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Vaudemanche : ancienne grange de l'Arrivour

Dossier IA10001307 réalisé en 2015

Fiche

Citée en tant que grange dès le milieu du XIIe siècle ("Valdemange", AD10, 4H1, f°14v, acte XV : pancarte épiscopale 1146-68), Vaudemanche est une grange primitive de l'Arrivour (10-com. Dosches). Un chapitre du cartulaire lui a été consacré, qu'elle partage avec sa voisine la Fontainerie, en toute logique d'ailleurs car leur morphologie est très semblable. Vaudemanche ferme au nord le vaste espace compact concédé à l'abbaye, s'étendant d'un seul tenant de la Barse à Géraudot et exploité par l'abbaye elle-même et ses granges de Vallièvre et la Fontainerie (cf. la carte du temporel de l'Arrivour IVR21_20151000503NUCA). À en juger par la fréquence de ses mentions dans le chapitre intitulé "de mille arpentis nemoris Doschie", il semble bien qu'un rôle particulier ait été assigné à cette grange, celui d'une véritable tête de pont pour le programme d'exploitation et de défrichement de la forêt de Dosches. Le même constat peut d'ailleurs s'appliquer à Beaumont, voire la Fontainerie et Champigny-Nuisement. Elle est en effet toujours citée comme "borne" pour délimiter la conséquente donation en bois et droits d'usages de ce qu'on appelle dès le début du XIIIe siècle, les Mille Arpents, donation qui notifiée en 1233 (cart., f°45r, acte II). Cette forêt fait l'objet de nombreuses convoitises —et pas seulement monastiques— au point que l'Arrivour y montre une mainmise importante : en 1220 par exemple l'abbaye s'élève contre des essartages et des constructions jugés trop proches de ses granges et surtout "contra privilegia apostolica" (cart. f°18r).

Vaudemanche est une grange du même type que ses voisines Beaumont, la Fontainerie ou Vallièvre et repose sur le système agro-sylvo-pastoral de la dépression de Champagne humide. Des archives privées des acquéreurs de la ferme sous la Révolution (relevées par A. Roserot, DIct. hist. Champ. mérid., p. 1706-1707) apportent des informations précieuses sur l'extension du domaine (extrait de plan et liste des lieux-dits à l'appui) qui se composait en 1522, outre une dizaine d'arpents consacré à l'enclos (cour, bâtiments, jardins), de 331 arpents de terres labourables (145 ha) répartis sur une dizaine de pièces et 73 arpents de prés (32 ha), soit pour ainsi dire un instantané de la grange au sortir du Moyen Âge. Quelques acquisitions dans les siècles suivants avaient porté les terres à 490 arpents (215 ha) et les prés à 90 (40 ha) en 1786. Pour être déjà conséquent le domaine restait encore inférieur de près de moitié à celui de Champigny-Nuisement.

En 1786, Vaudemanche était divisée en deux fermes, cédées à bail par l'abbé commendataire qui les avait héritées lors du partage des menses ; elles consistaient alors "en maisons, granges, écuries et autres bâtiments, cours, jardins et enclos" (A. Roserot, p. 1707) pour une superficie de près de 10 arpents (4,5 ha), rien que de très commun pour une exploitation de ce type. Malgré cet inventaire, l'organisation interne de la grange n'est plus vraiment perceptible aujourd'hui. L'accès principal se faisait par le sud via un chemin globalement parallèle à la route actuelle mais proche de la forêt des Grands Sillons. Seule l'habitation est encore identifiable sur le cadastre de 1822 qui devait encore refléter l'état d'Ancien Régime en dépit des divisions intervenues. Toutefois, le bâtiment le plus intéressant est ailleurs, il s'agit de la grange-halle : d'apparence ancienne, elle semble avoir subi d'importantes modifications (ill. IVR21_20151000184NUCA). Le cadastre dit "napoléonien", s'il ne représente pas cette dernière, montre en revanche un long bâtiment, localisé entre cette grange-halle actuelle et un autre bâtiment qui était parallèle à l'habitation, d'une longueur d'environ 45 mètres. Ce bâtiment est encore visible sur la carte d'État-Major (mi XIXe s.). Bien que pure hypothèse à défaut d'une investigation poussée, il n'est malgré tout pas impossible d'imaginer un démontage de l'un au profit de l'autre, rebâti perpendiculairement, suivant une nouvelle division de parcelle obligeant à en revoir les dimensions à la baisse. De fait, la grange-halle actuelle (30 x 13 m.) présente un plan à 2 vaisseaux fortement dissymétriques, celui se trouvant dans l'axe du faîte du toit atteignant environ 8,5 mètres de largeur, le bas-côté 4,5 seulement. En conséquence, cette différence se retrouve au niveau du toit (tuiles plates) qui descend très bas côté ouest. Si l'on considère que ce bâtiment a été amputé de son vaisseau latéral oriental, il devait alors atteindre une largeur de 18 mètres approximativement. De même le pignon nord a pu être aisément raccourci pour les mêmes raisons (et aussi pour faciliter l'accès à la nouvelle route D1 créée), ne serait-ce qu'au regard du pignon sud dont la croupe du toit s'aligne sur le long versant ouest. En y ajoutant quelques travées supplémentaires (7 actuellement), qui auraient pu ne pas être remontées faute de place, on pourrait ainsi retrouver sa longueur initiale d'environ 45 m. Il est difficile d'aller plus loin notamment en datation car les constructions de ce type, très répandues localement, ont été réalisées sans grandes variations au moyen de nombreux remplois successifs sur une très longue période et ce jusqu'au milieu du XXe siècle parfois, ce qui les rend intemporelles.

