’établissement d’une cité scolaire en 1962.

Les autres usines ont été créées au 19e siècle (des environs de 1850 pour celle de Villenauxe-la-Grande à 1892 pour celle de Hierges) et au début du 20e siècle (Sézanne). Les sites de Pargny-sur-Saulx et de Hierges ont été détruits pendant la Première Guerre mondiale puis reconstruits, et celui de Vendeuvre-sur-Barse a été endommagé durant la Seconde Guerre mondiale.

Toutes ces usines ont vu la nature de leur production évoluer au fil de leur histoire. Ainsi, la sainterie de Vendeuvre, dont la production a atteint 12000 statues par an, a dû se tourner vers la fabrication de carreaux de céramique à partir de 1961, avant de fermer une vingtaine d’années plus tard. L’usine de la Villeneuve-au-Chêne, implantée sur le site d’un ancien moulin et d’une ancienne forge anglaise, a successivement produit de la poterie, de la céramique, avant de se spécialiser dans les appareils sanitaires. Les usines de Sézanne et de Hierges ont fabriqué respectivement de la céramique et des briques, puis des produits réfractaires. Ces trois derniers établissements sont encore en activité, ce qui correspond presque à la moitié des usines de céramique (3 sur 7). Les autres ont fermé et seul le site de la sainterie est occupé par une nouvelle activité (un atelier d’huisseries métalliques).

La création des faïenceries de Sainte-Menehould et de Langres remonte respectivement à 1735 et 1758, mais leur activité a cessé dès le milieu du 19e siècle. Entre temps, la première avait connu une importante phase de prospérité durant le 1er quart du 19e siècle. Les deux établissements sont devenus des maisons d’habitation. Ces deux faïenceries ont été inscrites à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques : celle des Auges à Langres, le 19 août 1986 et celle des Islettes à Sainte-Menehould, le 21 juillet 2006.

Les deux autres faïenceries ont été fondées en 1838 (Radonvilliers) et en 1884 (Vitry-le-François dans la Marne). La première a fermé ses portes en 1959 et se trouve reconvertie en entreprise de fabrication et commerce de fleurs artificielles. La deuxième est toujours en activité, après avoir été reconstruite après les importants dommages dus à la Seconde Guerre mondiale et s’est spécialisée dans les sanitaires en céramique.

A proximité de la faïencerie de Radonvilliers fut installée en 1888 une usine de grès, fabriquant de la poterie ordinaire mais également des grès artistiques. Elle a cessé son activité dès 1907.

La fabrique de porcelaine d’Esternay (Marne) a eu, elle aussi, une existence assez courte, puisque, fondée vers 1904, elle a fermé ses portes peu après 1960. Elle est restée en l’état et les logements ouvriers qui l'accompagnaient sont toujours habités.

Briqueteries et tuileries

Les 39 fabriques de briques et/ou de tuiles champardennaises ont été créées en grande majorité au 19e siècle (31 sites sur 39 soit 79,5 %) et plus particulièrement dans les décennies centrales et durant la seconde moitié du siècle (8 sites avant 1850, 7 sites dans la décennie 1850 et 14 sites de 1860 à 1900). Les créations du 20e siècle se situent dans les années 1920-1930 et sont liées à la reconstruction d'après Première Guerre mondiale.Pour les briqueteries, les usines employaient le plus souvent, pour les cas connus, de 15 à 20 ouvriers, mais à Champigny (Marne) ce chiffre est monté à 200 avant la Grande guerre. Quelques chiffres concernant la production sont connus : à Sachy, dans les années 1860, 6 ouvriers produisent annuellement 500 000 briques ; à Attigny (Ardennes) la production était encore de 30 000 briques par jour en 1965. Pour les tuileries, au milieu des années 1950, dans l’Aube, la production annuelle, aux Croûtes, est d'environ un million de tuiles plates par an (15 ouvriers), à la Vendue-Mignot de 200 000 à 300 000 tuiles plates (4 ouvriers), et à Saint-Phal de 500 à 600 000 tuiles plates (4 ouvriers). A Langres, en 1951, la tuilerie employait 165 ouvriers.

Sur l’ensemble des 39 sites industriels de briqueteries et/ou tuileries, un seul demeure actif au début du 21e siècle. Il s’agit de l’entreprise Royer (à Soulaines-Dhuys dans l’Aube), qui existait déjà avant 1880 où la famille Royer a d’abord produit des briques, puis de la céramique. Les autres fabriques ont vu leur activité cesser dès le 19e siècle pour l'une d'entre elles (Chaource) et, pour les 8 autres cas, durant la 1ère moitié du 20e siècle (de 1905 pour la tuilerie de Balaives-et-Butz dans les Ardennes à 1930 pour la briqueterie de Saint-Imoges dans la Marne) ; notamment au moment de la Seconde Guerre mondiale (4 cas durant les années 1940). Mais c’est dans les années 1970 (10 cas) et 1980 (5 cas), que les fermetures se sont multipliées pour s’achever à la fin du 20e siècle.

