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Usines génératrices d'énergie (centrales et usines à gaz)

Dossier IA51001672 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Champagne-Ardenne
Dénominations centrale électrique, centrale hydroélectrique, centrale thermique, usine à gaz

33 usines génératrices d'énergie dont 7 centrales électriques (1 Marne + 6 Ardennes), 20 centrales hydroélectriques (4 Aube + 1 Marne + 14 Ardennes), 4 centrales thermiques (3 Hte-Marne + 1 Marne) et 8 usines à gaz (2 Aube + 2 Marne + 3 Hte-Marne + 1 Ardennes).

La catégorie des usines génératrices d’énergie recensées regroupe les centrales électriques (5 sites dont un dans la Marne et 4 dans les Ardennes), les centrales hydroélectriques (16 sites dont 4 dans l’Aube, 1 dans la Marne et dans la Haute-Marne, 10 dans les Ardennes), les centrales thermiques (4 sites dont un dans la Marne et 3 en Haute-Marne) et les usines à gaz (8 sites dont 2 dans l’Aube, 2 dans la Marne, 3 en Haute-Marne et un dans les Ardennes). Six autres centrales électriques ou hydroélectriques faisant partie d’importants sites industriels existent dans les Ardennes mais n’ont pas été étudiées pour elles-mêmes (par exemple celles des usines métallurgiques de Monthermé ou de Flize).

Centrales électriques et hydroélectriques

La majorité des centrales électriques et hydroélectriques (13 sites sur 21, soit 62 %) ont été installées pour alimenter en énergie des usines, des sites industriels ou parfois d’extraction et assurer leur autonomie énergétique. Elles se situent essentiellement dans les Ardennes (11 sur 13, soit 85 %).

Elles sont associées à des types variés de sites industriels ou d’extraction : des minoteries (à Bar-sur-Seine dans l’Aube et au Châtelet-sur-Sormonne dans les Ardennes), des forges (par exemple à Donchery pour les forges de Flize dans les Ardennes), des usines métallurgiques (comme à Charleville-Mézières (Tréfilunion) dans les Ardennes), des usines de construction mécanique (à Rethel dans les Ardennes par exemple), une aciérie (à Flize), une ardoisière (à Rimogne dans les Ardennes).

Les autres centrales (notamment à Reims et Auménancourt dans la Marne, à Juvanzé dans l’Aube et à Revin dans les Ardennes) sont isolées et fournissent l’électricité dans leur zone géographique.

Les centrales électriques et hydroélectriques sont de création relativement récente. Elles ont rarement été installées ex nihilo (3 cas). Le plus souvent elles ont été mises en place sur des sites industriels existant déjà depuis longtemps, dans le cadre d’une modernisation des moyens de production d’énergie (9 cas). Dans le cas de l’usine de cycles dite « la Macérienne » de Charleville-Mézières, la centrale a été établie en 1904, juste après le reste des installations de production (en 1898). Enfin, 7 des centrales hydroélectriques résultent d’une reconversion d’un moulin à farine ancien (à Barberey-Saint-Sulpice dans l’Aube et à Autry dans les Ardennes par exemple).

La plus ancienne centrale hydroélectrique recensée est celle qui fut associée au moulin Simon de Vouziers (centrale Briffoteaux), ceci dans les années 1880. De la fin du 19e siècle datent également la centrale électrique de Reims (centrale électrique S.A. d'éclairage et de chauffage par le gaz de la ville de Reims) et la première centrale hydroélectrique trouvée dans un contexte industriel, celle de l'usine la Macérienne à Mézières établie dès 1898, qui profite des eaux de la Meuse.

Mais la majeure partie des créations datent du 20e siècle, et se répartissent selon deux périodes d'installation. Avant la Première Guerre mondiale, essentiellement pendant les toutes premières années du siècle (par exemple, les sites ardennais de Fumay en 1902, Rimogne en 1905, Donchery en 1912, le site aubois de Barberey-Saint-Sulpice, le site haut-marnais d’Eurville-Bienville en 1904). Et dans les années 1920-début 1930 (Glaire en 1922, Brognon après 1926, Le Châtelet-sur-Sormonne et Revin en 1932 pour les Ardennes, Bar-sur-Seine vers 1930 pour l’Aube, Auménancourt entre 1925 et 1930 pour la Marne).

