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Usines de produits chimiques

Dossier IA51001684 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Ardennes, Aube, Marne, Haute-Marne
Dénominations usine de produits chimiques, parfumerie, usine de caoutchouc, usine de colles, usine de produits explosifs, usine de fabrication et distillation des goudrons, usine de matières colorantes synthétiques, usine d'articles en matière plastique, usine de produits pharmaceutiques, usine de traitement des corps gras, savonnerie

29 usines de produits chimiques dont 12 usines de produits chimiques au sens strict (6 Marne + 6 Hte-Marne), 5 usine de colles (Ardennes), 3 usines de produits pharmaceutiques (Marne), 2 usine de matières colorantes synthétiques (Marne + Hte-Marne), 1 parfumerie (Marne), 1 usine de caoutchouc (Marne), 1 usine de produits explosifs (Ardennes), 1 usine de fabrication et distillation des goudrons (Hte-Marne), 1 usine d'articles en matière plastique (Ardennes), 1 usine de traitement des corps gras (Marne), 1 savonnerie (Ardennes).

La catégorie des usines de produits chimiques englobe 29 établissements dont les types de productions sont variés : des usines de produits chimiques (12 sites dont 6 dans la Marne et 6 en Haute-Marne), des usines de colles (5 sites, tous dans les Ardennes), des usines de produits pharmaceutiques (3 sites, tous dans la Marne), des usines de matières colorantes synthétiques (un site en Haute-Marne et un site dans les Ardennes), une parfumerie (Reims), une usine de caoutchouc (Muizon dans la Marne), une usine de produits explosifs (La Francheville dans les Ardennes), une usine de fabrication et de distillation des goudrons (Donjeux en Haute-Marne), une usine de traitement des corps gras (Reims), une savonnerie (Charleville-Mézières) et une usine d’articles en matières plastiques (Balaives-et-Butz dans les Ardennes). Aucun site recensé ne se trouve dans l’Aube.

Au sein des 12 usines de produits chimiques, les matières fabriquées ou transformées sont de diverses natures : par exemple le bronze en poudre à Chaintrix-Bierges (Marne), l’émail aux usines Ferro de Saint-Dizier (Haute-Marne), les alcools et carburants dans un autre établissement de cette ville, les produits pyroligneux à Roches-Bettaincourt et Bologne (Haute-Marne) ou encore le minium à Poissons (Haute-Marne).

Il ne se dégage donc aucun type d’industrie chimique dominante dans la région. On peut tout au plus signaler le pôle des 5 usines de colles installées dans le nord des Ardennes (Sedan, Givet et Fromelennes), les 2 usines de produits pyroligneux au cœur de la Haute-Marne ou encore les 4 usines de produits pharmaceutiques marnaises à Reims (2 sites), Sainte-Menehould et Epernay (usine Hinglais-Weinmann qui a également oeuvré dans le domaine pharmaceutique).

Ces usines sont établies majoritairement dans les agglomérations urbaines de la région (20 sites sur 29 soit 69 %). Elles se trouvent surtout dans les grandes villes et leur bassin économique : 7 sites à Reims et un à sa proximité (Muizon), 2 sites à Saint-Dizier, 2 sites à Charleville-Mézières et un dans sa banlieue (La Francheville), un site à Epernay et un site à Sedan. Elles se situent également dans les villes moyennes : 3 sites à Givet et un dans une commune limitrophe (Fromelennes), un site à Sainte-Menehould.

La majeure partie des usines de cette catégorie ont été créées au 20e siècle (19 sites sur 29 soit 65,5 %), principalement dans la première moitié (15 cas) avec un pic dans les années 1930 (6 cas).Sur les 9 sites fondés au 19e siècle, 5 sont correspondent aux usines de colles du nord des Ardennes et plus particulièrement de Givet (les plus importantes sont l’usine de la famille Estivant, fondée dès 1808 et celles de la famille Parent fondées vers le milieu du 19e siècle). Leur localisation est liée à la présence de nombreuses tanneries locales dont les déchets organiques constituaient la matière première de la fabrication des colles et des gélatines (les Parent étaient à l’origine une famille de tanneurs). L’usine de produits explosifs est de fondation encore plus ancienne : elle résulte de la transformation, en 1677, d’un ancien moulin en poudrerie. Elle a fonctionné jusqu’en 1796 avec d’être reprise en 1801 par l’Etat et de produire jusqu’à sa fermeture en 1904.