Genre de cisterciens
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées maison, hangar agricole, remise
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Piney
Adresse Commune : Dosches
Lieu-dit : Vaudemanche
Adresse : D 1
Cadastre : 1960-97 H1 125-129-131-157 grange-halle : parcelle 129

Citée en tant que grange dès le milieu du XIIe siècle ("Valdemange", AD10, 4H1, f°14v, acte XV : pancarte épiscopale 1146-68), Vaudemanche est une grange primitive de l'Arrivour (10-com. Dosches). Un chapitre du cartulaire lui a été consacré, qu'elle partage avec sa voisine la Fontainerie, en toute logique d'ailleurs car leur morphologie est très semblable. Vaudemanche ferme au nord le vaste espace compact concédé à l'abbaye, s'étendant d'un seul tenant de la Barse à Géraudot et exploité par l'abbaye elle-même et ses granges de Vallièvre et la Fontainerie (cf. la carte du temporel de l'Arrivour IVR21_20151000503NUCA). À en juger par la fréquence de ses mentions dans le chapitre intitulé "de mille arpentis nemoris Doschie", il semble bien qu'un rôle particulier ait été assigné à cette grange, celui d'une véritable tête de pont pour le programme d'exploitation et de défrichement de la forêt de Dosches. Le même constat peut d'ailleurs s'appliquer à Beaumont, voire la Fontainerie et Champigny-Nuisement. Elle est en effet toujours citée comme "borne" pour délimiter la conséquente donation en bois et droits d'usages de ce qu'on appelle dès le début du XIIIe siècle, les Mille Arpents, donation qui notifiée en 1233 (cart., f°45r, acte II). Cette forêt fait l'objet de nombreuses convoitises —et pas seulement monastiques— au point que l'Arrivour y montre une mainmise importante : en 1220 par exemple l'abbaye s'élève contre des essartages et des constructions jugés trop proches de ses granges et surtout "contra privilegia apostolica" (cart. f°18r).

Vaudemanche est une grange du même type que ses voisines Beaumont, la Fontainerie ou Vallièvre et repose sur le système agro-sylvo-pastoral de la dépression de Champagne humide. Des archives privées des acquéreurs de la ferme sous la Révolution (relevées par A. Roserot, DIct. hist. Champ. mérid., p. 1706-1707) apportent des informations précieuses sur l'extension du domaine (extrait de plan et liste des lieux-dits à l'appui) qui se composait en 1522, outre une dizaine d'arpents consacré à l'enclos (cour, bâtiments, jardins), de 331 arpents de terres labourables (145 ha) répartis sur une dizaine de pièces et 73 arpents de prés (32 ha), soit pour ainsi dire un instantané de la grange au sortir du Moyen Âge. Quelques acquisitions dans les siècles suivants avaient porté les terres à 490 arpents (215 ha) et les prés à 90 (40 ha) en 1786. Pour être déjà conséquent le domaine restait encore inférieur de près de moitié à celui de Champigny-Nuisement.

