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Vaudainvilliers, ancienne grange de Morimond

Dossier IA52001023 réalisé en 2015

Fiche

Domaine le plus ancien de Morimond, Vaudainvilliers (52-com. Breuvannes-en-Bassigny, anc. com. Colombey-lès-Choiseul) est contemporain de la fondation de l'abbaye puisque la future grange a fait partie de la dotation initiale —résumée en 1126 dans le premier acte constitutif— (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA) comprenant en l’occurrence la terre donnée par Olri d’Aigremont, vassal du comte de Clefmont (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°1). Il n'en demeure pas moins qu'en 1147 la bulle confirmative du pape Eugène III ne la mentionne encore que comme terre (id., n°10). L'accession au statut de grange se fait au tournant des années 50 car les confirmations pontificales d'Alexandre III de 1163 (id., n°39) et 1178 (id., n°94) la donnent cette fois comme telle. Vaudainvilliers est du reste toujours citée en premier dans ces listes (à l'exception de celle d'Innocent III en 1198 où elle ne figure qu'en seconde place derrière Grignoncourt), ce qui montre sa prééminence et son ancienneté sur le reste du temporel aux yeux des moines, qui ont eux-mêmes rédigé le contenu de ces confirmations que la chancellerie pontificale a entérinées. Morimond y reçut encore quelques terres et prés au début du XIIIe siècle. Ainsi, la totalité des terres et bois environnants furent définitivement acquise. L’importance de Vaudainvilliers se mesure aussi à la superficie de ses terres qui atteignait 778 journaux au XVIIIe siècle (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 122). Le report (moyennant quelques corrections et redressements) des planches n°1 à 4 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73, 1784-87), sur un plan géoréférencé, permet de conclure à une étendue de 385 ha, tuilerie comprise (ill. IVR21_20155200665NUCA), soit le plus grand finage après celui des Gouttes. L’espace agraire apparaît très majoritairement consacré aux labours, prés et pâquis étant confinés aux fonds de vallons humides. Chaque quartier ”cadastral”, correspondant à une planche de l’atlas, est dûment divisé en trois soles pour la rotation des bled, avoine et sombre (jachère). Après les destructions de la guerre de Trente Ans, de sinistre mémoire en pays de Langres, les granges de Morimond ont bénéficié d'un programme de reconstruction complète, en premier lieu ici, où l'aile des logements (longère) impressionne encore par sa longueur de près de 100 m (ill. IVR21_20155200388NUCA). Cette disposition, figurant sur la planche n°4, était proportionnelle au nombre de familles auxquelles les baux d’exploitation avaient été consentis. La seule transformation notable est à mettre au crédit de l’acquéreur du domaine en 1791, qui fit ajouter un étage supplémentaire à la partie centrale large de trois ”travées”, dénaturant quelque peu la régularité de l’ensemble. La longère était « constituée d’une succession de pièces d’environ 30 m2 juxtaposées dans le sens de la longueur, reliées entre elles par des portes situées juste derrière le mur de façade. Dans le sens de la profondeur, le bâtiment ne comporte qu’une seule pièce. Chaque famille possède deux pièces centrées sur une cheminée » (H. Flammarion, B. Rouzeau et G. Viard, Morimond quatrième fille de Cîteaux, Langres, 2010, p. 51-52). Les margelles de plusieurs puits sont encore visibles au centre de la cour. Vaudainvilliers en aurait compté cinq. En face, à l’est de la vaste cour, se situait l'aile agricole, détruite de longue date (XIXe s. ?), abritant comme toujours granges et étables, et qui était de ce fait plus profonde. Les étables étaient elles aussi partagées « en modules identiques. Une porte charretière sert à deux familles qui possèdent par contre chacune leur porte piétonne pour accéder à l’étable » (id.). Elle est encore précisée représentée sur le cadastre de Colombey-lès-Choiseul (AD52, 3P2/140-2, section B). Les nombreux linteaux de fenêtres délardés, en façade de la longère, s’accordent bien avec la date d’achèvement de la reconstruction vers 1730, obtenue par analyse dendrochronologie des poutres du long toit (id.). L’aile agricole a été remplacée par la suite par différents bâtiments et hangars modernes.