Les établissements de cette catégorie ont pour moitié été créés ex nihilo (15 sites) et ont pour moitié été installés sur un site consacré auparavant à une autre activité, parfois fort différente. Ainsi, la parfumerie Parchimy de Reims a été établie en 1961 dans les locaux d’une ancienne filature datant du Second Empire ; une usine de produits chimiques rémoise a repris en 1970 le site qu’occupait la biscuiterie Rogeron depuis 1791 ; l’usine de minium de Poissons a été installée vers 1895 sur le site d’une forge du 17e siècle devenue usine métallurgique ; dernier exemple, la manufacture de couleurs Gaston Dham à Charleville-Mézières s’est installée en 1945 dans les bâtiments d’une ancienne usine de chaudronnerie, tôlerie et galvanisation. Parmi les usines fondées ex nihilo se trouvent les plus anciennes, c’est-à-dire les usines de colles (4 sur 5) et la poudrerie déjà évoquées, et également les usines de produits pharmaceutiques de Sainte-Menehould et de Reims (Grandval) datant respectivement des années 1880 et 1850 ; mais aussi des établissements datant du 20e siècle comme l’usine de produits chimiques d’Epernay (vers 1930) ou l’usine de fabrication d’alcools et de carburant de Saint-Dizier (1915).

Sur l’ensemble des 29 sites, 3 seulement (soit 10 %) sont encore en activité dans le domaine des produits chimiques au début du 21e siècle. Il s’agit de l’entreprise Forbo Sarlino à Reims, spécialisée dans les produits à base de vinyls (sols en PVC ), qui s'installe sur le site en 1970 ; de l’établissement Ferro à Saint-Dizier, fondé en 1934, qui, de l’émail, a évolué vers l’industrie plastique puis les peintures, vernis, encres et mastics ; enfin de la société Les Dérivés du Caoutchouc qui fabrique des chaussures en caoutchouc pour la marque Le Chameau à Châteauvillain (Haute-Marne). Le cas de la parfumerie Parchimy est particulier : elle existe encore mais a déménagé dans une zone industrielle et son site initial a été rasé.

Les 25 autres sites ont soit connu une reconversion, soit été détruits. Dans 15 cas le site a été transformé en habitation (par exemple l’usine de produits pharmaceutiques Grandval de Reims, désaffectée dans le courant du 20e siècle) ou réutilisé par une activité commerciale, artisanale ou industrielle et parfois même plusieurs au fil du temps. Ainsi le site de l’usine de dégraissage et de savons de Reims a été repris après la Première Guerre mondiale par une entreprise de construction métallique, puis elle a servi de dépôt de ferrailles et enfin d’entrepôt commercial au début du 21e siècle. Autre exemple, les bâtiments de la manufacture de couleurs de Charleville-Mézières (désaffectée depuis la Seconde Guerre mondiale) sont occupés par un garage automobile et par les locaux techniques d’un organisme public. L’usine de produits pyroligneux de Roches-Bettaincourt a été reconvertie en usine de matériel agricole.

D’autres sites ont été laissés à l’abandon et demeurent en l’état (usine de colles Estivant à Givet) ou sont en partie détruits et n’existent plus que sous forme de vestiges (usine de produits pyroligneux de Bologne en Haute-Marne). Dans le cas de l’usine de colles du moulin Boreux de Givet les bâtiments industriels ont été détruits, mais le logement patronal sert toujours d'habitation ; il en est de même à l’usine de produits chimiques de Reims où le logement patronal subsiste en tant que maison, et où les bâtiments industriels ont été rasés pour laisser place à des immeubles de logement.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Les sites industriels de cette catégorie ayant accueilli pour la plupart plusieurs activités industrielles, commerciales ou artisanales, avant ou après l’affectation à une production de produits chimiques, et ayant connu des remaniements et des destructions, on ne peut distinguer un type d’architecture propre à cette catégorie. De plus, la nature variée des opérations liées à des productions diverses n’a pas suscité la création d’une architecture homogène.

Décompte des œuvres bâti INSEE 1500
repérées 250
étudiées 24