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Verreries

Dossier IA51001682 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Champagne-Ardenne
Dénominations verrerie, cristallerie, usine de verres optiques

13 verreries (7 Marne + 4 Aube + 2 Ardennes)

La catégorie des verreries est représentée par 13 sites recensés en Champagne-Ardenne : 7 dans la Marne (Courcy, Epernay, 3 sites à Reims, Sainte-Menehould et Sézanne), 4 dans l’Aube (Bar-sur-Seine, Bayel, Les Loges-Margueron, Montiéramey), 2 dans les Ardennes (Monthermé et Fumay). Il s’agit pour l’essentiel de verreries industrielles fabricant des bouteilles (4), mais aussi de verreries-cristalleries produisant des verres (Bar-sur-Seine et Bayel) et d’une usine de verres optiques (Sézanne). Pour les autres sites, le repérage réalisé dans les années 1980 et 1990 n’indique pas la nature de la production.

Aux 16e et 17e siècles, les verriers étaient surtout installés dans l’Argonne (Marne), mais aussi dans la Haute-Marne et dans l’Aube. Il ne reste rien de ces établissements implantés dans de vastes forêts autour d’ateliers rudimentaires, à l’exception de la verrerie-cristallerie de Bayel (10), fondée en 1679, qui existe toujours (et qui est, d’ailleurs, la plus ancienne cristallerie française subsistante). La verrerie de Monthermé (08) a été active de 1749 à 1846 mais a laissé la place aux forges de Laval-Dieu. A partir de la première moitié du 19e siècle, puis surtout sous le Second Empire, les besoins en verre liés au développement industriel en général et à la production vinicole en particulier, s’accroissent considérablement et suscitent la création de nouvelles verreries. A partir du milieu du 19e siècle, l’approvisionnement en combustible des fours, à l’origine le bois, se fait désormais par du charbon, amené par les voies ferrées et les canaux, ce qui permet l’établissement de ces usines dans les centres urbanisés plutôt que dans les forêts.

La Première Guerre mondiale et la crise de 1929 ont durement touché la verrerie champenoise, mais certaines entreprises ont survécu, notamment grâce à la production constante de bouteilles (Charbonneaux et Verre Mouvement Création (VMC) à Reims). 5 sites sur 13 sont encore en activité (soit 38 %) : ils produisent des verres industriels (Montiéramey), des bouteilles (2 sites à Reims : Charbonneaux et VMC), des verres de table et des objets décoratifs - en verre ou cristal - (Bayel) et des verres optiques (Sézanne). Les autres n’ont exercé une activité de verrerie que sur une courte période sur des sites qui ont parfois connu plusieurs vocations industrielles au fil de leur histoire (à la fin du 19e siècle à Epernay ; de 1823 à 1858 aux Loges-Margueron ; de 1831 à 1848 à Fumay ; de 1898 à 1933 à Courcy ; de 1918 à 1933 à Reims). Dans le cas de Fumay, le site était à l’origine occupé par une forge et, après l’arrêt de la verrerie, a produit de la poterie de fonte et des appareils de chauffage, puis de l’électroménager, avant d’être reconverti en câblerie. A Reims, la verrerie a succédé à une usine de teinturerie et d’apprêt des étoffes puis à une usine de feutre ; elle a elle-même laissé la place à une usine de petit matériel électrique.

La fabrique de verres optiques fondée en 1836 par Louis Berthiot à Sézanne, réputée dans ce domaine dès le Second Empire, existe encore et poursuit la même activité au 21e siècle dans le giron d’Essilor ; elle a occupé jusqu’à 600 ouvriers en 1950. Autre fleuron de la verrerie champardennaise, la cristallerie de Bayel, fondée au 17e siècle et qui a connu sa véritable expansion à partir de 1853 grâce à la dynastie Marquot, n’employait plus en 2006 que 21 personnes, alors que le nombre d’ouvriers était de 605 en 1949.

Les fabriques de bouteilles rémoises encore en activité ont été fondées en 1872 (Charbonneaux) et en 1911 (Papon, future VMC). La première employait jusqu’à 700 ouvriers en 1947, et la seconde 830 en 1991.