Genre de cisterciens
Appellations Vaudainvilliers
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Clefmont
Adresse Commune : Breuvannes-en-Bassigny
Lieu-dit : Vaudainvilliers
Cadastre : 1985 139ZM et 139ZN 4, 5, 6 section 139ZM : parcelle n°5-6 section 139ZN : parcelle n°4

Domaine le plus ancien de Morimond, Vaudainvilliers (52-com. Breuvannes-en-Bassigny, anc. com. Colombey-lès-Choiseul) est contemporain de la fondation de l'abbaye puisque la future grange a fait partie de la dotation initiale —résumée en 1126 dans le premier acte constitutif— (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA) comprenant en l’occurrence la terre donnée par Olri d’Aigremont, vassal du comte de Clefmont (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°1). Il n'en demeure pas moins qu'en 1147 la bulle confirmative du pape Eugène III ne la mentionne encore que comme terre (id., n°10). L'accession au statut de grange se fait au tournant des années 50 car les confirmations pontificales d'Alexandre III de 1163 (id., n°39) et 1178 (id., n°94) la donnent cette fois comme telle. Vaudainvilliers est du reste toujours citée en premier dans ces listes (à l'exception de celle d'Innocent III en 1198 où elle ne figure qu'en seconde place derrière Grignoncourt), ce qui montre sa prééminence et son ancienneté sur le reste du temporel aux yeux des moines, qui ont eux-mêmes rédigé le contenu de ces confirmations que la chancellerie pontificale a entérinées. Morimond y reçut encore quelques terres et prés au début du XIIIe siècle. Ainsi, la totalité des terres et bois environnants furent définitivement acquise. L’importance de Vaudainvilliers se mesure aussi à la superficie de ses terres qui atteignait 778 journaux au XVIIIe siècle (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 122). Le report (moyennant quelques corrections et redressements) des planches n°1 à 4 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73, 1784-87), sur un plan géoréférencé, permet de conclure à une étendue de 385 ha, tuilerie comprise (ill. IVR21_20155200665NUCA), soit le plus grand finage après celui des Gouttes. L’espace agraire apparaît très majoritairement consacré aux labours, prés et pâquis étant confinés aux fonds de vallons humides. Chaque quartier ”cadastral”, correspondant à une planche de l’atlas, est dûment divisé en trois soles pour la rotation des bled, avoine et sombre (jachère). Après les destructions de la guerre de Trente Ans, de sinistre mémoire en pays de Langres, les granges de Morimond ont bénéficié d'un programme de reconstruction complète (ill. IVR21_20155200388NUCA).

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle

Après les destructions de la guerre de Trente Ans, de sinistre mémoire en pays de Langres, les granges de Morimond ont bénéficié d'un programme de reconstruction complète, en premier lieu ici, où l'aile des logements (longère) impressionne encore par sa longueur de près de 100 m (ill. IVR21_20155200388NUCA). Cette disposition, figurant sur la planche n°4, était proportionnelle au nombre de familles auxquelles les baux d’exploitation avaient été consentis. La seule transformation notable est à mettre au crédit de l’acquéreur du domaine en 1791, qui fit ajouter un étage supplémentaire à la partie centrale large de trois ”travées”, dénaturant quelque peu la régularité de l’ensemble. La longère était « constituée d’une succession de pièces d’environ 30 m2 juxtaposées dans le sens de la longueur, reliées entre elles par des portes situées juste derrière le mur de façade. Dans le sens de la profondeur, le bâtiment ne comporte qu’une seule pièce. Chaque famille possède deux pièces centrées sur une cheminée » (H. Flammarion, B. Rouzeau et G. Viard, Morimond quatrième fille de Cîteaux, Langres, 2010, p. 51-52). Les margelles de plusieurs puits sont encore visibles au centre de la cour. Vaudainvilliers en aurait compté cinq. En face, à l’est de la vaste cour, se situait l'aile agricole, détruite de longue date (XIXe s. ?), abritant comme toujours granges et étables, et qui était de ce fait plus profonde. Les étables étaient elles aussi partagées « en modules identiques. Une porte charretière sert à deux familles qui possèdent par contre chacune leur porte piétonne pour accéder à l’étable » (id.). Elle est encore précisée représentée sur le cadastre de Colombey-lès-Choiseul (AD52, 3P2/140-2, section B). Les nombreux linteaux de fenêtres délardés, en façade de la longère, s’accordent bien avec la date d’achèvement de la reconstruction vers 1730, obtenue par analyse dendrochronologie des poutres du long toit (id.). L’aile agricole a été remplacée par la suite par différents bâtiments et hangars modernes.

Murs grès moellon crépi
Toit tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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