Les centrales électriques et hydroélectriques ont été fondées par des sociétés privées, qu’il s’agisse d’entreprises industrielles (Société des Aciéries de Longwy à Glaire, Compagnie des Ardoisières de Rimogne et de Saint-Louis-sur-Meuse à Rimogne, etc) ou de compagnies de production d’énergie pour les centrales isolées (Compagnie du gaz de Reims, S.A. Champagne électrique à Juvanzé ou encore Société de production et de distribution d’énergie électrique de la basse Suippe à Auménancourt). Depuis sa création en 1946, EDF est intervenue dans l’histoire de certaines centrales. La compagnie nationale est propriétaire de celle de Barberey-Saint-Sulpice et l’a été pendant quelques décennies de celle de Juvanzé. Par ailleurs, elle exploite par convention passée avec les Forces Hydrauliques de Meuse la centrale de Revin. Enfin, certaines centrales privées (comme celle de Bar-sur-Seine quand elle était en activité), lui fournissent de l’électricité.

Toutes les centrales électriques ont été trouvées désaffectées en 2013 car liées (à l’exception de celle de Reims) à des sites industriels qui ont fermé au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Ces fermetures s’étalent des années 1950 (Glaire), à l’an 2000 (usine métallurgique de Mohon à Charleville-Mézières). Les centrales de Glaire et de Rimogne sont restées en l’état, certains bâtiments de celles de Charleville (Tréfilunion) et de Flize ont été réutilisés pour des entreprises de transport routier et de négoce de métal pour la première ou reconvertis en maternité et en entreprises commerciales pour la deuxième. Enfin, le site rémois a été entièrement rasé pour laisser la place à des immeubles d’habitation.

En revanche, 10 centrales hydroélectriques sur 16 (soit 62,5 %) sont encore en activité au début du 21e siècle. Dans 5 cas (Eurville-Bienville, l’ancienne carrière du Châtelet-sur-Sormonne, Flize, la Macérienne de Charleville et Brévilly dans les Ardennes), la centrale continue de produire de l’électricité malgré la cessation d’activité du site industriel qu’elle alimentait à l’origine, après avoir été rachetée par une compagnie de production privée. Les sites entièrement désaffectés ont été fermés en même temps qu’a pris fin l’activité industrielle que les centrales approvisionnaient en énergie : dans les années 1960 (Plaines-Saint-Lange dans l’Aube, Auménancourt), en 1971 (Le Châtelet-sur-Sormonne), entre 1986 et 2013 (Bar-sur-Seine), en 1993 (Vouziers), avant les années 1990 (Rethel). Les sites sont restés en l’état ou laissés en ruine (Vouziers). Seul l’ancien moulin et ancienne centrale de Rethel a été reconverti en maison d’habitation.

Centrales thermiques

On dénombre 4 centrales thermiques – qui produisent de l’électricité à partir d’une source de chaleur – en Champagne-Ardenne : une dans la Marne (Reims) et 3 en Haute-Marne (Roches-Bettaincourt, Saint-Dizier et Saint-Urbain-Maconcourt). Elles ont été créées ex nihilo au début du 20e siècle (Reims), ou dans les années 1910 (Roches-Bettaincourt et Saint-Dizier), à l’exception de celle de Saint-Urbain-Maconcourt qui a été édifiée dans l’entre-deux-guerres sur un site occupé successivement, depuis 1867, par une tréfilerie, une fabrique de machines à coudre puis de fil de fer. Toutes ont cessé leur activité durant la seconde moitié du 20e siècle (plus précisément dans les années 1960 pour Reims et Saint-Dizier et avant 1976 pour Roches-Bettaincourt).

Celle de Reims, reconstruite dans les années 1920 après les destructions de la Grande guerre, a été complètement rasée entre entre les années 1990 et 2010, après avoir été laissée à l’abandon. Celle de Roches-Bettaincourt a été convertie en dépôt par un artisan, la cheminée d’usine étant détruite et une salle de chauffe étant transformée en maison. Le site de la centrale de Saint-Dizier a été repris par l’usine de construction mécanique Ammann-Yanmar qui utilise elle-même encore une centrale.