Après la cessation d’activité, les sites ont majoritairement été laissés à l’abandon ou détruits au moins partiellement (22 sites sur 38 soit 58 %) ; les logements patronaux ou ouvriers – quand ils existaient - conservant leur fonction d’habitation. Le premier cas de figure a conduit à une ruine plus ou moins avancée des anciens édifices dont il ne reste souvent que des vestiges : à Aulnoy-sur-Aube dans l’Aube, à Breuil dans la Marne, à Senuc dans les Ardennes ; à Fontvannes, à Fresnoy-le-Château et à la tuilerie Mocquery-Degoisey de Saint-Phal (3 sites aubois) en revanche, les bâtiments sont désaffectés mais encore debout. Dans d’autres cas, les destructions ont concerné les bâtiments industriels, les bureaux (transformés en maisons) et/ou les logements associés étant conservés, comme ce fut le cas à Sainte-Menehould, Saint-Imoges, et Chessy-les-Prés (Aube).

Dans 16 cas sur 38 (soit 42 %), les sites industriels ont été réutilisés par d'autres types d’activités qui ont permis la reconversion de tout ou partie du bâti existant, ou ont fait table rase de l'existant pour construire de nouveaux locaux. Ainsi, 6 sites sont devenus des exploitations agricoles : par exemple la briqueterie de Blanchefosse-et-Bay ou les tuileries des Croûtes et de Chaource. Les 10 autres sites sont occupés par des activités commerciales ou artisanales (par exemple à Château-Porcien, Sainte-Menehould, Langres, Rolampont dans l’Aube).

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Usines de céramique, faïenceries, usines de grès et de porcelaine

Les usines de céramiques, de faïence, de grès et de porcelaine ne présentent pas de traits architecturaux typiques et communs, si ce n’est l’existence d’un ou plusieurs fours. Elles comprennent plusieurs bâtiments dont un atelier de fabrication, des pièces de séchage, des magasins industriels, des bâtiments administratifs et de logement.L’organisation du site de la faïencerie des Islettes à Sainte-Menehould, dont les bâtiments industriels ont disparu, est néanmoins bien connu : il comportait des ateliers de tourneurs et de mouleurs, 8 fourneaux, des hangars à bois, 2 moulins, des fosses et séchoirs à terre.

Le logement du directeur de l’usine Gilardoni de Pargny-sur-Saulx, sauvé des destructions de la Première Guerre mondiale, avait à l’origine représenté l’entreprise à l’Exposition Universelle de 1900 à Paris, avant d’être remontée dans le village.

Briqueteries et tuileries

Les tuileries édifiées au 19e siècle suivent un modèle commun pour l’atelier de fabrication : il s’agit d’une vaste halle en rez-de-chaussée aux murs en brique, renforcés parfois par des pans de fer, avec charpente en bois apparente et couverture en tuile mécanique ou plate (type que l’on trouve par exemple à Chessy-les-Prés (détruit), Fresnoy-le-Château, Pargny-sur-Saulx (détruit) et Soulaines-Dhuys (en activité).

Des briqueteries et des tuileries subsistent souvent les fours (fréquemment de type Hoffmann, postérieur à 1858), avec parfois leur cheminée en brique : c’est le cas à Châtel-Chéhéry (four en brique, à ouvertures en plein cintre et voûtes en anse de panier) et à Attigny.

Les briqueteries et tuileries comportaient elles-aussi des pièces de séchage, des salles des machines, des bureaux. A Château-Porcien, sur le site de l’ancienne briqueterie, s’élève encore une salle des machines en brique couverte de tuile mécanique qui renfermait une chaudière et une machine à vapeur. Sur le site de l’ancienne briqueterie de Sachy, subsiste un four annulaire à 10 compartiments installé dans un bâtiment en brique à charpente en bois apparente et toit à long pan.

Les logements patronaux ou ouvriers ne montrent pas de type particulier et sont présents quasiment sur tous les sites. Ils sont souvent en brique ou moellons calcaires alternant avec des briques et couverts de tuiles.A Chaource, le logement patronal de la tuilerie Sainte-Anne a un étage, est couvert de tuile plate et présente une façade ordonnancée en briques bichromes.

Décompte des œuvres bâti INSEE 1500
repérées 250
étudiées 24

Références documentaires

Bibliographie
  • ROSEN, Jean (dir.). Faïenceries françaises du Grand-Est. Inventaire : Bourgogne. Champagne-Ardenne (XIVe-XIXe siècle). Paris : Comité des Travaux historiques et scientifiques, 2001. 591 p.

    p. 401-580
  • Atlas du patrimoine industriel de Champagne-Ardenne : les racines de la modernité. Reims : SCEREN-CRDP Champagne-Ardenne, 2005.

    p. 96-97, 108-113
  • CZMARA, Jean-Claude. Les métiers du feu en Champagne méridionale. Paris : Ed. A Sutton, 2009. 170 p.

    p. 17-36, 45-88, 125-148
  • DELAMBRE, Hervé. Tuileries de Pont-aux-Verriers, Saint-Phal (Aube). [S.l.], [S.d.]. 49 p.