De création plus récente est l’usine de verre industriel fondée en 1947 à Montiéramey par le groupe Jérôme et Bonnefoy, aujourd’hui Vermont.Les bâtiments des usines désaffectées ont été soit reconvertis pour d’autres activités dans 4 cas sur 8 (l’usine de métallurgie à Monthermé et à Fumay dès le 19e siècle ; la fabrication de parafoudres à Reims ; un entrepôt commercial à Courcy ; une chaudronnerie à Bar-sur-Seine), soit détruits (il ne subsiste qu’une maison de maître à Epernay) ou convertis en habitations pour les 4 autres cas.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Jusqu’au 17e siècle, les verreries ne comportaient pas d’édifice en dur : il s’agissait d’ateliers forestiers installés dans des clairières autour d’un foyer.Aux premières manufactures fixes du 17e siècle ont succédé, aux 18e et 19e siècles, des fabriques comportant une grande halle équipée d’un four de fusion ainsi que des fourneaux réservés à d’autres étapes de fabrication.

Les bâtiments des 19e et 20e siècles sont de vastes halles abritant le ou les fours en rez-de-chaussée, en moellon ou en brique (à Montiéramey et à Courcy), couverts de toits en shed (charpente métallique ou en bois) ou à longs pans.Dans certains cas, il existe aussi des ateliers ou magasins industriels à 2 niveaux complétant la halle (Bar-sur-Seine, Bayel, Verre Mouvement Création à Reims, Courcy).

Certains sites sont dotés de logements ouvriers (à Bar-sur-Seine (datant des années 1880) ; aux Loges-Margueron ; à Courcy.Plusieurs sites comportent un logement patronal : Bayel, Les Loges-Margueron (à un étage, avec pavillon central à 2 étages surmonté d’une cloche, murs enduits et toit en tuile plate), Courcy (à 2 niveaux dont un sous combles, un toit en ardoise), Epernay (logement patronal sur le lieu de production, à disposition en U, avec éléments en pierre de taille).L’entreprise Charbonneaux à Reims possède une conciergerie comprenant aussi une bibliothèque et une infirmerie.

Décompte des œuvres bâti INSEE 1500
repérées 250
étudiées 24

Références documentaires

Bibliographie
  • FIEROBE, Nicole. La tradition verrière dans la Marne. In ASSOCIATION POUR LE PATRIMOINE INDUSTRIEL DE CHAMPAGNE-ARDENNE, DOREL-FERRE Gracia (dir.). Les arts du feu en Champagne-Ardenne et ailleurs : Actes du colloque international de l'APIC (Reims, décembre 2004). Reims : SCEREN-CRDP Champagne-Ardenne, 2008. (Cahiers de l'APIC ; Patrimoine ressources). p. 52-58.

    p. 52-58
  • DEROCHE, Gilles. François Jannin et l'histoire de la verrerie aragonnaise. In ASSOCIATION POUR LE PATRIMOINE INDUSTRIEL DE CHAMPAGNE-ARDENNE, DOREL-FERRE Gracia (dir.). Les arts du feu en Champagne-Ardenne et ailleurs : Actes du colloque international de l'APIC (Reims, décembre 2004). Reims : SCEREN-CRDP Champagne-Ardenne, 2008. (Cahiers de l'APIC ; Patrimoine ressources). p. 59-63.

    p. 59-63
  • FIEROBE, Nicole. Verre et verreries en Champagne-Ardenne. Langres : D. Guéniot, 1989. (Coll. Patrimoine et innovations). 48 p.

  • GERDEAUX, André. Le verre en Argonne : les matières vitrifiables employées par les verriers d'Argonne. Châlons-sur-Marne : C.D.D.P., 1982. 32 p.

  • FIEROBE, Nicole. Verre et cristal en Champagne-Ardenne. [S.l.] : ORCCA, Castor & Pollux, 2000. (Coll. Histoire et modernités). 120 p.

  • BARRELET, James. La verrerie en France de l’époque gallo-romaine à nos jours. Paris : Larousse, 1953.

  • Atlas du patrimoine industriel de Champagne-Ardenne : les racines de la modernité. Reims : SCEREN-CRDP Champagne-Ardenne, 2005.

    p. 172-181
Périodiques
  • JANNIN, François. Les verreries d'Argonne XIIIe-XVIIe siècles. Bulletin des Sociétés d'histoire et d'archéologie de la Meuse, 1989, n° 25, p. 199-201.

    p. 199-201