Usines à gaz

Les usines produisant du gaz manufacturé ou gaz de ville sont au nombre de 8, avec une répartition équilibrée entre les 4 départements (La Chapelle-Saint-Luc et Troyes dans l’Aube, Reims et Châlons-en-Champagne dans la Marne, Langres, Bourbonne-les-Bains et Chaumont en Haute-Marne, Charleville-Mézières dans les Ardennes). Elles sont localisées dans les villes qu’elles alimentent en gaz pour l’éclairage et le chauffage principalement. La proximité des gares permet en outre l’approvisionnement en houille nécessaire à leur fonctionnement. Elles ont toutes été créées au 19e siècle : les plus anciennes remontent aux années 1830-1840 (Châlons-en-Champagne) et à 1842 (Charleville-Mézières), les autres datent des années 1860 (Chaumont en 1863 et Troyes en 1865), 1870 (Langres en 1872, Bourbonne-les-Bains en 1875) et 1880 (Reims vers 1880, La Chapelle-Saint-Luc en 1882).La totalité des usines à gaz a été désaffectée durant la seconde moitié du 20e siècle, dans les années 1960-1970-1980 (aucune n’était plus en activité lors de l’enquête d'inventaire de 1989). Dans les années 2010, trois sites sont toujours occupés par ERDF ou une de ses filiales (Troyes, Chaumont, Charleville-Mézières). Cependant il ne s’agit plus de sites de production d’énergie mais de bureaux administratifs. Le site de Chaumont comporte également des habitations, installées dans l’ancien logement patronal et les anciennes écuries.Plus de la moitié des sites (5 sur 8) ont été rasés. Mais dans 4 cas, il subsiste un ou deux bâtiments : à La Chapelle-Saint-Luc un bureau transformé en maison, à Reims les logements de contremaître et patronal, à Châlons-en-Champagne la conciergerie reconvertie en magasin de commerce, à Bourbonne-les-Bains le logement patronal.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Centrales électriques et hydroélectriques

Les centrales électriques et hydroélectriques adoptent toutes une même forme générale, celle d'une halle en rez-de-chaussée percée de larges fenêtres (souvent en plein cintre), de plan oblong pour les centrales hydroélectrique et plus ramassé pour les centrales électriques. Le plus souvent, le bâtiment est construit en pan de fer hourdé de brique et le toit est à longs pans, soutenu par une charpente apparente métallique ou en bois, et couvert de tuiles mécaniques ou de tôle (par exemple à Glaire, Bar-sur-Seine, Fumay). On observe quelques variantes. Ainsi, à Flize, le hourdis est composé de moellons de calcaire ; à Revin, les pans sont en béton armé, ainsi que la toiture qui prend la forme d’une voûte. Le béton armé est utilisé dans la structure du rez-de-chaussée ou du soubassement à Autry et à Charleville-Mézières (Tréfilunion) et pour tous les murs à Vouziers. A Donchery, les murs sont entièrement en moellon calcaire, à la centrale de la carrière du Châtelet-sur-Sormonne en moellon de schiste et, cas exceptionnel, ceux de la centrale de la Macérienne à Charleville-Mézières sont en pierre de taille (cette dernière se distingue aussi pour la qualité de son décor : chaînages d'angles à bossages et portail ornementé).

Les centrales hydroélectriques fonctionnent à l’aide d’une à trois turbines hydrauliques ou de groupes de turbo-alternateurs. Elles peuvent être alimentées par une retenue d’eau (les 2 usines situées au Châtelet-sur-Sormonne) mais le plus souvent le sont directement par le débit d’une rivière.Les centrales électriques emploient des turbines à vapeur (Glaire), ou des groupes électrogènes (Reims).

Centrales thermiques

Les vestiges des centrales thermiques (existant elles-mêmes en faible nombre) ne permettent pas d’en dresser un portrait homogène. On sait que celle de Roches-Bettaincourt comportait un atelier de fabrication sur 2 niveaux divisé en deux salles (des machines et de chauffe), et était équipée d’une cheminée en brique haute de 40 m. A Saint-Dizier, la salle des machines s’étendait sur 2 niveaux.

Usines à gaz

Les usines à gaz comportaient plusieurs types d’installations : des éléments consacrés à la production (fours) et au stockage du gaz (gazomètres) ou des combustibles, des entrepôts industriels, des bâtiments en brique et/ou moellons destinés à l’administration ou au logement : conciergeries, bureaux, logements patronaux et de contremaîtres.

Les usines à gaz de Reims et de Charleville-Mézières sont les mieux connues. La première était équipée de 6 gazomètres, de fours répartis dans deux salles, d’entrepôts industriels. La seconde comportait 3 gazomètres, des fours, des bâtiments (datant des années 1920-1930, ayant remplacé de plus anciens) en pan de béton armé hourdé de brique et avec voûte Caquot ou en brique et toiture en shed.

Décompte des œuvres bâti INSEE 1500
repérées 250
étudiées 24