En 1786, Vaudemanche était divisée en deux fermes, cédées à bail par l'abbé commendataire qui les avait héritées lors du partage des menses ; elles consistaient alors "en maisons, granges, écuries et autres bâtiments, cours, jardins et enclos" (A. Roserot, p. 1707) pour une superficie de près de 10 arpents (4,5 ha), rien que de très commun pour une exploitation de ce type. Malgré cet inventaire, l'organisation interne de la grange n'est plus vraiment perceptible aujourd'hui. L'accès principal se faisait par le sud via un chemin globalement parallèle à la route actuelle mais proche de la forêt des Grands Sillons. Seule l'habitation est encore identifiable sur le cadastre de 1822 qui devait encore refléter l'état d'Ancien Régime en dépit des divisions intervenues. Toutefois, le bâtiment le plus intéressant est ailleurs, il s'agit de la grange-halle : d'apparence ancienne, elle semble avoir subi d'importantes modifications (ill. IVR21_20151000184NUCA). Le cadastre dit "napoléonien", s'il ne représente pas cette dernière, montre en revanche un long bâtiment, localisé entre cette grange-halle actuelle et un autre bâtiment qui était parallèle à l'habitation, d'une longueur d'environ 45 mètres. Ce bâtiment est encore visible sur la carte d'État-Major (mi XIXe s.). Bien que pure hypothèse à défaut d'une investigation poussée, il n'est malgré tout pas impossible d'imaginer un démontage de l'un au profit de l'autre, rebâti perpendiculairement, suivant une nouvelle division de parcelle obligeant à en revoir les dimensions à la baisse. De fait, la grange-halle actuelle (30 x 13 m.) présente un plan à 2 vaisseaux fortement dissymétriques, celui se trouvant dans l'axe du faîte du toit atteignant environ 8,5 mètres de largeur, le bas-côté 4,5 seulement. En conséquence, cette différence se retrouve au niveau du toit (tuiles plates) qui descend très bas côté ouest. Si l'on considère que ce bâtiment a été amputé de son vaisseau latéral oriental, il devait alors atteindre une largeur de 18 mètres approximativement. De même le pignon nord a pu être aisément raccourci pour les mêmes raisons (et aussi pour faciliter l'accès à la nouvelle route D1 créée), ne serait-ce qu'au regard du pignon sud dont la croupe du toit s'aligne sur le long versant ouest. En y ajoutant quelques travées supplémentaires (7 actuellement), qui auraient pu ne pas être remontées faute de place, on pourrait ainsi retrouver sa longueur initiale d'environ 45 m. Il est difficile d'aller plus loin notamment en datation car les constructions de ce type, très répandues localement, ont été réalisées sans grandes variations au moyen de nombreux remplois successifs sur une très longue période et ce jusqu'au milieu du XXe siècle parfois, ce qui les rend intemporelles.

Période(s) Principale : Temps modernes , (?)

Les démembrements opérés au sein du domaine dès avant la fin de l'Ancien Régime par les mises à bail de l'abbé commendataire d'une part, puis par les ventes révolutionnaires d'autre part, ont profondément bouleversé l'organisation interne de la grange qui n'est plus vraiment perceptible aujourd'hui. L'accès principal se faisait par le sud via un chemin globalement parallèle à la route actuelle mais proche de la forêt des Grands Sillons. Seule l'habitation est encore identifiable sur le cadastre de 1822 qui devait encore refléter l'état d'Ancien Régime en dépit des divisions intervenues. Toutefois, le bâtiment le plus intéressant est ailleurs, il s'agit de la grange-halle : d'apparence ancienne, elle semble avoir subi d'importantes modifications (ill. IVR21_20151000184NUCA). Le cadastre dit "napoléonien", s'il ne représente pas cette dernière, montre en revanche un long bâtiment, localisé entre cette grange-halle actuelle et un autre bâtiment qui était parallèle à l'habitation, d'une longueur d'environ 45 mètres. Ce bâtiment est encore visible sur la carte d'État-Major (mi XIXe s.). Bien que pure hypothèse à défaut d'une investigation poussée, il n'est malgré tout pas impossible d'imaginer un démontage de l'un au profit de l'autre, rebâti perpendiculairement, suivant une nouvelle division de parcelle obligeant à en revoir les dimensions à la baisse. De fait, la grange-halle actuelle (30 x 13 m.) présente un plan à 2 vaisseaux fortement dissymétriques, celui se trouvant dans l'axe du faîte du toit atteignant environ 8,5 mètres de largeur, le bas-côté 4,5 seulement. En conséquence, cette différence se retrouve au niveau du toit (tuiles plates) qui descend très bas côté ouest. Si l'on considère que ce bâtiment a été amputé de son vaisseau latéral oriental, il devait alors atteindre une largeur de 18 mètres approximativement. De même le pignon nord a pu être aisément raccourci pour les mêmes raisons (et aussi pour faciliter l'accès à la nouvelle route D1 créée), ne serait-ce qu'au regard du pignon sud dont la croupe du toit s'aligne sur le long versant ouest. En y ajoutant quelques travées supplémentaires (7 actuellement), qui auraient pu ne pas être remontées faute de place, on pourrait ainsi retrouver sa longueur initiale d'environ 45 m. Il est difficile d'aller plus loin notamment en datation car les constructions de ce type, très répandues localement, ont été réalisées sans grandes variations au moyen de nombreux remplois successifs sur une très longue période et ce jusqu'au milieu du XXe siècle parfois, ce qui les rend intemporelles.

Autres bâtiments :

- habitation : pan de bois et brique sous enduit (bardage au pignon oriental)/ toit à croupes / tuile plate

- hangar agricole / écuries : contemporain (XXe s.) / brique creuse sur structure métallique / toit à 2 versants / tuile mécanique

- remise : rez-de-chaussée de brique / 1er niveau sous bardage / étage sous combles / toit à 2 versants / tuile plate

Murs bois pan de bois
Toit tuile plate
Plans plan rectangulaire régulier
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
toit à longs pans croupe
Précision dimensions

grange-halle : 30 x 13 m actuellement et peut-être 45 x 18 m autrefois.

(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - Wissenberg Christophe
Christophe Wissenberg

Prestataire de cartographie pour les publications du SRI


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